Mouvement Ecologiste Indépendant
Medias Libres,
lundi 20 novembre 2006 à 09:39 ::Environnement
:: Mouvement Ecologiste Indépendant
::
Le projet d'ouverture d'une mine de charbon en Bourgogne est un non-sens politique et un contresens historique.

Monsieur le Préfet,
Le projet d'ouverture d'une mine de charbon en Bourgogne est un non-sens politique et un contresens historique.
Non-sens politique
Il ne se passe pas un mois sans qu'une nouvelle étude scientifique alerte le Monde sur la dérive du climat, sa rapidité, son aboutissement et ses conséquences dramatiques pour l'Humanité et la diversité vivante de cette planète. Ces effets ne sont ni hypothétiques, ni lointains. Ils affectent déjà notre territoire. Les émissions de gaz carbonique consécutives à l'usage des énergies fossiles constituent, dans les pays développés, la première cause de ce dérèglement.
A Kyoto, notre pays s'est engagé à réduire ses émissions de CO2 pour les ramener au niveau de 1990 et le législateur a décrété la lutte contre l'effet de serre "priorité nationale" (article L.229-1 du Code de l'Environnement : La lutte contre l'intensification de l'effet de serre et la prévention des risques liés au réchauffement climatique sont reconnues priorités nationales). Or, les émissions n'ont cessé d'augmenter et nous savons que les engagements de Kyoto sont largement insuffisants : comme l'a affirmé le Président de la République, nous sommes dans l'obligation de réduire de quatre fois notre consommation d'énergie.
L'effet de serre d'origine humaine trouve son origine dans le fait que nous libérons en deux siècles le carbone que les cycles géochimiques ont mis plusieurs centaines de millions d'années à stocker. Les processus naturels de recyclage sont débordés. Nous ne réussirons à réduire le réchauffement global qu'en nous libérant des énergies fossiles, en priorité du charbon qui est le plus polluant, et du pétrole.
Ré-exploiter le charbon dans notre pays est contraire à l'article précité, contraire aux engagements internationaux de la France, contraire à l'intérêt de l'Humanité, et en contradiction avec les discours de tous les responsables politiques.
Le contresens politique se teinte même d'absurdité dès lors qu'il s'agit de brûler le charbon extrait pour produire de l'électricité, alors que notre production est excédentaire.
Parce que vous ne pouvez certifier, Monsieur le Préfet, qu'aucune tonne de gaz carbonique ne sera libérée dans l'atmosphère, vous ne signerez pas l'attribution de cette concession. A ce jour, il n'existe aucune technique permettant de piéger tout le carbone émis.
Contresens historique
Les mines des XIXe et XXe siècles ont ravagé les territoires miniers. Elles ont laissé de nombreux stigmates. Alors que nous prétendons assumer notre responsabilité dans la conservation de la diversité vivante du continent et que nous venons de ratifier la convention européenne du paysage, nous allons admettre une exploitation minière à ciel ouvert sur plus de 2 000 hectares ?
Est-il encore possible, pour une nation qui prétend atteindre un haut niveau de civilisation et de démocratie, d'exiler une population en détruisant ses repères, ses racines et son cadre de vie ?
Pour ces raisons, Monsieur le Préfet, je vous invite à renoncer à l'attribution d'une concession d'exploitation de charbon à Lucenay les Aix, Cossaye et Toury-Lurcy.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments distingués.
Antoine WAECHTER
Président du M.E.I.
Ancien président de la Commission de Développement Régional et d'Aménagement du Territoire du Parlement Européen
Site web : http://www.mei-fr.org
Le projet d'ouverture d'une mine de charbon en Bourgogne est un non-sens politique et un contresens historique.
Non-sens politique
Il ne se passe pas un mois sans qu'une nouvelle étude scientifique alerte le Monde sur la dérive du climat, sa rapidité, son aboutissement et ses conséquences dramatiques pour l'Humanité et la diversité vivante de cette planète. Ces effets ne sont ni hypothétiques, ni lointains. Ils affectent déjà notre territoire. Les émissions de gaz carbonique consécutives à l'usage des énergies fossiles constituent, dans les pays développés, la première cause de ce dérèglement.
A Kyoto, notre pays s'est engagé à réduire ses émissions de CO2 pour les ramener au niveau de 1990 et le législateur a décrété la lutte contre l'effet de serre "priorité nationale" (article L.229-1 du Code de l'Environnement : La lutte contre l'intensification de l'effet de serre et la prévention des risques liés au réchauffement climatique sont reconnues priorités nationales). Or, les émissions n'ont cessé d'augmenter et nous savons que les engagements de Kyoto sont largement insuffisants : comme l'a affirmé le Président de la République, nous sommes dans l'obligation de réduire de quatre fois notre consommation d'énergie.
L'effet de serre d'origine humaine trouve son origine dans le fait que nous libérons en deux siècles le carbone que les cycles géochimiques ont mis plusieurs centaines de millions d'années à stocker. Les processus naturels de recyclage sont débordés. Nous ne réussirons à réduire le réchauffement global qu'en nous libérant des énergies fossiles, en priorité du charbon qui est le plus polluant, et du pétrole.
Ré-exploiter le charbon dans notre pays est contraire à l'article précité, contraire aux engagements internationaux de la France, contraire à l'intérêt de l'Humanité, et en contradiction avec les discours de tous les responsables politiques.
Le contresens politique se teinte même d'absurdité dès lors qu'il s'agit de brûler le charbon extrait pour produire de l'électricité, alors que notre production est excédentaire.
Parce que vous ne pouvez certifier, Monsieur le Préfet, qu'aucune tonne de gaz carbonique ne sera libérée dans l'atmosphère, vous ne signerez pas l'attribution de cette concession. A ce jour, il n'existe aucune technique permettant de piéger tout le carbone émis.
Contresens historique
Les mines des XIXe et XXe siècles ont ravagé les territoires miniers. Elles ont laissé de nombreux stigmates. Alors que nous prétendons assumer notre responsabilité dans la conservation de la diversité vivante du continent et que nous venons de ratifier la convention européenne du paysage, nous allons admettre une exploitation minière à ciel ouvert sur plus de 2 000 hectares ?
Est-il encore possible, pour une nation qui prétend atteindre un haut niveau de civilisation et de démocratie, d'exiler une population en détruisant ses repères, ses racines et son cadre de vie ?
Pour ces raisons, Monsieur le Préfet, je vous invite à renoncer à l'attribution d'une concession d'exploitation de charbon à Lucenay les Aix, Cossaye et Toury-Lurcy.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments distingués.
Antoine WAECHTER
Président du M.E.I.
Ancien président de la Commission de Développement Régional et d'Aménagement du Territoire du Parlement Européen
Site web : http://www.mei-fr.org



