Nous vous l’avions promis depuis longtemps, et nous tenons enfin parole. Voici donc l’état réel du FN et de la Droite Nationale dans son ensemble. Nous avons attendu le tout dernier moment pour le faire afin de ne pas gêner un éventuel rapprochement de dernière minute, un « miracle » comme il s’en produit parfois, mais peine perdue, Le Pen s’est enfermé dans sa tout d’ivoire et il n’en sortira plus que … pour prendre sa retraite. Aussi, il était plus qu’indispensable de faire un inventaire avant (afin) de repartir sur des bases plus saines.

Alors qu’en est-il de la « Droite Nationale Sociale et Populaire », concept né, souvenons nous en, fin 1977 avec Jean Pierre Stirbois.

Etudions l’état réel de la Droite Nationale à travers son pôle électoral, le FN.

Les multiples scissions et/ou fuites de « cerveaux », plus ou moins importantes, que celui-ci a connu (1985, 1988, 1990, 1994, 1998) ont fait du Front National un « nain » en terme de militants et de matière grise. A mesure que le FN devenait un « géant » électoral, il voyait fondre comme neige au soleil ses effectifs et le nombre de ses cadres et techniciens de valeur. C’est une réalité que tout le monde connaît chez les Nationalistes et qui a connu son point d’orgue avec la scission Mégrétiste de décembre 1998. En effet, de la mort de Jean Pierre Stirbois à la crise de 1998, soit pendant 10 ans, Jean Marie Le Pen a fait « comme si », arrivant à masquer sa réelle volonté de ne jamais voir émerger un mouvement populaire de masse, trahissant en cela toute la politique de Jean Pierre Stirbois. D’ailleurs, le dernier grand meeting de Jean Marie Le Pen, ce fut en 1988 à Marseille, sous le patronage de JP Stirbois, au Stade Vélodrome, pendant la campagne présidentielle et devant 60.000 personnes. Depuis le décès de Jean Pierre Stirbois, Jean Marie Le Pen fuit le peuple et renonce définitivement à faire du FN une puissance populaire, effrayé par les responsabilités que cela engendre. Pendant 10 ans donc, tout le monde s’est plus ou moins tu. Mais en 1998 quelque chose est changé, cassé. La crise est d’une telle ampleur et d’une telle violence que Le Pen ne peut plus rien cacher. La preuve, c’est que la « Presse Nationale », pour la première fois, refuse de suivre aveuglément Le Pen. Le Pen exige que Mégret et ses amis soient cloués au pilori, la presse patriote, à 99%, ne suit pas et prend une position de neutralité, bien qu’elle ne soit pas hostile aux motifs de Mégret, c’est le moins qu’on puisse dire. Le Pen le fera payer très cher, allant jusqu’à se brouiller avec François Brigneau et se réjouissant de la mort de « Minute » et de « Présent », notamment, ces deux organes de presse allant avoir beaucoup de mal à renaître. En 1998, le FN perd 16.000 militants, 70% de ses cadres, 60% de ses élus municipaux, plus de la moitié de ses conseillers régionaux et deux de ses mairies sur quatre. Le Front National ne se relèvera jamais de cette scission. Le sort du Mouvement national se joue lors des élections européennes de 1999. Mégret manque de très peu de battre Le Pen. Il commet l’erreur de vouloir singer l’organisation interne et le mode de fonctionnement du Front. Au lieu de faire du nouveau, d’ouvrir des perspectives, il préfère être perçu comme le « Front National – Canal Historique ». Mal lui en prendra, il perd les européennes et par là même toute chance de succès à court terme. Vae Victis ! Le peuple aime les vainqueurs et la présidentielle de 2002 le confirmera.

Alors qu’en est-il aujourd’hui de l’Etat réel du Front National ? Ce n’est pas brillant. Depuis le 21 avril 2002, le FN n’a mené aucune campagne offensive d’adhésion. Plus que jamais Le Pen ne veut pas que « son parti » compte trop d’adhérents. Il a laissé sa fille Marine s’amuser, en organisant des campagnes d’adhésion via Internet, ou en réactivant une antienne, son association « Génération Le Pen ». En fait Marine Le Pen n’aide qu’au recrutement de « bobos » et de « gogos », voire de sympathisants sincères, mais ces nouveaux arrivants ne seront jamais des militants ou des cadres, à de trop rares exceptions près. En fait, c’est Marine Le Pen qui sera l’élément déclencheur de l’ultime crise que connaît le Front National. Lors du dernier congrès, elle est élue en queue de peloton au Comité Central. Tout le monde a entendu Jean Marie Le Pen hurler dans les couloirs « Ca va saigner ». Immédiatement, Jean Marie Le Pen et sa fille contre attaque. Elle s’en prend à la vieille garde et lui la nomme vice présidente du FN en charge du « relookage » du parti (SIC). Ce n’est qu’un début, Jean Marie Le Pen fera de sa fille sa conseillère personnelle, un Député Européen et une conseillère régionale, Présidente du groupe FN au conseil régional d’Ile de France de surcroît. C’est sa façon à lui de récompenser par le « mérite » sa fille, elle qui a si brillement « triomphé » à Paris, faisant passer le score du Front, (pourtant pas si terrible), de 10% à 6%.

La suite allait être édifiante. 2004, élections régionales. Jean Marie Le Pen ne peut pas se présenter car il n’est pas domicilié en PACA. On expliquera plus tard que c’était une faute de son directeur de campagne ( ?) qui n’avait pas fait son travail (SIC). Quoi qu’il en soit, Marie France Stirbois, qui a si bien réussi à restructurer les Alpes Maritimes, apparaît aux yeux de tous comme plus que légitime pour prendre la tête de la liste FN en PACA. Veto absolu de Jean Marie Le Pen. Il lui préfère un inconnu du grand public, Guy Maccary. Le FN perd évidemment les élections et tous les fidèles lieutenants de Le Pen se demandent quelle mouche a piqué le « Président ». Jean Marie Le Pen fera payer cher à certains leur peu d’enthousiasme pour sa fille. Les vieilles méthodes staliniennes sont de vigueur et Marie France Stirbois ne sera donc plus Dépuré Européen, pas plus que Bernard Antony, ni plus que Martial Bild, poignardé dans le dos par Marine Le Pen, lui qui légitimement pouvait prétendre à sa première députation ne serait-ce que pour tous les services rendus.

Fin août 2004. Suite à une année électorale marquée tant par des régionales ratées que par les échecs de Marine Le Pen, le FN s’apprête à organiser son Université d’Eté à Orange, dernière ville tenue par le Front National, grâce à Jacques Bompard, militant nationaliste hors pair, co fondateur du FN avec JMLP en 1972 et fidèle d’entres les fidèles. Jacques Bompard, Marie France Stirbois, Bernard Antony et quelques uns de leurs amis (qui ont crée le club de pensée « L’Esprit Public ») ont bien l’intention de débattre calmement des échecs de Marine Le Pen et, déjà, des graves reniements de Le Pen concernant des idées « consubstantielles au Front National » pour reprendre la propre terminologie de Jean Marie Le Pen. Surtout, ils affichent leur volonté d’ouvrir l’Université à des nationalistes identitaires (dont Fabrice Robert, Président du Bloc Identitaire), affirmant par là même que si « Marine se permet des écarts, ils peuvent en faire autant ». Ils ne se doutent pas qu’ils le paieront très cher. Le Pen va jusqu’à traiter les identitaires « d’extrémistes racistes et radicaux », ce qui est pour le moins stupéfiant, mais n’avait-il pas déjà fait le coup à Mégret et ses amis en 1998 ?...

Le Pen tape du poing sur la table. Il décide carrément de transférer l’organisation de l’Université d’Eté, au tout dernier moment, à Enghien les Bains dans la banlieue parisienne, quitte à planter tous ses fidèles qui avait tout prévu à Orange. C’est tout sauf un hasard. Enghien les Bains est la ville ou habite un ami personnel de Jean Marie Le Pen, Jean Michel Dubois. Cet ancien RPR, élu de la CGPME (MEDEF), grand bourgeois n’aimant pas trop le peuple, chef d’entreprise richissime et membre de différents cercles gaullistes, est considéré par Le Pen comme faisant parti de la famille. Il lui pardonne ses échecs tant électoraux que militants. Il faut dire qu’il passe leurs vacances ensemble à Miami, ça crée des liens. Reste que Dubois est tout sauf un intellectuel ou un politique. Il a simplement la « Lepénie » chevillé au corps et ça suffit amplement à Jean Marie Le Pen. L’Université d’Eté aura donc lieu à Enghien les Bains au grand dam des nationalistes de « L’Esprit Public », qui décident de la maintenir quand même.

Pour des raisons d’agenda, les dates ne peuvent pas se chevaucher. Il y aura donc deux UDT du FN dans la même semaine. D’abord celle du « FN canal officiel », puis celle du « FN canal historique ». Le Pen interdit à Bompard et à Antony de venir à Enghien, tout en les convoquant ultérieurement à un Conseil de Discipline. Marie France Stirbois, présente à Enghien, affirme qu’elle ira à Orange et que ce n’est pas « être traître à Jean Marie Le Pen que de dire qu’elle verrait bien mieux Carl Lang ou Bruno Gollnisch à la tête du FN, après Jean Marie Le Pen, que sa fille Marine qui a échoué ». Jean Marie Le Pen interdit à quiconque de se rendre à Orange. Marie France Stirbois et quelques autres courageux passent outre. Le Pen convoque tout ce beau monde au Conseil de Discipline.

Un lien intéressant pour s’informer, avec un remarquable article du site nationaliste « Altermedia »

Marie France Stirbois et Jacques Bompard sont exclus du Bureau Politique, malgré les innombrables tentatives de conciliation de Carl Lang et Bruno Gollnisch. Bernard Antony est « intouchable » au FN du fait de ses bien trop nombreux réseaux Catholiques Traditionalistes. Le Pen n’ose pas l’attaquer de Front et espère en secret qu’il va se calmer. C’est mal connaître le personnage qui soutient mordicus Bompard et Stirbois, allant jusqu’à démissionner du Bureau Politique du Front National pour marquer sa désapprobation. Jean Marie Le Pen le prend de très haut. Bernard Antony n’accepte pas et claque la porte en reprenant sa liberté.

Jacques Bompard décidera de rallier le MPF, rejoignant en cela Gérard Freulet et Damien Bariller. Quant à Marie France Stirbois, elle décédera des suites d’un cancer qui la mine déjà depuis des mois. Elle aura passé les derniers moments de son existence pour l’Union des Nationalistes, et pour cela elle ne sera jamais oubliée, tout comme son mari.

Carl Lang et Bruno Gollnisch sont fous de rage. Ils restent au FN mais marquent leur profond désaccord avec Jean Marie Le Pen. Ils en seront sévèrement punis. Le Pen décide de es évincer purement et simplement de la campagne présidentielle et de les interdire de média. Ils décident de ne pas aller au clash par pragmatisme et d’attendre l’après Le Pen. Reste que des centaines de militants et de cadres quittent le FN, écoeurés par la situation pourrie en son sein. L’année 2004 qui avait pourtant débuté en fanfare se termine en péniblement pour le Mouvement National. Tous les héros Lepénistes de 1998 sont « remerciés » dans tous les sens du terme. Exit Marie France Stirbois, Jacques Bompard, Bernard Antony et leurs amis. Carl Lang, Bruno Gollnisch et à un degré moindre Martial Bild au placard avec interdiction de bouger le petit doigt. Jean Marie Le Pen récompense à sa manière son dernier carré de fidèles.

Résultat de tout cela. Le FN a aujourd’hui encore moins de cadres de valeur que le MNR. C’est d’ailleurs la grande force, l’exploit de Bruno Mégret que d’avoir su garder sa matière grise, se contentant de se séparer de Jean Yves Le Gallou, Serge Martinez et Franck Timmermans. Le premier a crée un excellent club de réflexion « Polemia », le second est dans la nature et le dernier a crée avec une vingtaine de ses amis personnels le « Parti Populiste », rallié de la première heure, (bien obligé), à l’Union Patriotique. Aujourd’hui, il suffit de jeter un œil à la composition du Comité Central du FN (en ôtant les exclus de celui-ci) et du MNR pour se rendre compte qu’aujourd’hui, Mégret est plus crédible que Le Pen intellectuellement parlant, ce qui est tout de même un comble.

Mais l’immense majorité des cadres potentiels du Mouvement National erre dans la nature. Ils sont des centaines, des milliers de déçus de Le Pen à ne plus être engagés en politique. C’est le GRAND pêché de notre mouvance que de ne pas savoir conserver toutes ses énergies vives. Les autres se sont regroupés dans plus de 15 mouvements, partis ou associations diverses. Bref, le Mouvement National est éparpillé, dispersé, condamné à ne même pas être une diaspora. Le fond du gouffre est atteint. Mais Jean Marie Le Pen n’en a cure, pour lui seule comptent la présidentielle et sa volonté suicidaire de placer sa fille à la tête du Front National après.

Comment ferait d’ailleurs Jean Marie Le Pen pour gouverner si jamais il était élu ? Il n’a strictement aucun cadre, (en dehors de Lang, Gollnisch, Martinez et une dizaine d’autres), pour diriger le pays. S’il était élu, il y aurait une très large majorité de cadres et de techniciens, dits de droite et issus du système en place, qui ferait allégeance à Jean Marie Le Pen. Ce dernier refuserait mordicus de faire appel aux « réservistes » nationalistes hors FN, toute sa vie le démontre. Il ferait donc une politique de droite molle, guère mieux que Chirac, disons façon Balladur en un peu moins mou. Jean Marie Le Pen n’a pas les moyens de son ambition car il n’a jamais voulu les avoir. Il a eu peur toute sa vie de voir son « jouet » lui échapper. Tout le monde le sait dans la sphère nationaliste, mais tout le monde se tait. Les uns pour les places qui sont bonnes, les autres pensant qu’il faudra reconstruire sur la base du « succès » pour nos idées que représenterait la présence, une nouvelle fois, de Jean Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Nous leur rétorquons qu’ils se trompent lourdement. Qu’a fait Jean Marie Le Pen du 21 avril 2002 ? En a-t-il profité pour faire progresser son mouvement ? A-t-il fait progresser réellement nos idées, à l’exception notable de quelques unes, dans l’opinion ? Les Nationalistes ont-ils un ancrage sérieux dans la politique française ? Jean Marie Le Pen laissera t-il derrière lui un Mouvement National fort ? Nous savons tous que non ! C’est triste mais c’est ainsi. Nous sommes même incapables, après 35 ans, d’avoir nos, propres réseaux nous permettant d’avoir les 500 signatures de Maires (et assimilés) pour le parrainage à l’élection présidentielle. Non, décidemment, Le Pen aura été l’atout bélier de notre mouvance avant d’en devenir l’incontournable boulet. Les derniers soubresauts de la « farce de l’Union Patriotique » (sans aucune formation nationaliste pour faire contrepoids à un Soral) et des « Sego bourdes » à répétition de Marine Le Pen (voir nos articles sur ces sujets) sont encore là pour le démontrer s’il en était encore besoin. La « Lepénie » se réduit comme peau de chagrin malgré sa force électorale du moment, force qu’elle ne conserve que grâce à JMLP dont la côte reste grande dans l’opinion, du seul fait du passé. Mais les Français devraient méditer « qu’on ne peut pas être et avoir été ».

Nous prévenons solennellement que, si par malheur Jean Marie Le Pen est présent au second tour de la présidentielle, plus rien ne l’arrêtera. Il placera sa fille à la tête du FN et ça en sera fini de nos idées ! Nous serons de nouveau séparés en deux voire trois chapelles. Si au contraire nous donnons une claque à Jean Marie Le Pen afin que le second tour lui échappe, (de toute façon il ne fera pas un mauvais score c’est clair), ça en sera fini de Marine Le Pen et nous pourrons de nouveau tous être unis.

Vous êtes prévenus et vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas ! A vous de choisir.

POUR NOUS C’EST CLAIR ! PAS UNE VOIX PATRIOTE POUR LE PEN LE 22 AVRIL 2007 !
100% NATIONALISTES ! 100% CONTRE LE PEN !
AUCUN DE CEUX QUI SE PRESENTENT !
ABSTENTION NATIONALE !


Site web: Les nationalistes contre Le Pen