Petites magouilles entre ami
Par Paul Garcin, jeudi 25 mai 2006 à 17:15 :: Politique :: #8 :: Commentaires rss
Dans le cadre de l'enquête sur le financement occulte des partis politiques et des marchés publics en Île-de-France, Guy Drut a été condamné à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende.
Ministre de la Jeunesse et des Sports entre 1995 et 1997, le député UMP a été reconnu coupable d'avoir bénéficié d'un emploi fictif. En effet, de juin 1990 à février 1993 il était salarié dans l'entreprise de bâtiment et travaux publics Sicra au titre du « développement d'une activité sportive au sein de l'entreprise » pour 20 000 francs par mois. Guy Drut était également actionnaire d'une autre entreprise de BTP, la SAR et a obtenu 2,5 millions de francs au titre de ses dividendes en quatre ans.
Il a pris la décision, à ce titre, de se retirer du comité international olympique, auquel il appartenait depuis 1996, durant la phase de qualification de la ville candidate pour les Jeux de 2012.
Guy Drut a été amnistié pour cette condamnation par le Président Jacques Chirac le 25 mai 2006 à titre individuel. Ces faits doivent donc être étymologiquement oubliés, sous peine de poursuites pénales.
La Présidence de la République a pris cette mesure "en application de la loi de 2002 qui le prévoit pour les personnes ayant rendu des services à la nation, notamment dans le domaine sportif".
En effet, en juillet 2002, la loi d'amnistie présidentielle avait globalement restreint la liste des délits amnistiables mais avait étonnemment étendu la loi « aux personnes qui se sont distinguées de manière exceptionnelle dans le domaine sportif ». A l'époque, il était apparu assez évident que ce point de la loi était une mesure spécifiquement conçue pour Guy Drut, malgré les dénégations du Garde des Sceaux Dominique Perben.
Pourtant, en théorie, le projet d'amnistie excluait formellement les délits liés au financement des partis. Le texte précisait que les délits « commis en relation avec des élections de toute nature » pourront être amnistiés « à l'exception de ceux en relation avec le financement direct ou indirect de campagnes électorales ou de partis politiques ».




Commentaires
1. Le jeudi 8 juin 2006 à 16:11, par François
2. Le mercredi 19 juillet 2006 à 11:10, par Henri
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