Vous vous calquez donc sur le discours de Guillaume Peltier, le numéro 2 du MPF, qui souhaite que le MPF soit une force de proposition et de contrôle aux cotés de l’UMP…

D.G. : Pour le coup, je dirai plutôt que c’est lui qui se calque sur moi !!! J’ai appelé à voter Sarkozy dans la presse locale avant que le MPF ne le fasse, et j’ai développé cette analyse par la suite avant que Mr Peltier ne le dise ! Plus sérieusement, disons plutôt qu’il est assez logique que des personnes qui partagent les mêmes valeurs, la même idée de la France, et le même respect des électeurs arrivent aux mêmes conclusions.

Mais vous avez été plus loin, puisque dans un récent communiqué diffusé par la presse, vous appelez à voter pour la candidate UMP Laurence Saillet dès le premier tour…

D.G. : C’est simplement une question de logique, si je veux que la gauche perde, il faut que la droite gagne, et hormis cette candidate il n’y a pas d’autre choix possible !

Mais vous pouviez appeler à voter pour le candidat FN ?

D.G. : J’ai dit que j’étais de droite. Un parti qui fricote avec Dieudonné ou Soral, qui appelle plus ou moins ouvertement à faire battre Sarkozy pour amener la gauche au pouvoir ne répond pas à ma définition de la droite. Cela fait maintenant des années que le FN trompe son électorat, et a rendu extrémistes des thèmes qui ne l’étaient pas. Je crois qu’après l’échec des présidentielles, les législatives pourraient achever le parti de Jean-Marie LePen, et permettre l’émergence d’une nouvelle force à la droite de la droite.

Et cette nouvelle force, c’est Philippe de Villiers qui l’incarne, selon vous ?

D.G. : Il en sera une composante essentielle, c’est certain, mais lui ou un autre, peu importe, ce sont les idées qui priment. Je suis convaincu que les électeurs et les militants de la vraie droite en ont assez d’une stratégie d’opposition systématique et stérile. C’est facile de contester, de détruire, il est infiniment plus difficile de construire. De Villiers a une carte à jouer, pour peu qu’il la saisisse, en se positionnant sur le flan droit de Sarkozy, et en proposant aux électeurs du FN de voter – enfin – utilement.

Mais pourquoi les 10% d’électeurs de LePen iraient rejoindre les 2% de Villiers ? Cela ne semble pas logique, en tout cas difficile à soutenir…

D.G. : Ils l’ont déjà fait, mais ils ne le savent pas encore. Les électeurs du FN ne sont pas anti-américains, ils ne sont pas anti-israéliens, et ils ont voté massivement Sarkozy au second tour, malgré les consignes de leur chef. Ils votaient LePen « par défaut », mais en ont assez que cela ne serve à rien. Si de Villiers s’y prend bien, il peut leur faire comprendre qu’il est le seul, aujourd’hui, à pouvoir porter leurs souhaits et espérances, en surveillant la ligne sarkosienne, en vérifiant si les promesses sont tenues, etc…

On a l’impression à vous entendre que vous vous recentrez de plus en plus, sur Internet on vous reproche de vous vendre à l’UMP après avoir trahi le FN, le MNR, et pourquoi pas demain le MPF…

D.G. : Vous êtes dur. Je n’ai trahi personne, après ce que j’ai donné comme temps et énergie, je pense que c’est plutôt moi qui ait été trahi ! Ce que je veux est pourtant simple, c’est une politique de droite, comme celle que laissent présager les promesses de Sarkozy, mais avec une prise en compte du danger de l’islam, et une rigueur face à une immigration massive qui menace notre identité. C’est la touche MPF. Je ne me retrouvais pas dans le soutien à Saddam Hussein, aux Palestiniens, dans la haine anti-américaine ou anti-juive qui s’exprime encore beaucoup trop chez les leaders du FN. Il était donc assez logique que je quitte ce mouvement. D’autre part, si ça peut rassurer ces personnes, il faut qu’elles soient bien convaincues que l’UMP n’a certainement aucune envie de se traîner quelqu’un d’aussi grillé que moi !!! Enfin, j’aimerai bien savoir ce qu’ont fait ces personnes ces 20 dernières années pour émettre des jugements aussi hâtifs…

Elles défendent leur point de vue, comme vous, probablement…

D.G. : Mais moi je ne passe pas mon temps à taper sur mes petits camarades ! Faut-il qu’ils soient désorientés et aigris pour consacrer leurs forces à démolir Greslin, au lieu de les consacrer à défendre leur idéal !

Votre soutien à la nomination de Rachida Dati a aussi beaucoup surpris dans ces milieux, qui pour le coup vous accusent de trahir l’essence même de votre combat, la lutte contre l’islamisation de la France…

D.G. : C’est tout simplement parce que nous n’avons pas le même combat. Je ne mène pas une lutte « identitaire », qui viserait à réserver la France uniquement à des Français pur souche. Et ce même si par ailleurs je respecte beaucoup le courage et les actions des Identitaires, avec qui j’ai des points de convergence, d’autres de divergence. Je lutte contre l’islam, et Mme Dati représente tout ce que l’on veut, mais pas l’islam. Je crains même qu’elle ne constitue à terme une cible de choix pour les terroristes musulmans.

Comment cela ?

D.G. : Vous ne réalisez pas ! Une femme ministre, c’est déjà difficilement imaginable pour un musulman. Mais une femme qui soit en plus épanouie, sans voile, habillée à l’occidental, maquillée, avec beaucoup de charme, éduquée dans une école privée catholique, c’est le mal personnifié ! Elle devra être prudente, mais quoiqu’il en soit, si sa politique ne va pas dans le sens que je souhaite, j’exercerai mon droit de critique !

Combien de temps donnez-vous au gouvernement Sarkozy avant d’exercer « votre droit de critique » ?

D.G. : Aucun délai ! Dés que les premières mesures seront prises, je serai amené à réagir, mais je préfère une critique justifiée à une opposition a priori.


Propos recueillis par Paul Garcin