Medias Libres: A quoi cela peut il servir de voter MPF dans ces élections ?

Jean-André Senailles: Vous commencez fort ! Tout dabord tous ceux qui ont voté utile au premier tour des présidentielles pourront cette fois-ci voter avec leur coeur et ... pour le coeur de leur conviction. Surtout dans la 15ème circonscription de Paris où le Parti socialiste n'a fait que 19% le 6 mai dernier. Où il n'y a donc pas d'enjeu lié à cette concurrence. Et où la position du député sortant ne peut que troubler les électeurs de l'UMP.

Pourquoi ? Monsieur Debré ( député sortant de la 15ème circonscription ) est pourtant un apparenté UMP ?

J-A.S: qui annonce depuis deux ans qu'il briguera la mairie de Paris en 2008 contre ... l'UMP ... au risque de diviser un peu plus la droite et de faire repasser Delanoë ... Je ne suis pas sûr que ce soit cela que ses électeurs attendent de lui. Peut être est-ce le bon moment au premier tour de lui faire passer un message ...

Ensuite, pour revenir à votre question, voter MPF c'est faire passer au premier tour des législatives un message fort à la future assemblée parlementaire : sur la Turquie, où déjà Sarkozy semble commencer à tergiverser, sur aussi le respect du non des 54% de français au projet de Constitution. Sarkozy qui est désormais le président de tous les français doit donc être aussi celui de cette majorité là. Passer outre ce résultat démocratique là, passer outre un référendum serait une catastrophe aussi bien pour la démocratie que pour la France. Car dans les deux cas c'est de l'atteinte à la souveraineté même dont il s'agit.

Mais alors, où vous situez-vous par rapport à l'UMP ?

J-A.S: Notre positionnement est en rapport avec celui des actes du gouvernement en place et donc nous nous situons moins par rapport à l'UMP que par rapport à la majorité présidentielle, qui comprend aussi bien des élus ex-UDF que des ministres « d'ouvertures ».

Et donc par rapport à la majorité présidentielle ?

J-A.S: Nous nous inscrivons dans la majorité de droite issue de la présidentielle. Et nous veillerons à ce que les promesses du programme de droite soient réellement suivies d'actes. Tout en nous opposant à toute politique d'inspiration de gauche ou de promotion du communautarisme. Notre position là-dessus est très claire. Nous ne pouvons pas transiger sur ces questions.

Être dans la majorité de droite est pour nous une position d'autant plus facile, je dirais même naturelle, que pendant cette campagne Nicolas Sarkozy nous a littéralement pillé. Il a pillé notre programme. A tel point que mes amis l'appelaient « Sarkophage ». Cela n'a d'ailleurs pas échappé à nos électeurs... Le problème maintenant, pour lui, sera de faire correspondre son action réelle à toutes ses promesses. Peut-être pourrions-nous lui faciliter la tâche en élisant le plus grand nombre possible de député MPF ... ou en tout cas en donnant dès le premier tour sa voix pour un candidat MPF. Et lui faire passer là aussi un message.

Sincèrement vous esperez faire combien pour cette élection ?

J-A.S: L'autre enjeu de ces élections est bien évidemment le financement des partis politiques. Voter MPF au premier tour, c'est faire un choix complémentaire et alternatif afin de compenser quelque peu une UMP par trop dominante, qui on le sait va obtenir une très très large majorité. Mais c'est aussi permettre la poursuite de notre combat et assurer que notre voix soit bien entendue pour une grande politique familiale ainsi que le renouveau des valeurs civiques. Et pour cela ce sont les voix des électeurs dont nous avons ... vitalement ... besoin.

Vous ne répondez pas vraiment à la question ...

J-A.S: Ecoutez, ce que je sais c'est qu'en 2002 le MPF avait 280 candidats et qu'il en présente aujourd'hui 500. J'espère donc que si les électeurs intègrent dans leur priorité la necessité politique de voter pour nous au premier tour, nous ferons au moins aussi bien. Je le répète c'est aussi primordial en terme de financement et donc de capacité d'action et aussi de visibilité.

Maintenant sur le nombre total, je ne sais pas ... mais 400 000 voix ou plus serait un bon départ.

Propos reccueillis par Jean Heron