Cette publicité fort discrète souleva la critique de sites internet islamophobes ou d’extrême-droite, qui reprochaient à Labeyrie de financer le culte musulman et la construction de mosquées. En effet, Labeyrie devait payer une taxe à l’organisme qui certifiait le « foie gras halal ». Ces sites appelaient au boycott de tous produits Labeyrie, pourtant largement distribués en supermarchés. Ils invitaient également à protester auprès du producteur et des distributeurs.

L’affaire fit grand bruit dans la presse régionale et les radios nationales, qui relayait involontairement la campagne de boycott à l’approche des fêtes de fin d’année 2006. Labeyrie se refusait à tout commentaire officiel, se contentant d’un laconique communiqué de presse, et renonçait à toute plainte contre les sites islamophobes pour éviter de nouvelles publicités à l’affaire.

Le MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples) dénonça lui aussi la campagne de boycott qu’il jugeait relever du « racisme anti-musulman », et critiqua la fondation Brigitte Bardot pour avoir évoqué le « foie gras halal » de Labeyrie dans sa revue. La fondation répondit qu’elle n’avait pas attendu l’annonce du producteur pour condamner le gavage des animaux quels qu’ils soient, et bien avant l’affaire du « foie gras halal ».

Des sites internet musulmans prirent également le relais de la médiatisation mais… à l’encontre du « foie gras halal » eux aussi ! Selon l’avis d’imams consultés, un canard même sacrifié rituellement ne saurait être considéré comme « halal » puisque, selon ces experts en islam, la religion musulmane condamnerait implicitement le gavage artificiel qu’ils considèrent comme une « torture ».

On ne sait si le boycott et toute la contre-publicité faite à Labeyrie eut des effets, car l’entreprise reste toujours discrète sur l’affaire. Mais toujours est-il que le producteur de foie gras bien connu a décidé de ne pas renouveler l’expérience en 2007. Aussi discrètement qu’elles étaient apparues, les pages « halal » de son site internet et de ses catalogues ont disparu.