Tentative d’assassinat contre l’avocat Karim Achoui : la piste islamiste ?
Par Medias Libres, lundi 21 avril 2008 à 08:24 :: Religion :: #535 :: Commentaires rss
Le 22 juin 2007 au soir, le célèbre avocat Karim Achoui était victime d’une tentative d’assassinat en plein Paris, par deux hommes en scooter. Gravement blessé par deux balles de « 11-43 » du gros calibre ! et hospitalisé suite à cette agression, l’avocat est désormais sorti d’affaire.
Les pistes pour retrouver les agresseurs sont nombreuses, car Karim Achoui, pénaliste de renom, compte parmi sa clientèle de nombreuses personnes de milieux divers, dont certaines liées au grand banditisme. L’avocat avait mis tout d’abord en cause la police, qui aurait voulu l’éliminer selon lui. Puis il reviendra sur ces accusations, qu’il met sur le compte de l’émotion due au traumatisme de l’agression. Et la « Crim » chargée de l’enquête préfère fouiller dans les affaires professionnelles de Karim Achoui.
Les pistes pour retrouver les agresseurs sont nombreuses, car Karim Achoui, pénaliste de renom, compte parmi sa clientèle de nombreuses personnes de milieux divers, dont certaines liées au grand banditisme. L’avocat avait mis tout d’abord en cause la police, qui aurait voulu l’éliminer selon lui. Puis il reviendra sur ces accusations, qu’il met sur le compte de l’émotion due au traumatisme de l’agression. Et la « Crim » chargée de l’enquête préfère fouiller dans les affaires professionnelles de Karim Achoui.
Du mardi 15 au vendredi 18, la victime est convoquée à plusieurs reprises au Quai des Orfèvres, pour être confrontée à une dizaine de suspects derrière une glace sans tain. Certains d’entre eux sont en garde à vue, qui peut être prolongée jusqu’à 96 heures étant données la nature des faits reprochés. D’autres comparaissent libres.
Karim Achoui prétend qu’il reconnaîtrait aisément le visage de son agresseur, malgré le casque de moto qu’il portait au moment des faits. Parmi les suspects, un membre de la famille Hakkar, mise en cause dans l’évasion du célèbre braqueur Antonio Ferrara qui s’était évadé de Fresnes en 2003. Karim Achoui était l’avocat de Ferrara, et il fut même soupçonné d’avoir été complice dans l’évasion, ce qu’il a toujours nié. Karim Achoui ne reconnaîtra pas son agresseur parmi les suspects proches des Hakkar. Il se défend d’être lié à cette famille, qu’il n’a jamais eue comme cliente. Karim Achoui ne croit d’ailleurs pas à la thèse d’un client mécontent, pas plus que son avocat Francis Szpiner qui l’assiste dans cette affaire. (Francis Szpiner est connu pour être le défenseur de Jacques Chirac, de la Mosquée de Paris et de la famille d’Ilan Halimi.)
Mais un autre suspect présenté à Karim Achoui lui « saute aux yeux ». La victime déclare au Parisien : « J'ai reconnu sans hésitation celui qui m'a tiré dessus, son visage, son allure générale. Je suis sûr à 90 %. » Selon le quotidien, il s’agirait d’un « ancien islamiste proche du GSPC (Groupe salafiste de prédication et de combat) ». La police se refuse à tout commentaire officiel. La presse parle d’abord d’un « converti à l’islam », puis finit par donner son identité : il s’agirait de Ruddy Terranova, qui a côtoyé le milieu islamiste et qui a été condamné en 2005 à trois ans de prison pour avoir roué de coups en 2002 Abderrahmane Dahmane, président du CDMF (Conseil des démocrates musulmans de France). Dans cette agression, Ruddy Terranova avait comme complice Karim Bourti, présenté comme un cadre du GSPC algérien. Le tort de Dahmane, selon eux, est de prôner un islam trop modéré !
Entre 1994 et 1997, Ruddy Terranova a été condamné pour de nombreux délits : outrage et rébellion, tentative de vol à main armée, évasion d'un commissariat, violences volontaires et tentative d'assassinat. C’est en prison à Fleury-Mérogis qu’il s’est converti à la religion de Mahomet, sous l’influence de deux codétenus : Karim Bourti, mais surtout Smaïn Aït Ali Belkacem, condamné à la perpétuité pour être l'un des auteurs de l'attentat de la station de RER Musée-d'Orsay en 1995.
Sorti de prison, le nouveau croyant va à Londres assister aux prêches jihadistes des fameux prédicateurs Abou Hamza et Abou Qutada. Puis il revient en France, où son activité militante officielle consiste principalement – selon lui - à récolter des fonds à l’entrée des mosquées, pour les prisonniers islamistes et leurs familles. Il présentait cette collecte d’argent comme la « zakat », qui constitue l’un des cinq piliers de l’islam. La « zakat » est l’impôt que doivent payer les musulmans pour aider les nécessiteux, et qui est transformé en racket par les islamistes. Ruddy Terranova fréquentait en particulier la fameuse mosquée de la rue Tanger, où d’autres salafistes firent leurs premières armes (si l’on peut dire). Et c’est à la sortie d’une autre mosquée (rue Jean-Pierre-Timbaud) que Ruddy Terranova et Karim Bourti agressèrent Abderrahmane Dahmane en lui lançant : « Tu as parlé à la télé des fondamentalistes et des barbus, tu nous as insultés, on va te montrer qui nous sommes. »
Ruddy Terranova aurait contesté les faits qui lui sont reprochés à l’encontre de Karim Achoui. Mais suite à son identification par l’avocat qui dit ne pas connaître l’identité du prévenu, Ruddy Terranova a été mis en examen ainsi que trois autres personnes par le juge Jean-Louis Périès, spécialisé dans la criminalité organisée.
Karim Achoui a-t-il été agressé par des islamistes ? Plusieurs pistes peuvent mener à cette hypothèse. Le célèbre avocat, fils d’un humble O.S. de chez Renault, est apprécié par les milieux kabyles et juifs de Paris. Sa carrière fulgurante lui vaut quelques solides inimitiés de la part de médias qui le présentent uniquement comme l’avocat des petits caïds de banlieue. Or Karim Achoui a défendu des causes plus nobles. Dès 1993, il cosignait un opuscule « Homosexuels, quels sont vos droits » avec Jean-Marc Florand, son associé de l’époque. Karim Achoui compte également dans sa clientèle des militants poursuivis par des islamistes pour diffamation.
La piste du grand banditisme pourrait aussi conduire vers les des réseaux fondamentalistes. En effet, pour financer leurs actions prosélytes et terroristes, ceux-ci n’hésitent plus à recourir aux braquages et à l’extorsion de fond. Ainsi, ils troublent le jeu des « milieux » traditionnels déjà implantés dans l’Hexagone. Karim Achoui aurait pu ainsi croiser la trajectoire de musulmans radicaux, en étant l’avocat de bandes rivales.
Djamila GERARD
Karim Achoui prétend qu’il reconnaîtrait aisément le visage de son agresseur, malgré le casque de moto qu’il portait au moment des faits. Parmi les suspects, un membre de la famille Hakkar, mise en cause dans l’évasion du célèbre braqueur Antonio Ferrara qui s’était évadé de Fresnes en 2003. Karim Achoui était l’avocat de Ferrara, et il fut même soupçonné d’avoir été complice dans l’évasion, ce qu’il a toujours nié. Karim Achoui ne reconnaîtra pas son agresseur parmi les suspects proches des Hakkar. Il se défend d’être lié à cette famille, qu’il n’a jamais eue comme cliente. Karim Achoui ne croit d’ailleurs pas à la thèse d’un client mécontent, pas plus que son avocat Francis Szpiner qui l’assiste dans cette affaire. (Francis Szpiner est connu pour être le défenseur de Jacques Chirac, de la Mosquée de Paris et de la famille d’Ilan Halimi.)
Mais un autre suspect présenté à Karim Achoui lui « saute aux yeux ». La victime déclare au Parisien : « J'ai reconnu sans hésitation celui qui m'a tiré dessus, son visage, son allure générale. Je suis sûr à 90 %. » Selon le quotidien, il s’agirait d’un « ancien islamiste proche du GSPC (Groupe salafiste de prédication et de combat) ». La police se refuse à tout commentaire officiel. La presse parle d’abord d’un « converti à l’islam », puis finit par donner son identité : il s’agirait de Ruddy Terranova, qui a côtoyé le milieu islamiste et qui a été condamné en 2005 à trois ans de prison pour avoir roué de coups en 2002 Abderrahmane Dahmane, président du CDMF (Conseil des démocrates musulmans de France). Dans cette agression, Ruddy Terranova avait comme complice Karim Bourti, présenté comme un cadre du GSPC algérien. Le tort de Dahmane, selon eux, est de prôner un islam trop modéré !
Entre 1994 et 1997, Ruddy Terranova a été condamné pour de nombreux délits : outrage et rébellion, tentative de vol à main armée, évasion d'un commissariat, violences volontaires et tentative d'assassinat. C’est en prison à Fleury-Mérogis qu’il s’est converti à la religion de Mahomet, sous l’influence de deux codétenus : Karim Bourti, mais surtout Smaïn Aït Ali Belkacem, condamné à la perpétuité pour être l'un des auteurs de l'attentat de la station de RER Musée-d'Orsay en 1995.
Sorti de prison, le nouveau croyant va à Londres assister aux prêches jihadistes des fameux prédicateurs Abou Hamza et Abou Qutada. Puis il revient en France, où son activité militante officielle consiste principalement – selon lui - à récolter des fonds à l’entrée des mosquées, pour les prisonniers islamistes et leurs familles. Il présentait cette collecte d’argent comme la « zakat », qui constitue l’un des cinq piliers de l’islam. La « zakat » est l’impôt que doivent payer les musulmans pour aider les nécessiteux, et qui est transformé en racket par les islamistes. Ruddy Terranova fréquentait en particulier la fameuse mosquée de la rue Tanger, où d’autres salafistes firent leurs premières armes (si l’on peut dire). Et c’est à la sortie d’une autre mosquée (rue Jean-Pierre-Timbaud) que Ruddy Terranova et Karim Bourti agressèrent Abderrahmane Dahmane en lui lançant : « Tu as parlé à la télé des fondamentalistes et des barbus, tu nous as insultés, on va te montrer qui nous sommes. »
Ruddy Terranova aurait contesté les faits qui lui sont reprochés à l’encontre de Karim Achoui. Mais suite à son identification par l’avocat qui dit ne pas connaître l’identité du prévenu, Ruddy Terranova a été mis en examen ainsi que trois autres personnes par le juge Jean-Louis Périès, spécialisé dans la criminalité organisée.
Karim Achoui a-t-il été agressé par des islamistes ? Plusieurs pistes peuvent mener à cette hypothèse. Le célèbre avocat, fils d’un humble O.S. de chez Renault, est apprécié par les milieux kabyles et juifs de Paris. Sa carrière fulgurante lui vaut quelques solides inimitiés de la part de médias qui le présentent uniquement comme l’avocat des petits caïds de banlieue. Or Karim Achoui a défendu des causes plus nobles. Dès 1993, il cosignait un opuscule « Homosexuels, quels sont vos droits » avec Jean-Marc Florand, son associé de l’époque. Karim Achoui compte également dans sa clientèle des militants poursuivis par des islamistes pour diffamation.
La piste du grand banditisme pourrait aussi conduire vers les des réseaux fondamentalistes. En effet, pour financer leurs actions prosélytes et terroristes, ceux-ci n’hésitent plus à recourir aux braquages et à l’extorsion de fond. Ainsi, ils troublent le jeu des « milieux » traditionnels déjà implantés dans l’Hexagone. Karim Achoui aurait pu ainsi croiser la trajectoire de musulmans radicaux, en étant l’avocat de bandes rivales.
Djamila GERARD




Commentaires
1. Le lundi 11 août 2008 à 10:48, par nina
2. Le jeudi 28 août 2008 à 19:58, par toto
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