Levées de boucliers chez les associations de consommateurs qui s’émeuvent du projet et estiment qu’il serait préférable d’augmenter le prix des abonnements des fournisseurs d’accès au haut débit pour reverser cet argent à l’industrie du cinéma au titre du manque à gagner sur les recettes des films. Mais le milieu du cinéma s’empresse de souligner que l’argent ainsi reversé serait très loin de compenser le manque à gagner.

La ritournelle maintenant célèbre de l’industrie du disque « Le net m’a tuer » est reprise par celle du cinéma, sauf que contrairement au disque la situation du cinéma même si elle peut devenir préoccupante n’est pas dramatique puisque selon une étude du Centre national de la cinématographie, le nombre d’entrées en salles a augmenté de 2,5 % en un an.
L’industrie du cinéma fait du neuf avec du vieux, un remake dans le jargon., Il s’agit en fait de la reprise existante de « Licence globale » déjà sorti dans les bacs et qui n’a connue qu’un succès d’estime. De plus « Licence globale » n’aurait pas été imposée, seul ceux voulant se l’offrir l’auraient payé.

Avec une redevance sur chaque abonné il n’est plus question de choisir : imposition pour tous, même ceux qui ne visitent jamais un site de téléchargement devront passer à la caisse, un peu comme si une taxe obligatoire était instaurée pour la survie des autoroutes que même les non titulaires du permis de conduire devraient payer.

A l’instar de l’automobile Internet devient au fil du temps la nouvelle vache à lait des pouvoirs publics, déjà sollicité pour venir au secours de la France télévisions le voila maintenant appelé à celui du cinéma. Il y avait 16,225 millions d'abonnements Internet haut débit en France au 31 mars 2008, selon l'Observatoire trimestriel de l'Arcep. Le calcul est simple avec une taxe de 1 euro c’est plus de 200 millions d’euros qui seront récoltés chaque année sur les usagers si l’on tient compte de l’augmentation annuelle d’abonnés d’environ 5%.

Ce que semble oublier les associations de consommateurs c’est que ces 200 millions ( si nous restons sur la base de 1 euros) seront de l’argent qui ne servira plus à la consommation puisque déjà taxé. Partant du principe qu’il paye déjà une taxe sur ses supports et maintenant sur sa culture l’internaute pourrait éprouver beaucoup moins de scrupules à télécharger une œuvre dont il jugera déjà s’être acquitté des taxes.

Personne n’a encore de solution miracle, mais une chose est sure, quand les pouvoirs publics doivent faire face à un problème, la seule réponse est une taxe.