Curieusement, les partisans du RSA expliquaient jadis que cette mesure géniale du RSA ne coûterait rien, puisqu'il s'agissait de transformer des «rmistes» en « rsaïstes» en leur versant moins d'argent que le RMI. Alors pourquoi tous ces milliards budgétés maintenant, et cette précipitation à mettre en vigueur une «usine à gaz» dont l'évaluation n'est pas terminée ?

Dans un précédent article (Fourmis de France, prenez garde à la cigale Sarkozy !), j'avais expliqué comment Nicolas Sarkozy confondait allègrement VOTRE portefeuille (en l'occurence votre épargne durement gagnée) et le Trésor Public de l'ETAT (si on peut encore parler de trésor, étant donnés les déficits !) Alors pour financer son aventure du RSA, le gouvernement passe de la théorie à la pratique.

Comme l'explique très bien Claude Reichman dans une vidéo, et comme nous l'avions également prévu, la confusion entre l'épargne des Français et l'argent public est désormais opérationnelle. Adieu à votre bas de laine, vos assurances-vies ou vos loyers qui vous servent à préparer ou à vivre votre retraite, ou qui suppléent momentanément à vos difficultés financières. Vous avez déjà payé des impôts sur le travail pour constituer ce pécule, et vous êtes déjà imposés sur ses revenus. Mais ça ne suffit plus : vous allez raquer une troisième fois, et de plus en plus : rappelons-nous la CGS qui a AUSSI commencé à 1% et qui devait AUSSI être provisoire ! Et alors que Sarkozy et ses ministres nous juraient pourtant qu'ils n'allaient pas augmenter les taxes et les impôts.

Hé oui, ce gouvernement irresponsable, incapable de réformer les «mammouths» de l'Etat, s'apprête tout simplement à prendre dans votre poche l'argent qu'il n'a plus, et pour un RSA dont il n'a jamais évalué le retour sur investissement.

Cela s'appelle du vol et de l'arnaque.

Quant aux gens de gauche qui se réjouissent qu'on «prenne l'argent aux riches» , savent-ils combien d'assurances-vie, de plans d'épargne-logement, d'investissements locatifs qu'on va taxer relèvent du «grand capital» , protégé par le bouclier fiscal ou qui a déjà fui à l'étranger, et combien relèvent de travailleurs qui ont amassé des économies par le fruit de leur travail passé ou présent ? 50% des ménages français seront touchés, donc ce n'est certainement pas tous des amis de Bolloré ou du MEDEF, loin de là !

Par contre, le grand patronat ne peut que se réjouir de ce RSA et de son financement, puisque voilà que les contribuables français dont de modestes épargnants vont tout simplement abonder au revenu de salariés éligibles au RSA, donc mal payés et précaires. Les négriers de l'intérim ou du temps partiel ne peuvent que saluer ce coup de pouce qui les aidera à tirer les salaires vers le bas et les travailleurs vers la précarité.

«Le RSA n'est que provisoire, donc son financement aussi» , nous dit le gouvernement. On avait dit la même chose du RMI, souvenez-vous ! Il contenait le mot « insertion» , et donc quand tous les rmistes seraient «réinsérés» , il n'y en aurait plus. On connaît la suite : leur nombre n'a cessé d'augmenter. Il en sera certainement de même pour le RSA, et on peut déjà prévoir que son financement (donc la ponction sur votre épargne) ne pourra qu'augmenter.

A moins que les députés de gauche comme de droite s'aperçoivent enfin que cela pourrait mécontenter une grande partie de leurs électorats respectifs, et qu'ils ne votent pas ce cadeau au grand patronat financé par une ponction sur l'épargne populaire.