Doit on rétablir la peine de mort ?
Par Paul Garcin le lundi 15 mai 2006, 16:47 - Société - Lien permanent
Le large débat qui a eu lieu sur la peine de mort avant son abolition divisait l’opinion en raison du risque d'erreurs judiciaires. Plus de 25 ans après grâce aux tests ADN ce risque d’erreur est totalement exclu.
Dernièrement deux enfants assassinés. Deux innocentes petites vies supprimées. L’horreur banalisée par la multiplication d’actes de barbarie font qu'une partie de l'opinion demande la réouverture des débats
Une proposition de loi Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 8 avril 2004 est passé inaperçue aux yeux de l’opinion, elle est pourtant bien la. Présentée par une cinquantaine de députés nous la retranscrivons ci-dessous.
Le 11 mars 2004, deux ans et demi après l'attentat du World Trade Center aux Etats-Unis, l'Espagne a été, à son tour, frappée par le terrorisme. A travers elle, c'est l'Europe toute entière qui a été prise pour cible. Avec plus de 200 morts et 1 400 blessés, les attentats de Madrid sont parmi les plus meurtriers dans le monde depuis la fin des années 70.
Après New York aux Etats-Unis en 2001, Bali en Indonésie en 2002, Casablanca au Maroc en 2003, les pays occidentaux sont à nouveau confrontés au terrorisme. Depuis le début des années 80, les actes terroristes n'ont cessé de se multiplier partout dans le monde. La France a malheureusement payé un lourd tribut, avec la vague d'attentats à la bombe qui avait ensanglanté Paris en 1985, 1986 puis 1995 et 1996 dans le RER aux stations Saint-Michel et Port-Royal.
Aujourd'hui, la terreur est mondiale, organisée, fanatique. Le terrorisme utilise désormais les moyens les plus archaïques et les technologies les plus sophistiquées aux pires fins : il tue massivement et n'épargne aucun pays. Ces attaques meurtrières ne visent pas seulement des individus mais les valeurs fondamentales de nos Etats démocratiques et la première d'entre elles, la liberté. La menace, qui pèse sur eux, est permanente, globale et diffuse.
Face à cette forme nouvelle de « guerre » sans règles, ni frontières, les démocraties semblent souvent démunies et ne disposent pas toujours, des moyens de se défendre et d'agir. De fait, les politiques mises en place pour lutter contre le terrorisme se sont traduites par des mesures préventives qui ont montré leurs limites. Cette « faiblesse » des démocraties face au terrorisme alimente un sentiment d'impuissance qui bafoue la mémoire de milliers de morts, victimes du fanatisme de quelques-uns, et met en danger les valeurs qui sont les siennes.
Si certains terroristes « kamikazes » sont prêts à donner leur vie pour l'accomplissement de leur funeste dessein, les chefs de ces organisations terroristes restent, quant à eux, dans la clandestinité. Une fois arrêtés, que dire alors de ces terroristes condamnés à la prison à vie qui continuent à communiquer au grand jour depuis leur cellule avec leurs complices, à donner des interviews voire à publier leurs mémoires ? L'exemple récent du terroriste Carlos emprisonné en France en a donné une triste illustration. Que faire devant le risque, demain, de voir des attentats perpétrés pour obtenir la libération d'un chef terroriste incarcéré et devenu le porte-drapeau d'un mouvement extrémiste ?
Toutes les démocraties européennes ont aboli, au cours des dernières décennies, la peine de mort au nom des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. La France a également renoncé au châtiment suprême avec la loi du 9 octobre 1981. Cette évolution générale constitue une avancée pour l'homme qu'il n'est pas, aujourd'hui, question de remettre en cause. Pour autant, les pays occidentaux ne doivent pas céder devant le terrorisme. Ils doivent pouvoir lutter et condamner avec la plus grande fermeté ces actes barbares, en apportant une réponse forte et sans équivoque aux ennemis de la liberté. Rien ne doit les amener à composer avec cette forme ultime de violence qu'est le terrorisme. Dans l'intérêt supérieur des Etats, la France, en lien étroit avec ses alliés européens, doit amplifier la lutte antiterroriste et afficher une fermeté exemplaire. C'est pourquoi, il importe qu'elle puisse disposer de cette peine d'exception qu'est la peine capitale, pour combattre le terrorisme, « crime majeur contre la démocratie », selon l'expression de Robert Badinter. En temps de « guerre », car c'est le mot qu'il faut employer pour qualifier les attaques répétées et meurtrières dont les démocraties sont la cible, la défense des Etats et des peuples doit primer sur toute autre considération.
Sur le plan juridique, rien n'empêche aujourd'hui la France de rétablir la peine de mort que le Parlement avait abolie par la loi no 81-908 du 9 octobre 1981. Certes, notre pays a ratifié en février 1986 le protocole no 6 additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui abolit la peine de mort en temps de paix, tout en autorisant d'ailleurs les Etats signataires de la Convention à maintenir ce châtiment « pour des actes commis en temps de guerre ou de danger imminent de guerre ».
Mais, comme l'indique l'article 65 de cette Convention européenne, un Etat signataire peut, s'il le souhaite, après expiration d'un délai de cinq ans, dénoncer celui-ci. Le verrou juridique empêchant un rétablissement éventuel de la peine de mort est par conséquent caduc depuis le 1er mars 1991.
Il convient de préciser que, la France a signé, le 3 mai 2002, le protocole no 13 additionnel à ladite convention relatif à l'abolition de la peine de mort en toutes circonstances, mais qu'elle ne l'a pas ratifié à ce jour.
Le texte, que nous avons l'honneur de vous soumettre, propose donc le rétablissement de la peine de mort pour les auteurs d'actes de terrorisme tels qu'ils sont définis au 1o de l'article 421-1 du code pénal.
L'article 1er de la loi no 81-908 du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort est complété par un alinéa ainsi rédigé :« Toutefois, la peine de mort demeure applicable aux auteurs d'actes de terrorisme. »
La présente loi entrera en vigueur dès qu'aura pris effet la dénonciation du protocole no 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales concernant l'abolition de la peine de mort.
Après le premier alinéa de l'article 131-1 du code pénal est inséré un alinéa ainsi rédigé : « 1o La peine de mort ; »
Après le premier alinéa de l'article 421-3 du code pénal, est inséré un alinéa ainsi rédigé : « 1o Il est porté à la peine de mort ou à la réclusion criminelle à perpétuité lorsque l'infraction est punie de trente ans de réclusion criminelle à perpétuité ; »
Un décret en Conseil d'Etat précisera les conditions d'application de la présente loi.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion1521.asp




Commentaires
Ces propositions de loi me posent 2 gros problèmes :
- Le fait qu'une société ne puisse pas decider à froid de la vie ou la mort d'une personne me semble un réel progrès dans l'histoire de l'humanité. User de la violence contre la violence et de la barabrie contre la barbarie ne va surement pas résoudre le moindre problème sur terre.
- Le terrorisme, si horrible soit-il, est un acte criminel aux mobils politiques. Quand on juge une attaque comme terroriste, on le fait toujours du point de vue de la victime. Les dirigeants et les militaires de nombreux pays (à commencer par la France) ont surement de bonnes raisons de passer sur l'échafaud en appliquant cette loi.
cette proposition de loi est très intéressante merci.
Dernièrement notre ministre de la Justice Madame Alliot Marie a du intervenir pour objectif moral réhausser les peines du gang des barbares.
si la peine capitale n'avait pas été abolie par la loi de l'infame serviteur de Satan : BADINTER OU LE PREMIER CRIMINEL DE FRANCE PAR PROCURATION
Mr Fofana aurait été executé, et les peines de ses lieutenants auraient été réévaluées.
à méditer
Richard BERQUE
Pour ou contre cela dépend, mais parfois on aimerait
que cela se fasse - sans réfléchir -
Comme je suis d'accord avec vous richard!
Les actes de barbarie comme celui de Mr FOFANA et d'autres... aurai peu être pu être évité qui sait? Ou alors le coupable aurai été punis justement! (but principale de la justice d'ailleurs non?!).
De nos jours, je trouve que les peines sont biens trop ridicules. On pourrai tuer ou massacrer 20 hommes et ne prendre que 30 de prisons? Ou commettre des actes ressemblant à celui de FOFANA ou encore les deux ayant été commis dernièrement: le meurtre par coup de couteau d'un couple dans leur allée (la femme ayant survécu) ou encore le meurtre d'un père de famille de 30ans partant en vacance par un gang sur le bord d'une autoroute! (tout ça parce que ces derniers ne voulaient pas entendre parler de constat après leurs petit accrochage).
Nous ne sommes plus en sécurité nul part? sa fait peur!
je pense que rétablir la peine de mort dissuaderai la plupart des futurs coupables! Peut être pas tous mais certains! cela ferai réfléchir les gens.
Cela calmerai par exemple tous ces jeunes des banlieues qui se sentent au dessus des lois!
En France la sécurité n'est plus ce qu'elle était. La justice non plus, ses priorités et ses valeurs non plus.
La peine de mort n'est pas une solution , bien au contraire . c'est à mon avis une façon indirecte de ne pas punir les criminels ..
La peine de mort les tuerait , certe , et apres ?
Un homme qui a décidé du destin d'une autre personne ne merite pas d'etre tué , il mérite bien pire . Il mérite de vivre enfermé toute ça vie avec ses meurtes sur la conscience.
Tué un assassin ce serait commetre la meme faute grave que lui meme , or je ne pense pas que la justice ai pour but d'etre meurtriere .