Pétrole "vert" : quelques pistes
Par Jean Héron le samedi 9 septembre 2006, 13:53 - Société - Lien permanent
Face à la fin prochaine annonçée du pétrole, à l'augmentation inquiétante du coût de celui-ci et du problème tant géopolitique de dépendance qu'économique et technologique que cela occasionne ( nombre d'obets "courants" sont fabriqués à partir du pétrole), les solutions alternatives d'aujourd'hui deviendront les solutions imposées de demain.
Quelles sont-elles ?
Aujourd'hui l'exemple d'un village autrichien couronné « commune la plus innovatrice d’Autriche » en 2005.
La combustion de déchets forestiers et agricoles permet de chauffer la moitié des 1 500 habitants de la commune.
Schenkenfelden (Haute-Autriche)
Un soleil de plomb inonde la place de la mairie de Schenkenfelden. Réfugié dans son bureau où subsiste encore un peu de fraîcheur, Johann Pötscher, le bourgmestre de ce coquet petit village autrichien de 1 500 âmes, situé à la frontière tchèque, exhibe fièrement ses projets d’énergies renouvelables, relevé cadastral et photos à l’appui. Schenkenfelden, couronnée « commune la plus innovatrice d’Autriche » en 2005, cumule les honneurs et regorge d’idées. Depuis douze ans, elle a fait le pari de renoncer aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) pour exploiter au maximum les ressources environnantes de la nature : soleil, vent, eau et déchets végétaux. Trois ambitieux projets ont, depuis, vu le jour dans les années 1990 : énergie solaire, éolienne et réseau de chaleur par biomasse (matières organiques produites par les animaux et les végétaux). 45 % des 470 maisons du bourg dépendent aujourd’hui de ces énergies nouvelles pour le chauffage et l’électricité. Objectif d’ici à 2010 : passer à l’autosuffisance complète, tout en réduisant de 50 % les émissions polluantes (CO2) du village. Fierté des habitants de Schenkenfelden, le réseau de chaleur par biomasse (« Nahwärme ») a été inauguré en 1998. L’édifice, entièrement en bois, surprend par ses dimensions et son modernisme, derrière ses airs de grange proprette. Trois villageois bénévoles en ont la charge. « Tout est automatisé, sourit l’un d’entre eux, Joseph Wöss. Une simple visite de contrôle de temps en temps suffit amplement. » Derrière les deux brûleurs qui ronronnent, capables de produire 1 950 kW, un immense hangar de 40 m sur 16 abrite jusqu’à 3 500m3 de déchets de biomasse forestière. De quoi chauffer toute une année les 58 habitations du village qui en dépendent déjà. Les particuliers paient leur facture de chauffage directement au réseau de coopératives gérant les installations de biomasse en Haute-Autriche, Biomasse Verband. Il en coûte 1 200 à 1 500 euros par an, plus les frais de raccordement initiaux (3 500 euros).
Un lourd investissement
Une grande partie des déchets sont fournis à 40 % par 34 agriculteurs locaux, qui collectent les rebuts de bois sur leurs propriétés et ont participé au cofinancement du projet. Le recyclage de ces déchets végétaux, pour lesquels la mairie a mis un broyeur à leur disposition, est une affaire lucrative. La municipalité leur paie 15 à 20 euros par mètre cube déversé. Deux menuiseries avoisinantes contribuent également à alimenter le réseau, mais leur bois, plus humide, est payé un peu moins cher, entre 12 et 15 euros par m3. Une fois les déchets déversés dans la cuve de stockage, un jeu de vérins hydrauliques active la mise en mouvement du sol de l’installation, et les déverse progressivement dans les brûleurs, auxquels sont reliées des tuyauteries d’eau, opérant en circuit fermé. La chaleur parvient ainsi aux habitations du village. Au début de ce projet, l’investissement a été lourd : 1,8 million d’euros ont été engloutis dans la biomasse, dont 40 % provenaient de l’État et de l’Union européenne, 29 % de subventions régionales diverses, 13 % du Land de Haute-Autriche et enfin, 18 % du village lui-même, par les dons de ses entreprises et de certains habitants. « Il n’y a plus de subventions depuis 1998, précise Johann Pötscher. Nous sommes totalement autonomes financièrement. » Le réseau de chaleur a ses limites. Il atteint pour le moment un diamètre de 2,5 km. Il couvre le centre du village, mais pas les habitations et fermes situées en périphérie. « Leur tour viendra, promet le maire, confiant. Nous ne pouvons raccorder tout le monde à la fois. »
Source Le Figaro du samedi 9 Septembre.
Si vous aviez d'autres exemples ou pistes n'hésitez pas à nous le signaler afin que nous complétions ce sujet primordial pour l'avenir.




Commentaires
Un champ de colza en Europe.
Les dix camions à benne de la Communauté de communes du Villeneuvois utilisent pour carburant des huiles végétales.
Malgré une décision administrative défavorable, les élus ont décidé de poursuivre cette expérience "techniquement et économiquement" viable.
Matthieu DURAND avec agence - le 22/09/2006 - 22h04
Y a-t-il une place pour les carburants alternatifs en France ? La question se pose à Villeneuve-sur-Lot, dans le Lot-et-Garonne, où les 10 camions bennes de la Communauté de communes du Villeneuvois (CCV) roulent depuis octobre 2005 aux huiles végétales.pures (HVP). Or, le tribunal administratif de Bordeaux avait exigé en juin la suspension de cette expérimentation. Motif : les HVP ne figurent pas dans la liste des carburants autorisés par le code des douanes. La CCV avait fait appel.
Aujourd'hui, "les élus sont partagés entre la volonté de continuer une politique qui va dans le sens de l'intérêt général et celle de ne pas bafouer une décision de justice", a déclaré Jérôme Cahuzac, président du CCV et maire PS de Villeneuve-sur-Lot. Aussi a-t-il proposé, lors d'un conseil communautaire réuni jeudi soir, d'invoquer l'article 2 de la loi de décentralisation. Cette loi, dite "Raffarin", "donne le droit aux collectivités à expérimenter", a indiqué le maire. Les élus de la CCV ont soutenu cette proposition par neuf voix pour et une abstention. Ainsi, l'expérimentation se poursuivra jusqu'à ce que le préfet s'y oppose éventuellement.
Succès technique et économique
La Communauté ne souhaite donc pas s'en tenir à la décision du tribunal administrative car, explique Jérôme Cahuzac à LCI.fr, "c'est une politique intelligente ; parce qu'elle permet de remettre des cultures en jachères ; parce qu'il faut préparer l'après-pétrole ; parce que les huiles végétales ne sont pas polluantes ; parce que techniquement, ça marche de manière irréprochable ; parce que [cette solution] est viable économiquement". Les premiers contacts pris avec la préfecture sont plutôt positifs, ajoute-t-il. Certes, c'est la préfecture qui avait saisi le tribunal administratif mais, assure-t-il, "à la demande des parlementaires UMP du département".
Au-delà de ces joutes politiciennes, le maire regrette qu'il y ait "beaucoup de pesanteurs en France" alors qu'en Allemagne, la filière HVP a permis de créer des milliers d'emplois. "Les décideurs [français] sont sensibles au lobby pétrolier et à celui des constructeurs automobiles", souligne-t-il encore auprès de LCI.fr. Il voit aussi dans cette affaire l'occasion d'apporter du sens à la loi de décentralisation qui est jusqu'à présent "sans aucune conséquence pour les citoyens". "Et si l'Etat [via le préfet] réagissait de manière autoritaire, nous protesterions sur la forme et sur le fond", déclare-t-il, sans pour autant "bafouer l'autorité judiciaire".
L'huile végétale pure utilisée par les camions à benne de la CCV est obtenue par pressage d'oléagineux produits localement. Selon Jérôme Cahuzac, il existe une quinzaine de presse de ce type dans le département. Voir lien
Bruler dans nos automobiles ce qui doit être réserver à l'alimentation humaine est une imposture de l'esprit propagée par le lobby agro-alimentaire.
En même temps, ce lobby via ces relais : CPNT, agriculteurs intensifs, propriétaires terriens, chasseurs , mene campagne contre l'éolien !!
attention au désatre écologique dans lequel nous plongeraient les agro-carburants !