Le dernier obstacle à l’adhésion de la Turquie est donc franchi, le non français à la constitution, les mises en garde aux dangers relatifs à la prise de pouvoir par des islamistes, avoir des frontières commune avec l’Irak pays politiquement stable comme chacun sait n’y changeront rien. Le syndrome munichois reste bien ancré les esprits des élus de l’UE.

Avec cette large victoire, le parti islamiste obtient la majorité absolue, ce qui lui permet de former un gouvernement sans devoir faire la moindre concession. L'AKP, issu de la mouvance islamiste, et Gül sont soupçonnés par l'opposition laïque et l'amée de vouloir revenir sur la séparation de l'Etat et de la religion en Turquie. L'armée avait d'ailleurs boqué une première fois la candidature d'Abullah Gül, au printemps dernier. Détail probablement insignifiant pour les représentants des peuples européens

La première tentative d'élection de Gül à la présidence avait été contrecarrée par l'opposition laïque en avril. La crise politique qui avait suivi a débouché sur des élections législatives remportées haut la main par l'AKP. Ses détracteurs restent cependant sceptiques, estimant qu'un homme qui a par le passé raillé l'occidentalisation de la Turquie et dont l'épouse porte le voile islamique, perçu par les tenants de la laïcité comme un symbole de l'islam politique, ne peut représenter la République.

L'AKP dément vouloir remettre en cause la laïcité et Abdullah Gül a promis à plusieurs reprises de défendre le principe de la séparation de l'Etat et de la religion.

Voila de quoi rassurer le président Sarkozy qui avait pourtant promis durant sa campagne électorale que: « La Turquie n’avait pas sa place en Europe.»

Claude Bodin

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