Politique poubelle Qui montrera l'exemple ? Partie 3
Par Jean Héron le Jeudi 24 Avril 2008, 08:05 - Décryptage - Lien permanent
2: Moscovici et le génocide arménien
Quand à sa reconnaissance du génocide arménien comme préalable à toute adhésion de la Turquie, l'homme est certainement sincère … même si au titre d’homme politique Moscovici n’a pas toujours défendu la reconnaissance de ce même génocide par la France !!!
Un préalable :
« Je suis, pour ma part, favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, dès lors que les conditions politiques entre autres le respect des droits de l’homme et la reconnaissance du génocide arménien seront réunies. Cette adhésion renforcera nos capacités à faire progresser le dialogue entre les civilisations et à cohabiter avec le monde musulman. » (POUR UNE AUTRE POLITIQUE ÉTRANGÈRE. Publié le 23.12.2004).
Quand à sa reconnaissance du génocide arménien comme préalable à toute adhésion de la Turquie, l'homme est certainement sincère … même si au titre d’homme politique Moscovici n’a pas toujours défendu la reconnaissance de ce même génocide par la France !!!
Un préalable :
« Je suis, pour ma part, favorable à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, dès lors que les conditions politiques entre autres le respect des droits de l’homme et la reconnaissance du génocide arménien seront réunies. Cette adhésion renforcera nos capacités à faire progresser le dialogue entre les civilisations et à cohabiter avec le monde musulman. » (POUR UNE AUTRE POLITIQUE ÉTRANGÈRE. Publié le 23.12.2004).
« Je préfère, enfin, une Turquie laïque et démocratique en Europe, porte vers l’Orient et avocate du dialogue entre les civilisations, une Turquie capable de montrer que l’islam a toute sa place en Europe, à une Turquie islamiste et radicalisée hors de l’Union. C’est cet argument stratégique qui emporte en définitive ma position. » (2005)
Puis surtout en 2007, dans cet article, quelque peu désabusé …
… où les forces en présence en Turquie sont au moins en partie présentées. Même si il ne pose la problématique du devenir du pays qu’en des termes virtuels qui ne répondent en rien à la question lancinante de l’adhésion très prochaine (2013-2015?) voulue par la logique Bruxelloise … avec un parti islamiste au pouvoir qui n’a jamais caché son programme de retour « démocratique » à toujours plus de charia … et sans plus aucun contrepoids politique « laïciste » tel celui de l’armée …
Or après ces préalables, Moscovici paraît totalement irresponsable de déclarer qu'au final il se rangera à l'avis de son Parti; Ce qui signifierait que les principes dont il enrobe son discours ne valent rien face à la logique de choix d'un Parti politique. Des restes de sa formation idéologique de base à la LCR d'Alain Krivine ? La Parti sinon rien ? Cela fait froid dans le dos.
Un homme politique qui … suit la politique :
Mais il est vrai qu'en tant que politique il n'a pas lui-même toujours reconnu la validité politique de la reconnaissance de ce génocide ...
On peut en trouver un exemple dans les réponses du gouvernement aux questions orales et écrites de différents députés, qui font apparaître des variations certaines, au gré des relations de la France avec la Turquie. Bien évidemment Moscovici n’est pas le seul visé ici. Mais il a tout de même été en première ligne au plus fort de la discussion.
Reconnu de 1981 à 1984, le Génocide des Arméniens n'est plus affirmé en tant que tel par les représentants du gouvernement à l'Assemblée Nationale, cela jusqu'aux séances d'avril 1998.
Au cours des séances du 21 et 22 avril 1998, en réponse aux questions orales des députés, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux affaires européennes, puis Hubert Védrine s'abstiendront de prononcer le mot "génocide", ne parlant que de massacres. ( De même Moscovici se prononcera en séance au Sénat le 21 mars 2000 contre la procédure de mise en discussion immédiate de la proposition de loi ).
Le communiqué du Premier ministre, Lionel Jospin, le 24 avril 1998, évoque seulement "la tragédie qui a endeuillé tout un peuple, victime de déportations et de massacres".
Il est encore trop tôt mais quelque mois plus tard, le 29 mai 1998, ne résistant plus à la pression de l’opinion , l'Assemblée Nationale adopte à l'unanimité la proposition de loi reconnaissant le génocide arménien déclarant dans son article unique "La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915".
Pour être validé cette proposition devait être votée au sénat. Or celui-ci sous l’influence des politiques au pouvoir ne l’inscrit pas à l’ordre du jour. Qu’elle en fût les raisons ?
Hubert Védrine, Ministre des Affaires Étrangères intervenant le 17 mars 1999 devant la Commission des Affaires Étrangères et de la Défense du Sénat confia sa peur que "son adoption serve avant tout ceux que tentent le repli sur soi, le nationalisme autoritaire et la répudiation des valeurs de progrès et d'ouverture " () . Il avait également mis en avant le fait qu'un tel vote ne servirait pas les objectifs de Paris de voir éliminer "les antagonismes" existants de " la Méditerranée à la Caspienne " en mentionnant plus spécialement "la situation particulièrement tendue dans le Caucase" où "l'esprit de surenchère pourrait trouver de nouveaux arguments dans le vote du Parlement français". Déclarant que ni le gouvernement, ni le Président de la République ne pensaient qu'il "appartient à la loi de proclamer la vérité sur cette tragédie historique", le Ministre des affaires Étrangères a rappelé que le Sénat avait la "faculté" d'inscrire la proposition de loi "à son ordre du jour complémentaire".
Pourtant, le 18 juin 1987, le Parlement européen avait adopté une résolution reconnaissant officiellement le Génocide des Arméniens. Et, en France, une loi sur la vérité historique, justement avait déjà été voté : la Loi Gayssot.
- La réponse du gouvernement français était claire : le ministre des Affaires Etrangères Michel Sapin (PS) répondait : " Le gouvernement français n'a pas à se prononcer sur les résolutions adoptées par le Parlement Européen".
Il faudra attendre le 8 novembre 2000, pour que la classe politique française se débarrasse de son politiquement correct, celui-ci devenant par trop grotesque, et que le Sénat adopte la proposition de loi suivante :
La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915.
Formulation qui sera adoptée à son tour par L’Assemblée nationale le 18 janvier 2001 et promulguée le 29 janvier 2001 par le Président de la République M. Jacques Chirac et par le Premier Ministre Lionel Jospin.
A SUIVRE... 3: Moscovici le « démocrate »
Puis surtout en 2007, dans cet article, quelque peu désabusé …
… où les forces en présence en Turquie sont au moins en partie présentées. Même si il ne pose la problématique du devenir du pays qu’en des termes virtuels qui ne répondent en rien à la question lancinante de l’adhésion très prochaine (2013-2015?) voulue par la logique Bruxelloise … avec un parti islamiste au pouvoir qui n’a jamais caché son programme de retour « démocratique » à toujours plus de charia … et sans plus aucun contrepoids politique « laïciste » tel celui de l’armée …
Or après ces préalables, Moscovici paraît totalement irresponsable de déclarer qu'au final il se rangera à l'avis de son Parti; Ce qui signifierait que les principes dont il enrobe son discours ne valent rien face à la logique de choix d'un Parti politique. Des restes de sa formation idéologique de base à la LCR d'Alain Krivine ? La Parti sinon rien ? Cela fait froid dans le dos.
Un homme politique qui … suit la politique :
Mais il est vrai qu'en tant que politique il n'a pas lui-même toujours reconnu la validité politique de la reconnaissance de ce génocide ...
On peut en trouver un exemple dans les réponses du gouvernement aux questions orales et écrites de différents députés, qui font apparaître des variations certaines, au gré des relations de la France avec la Turquie. Bien évidemment Moscovici n’est pas le seul visé ici. Mais il a tout de même été en première ligne au plus fort de la discussion.
Reconnu de 1981 à 1984, le Génocide des Arméniens n'est plus affirmé en tant que tel par les représentants du gouvernement à l'Assemblée Nationale, cela jusqu'aux séances d'avril 1998.
Au cours des séances du 21 et 22 avril 1998, en réponse aux questions orales des députés, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux affaires européennes, puis Hubert Védrine s'abstiendront de prononcer le mot "génocide", ne parlant que de massacres. ( De même Moscovici se prononcera en séance au Sénat le 21 mars 2000 contre la procédure de mise en discussion immédiate de la proposition de loi ).
Le communiqué du Premier ministre, Lionel Jospin, le 24 avril 1998, évoque seulement "la tragédie qui a endeuillé tout un peuple, victime de déportations et de massacres".
Il est encore trop tôt mais quelque mois plus tard, le 29 mai 1998, ne résistant plus à la pression de l’opinion , l'Assemblée Nationale adopte à l'unanimité la proposition de loi reconnaissant le génocide arménien déclarant dans son article unique "La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915".
Pour être validé cette proposition devait être votée au sénat. Or celui-ci sous l’influence des politiques au pouvoir ne l’inscrit pas à l’ordre du jour. Qu’elle en fût les raisons ?
Hubert Védrine, Ministre des Affaires Étrangères intervenant le 17 mars 1999 devant la Commission des Affaires Étrangères et de la Défense du Sénat confia sa peur que "son adoption serve avant tout ceux que tentent le repli sur soi, le nationalisme autoritaire et la répudiation des valeurs de progrès et d'ouverture " () . Il avait également mis en avant le fait qu'un tel vote ne servirait pas les objectifs de Paris de voir éliminer "les antagonismes" existants de " la Méditerranée à la Caspienne " en mentionnant plus spécialement "la situation particulièrement tendue dans le Caucase" où "l'esprit de surenchère pourrait trouver de nouveaux arguments dans le vote du Parlement français". Déclarant que ni le gouvernement, ni le Président de la République ne pensaient qu'il "appartient à la loi de proclamer la vérité sur cette tragédie historique", le Ministre des affaires Étrangères a rappelé que le Sénat avait la "faculté" d'inscrire la proposition de loi "à son ordre du jour complémentaire".
Pourtant, le 18 juin 1987, le Parlement européen avait adopté une résolution reconnaissant officiellement le Génocide des Arméniens. Et, en France, une loi sur la vérité historique, justement avait déjà été voté : la Loi Gayssot.
- La réponse du gouvernement français était claire : le ministre des Affaires Etrangères Michel Sapin (PS) répondait : " Le gouvernement français n'a pas à se prononcer sur les résolutions adoptées par le Parlement Européen".
Il faudra attendre le 8 novembre 2000, pour que la classe politique française se débarrasse de son politiquement correct, celui-ci devenant par trop grotesque, et que le Sénat adopte la proposition de loi suivante :
La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915.
Formulation qui sera adoptée à son tour par L’Assemblée nationale le 18 janvier 2001 et promulguée le 29 janvier 2001 par le Président de la République M. Jacques Chirac et par le Premier Ministre Lionel Jospin.
A SUIVRE... 3: Moscovici le « démocrate »



