Quelle est la politique actuelle du gouvernement Sarkozy envers les sans-papiers soutenue par la bien-pensance démagogique ? La même que celle du gouvernement Jospin appuyé par le souverainiste Chevènement : les régularisations se feront au cas par cas. Cette stratégie est au service du grand patronat international, en faisant en sorte que le nombre de travailleurs clandestins précaires soit suffisamment élevé pour concurrencer les travailleurs réguliers, et ainsi museler les luttes sociales en tirant la combattivité vers le bas.

Le communiqué que vous avez publié ne fait que diviser les luttes sociales et miner la globalisation des luttes républicaines, sociales et laïques internationales d’une part en isolant la défense des travailleurs sans-papiers de celle de l’ensemble des travailleurs réguliers ou non et d’autre part en discriminant implicitement les sans-papiers sans travail et ceux qui ont des enfants scolarisés par rapport à ceux qui ont un travail au noir en dehors de la législation du travail. On ne peut que constater l’évidence : cet appel d’apparence combattive conforte en réalité les politiques néolibérales et communautaristes du turbocapitalisme international.

La seule solution à ce fractionnement des luttes sociales et républicaines est de rompre définitivement avec la stratégie individualiste du cas par cas, en régularisant tous les sans-papiers, pour casser toute tentative de fragmentation des couches populaires.

Je regrette que nos camarades du SDEN CGT noyautés par des courants scissionnistes soient tombés dans un piège aussi grossier et je les invite à se ressaisir. Ce n’est que par la liaison des combats et la globalisation des luttes que nous offrirons une alternative crédible et unitaire à la segmentation orchestrée par les séides de la globalisation financière au service du grand patronat international.

Au nom du débat démocratique et de la liberté d’expression républicaine, je vous suis gré de publier intégralement ce bref droit de réponse qui mériterait de plus amples développements.

Maurice Rayman

NDLR
: Nous publions volontier votre courrier mais c'est avec vos camarades du SDEN CGT qu'il faut régler vos problèmes, nous, nous ne faisons que diffuser le communiqué de presse d'une entité syndicale légale.