La seconde explication est moins positive, le taux d’épargne des français est l’un des plus élevé du monde, mettre encore plus d’argent de coté est le signe d’une certaine défiance vis-à-vis de l’avenir, il y à d’ailleurs une nette relation entre cette hausse de l’épargne populaire et la baisse de consommation des ménages durant la même période.

Le livret A est aussi dans l’actualité car la caisse d’épargne va perdre son monopole il va être distribué par les banques des 2009. C’est l’un des éléments de la loi de modernisation de l’économie. En brisant le monopole historique des caisses d’épargne et de la banque postale sur le livret A, le gouvernement espère gonfler encore la récolte. Le premier ministre François Fillon en attend 2 milliards supplémentaires pour les caisses de l’état.

La mise en œuvre de cette révolution pose néanmoins quelques questions, dont la plus étonnante est que ce projet revient sur la centralisation des fonds par la caisse des dépôts et consignations, en clair les banques pourraient conserver une partie de leur collecte pour améliorer leur situation financière.

Cela va t’il modifier le financement de l’économie ? Tel que cela est prévu actuellement sans aucun doute car le livret A finance via la caisse des dépôts 80% du logement social en France. C’est une institution exceptionnelle qui n’a pas les contraintes de rentabilité à court terme des banques commerciales, avec le livret A elle transforme depuis 1818 une épargne liquide en prêts à très longs termes. C’est un atout formidable pour l’économie française parce que cela lui donne un système solide pas cher et fondamentalement très sain de grands projets sociaux, il serait donc dommageable de trop l’écorner au motif d’une fièvre réformatrice mal ciblée.