Discours de Gaulle, Août 1941
Par Eric de Roche le mardi 19 août 2008, 08:58 - Culture - Lien permanent
4 Août 1941: Le Général de Gaulle nomme l'Amiral Thierry d'Argenlieu Haut-Commissaire de la France Libre pour le Pacifique. 14 Août 1941: Signature par Churchill et Roosevelt de la « Charte de l'Atlantique».
Le Général de Gaulle fait les déclarations suivantes qui marquent, comme les discours précédents, l'esprit de la politique poursuivie par la France Libre dans les États du Levant. Cette politique suscite le mouvement de compréhension et de confiance qui devait semer l'alarme chez certains agents étrangers décidés dès lors à tout faire troubler le climat de coopération avec la France.
Déclaration faite à Beyrouth le 5 Août 1941
Déclaration faite à Alep le 14 Août 1941
Discours prononcé à Radio-Levant à Beyrouth le 15 Août 1941
Discours prononcé à Radio de Brazzaville le 26 Août 1941
5 Août 1941
L'accueil vraiment émouvant que m'ont fait la Syrie et le Liban, ainsi que les multiples contacts que le Général Catroux et moi-même y prenons ou reprenons avec les personnalités dirigeantes, m'ont affermi dans la conviction que la France Libre, c'est-à-dire la France, a le devoir et la possibilité d'établir ces Etats dans leur indépendance et de conclure avec eux une alliance dans laquelle leurs intérêts et les nôtres trouveront les meilleures garanties.
Dès que la situation actuelle résultant des douloureux événements récents aura été éclaircie, et je pense que ce sera fait dans peu de semaines, nous entreprendrons cette grande œuvre politique. Evidemment, nous trouverons pour cela dans l'état de guerre où vit le Levant, comme d'ailleurs le monde presque entier, moins de facilités pratiques que nous n'en aurions eues en temps normal. Et je dois à ce sujet rendre hommage à l'esprit politique avec lequel les Syriens et les Libanais les plus considérables, aussi bien que la presse, envisagent la nécessité de tenir compte des circonstances et de ne pas bâcler des choses qui doivent s'accomplir sereinement et progressivement. Cependant, je crois que le Général Catroux, Délégué Général et Plénipotentiaire de France, pourra entamer bientôt des négociations avec des hommes consacrés par la volonté nationale de la Syrie et du Liban et jeter avec eux les bases de l'édifice.
J'ai pu également me convaincre que si la situation économique des Etats du Levant ne présentait nullement le caractère de gravité que l'on évoque parfois à l'étranger, il était, néanmoins, urgent de ranimer, dans toute la mesure du possible, les courants d'échanges intérieurs et extérieurs. La nouvelle autorité mandataire s'y est immédiatement attachée pour ce qui la concerne. Déjà, l'instrument monétaire est créé pour le commerce avec le dehors. Mais il y a encore fort à faire.
Ai-je besoin d'ajouter que la conformité de notre politique avec celle de la Grande Bretagne, en Orient comme ailleurs, est une nécessité évidente ? Pour sauver le monde et, ensuite, pour le reconstruire, le parti de la liberté saura certainement se garder de ces rivalités périmées qui sont si bien contribué aux succès de début du parti de la tyrannie.
Je dis bien succès de début, car il me paraît clair que la roue commence à tourner dans l'autre sens. La magnifique résistance des armées et du peuple russes est, à mon avis, un élément décisif dans cette guerre. Nous ne perdrons pas un seul jour du répit que cette résistance nous procure ici pour nous renforcer et nous préparer à de nouveaux efforts.
Cliquez 2 fois pour remonter
J'ai trouvé dans vos paroles l'expression des mêmes sentiments chaleureux de sympathie dont Alep m'a prodigué le témoignage. J'y sens aussi l'ardeur des aspirations syriennes vers l'indépendance el la confiance que vous faites, à ce sujet, à la parole de la France.
Enfin, je suis touché de ce que vous avez reconnu et proclamé que, malgré certains événements douloureux, malgré les change¬ments de personnes et quels que soient ses malheurs, la France continue ici avec tous ses devoirs comme avec toutes ses espérances.
La campagne de Syrie avait été douloureuse pour tous les Français. Le Général de Gaulle tire les leçons de cette lutte fratricide avec les malheureux égarés par la propagande de Vichy. Le 23 juillet, Vichy avait permis au Japon de prendre l'Indochine sous sa protection militaire, en prétendant qu'une force militaire britannique menaçait le pays.
Ici la France Libre! La France qui ne renonce pas, ne capitule pas, ne « collabore pas». La France qui fait la guerre pour sa libération, sa vengeance et sa grandeur.
Pour venir jusqu'ici, la France Libre a dû franchir l'obstacle des grandes douleurs. Car l'ennemi a su faire en sorte que des Français y fussent opposés à d'autres Français et aux alliés de la France.
Les hommes qui, à Vichy, se vantent de leur servitude, qu'ils appellent « collaboration », ont, par ordrè d'Hitler, pre3crit la lutte fratricide. Ils l'ont prescrite pour rien, sans aucune chance de l'emporter, sachant très bien que les seuls résultats de leur criminelle entreprise seraient le plaisir de l'ennemi et la mort, dans les deux camps, d'un certain nombre de soldats courageux. En même temps, par ordre d'Hitler, ces gens livraient notre Indochine.
Barrer aux Français la route de Damas et ouvrir aux Japonais celle de Saïgon, c'est cela, suprême dérision! qu'ils appellent défendre l'Empire.
Ici, bien entendu, force est restée à la France.
Mais les plus aveugles doivent discerner que ces cruels événements n'étaient que le premier acte de tout un plan conçu par l'ennemi pour utiliser, au profit de sa guerre, des bases et des forces françaises.
Hier, il fallait à l'Axe les aérodromes syriens pour attaquer en Orient, puis les bases indochinoisès pour dominer l'Extrême-Orient. Aujourd'hui, il lui faut Tunis, Casablanca, Dakar, pour mieux frapper en Occident.
Tout annonce que ces nouvelles exigences d'Hitler vont être satisfaites aussi bien que les précédentes. L'ordre nouveau, la collaboration, serviront d'excuses et de prétextes. La menace et l'oppression tiendront lieu d'arguments. Justement, le peuple français vient de les entendre invoquer, une fois de plus par la même voix qui, depuis le 17 juin 1940, s'élève toujours à l'occasion de chaque capitulation (I).
Mais, ni les mirages, ni le bâillon, ni l'idolâtrie, ne sauraient prévaloir contre l'âme de la patrie. La nation française a percé l'infamie des billevesées, sous le voile desquelles le défaitisme et la trahison livrent, morceau par morceau, son patrimoine matériel et moral, après avoir livré ses armes. La nation française a fait le compte des forces et des faiblesses de ses ennemis et de ses alliés et compris, qu'ayant perdu la surprise et la vitesse, ceux qui ne pouvaient triompher que par vitesse et par surprise n'échapperont pas à leur destin.
C'est pourquoi la nation française est soulevée, nous le savons, par une implacable colère et par une immense espérance. C'est pourquoi la nation française n'attend rien que de nous, ses fils et ses soldats, qui, peu à peu, d'un bout du monde à l'autre, rallumons sa gloire et redressons ses armes aux côtés de ses alliés.
Sur cette rive de la Méditerranée, où nous sommes venus remplir, avec la force et par la liberté, la mission éternelle de la France, nous renouvelons, par-dessus la mer, à la patrie écrasée notre serment de la servir, de la sauver, de la venger.
La France, avec nous !
(I). Le 12 août 1941 Pétain a prononcé un discours qui affirme sa volonté de vaincre « la résistance de tous les adversaires de l'Ordre Nouveau» et de « briser leurs entreprises en décimant les chefs» : 1'« État français » de Vichy s'oriente plus nettement encore qu'auparavant vers le fascisme. Selon Robert Aron (Histoire de Vichy, p. 409) l'Ambassadeur des États-Unis, Amiral Leahy, a le sentiment que Hitler aurait pu écrire les phrases que le Maréchal avait prononcées. »
Cliquez 2 fois pour remonter
Nous annonçons à la nation française qu'au-jourd'hui, 26 août, toute la partie de son Empire qui s'étend des frontières de Libye jusqu'au Congo et de l'Océan Atlantique jusqu'au Bassin du Nil, et qui comprend le Tchad, le Cameroun, le Gabon, l'Oubangui, le Moyen-Congo, a célébré dans la fierté et l'enthousiasme l'anniversaire du jour où elle a décidé de continuer la guerre pour la libération de la France.
Ce mouvement de salut eut lieu sous l'impulsion- de chefs, officiers ou gouverneurs, nommés : Larminat, Éboué, Sicé, Leclerc, Marchand, d'Ornano, Saint-Mart, Parant, Boislambert. Depuis cette date, d'Ornano et Parant sont morts pour la patrie, Boislambert est détenu par les collaborateurs de l'ennemi. Mais les autres sont toujours à l'œuvre, secondés par une équipe admirable de disci¬pline et de dévouement et suivis par une pure et magnifique jeunesse.
Nous pouvons dire à la nation que d'autres parties de son Empire se sont unies aujourd'hui à l'Afrique française libre dans une seule et même pensée : la libérati~n de la France. Ainsi des États de Syrie et du Liban qui, avec notfe aide et sous notre protection, organisent leur indépendance. Ainsi de la Nouvelle-Calédonie, des Nouvelles Hébrides, de Tahiti, des archipels océaniens, de nos Établissements des Indes. Des officiers, Hauts-Commissaires, Gouverneurs, nommés : Catroux, d'Argenlieu, Legentilhomme, Sautot, Bonvin, Hackin, Génin, ont sauvé ces portions de l'Empire du contrôle de l'ennemi et de ses collaborateurs. Hackin et Génin sont morts' pour la patrie, mais les autres sont à leur poste, soutenus par la confiance ardente de tous ceux qu'ils ont la charge de diriger ou d'administrer.
Nous assurons à la nation que, sur les quarante navires de guerre français commandés par Muselier, comme sur les cent navires de commerce français qui naviguent pour la guerre, parmi les deux mille aviateurs qu'organise Valin, comme chez les soixante mille soldats que mènent nos jeunes généraux, il n'y a qu'un rêve et qu'une volonté : la libération de la France. Des milliers de vaillants sont morts pour la patrie depuis ce que l'ennemi et ses collaborateurs ont convenu d'appeler « l'armistice». Mais les autres sont à l'œuvre, plus résolus et mieux armés que jamais.
Nous rendons compte à la nation de notre volonté inflexible de continuer la lutte de toute notre âme et de toutes nos forces jusqu'à ce que les ennemis soient vaincus, les traîtres châtiés, les martyrs vengés. Nous mesurons d'avance les pertes, les obstacles, les douleurs. Mais la tournure que prend la guerre augmente chaque jour nos chances et celles de nos alliés.
Nous irons jusqu'au terme et ce terme sera la libération de la France.
La France, avec nous!
Cliquez 2 fois pour remonter
Déclaration faite à Alep le 14 Août 1941
Discours prononcé à Radio-Levant à Beyrouth le 15 Août 1941
Discours prononcé à Radio de Brazzaville le 26 Août 1941
5 Août 1941
5 Août 1941
L'accueil vraiment émouvant que m'ont fait la Syrie et le Liban, ainsi que les multiples contacts que le Général Catroux et moi-même y prenons ou reprenons avec les personnalités dirigeantes, m'ont affermi dans la conviction que la France Libre, c'est-à-dire la France, a le devoir et la possibilité d'établir ces Etats dans leur indépendance et de conclure avec eux une alliance dans laquelle leurs intérêts et les nôtres trouveront les meilleures garanties.
Dès que la situation actuelle résultant des douloureux événements récents aura été éclaircie, et je pense que ce sera fait dans peu de semaines, nous entreprendrons cette grande œuvre politique. Evidemment, nous trouverons pour cela dans l'état de guerre où vit le Levant, comme d'ailleurs le monde presque entier, moins de facilités pratiques que nous n'en aurions eues en temps normal. Et je dois à ce sujet rendre hommage à l'esprit politique avec lequel les Syriens et les Libanais les plus considérables, aussi bien que la presse, envisagent la nécessité de tenir compte des circonstances et de ne pas bâcler des choses qui doivent s'accomplir sereinement et progressivement. Cependant, je crois que le Général Catroux, Délégué Général et Plénipotentiaire de France, pourra entamer bientôt des négociations avec des hommes consacrés par la volonté nationale de la Syrie et du Liban et jeter avec eux les bases de l'édifice.
J'ai pu également me convaincre que si la situation économique des Etats du Levant ne présentait nullement le caractère de gravité que l'on évoque parfois à l'étranger, il était, néanmoins, urgent de ranimer, dans toute la mesure du possible, les courants d'échanges intérieurs et extérieurs. La nouvelle autorité mandataire s'y est immédiatement attachée pour ce qui la concerne. Déjà, l'instrument monétaire est créé pour le commerce avec le dehors. Mais il y a encore fort à faire.
Ai-je besoin d'ajouter que la conformité de notre politique avec celle de la Grande Bretagne, en Orient comme ailleurs, est une nécessité évidente ? Pour sauver le monde et, ensuite, pour le reconstruire, le parti de la liberté saura certainement se garder de ces rivalités périmées qui sont si bien contribué aux succès de début du parti de la tyrannie.
Je dis bien succès de début, car il me paraît clair que la roue commence à tourner dans l'autre sens. La magnifique résistance des armées et du peuple russes est, à mon avis, un élément décisif dans cette guerre. Nous ne perdrons pas un seul jour du répit que cette résistance nous procure ici pour nous renforcer et nous préparer à de nouveaux efforts.
Cliquez 2 fois pour remonter
14 Août 1941
J'ai trouvé dans vos paroles l'expression des mêmes sentiments chaleureux de sympathie dont Alep m'a prodigué le témoignage. J'y sens aussi l'ardeur des aspirations syriennes vers l'indépendance el la confiance que vous faites, à ce sujet, à la parole de la France.
Enfin, je suis touché de ce que vous avez reconnu et proclamé que, malgré certains événements douloureux, malgré les change¬ments de personnes et quels que soient ses malheurs, la France continue ici avec tous ses devoirs comme avec toutes ses espérances.
15 Août 1941
La campagne de Syrie avait été douloureuse pour tous les Français. Le Général de Gaulle tire les leçons de cette lutte fratricide avec les malheureux égarés par la propagande de Vichy. Le 23 juillet, Vichy avait permis au Japon de prendre l'Indochine sous sa protection militaire, en prétendant qu'une force militaire britannique menaçait le pays.
Ici la France Libre! La France qui ne renonce pas, ne capitule pas, ne « collabore pas». La France qui fait la guerre pour sa libération, sa vengeance et sa grandeur.
Pour venir jusqu'ici, la France Libre a dû franchir l'obstacle des grandes douleurs. Car l'ennemi a su faire en sorte que des Français y fussent opposés à d'autres Français et aux alliés de la France.
Les hommes qui, à Vichy, se vantent de leur servitude, qu'ils appellent « collaboration », ont, par ordrè d'Hitler, pre3crit la lutte fratricide. Ils l'ont prescrite pour rien, sans aucune chance de l'emporter, sachant très bien que les seuls résultats de leur criminelle entreprise seraient le plaisir de l'ennemi et la mort, dans les deux camps, d'un certain nombre de soldats courageux. En même temps, par ordre d'Hitler, ces gens livraient notre Indochine.
Barrer aux Français la route de Damas et ouvrir aux Japonais celle de Saïgon, c'est cela, suprême dérision! qu'ils appellent défendre l'Empire.
Ici, bien entendu, force est restée à la France.
Mais les plus aveugles doivent discerner que ces cruels événements n'étaient que le premier acte de tout un plan conçu par l'ennemi pour utiliser, au profit de sa guerre, des bases et des forces françaises.
Hier, il fallait à l'Axe les aérodromes syriens pour attaquer en Orient, puis les bases indochinoisès pour dominer l'Extrême-Orient. Aujourd'hui, il lui faut Tunis, Casablanca, Dakar, pour mieux frapper en Occident.
Tout annonce que ces nouvelles exigences d'Hitler vont être satisfaites aussi bien que les précédentes. L'ordre nouveau, la collaboration, serviront d'excuses et de prétextes. La menace et l'oppression tiendront lieu d'arguments. Justement, le peuple français vient de les entendre invoquer, une fois de plus par la même voix qui, depuis le 17 juin 1940, s'élève toujours à l'occasion de chaque capitulation (I).
Mais, ni les mirages, ni le bâillon, ni l'idolâtrie, ne sauraient prévaloir contre l'âme de la patrie. La nation française a percé l'infamie des billevesées, sous le voile desquelles le défaitisme et la trahison livrent, morceau par morceau, son patrimoine matériel et moral, après avoir livré ses armes. La nation française a fait le compte des forces et des faiblesses de ses ennemis et de ses alliés et compris, qu'ayant perdu la surprise et la vitesse, ceux qui ne pouvaient triompher que par vitesse et par surprise n'échapperont pas à leur destin.
C'est pourquoi la nation française est soulevée, nous le savons, par une implacable colère et par une immense espérance. C'est pourquoi la nation française n'attend rien que de nous, ses fils et ses soldats, qui, peu à peu, d'un bout du monde à l'autre, rallumons sa gloire et redressons ses armes aux côtés de ses alliés.
Sur cette rive de la Méditerranée, où nous sommes venus remplir, avec la force et par la liberté, la mission éternelle de la France, nous renouvelons, par-dessus la mer, à la patrie écrasée notre serment de la servir, de la sauver, de la venger.
La France, avec nous !
(I). Le 12 août 1941 Pétain a prononcé un discours qui affirme sa volonté de vaincre « la résistance de tous les adversaires de l'Ordre Nouveau» et de « briser leurs entreprises en décimant les chefs» : 1'« État français » de Vichy s'oriente plus nettement encore qu'auparavant vers le fascisme. Selon Robert Aron (Histoire de Vichy, p. 409) l'Ambassadeur des États-Unis, Amiral Leahy, a le sentiment que Hitler aurait pu écrire les phrases que le Maréchal avait prononcées. »
Cliquez 2 fois pour remonter
26 Août 1941
Nous annonçons à la nation française qu'au-jourd'hui, 26 août, toute la partie de son Empire qui s'étend des frontières de Libye jusqu'au Congo et de l'Océan Atlantique jusqu'au Bassin du Nil, et qui comprend le Tchad, le Cameroun, le Gabon, l'Oubangui, le Moyen-Congo, a célébré dans la fierté et l'enthousiasme l'anniversaire du jour où elle a décidé de continuer la guerre pour la libération de la France.
Ce mouvement de salut eut lieu sous l'impulsion- de chefs, officiers ou gouverneurs, nommés : Larminat, Éboué, Sicé, Leclerc, Marchand, d'Ornano, Saint-Mart, Parant, Boislambert. Depuis cette date, d'Ornano et Parant sont morts pour la patrie, Boislambert est détenu par les collaborateurs de l'ennemi. Mais les autres sont toujours à l'œuvre, secondés par une équipe admirable de disci¬pline et de dévouement et suivis par une pure et magnifique jeunesse.
Nous pouvons dire à la nation que d'autres parties de son Empire se sont unies aujourd'hui à l'Afrique française libre dans une seule et même pensée : la libérati~n de la France. Ainsi des États de Syrie et du Liban qui, avec notfe aide et sous notre protection, organisent leur indépendance. Ainsi de la Nouvelle-Calédonie, des Nouvelles Hébrides, de Tahiti, des archipels océaniens, de nos Établissements des Indes. Des officiers, Hauts-Commissaires, Gouverneurs, nommés : Catroux, d'Argenlieu, Legentilhomme, Sautot, Bonvin, Hackin, Génin, ont sauvé ces portions de l'Empire du contrôle de l'ennemi et de ses collaborateurs. Hackin et Génin sont morts' pour la patrie, mais les autres sont à leur poste, soutenus par la confiance ardente de tous ceux qu'ils ont la charge de diriger ou d'administrer.
Nous assurons à la nation que, sur les quarante navires de guerre français commandés par Muselier, comme sur les cent navires de commerce français qui naviguent pour la guerre, parmi les deux mille aviateurs qu'organise Valin, comme chez les soixante mille soldats que mènent nos jeunes généraux, il n'y a qu'un rêve et qu'une volonté : la libération de la France. Des milliers de vaillants sont morts pour la patrie depuis ce que l'ennemi et ses collaborateurs ont convenu d'appeler « l'armistice». Mais les autres sont à l'œuvre, plus résolus et mieux armés que jamais.
Nous rendons compte à la nation de notre volonté inflexible de continuer la lutte de toute notre âme et de toutes nos forces jusqu'à ce que les ennemis soient vaincus, les traîtres châtiés, les martyrs vengés. Nous mesurons d'avance les pertes, les obstacles, les douleurs. Mais la tournure que prend la guerre augmente chaque jour nos chances et celles de nos alliés.
Nous irons jusqu'au terme et ce terme sera la libération de la France.
La France, avec nous!
Cliquez 2 fois pour remonter
Partager sur Facebook - Wikio - Scoopeo

Commentaires
Heureusement que le général a existé !
il a permis avec l'armée et la résistance de sauver l'honneur de la France et de pouvoir garder la tête haute !
Vive DE GAULLE !