J’aime la vie et j’aime la beauté divine du corps humain. J’adore les Vénus et Apollon et je l’assume. En cela, je suis foncièrement grec d’esprit, même si je suis né au Maroc.
A Platon, on avait posé la question : « Qu’est ce que la Beauté ? ». Il a tout simplement répondu : « Le corps d’une femme !». S’il était une femme ou homosexuel, il aurait certainement répondu « Le corps d’un homme !». En plus de la beauté, le corps humain représente pour moi l’amour, le désir, le plaisir et de beaux fruits que sont les enfants de ce monde. Le plus beau cadeau de la vie. Or toutes les têtes voilées, comme les crânes rasés chez certaines femmes bouddhistes, nous rappellent plutôt la mort. Intentionnellement, elles veulent tuer le désir, le plaisir, l’amour et donc la vie.

M.L: Vous étiez également à son premier procès, à Epinal. Qu'est-ce qui vous a paru différent, par rapport à il y a un an ?

Pascal Hilout : C’est le jour et la nuit ou, si l’on peut dire, le jour qui commence à pointer après une sombre nuit pour Fanny. Avant ce deuxième procès, elle a été vilipendée comme une vulgaire extrémiste de droite, pour la simple raison qu’elle n’avait trouvé que le soutien de Villiers. Il lui avait gracieusement délégué son avocat, Me Varaut. Même si on peut facilement lui reprocher les positions de son parti, je dois avouez qu’au procès d’Epinal, cet avocat talentueux a été irréprochable du point de vue professionnel.

Le nouvel avocat au procès de Nancy ne portait pas de casaque politique sous sa robe. Du coup, il a réussi à évacuer du procès le lourd fardeau constitué de soupçons que Fanny n’avait jamais souhaité ni porter ni traîner dans la course où elle s’est trouvé engagée. Mais malgré tout, j’étais vraiment très touché de retrouver une Fanny fatiguée, accablée par ce qu’elle avait dû endurer. Mais il y a de l’espoir : le procureur de la République a bien fait de ramener l’affaire à sa juste ampleur et de considérer qu’il n’y a pas lieu d’infliger une amende à Mme Truchelut. Quant à la question pénale, son nouvel avocat a su démontrer que le délit n’était nullement constitué et que c’est bien la plaignante qui a immédiatement réclamé les arrhes pour quitter le gîte puis porter plainte.

L’avocat a su aussi préciser que les appartements privés du gîtes disposaient de tout et même d’une entrée séparée des parties communes. Ainsi, la plaignante et sa maman auraient pu garder leurs voiles tout en renonçant à accéder aux parties communes qui offraient un espace de convivialité.

Faut-il aussi rappeler que Riposte Laïque a su mobiliser des militants de gauche, comme de droite, autour de Fanny. La pétition lancée à ce sujet a recueilli plus de signatures que nous n’osions espérer. En plein mois d’août ! Dans l’intérêt de Fanny, nous avons refusé catégoriquement le soutien des membres du FN et du MPF.

M.L: Comment expliquez-vous l'attitude des associations anti-racistes, le Mrap, la LDH et la Licra, qui se sont portées partie civile ?

Pascal Hilout : Je crois qu’il y a une course et un mimétisme malsains qui poussent ces organisations à s’emparer, au plus vite, de toutes les affaires où elles entendent des gémissements et des cris au martyre. A n’en pas douter, l’engagement du MPF dans cette arène a aussi donné envie à certains matadors de gagner un combat facile : la vachette était marqué d’un fer à trois lettre que le public vouait plutôt aux gémonies.

Je crois que la LDH et la LICRA locale ne voulaient pas laisser le privilège et l’exclusivité au MRAP qui, depuis longtemps, avait choisi de s’engouffrer, tête baissée, dans le créneau derrière les voilées. Ce mouvement oubliait sciemment que le voile islamique a toujours été séparatiste, communautariste et ségrégationniste.
Avant la promulgation de loi interdisant les signes religieux ostentatoires à l’école publique (15 mars 2004), c’est grâce à cette niche marketing que le business du MRAP était devenu florissant. En plus de cela, il y a un paternalisme patent chez ces organisations à l’égard de nous autres musulmans. Tout le monde est prompte à me considérer comme l’éternel pôv petit Mohamed pour se persuader finalement qu’il a la main mise sur mon épaule et la mainmise sur la situation.

Pour certaines de ces organisations marquées politiquement, c’est toute l’affection qu’elles avaient pour le prolétariat, désintégré par le libéralisme sauvage et par le chômage, qu’elles reportent sur un chimérique islamo-prolétariat. Elles espèrent toujours le voir émerger dans nos banlieues. Et quel islamo-prolétariat ! Il est indéfectible et engagé à mort contre les Etats-Unis et contre leur impérialisme.

M.L: Pensez-vous que suite à ce procès, le gouvernement français doit modifier sa législation ? En quel sens ?

Pascal Hilout : Je crains fort qu’en matière d’accoutrement, toute législation qui n’est pas mûrement réfléchie aboutira finalement à un échec cuisant au lieu d’amener un surplus de liberté et d’émancipation. Je ne suis pas juriste, mais je crois que le rappel à l’ordre de ceux et celles qui portent un voile intégral peut s’opérer d’ores et déjà dans le cadre des lois qui définissent l’ordre public. Sauf que tous nos députés, à droite comme à gauche, n’aiment pas se fâcher avec les émirs qui investissent place de la Bourse et leurs harems qui vaquent à quelques bonnes occupations place Vendôme tout en occupant de beaux palaces à Paris.

Par ailleurs, nous sommes face à un phénomène religieux qui imprègne, depuis bien des siècles, tout le tissu de la société en usant et abusant de la chaleur familiale et clanique. Or, juste après les besoins physiologiques, les humains ont un besoin d’appartenance. Les religions comme le judaïsme et l’islam peuvent être très "attachantes" ; y compris dans le sens où elles réussissent à tisser autour des individus un cocon solide dont il est très difficile de se détacher. Ces religions osent même porter atteinte à l’intégrité physique des enfants, à nous marquer dans la chair et à imposer à tous leurs adeptes des accoutrements, plus ou moins voyants, mais toujours suffisants pour nous distinguer au quotidien. Pour nous discriminer des autres, auraient dit les statisticiens.

C’est un héritage qui nous vient d’un vieux patriarche nomade : Abraham. La solidarité et la cohésion claniques étaient vitales en ces contrées orientales où la sécurité sociale n’était pas encore née. Et c’est ainsi que nous continuons de subir un marquage des ouailles appelées à suivre un berger (un pasteur).

Je vous avoue que je ne vois pas comment nous pourrons légiférer en matière d’habillement. Mais dans la vie en société, il n’y a pas que le législateur qui établit des normes de comportement ! Toute la société peut être appelée à dénoncer les mécanismes qu’utilisent les communautés, y compris religieuses, pour s’emparer des individus, surtout à l’âge tendre, en vue de les distinguer si ce n’est séparer des autres grâce à un endoctrinement plus ou moins respectueux des individualités. A ce titre, l’enseignement du coran et des prescriptions islamiques classiques, sont particulièrement séparatistes, communautaristes et ségrégationnistes.

Tant que nous autres musulmans libres n’avons pas fait une critique en règle du coran et de Mahomet nous n’aurons pas contribué à bâtir un réel vivre-ensemble en symbiose et en harmonie, ici en France et en Europe. Il n’y a qu’à considérer les cas de Rushdie, van Gogh, des caricaturistes danois, d’Ayaan Hirsi Ali etc, pour se rendre à l’évidence que nous avons du pain sur la planche.

Site web de Pascal Hilout: Nouvel islam