La question qu'ils ne poseront pas
Par Pierre Régnier le vendredi 12 septembre 2008, 12:37 - Religion - Lien permanent
Un 11 septembre on s'interroge sur cette épouvantable conception de
Dieu qui conduit à massacrer massivement en son nom. Un pape arrivant
le lendemain en France on pourrait penser que les médias lui poseront
alors la question : cette conception, quand votre religion va-t-elle
s'en débarrasser ? On pourrait penser que la question sur la
conception criminogène de Dieu est la question centrale dans la
presse écrite, parlée, télévisée où l'on s'interroge longuement sur ce qu'on pourrait bien attendre de ce pape.
Elle est partout absente.
La conception violente de Dieu, plus précisément la conception duale Dieu est bien l'auteur du pire comme du meilleur qui fonde toujours tous les monothéismes, cette conception qu'on peut dire judéo-chrétienne-islamique c'est peut-être l'église catholique qui, dans son catéchisme, l'exprime le plus clairement :
"Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi les hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, Lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, ET CELA SEULEMENT" (passage numéroté 106, c'est moi qui souligne).
C'est le cardinal Ratzinger, responsable de la commission de rédaction du catéchisme et futur pape Benoît XVI qui est le principal auteur de cette affirmation. Pour lui Dieu est donc bien celui qui anéantit les cités de Sodome et Gomorrhe (Gen 19, 23), qui fait tuer tous les premiers-nés d'Egypte (Ex 12, 29), qui donne l'ordre à Moïse de massacrer son peuple parce qu'il a adoré le veau d'or Moïse plaide pour une moindre tuerie et n'exécute finalement "que" 3000 de ses compagnons - (Ex 32, 21), lui qui ordonne l'extermination des Madianites (Nb 31), qui demande à son peuple de se préparer pour l'extermination des Cananéens (Deut 7-20), lui qui annonce dans le livre de Josué que le moment est venu de passer à l'extermination elle-même afin que les hébreux puissent s'installer sur la terre de Canaan, et que soit ainsi réalisée la belle promesse qu'il a faite à son peuple, lui "donner" cette terre.
Et, puisque c'est ainsi présenté dans la Bible, ça fait bien plaisir à Dieu quand le bon prophète Elie, celui dont on attendra le retour jusqu'à l'arrivée de Jésus égorge… 450 faux prophètes ! (1 Rois 18,39). Osera-t-on dire que cet acte, selon Benoît XVI "conforme au désir de Dieu", est moins terrible que, 3000 ans plus tard, l'égorgement d'un prisonnier par des barbares islamistes, en 2004 en Irak, mais devant une caméra de télévision ? Osera-t-on dire que c'est la caméra qui change tout ?
Il y a, certes, une différence importante entre la conception duale judéo-chrétienne et la conception duale islamiste : dans celle-ci on voit la criminalité de Dieu, et ses appels à discriminer, maltraiter, tuer, massacrer massivement TOUJOURS VALABLE alors que les juifs et les chrétiens situent la criminalité de Dieu et ses appels à la pratiquer dans le seul passé. Pour eux c'est fini, Dieu n'appelle PLUS à commettre des horreurs. Mais comment peut-on se contenter de cette simple nuance de degré, et non de nature, dans la conception que les croyants ont de Dieu ? Et comment peut-on croire que l'islam pourra rejeter sa conception criminogène si les autres monothéismes ne rejettent pas la leur ?
Rappelons que, pour les catholiques, le maintien de cette duale et terrible conception de la "parole de Dieu" se fait dans la trahison du prophète juif Jésus dont ils se réclament. Celui-ci, en effet, a passé sa vie jusqu'à y trouver la mort à tenter de convaincre ses coreligionnaires que Dieu n'est en rien l'auteur du Mal mais SEULEMENT du Bien.
Les journalistes des grands médias ne diront pas au pape l'attente du rejet, par son église, de sa conception criminogène de Dieu. Ils l'écouteront religieusement parler savamment de rapport entre la foi et la raison, de complémentarité de l'une et de l'autre. Mais il s'agira seulement de raison abstraite, d'une raison qui n'a rien à voir avec la cohérence des textes sacrés, leur interprétation contemporaine, le bon sens, la lucidité, la franchise ou la paix du monde où vivront nos enfants.
Les journalistes des grands médias sont peut-être sourds ou aveugles, mais n'allons pas les imaginer lâches ou hypocrites. Ils sont et seront seulement, comme toujours, RELIGIEUSEMENT CORRECTS.
Pierre Régnier
Ancien militant de la JOC (des années 50)
La conception violente de Dieu, plus précisément la conception duale Dieu est bien l'auteur du pire comme du meilleur qui fonde toujours tous les monothéismes, cette conception qu'on peut dire judéo-chrétienne-islamique c'est peut-être l'église catholique qui, dans son catéchisme, l'exprime le plus clairement :
"Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi les hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, Lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, ET CELA SEULEMENT" (passage numéroté 106, c'est moi qui souligne).
C'est le cardinal Ratzinger, responsable de la commission de rédaction du catéchisme et futur pape Benoît XVI qui est le principal auteur de cette affirmation. Pour lui Dieu est donc bien celui qui anéantit les cités de Sodome et Gomorrhe (Gen 19, 23), qui fait tuer tous les premiers-nés d'Egypte (Ex 12, 29), qui donne l'ordre à Moïse de massacrer son peuple parce qu'il a adoré le veau d'or Moïse plaide pour une moindre tuerie et n'exécute finalement "que" 3000 de ses compagnons - (Ex 32, 21), lui qui ordonne l'extermination des Madianites (Nb 31), qui demande à son peuple de se préparer pour l'extermination des Cananéens (Deut 7-20), lui qui annonce dans le livre de Josué que le moment est venu de passer à l'extermination elle-même afin que les hébreux puissent s'installer sur la terre de Canaan, et que soit ainsi réalisée la belle promesse qu'il a faite à son peuple, lui "donner" cette terre.
Et, puisque c'est ainsi présenté dans la Bible, ça fait bien plaisir à Dieu quand le bon prophète Elie, celui dont on attendra le retour jusqu'à l'arrivée de Jésus égorge… 450 faux prophètes ! (1 Rois 18,39). Osera-t-on dire que cet acte, selon Benoît XVI "conforme au désir de Dieu", est moins terrible que, 3000 ans plus tard, l'égorgement d'un prisonnier par des barbares islamistes, en 2004 en Irak, mais devant une caméra de télévision ? Osera-t-on dire que c'est la caméra qui change tout ?
Il y a, certes, une différence importante entre la conception duale judéo-chrétienne et la conception duale islamiste : dans celle-ci on voit la criminalité de Dieu, et ses appels à discriminer, maltraiter, tuer, massacrer massivement TOUJOURS VALABLE alors que les juifs et les chrétiens situent la criminalité de Dieu et ses appels à la pratiquer dans le seul passé. Pour eux c'est fini, Dieu n'appelle PLUS à commettre des horreurs. Mais comment peut-on se contenter de cette simple nuance de degré, et non de nature, dans la conception que les croyants ont de Dieu ? Et comment peut-on croire que l'islam pourra rejeter sa conception criminogène si les autres monothéismes ne rejettent pas la leur ?
Rappelons que, pour les catholiques, le maintien de cette duale et terrible conception de la "parole de Dieu" se fait dans la trahison du prophète juif Jésus dont ils se réclament. Celui-ci, en effet, a passé sa vie jusqu'à y trouver la mort à tenter de convaincre ses coreligionnaires que Dieu n'est en rien l'auteur du Mal mais SEULEMENT du Bien.
Les journalistes des grands médias ne diront pas au pape l'attente du rejet, par son église, de sa conception criminogène de Dieu. Ils l'écouteront religieusement parler savamment de rapport entre la foi et la raison, de complémentarité de l'une et de l'autre. Mais il s'agira seulement de raison abstraite, d'une raison qui n'a rien à voir avec la cohérence des textes sacrés, leur interprétation contemporaine, le bon sens, la lucidité, la franchise ou la paix du monde où vivront nos enfants.
Les journalistes des grands médias sont peut-être sourds ou aveugles, mais n'allons pas les imaginer lâches ou hypocrites. Ils sont et seront seulement, comme toujours, RELIGIEUSEMENT CORRECTS.
Pierre Régnier
Ancien militant de la JOC (des années 50)
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Commentaires
Pierre Regnier,
je comprend mieux maintenant pourquoi vous faites tant de raccourcis dans vos textes sur les religions.
Au fond, peu vous importe ce que dit l'islam, vous avez un compte à régler avec la théologie juive et chrétienne et leur vision de dieu.
Alors que moi, dieu je m'en contrefiche, ce qui m'importe ce sont les NORMES, les NORMES que les êtres humaines se reconnaissent, et plus particulierement celles qu'ils se reconnaissent AUJOURD'HUI.
C'est pour cela, qu'au risque de me faire allumer par les anti-religieux absolus, je ne mets pas sur le même plan, les religions qui pronent des normes criminelles et des ordres de dieu criminels pour le temps présent ou l'éternité, tel l'islam, et celles qui parlent de crimes au passé révolu.
elisseievna
Si vous me lisez vraiment nous finirons par très bien nous comprendre puisque, sur l'essentiel, je pense et je dis EXACTEMENT la même chose que vous : "ce qui m'importe ce sont les NORMES, les NORMES que les êtres humains se reconnaissent, et plus particulièrement celles qu'ils se reconnaissent AUJOURD'HUI."
Ce qui me révolte dans l'attitude "religieusement correcte" face au pape, c'est précisément qu'on ne lui demande pas de rejeter AUJOURD'HUI ses NORMES sur la prétendue violence passée de Dieu.
Ces normes, ce ne sont pas celles d'un quidam quelconque "qui se contrefiche" ou pas "de dieu" ce sont celles que Benoît XVI, guide de centaines de millions d'êtres humains, demande de croire et D'ENSEIGNER aux jeunes catholiques D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN, même s'il enseigne AUSSI le contraire.
Ce qui me révolte c'est qu'on l'écoute "religieusement", en faisant semblant de croire qu'il est "raisonnable", quand il se prétend rationnel et amoureux de la raison en continuant d'enseigner et de justifier LES DEUX termes de la très vieille ENORME contradiction de tous les monothéismes.
Pas n'importe quelle contradiction, une contradiction CRIMINOGÈNE, celle que les islamistes CONTINUENT DE METTRE EN APPLICATION, celle qui dit que "le dieu infiniment bon et miséricordieux, ET JUSTE, commande ou a commandé AUSSI, des maltraitances et des massacres, comme il en a lui-même pratiqué et donné en exemple".
Je dis bien "AUSSI", parce qu'il y a par ailleurs, dans le catéchisme de Ratzinger/Benoît XVI, exactement le contraire de ce que j'ai rapporté plus haut : "Dieu n'est en aucune façon, ni directement ni indirectement, la cause du mal moral" (passage 311)
Ce qui m'importe, comme à vous, et qui m'indigne, c'est bien que des musulmans CONTINUENT d'appliquer le volet criminogène de l'islam ET des religions qui l'ont précédé.
Je n'ai plus depuis longtemps "de compte à régler" avec le judéo-christianisme de ma jeunesse et, très exactement comme vous "au risque de me faire allumer par les anti-religieux absolus, je ne mets pas sur le même plan, les religions qui prônent des normes criminelles et des ordres de dieu criminels pour le temps présent ou l'éternité, tel l'islam, et celles qui parlent de crimes au passé révolu"
Je l'ai écrit ici même dans un précédent échange avec vous, entre autres, "jamais le problème des bases de la violence religieuse n'a été sérieusemnt posé. Il faut absolument le poser parallèlement dans toutes les religions. Même si ces bases de la violence sont actuellement mille fois plus opérantes et plus visibles dans l'islam que dans les autres religions elles n'ont toujours pas été éliminées de celles-ci" (voir les commentaires à la suite de l'entretien de Médias Libres avec Pierre Cassen).
"Mille fois plus opérantes" ! Ce n'est pas rien. Je ne mets nullement sur le même plan l'islam, toujours DIRECTEMENT criminogène et les religions qui l'ont précédé et qui ne sont plus criminogènes qu'indirectemnt. Et je précise que, pour elles, il est TRÈS FACILE de cesser de l'être. Il suffit que leurs institutions le veuillent.
Benoît XVI ne le veut pas et il est donc complice des institutions islamiques qui ne le veulent pas non plus, et il est donc partiellement responsable AUSSI de la violence qui en découle.
Il n'y a là aucune tentative de faire oublier la responsabilité PREMIÈRE de l'islam d'aujourd'hui, et je ne cesse de dénoncer la monstrueuse confusion qu'entretiennent les islamistes et leurs complices en cherchant à faire croire que l'islamophobie est une forme de racisme.
Ça finit par devenir ignoble cette tricherie ! Moi je dis très clairement que JE SUIS ISLAMOPHOBE : l'islam continue d'appeler à la maltraitance, notamment des femmes, et au crime et, oui, ÇA ME FAIT PEUR, ça crée tout naturellement en moi UNE PHOBIE de l'islam. C'est très précisément ce que, en langue française, parfaitement claire, le mot "islamophobie" signifie.
Il n'y a pas la moindre trace de racisme là-dedans. En critiquant l'islam pour ce qu'il a d'extrêmement dangereux je n'ai pas en moi le moindre sentiment raciste envers les peuples où l'islam est le plus répandu. Je respecte les arabes, les indiens, les pakistanais, les indonésiens exactement comme je respecte les français, les anglais, les allemands, les hollandais
Vous et moi, esseievna, avons exactement les mêmes indignations face au refus (notamment de Sarkozy, dont la responsabilité est grande mais aussi de toute une partie de la "Gauche") de poser comme il faut le problème de la violence islamique, ce qui permet aux fondamentalistes, comme le répètent inlassablement les articles de Riposte Laïque, de faire progressivement remplacer DANS LES FAITS les lois de la République française démocratique et laïque par les lois de l'islam ACTUELLEMENT incompatibles avec les droits de la personne humaine.
J'ajoute seulement, et j'insiste depuis dix ans là-dessus : les musulmans ne pourront rejeter le volet criminogène de leurs croyances, MILLE fois pire que dans les autres religions, si celles-ci ne rejettent pas AUSSI leur propre volet criminogène.
Et, pour le dire, j'utilise inlassablement une citation d'un écrivain athée, bien que moi-même je ne le sois pas. Je dis que tant que TOUTES les religions monothéistes n'auront pas rejeté leur conception criminogène de Dieu (ou de dieu) ceci restera vrai : "le "facteur Dieu" est la plus criminelle des inventions" (José Saramago, à propos des attentats du 11 septembre, dans Le Monde du 22 septembre 2001).
Vous n'entendez pas le mot "norme" comme moi.
Pour moi "norme" signifie règle de conduite à suivre par les humains.
"Norme" n'est pas à confondre avec la biographie de dieu et ses ordres passés aux humains.
C'est pourquoi il m'est completement indifferent que dieu ait commis des mefaits ou toléré le mal.
Le mal est pour moi de donner comme norme aux humains d'en faire. Le reste est conte de fées ou intempéries.
Là où les deux notions risquent d'etre confondues, c'est lorsque le comportemet d'un dieu ou d'un prophete est posé comme modèle à suivre.
Dans le judaisme il n'y a rien de tel.
Dans le christianisme, le modele serait "le fils" et encore... et son comportement ne pose pas de probleme.
Votre position ressemble au marcionisme en fait : rejetons les passages guerriers ou inquisitoriaux du tanach.
Franchement, je ne vois pas à quoi cela avancerait.
Ps : je ne suis pas "islamophobe", je dénonce l'emploi de ce néologisme malhonnete qui tend à faire confondre critique de l'islam et haine des musulmans.
à moins que ce ne soit justement pour en dénoncer les méfaits.
Je suis pour la démocratie et les droits de la personne humaine, voilà pourquoi je dénonce l'islam dans ses aspects contraire à la démocratie et aux droits de la personne humaine.
Si il y a un terme à employer pour se définir par rapport aux musulmans activistes, c'est "démocrate".
Elisseievna
En lisant en 2002 "Foi juive et croyance chrétienne" de Jean-Marc Joubert (éd. Desclée de Brouwer") j'ai pensé qu'il y avait, effectivement, du marcionisme en moi.
Mais je ne crois pas que le problème soit maintenant de rejeter ou non des textes de la Bible telle que l'ont composée, d'une part les théologiens juifs, d'autre part les Pères de l'église chrétienne. C'est seulement l'interprétation D'AUJOURDHUI de ces textes qui me préoccupe, et pas n'importe laquelle, celle DES INSTITUTIONS qui dirigent les différentes religions.
Et je pense que, de tous temps, ce fut l'interprétation contemporaine de ces institutions qui, lorsqu'elle confortait chez les croyants une intime conviction d'une volonté de violence de Dieu, lorqu'elle constituait, donc, une théologie criminogène, je crois que c'est cette interprétation qui conduisait à la violence effective.
Je connais mal la religion juive mais j'ai tendance à penser que, parce qu'on y trouve normal, depuis toujours, de "couper les cheveux en quatre" dans la réflexion talmudique elle est moins dangereuse que le catholicisme, où le dogmatisme normalise la "bonne croyance" de manière très rigide.
Tout de même, je trouve les juifs eux aussi bien fuyants face à la croyance en un Dieu criminogène dans leur propre religion. C'est tout de même le grand théologien juif Maïmonide, l'auteur des "treize principes" constituant encore aujourd'hui le commun dénominateur de toutes les tendances du judaïsme qui écrivait ces horreurs dans son livre le plus fameux, "Le Guide des égarés" :
A propos de Dieu "parfait en actes" : "Nous trouvons, au nombre de ses actions qui se manifestent sur les hommes, de grandes calamités qui fondent sur les individus pour les anéantir, ou qui enveloppent dans leur destruction des familles, et même une contrée entière, font périr plusieurs générations à la fois et ne laissent ni culture ni progéniture, comme, par exemple, les croulements de sol, les tremblements de terre, les foudres destructrices, L'EXPÉDITION FAITE PAR UN PEUPLE CONTRE UN AUTRE POUR LE DÉTRUIRE ET POUR EFFACER SA TRACE (c'est moi qui souligne). Pour Maïmonide ces actions de Dieu "SONT NÉCESSAIRES POUR GOUVERNER LES ÉTATS ; car la suprême vertu de l'homme est de se rendre semblable à Dieu autant qu'il le peut, c'est-à-dire que NOUS DEVONS RENDRE SEMBLABLES NOS ACTIONS AUX SIENNES". Maïmonide donne même ici une intéressante explication sur la fameuse précision contenue dans le Décalogue : "je suis un Dieu jaloux, châtiant la faute des pères sur les fils, sur la troisième et sur la quatrième génération" (Ex. 20,5). "On s'est borné", dit Maïmonide, "à quatre générations, parce que l'homme ne peut voir de sa postérité que tout au plus la quatrième génération. Ainsi, lorsqu'on tue la population d'une ville livrée à l'idolâtrie, on tue le vieillard idolâtre et sa race jusqu'à l'arrière-petit-fils, qui est l'enfant de quatrième génération. On a donc, en quelque sorte, indiqué qu'au nombre des commandements de Dieu, QUI INDUBITABLEMENT FONT PARTIE DE SES ACTIONS est celui de tuer les descendants des idolâtres, quoique jeunes enfants, pêle-mêle avec leurs pères et leurs grand-pères" /.. Pour Maïmonide "celui qui gouverne l'état, s'il est prophète", doit bien "faire disparaître tous ceux qui se détournent des voies de la vérité", "UN ACTE QU'EXIGE LA RAISON HUMAINE" mais il doit le faire en prenant Dieu pour modèle et en tentant d'oublier ses mauvaises motivations humaines "A TEL POINT QU'IL DOIT ORDONNER DE BRÛLER UN INDIVIDU, sans éprouver contre lui ni indignation, ni colère ni haine, n'ayant égard, au contraire, qu'à ce qu'il lui paraîtra avoir mérité, et considérant ce que l'accomplissement de cet acte A DE SOUVERAINEMENT UTILE POUR LA MULTITUDE".
Toutes ces citations sont extraites de l'édition Verdier en un volume (1979) du "Guide des égarés" de Maïmonide (première partie, chap. 5, p 126 à 128).
Lorsque ces "vérités" ont été transmises de génération en génération pendant des siècles (et ce fut le cas dans toutes les religions monothéistes) je ne crois pas qu'il suffise de dire aux croyants "maintenant c'est dépassé" pour faire disparaître la schizophrénie qui en résulte chez bon nombre d'entre eux, et qui conduit certains à passer à l'acte criminel "voulu par Dieu". Seule une honnête mise en question de la NATURE de cette croyance présente ET PASSÉE, permettra d'avancer réellement dans la pacification des religions.
Seul le très ferme et très officiel rejet de cette croyance DANS TOUTES LES RELIGIONS permettra d'espérer qu'elles cesseront un jour de cultiver et servir "la plus criminelle des inventions".
J'ai écris hier un commentaire en réponse mais il n'apparait toujours pas : que se passe t il ?
NDLR: Tout est en ligne, il se peut que vous n'ayez pas rentré le bon numero de securité, il faut redescendre la page et vérifier que le commentaire a bien été envoyé
Il est completement faux de présenter ces citations comme représentatives de lenseignement « transmis de génération en génération pendant des siècles » par les juifs.
Si Maimonide est une référence, il est faux de le présenter comme le fond commun « de toutes les branches du judaisme ». Ses commentaires sont des commentaires parmi dautres.
Il est completement faux de présenter ces citations comme représentatives de lenseignement du judaisme sans présenter le vrai fond commun du judaisme sont les principes « Tu ne tueras pas » «Tu ne te vengeras » « Tu respecteras létranger », et lhistoire biblique disant que Dieu lui-même na pas imposé sa loi aux autres nations, et encore moins naurait ordonné à Israel de guerre pour limposer à sa place.
Il est complement faux de présenter ce passage de Maîmonide, avec ce passage sur « le modele » que serait Dieu, sans préciser deux points fondamentaux du judaisme :
-lepremier étant tout dabord la différence entre Dieu et sa créature lhumain, qui fait quil est tout à fait impossible pour lhumain « dimiter » Dieu, il ny a logiquement aucun ordre d « imiter » dieu comme un modele, il n y a pas dans le judaisme de dieu incarné ou de prophete à imiter comme modele.
-le second est que selon la Torah les juifs ne doivent pas « suivre un modele de dieu » mais doivent obéir à ses commandements , cest tout à fait différent.
Bien avant Maimonide, les rabbins du Talmud avaient dit quun tribunal qui prononcerait une condamnation à mort plus dune fois tous les 70 serait un tribunal de sauvages. « Tu ne tueras pas ». A fortiori tu ne feras pas de guerre qui sont des meurtres en série. La Bible dit aussi, que Dieu refusa que son temple soit construit par David, parce quil avait été guerrier, et que Dieu attendit que David eu un fils, roi pacifique, Salomon , pour construire son temple. Il est donc completement fallacieux de présenter comme un commandement ou une généralité ces passages sur la destruction des idolâtres ou sur la mise à mort des ( ?) hérétiques.
Il est fallacieux de présenter ce commentaire sur les idolâtre sans préciser ce que la bible dit des idolâtres en cause et de lattitude des Hébreux devant ces idolâtres, à savoir quil sagit de peuples pratiquant le sacrifice humain des enfants et quà lépoque, les hébreux imitaient par moment par contagion, et les commentaires des rabbins , transmis de génération en génération pendant des siècles, est que bien évidemment de telles peuplades idôlatres nexistent plus
Il est également fallacieux de présenter ce passage sur un dieu se vengeant sur les générations suivantes, sans présenter :
- les textes tout aussi fameux du Maharal de Prague, mettant en évidence que ces textes sont bien entendus en contradiction avec la conception juive de dieu, que dieu ne se « venge » pas plus quil ne permet aux juifs de se « venger », et que la « vengeance » dont il est question est le sentiment que lon doit se permettre de ressentir, mais sans passage à lacte,
- ou les textes rabbiniques expliquant avant la psychanalyse que si il est dit que dieu se venge sur les générations futures cest dans le sens où la faute des parents rejaillit de fait sur les enfants, et que cest bien pour cela que cette faute est grave.
Il ny a AUCUNE SCHIZOPHRENIE dans lévolution du judaisme, tout simplement parce que depuis des siècles, lapprofondissement de la lecture de la Torah par les générations juives, se fait dans lapprofondissement de la logique des principes fondamentaux du judaisme, pour trouver toujours plus de cohérence, et se débarasser des « premieres lectures » inspirées selon les rabbins par « le mauvais penchant » à limage dAbraham qui croit entendre que Dieu voudrait quil sacrifie son fils.
Avant de parler dune religion quelconque, il est de bonne méthode davoir un minimum dinitiation sur ses principes, ses méthodes, sans quoi lon se laisse embobiner soit par des apologistes soit par des critiques diffamatoires, et lon colporte leurs mensonges. A quoi sert de « lutter contre les religions », si lon tombe dans un des principes griefs que lon leur fait : de preferer le prejugé au savoir et à la méthode ?
"Ancien militant de la JOC"...
Que la politique s'occupe de la chose publique et que la religion s'occupe de la spiritualité des hommes.
On voit dans votre discours cher monsieur, les séquelles de la JOC qui a un peu trop intégré de politique dans le religieux...
On voit dans votre commentaire, cher partisan de la frontière étanche entre religion et politique, que vous ne voulez pas réfléchir un seul instant aux drames pluri-millénaires engendrés par la spiritualité meurtrière.
On voit aussi de plus en plus de croyants prendre conscience de l'impasse sociétale où a conduit un tel aveuglement cultivé. Je ne pense pas que leur spiritualité y perd en authenticité mais qu'elle y gagne en qualité.
Puissiez-vous les rejoindre, et comme eux contribuer à la paix du monde.
@ Helvetic
Vous ne voulez pas voir, cher partisan de la frontière étanche entre religion et politique, à quelle impasse sociétale a conduit la spiritualité meurtrière.
Cet aveuglement cultivé est fort heureusement rejeté par un nombre grandissant de croyants, y compris dans l'islam, la religion la plus logiquement productrice de violences effectives.
Ils ont compris qu'on ne doit pas tenir les religions hors du devoir de respecter les Droits de la personne humaine, la démocratie et la laïcité républicaines.
Je ne crois pas que leur spiritualité y perd en authenticité. Je crois qu'elle y gagne en profondeur.
Je vous souhaite d'en prendre conscience, de choisir de les rejoindre, et de contribuer ainsi à la pacification du monde.