Et tous les médias reprennent ces déclarations. Pourtant, sur le net, les internautes réagissent aux articles en posant quelques questions toutes bêtes :

- Dans ce tunnel, les camions sont chargés sur des wagons, et arrimés. Les moteurs sont donc à l’arrêt, et le camion est immobile sur son wagon. Dès lors, comment le frein peut-il chauffer ? S’il s’agit du frein principal, sur ces poids lourds, ils ne peuvent fonctionner que moteur en route, ce qui est évidemment interdit sous le tunnel. S’il s’agit du frein électrique, il viderait les batteries en moins de deux, et par conséquent lui aussi a besoin du moteur, pour recharger les batteries.

- Les camions embarqués sont soigneusement scannés, en particulier par des détecteurs thermiques pour déceler toute source de chaleur dangereuse. Si un camion avait un système de freinage qui chauffe, pourquoi a-t-il échappé au contrôle ?

- L’incendie fut important, avec de la fumée et, évidemment, des flammes. Comment peut-on procéder ne serait-ce qu’aux premières investigations dans ces conditions difficiles, et alors même que les pompiers interviennent, pour affirmer péremptoire la cause probable de l’incendie et sa nature accidentelle ?

Evidemment, il n’est pas plus judicieux de se lancer dans des supputations d’attentats que de dire que ce n’est pas un attentat. Mais les journalistes pourraient tout de même se poser les quelques questions censées des internautes, et les poser aux autorités, alors qu’ils se contentent de boire et de recopier les déclarations officielles.

On peut s’étonner de cette absence totale de curiosité de la part des médias, qui nous habituent pourtant à de multiples explications techniques lors de chaque accident (avions, voitures, trains, etc.), avec des interventions de spécialistes, et des animations vidéos diffusées par les journaux télévisés seulement quelques heures après les accidents.

Les questions posées par les internautes ne sont pas des délires de théoriciens du " complot " ou des amateurs de X-Files, mais des interrogations raisonnables qui ont peut-être des réponses techniques très simples. Comment se fait-il que personne, dans la presse française, ne sache opposer ne serait-ce que des hypothèses crédibles à leurs interpellations ?

Où est passé le souci déontologique de chercher la vérité des événements ? Où sont passés les journalistes d’investigations ?