Incendie Eurotunnel: où sont passés les journalistes ?
Par Philippe Izard le vendredi 12 septembre 2008, 15:10 - Décryptage - Lien permanent
Jeudi vers 15 heures, un feu se déclare à 5 kilomètres dans le tunnel, côté France. La version officielle ne tarde pas : la préfecture et la SNCF nous disent, au conditionnel, que l’incendie serait dû à la surchauffe du système de frein d’un camion, et que le feu se serait alors propagé aux pneus de ce véhicule, puis aux autres camions.
Les autorités nous expliquent, parfois à deux phrases d’intervalle, qu’il s’agit d’un accident et pas d’un attentat, mais que l’enquête ne fait que commencer et qu’il faut attendre ses résultats pour déterminer les causes et les circonstances de l’accident.
Les autorités nous expliquent, parfois à deux phrases d’intervalle, qu’il s’agit d’un accident et pas d’un attentat, mais que l’enquête ne fait que commencer et qu’il faut attendre ses résultats pour déterminer les causes et les circonstances de l’accident.
Et tous les médias reprennent ces déclarations. Pourtant, sur le net, les internautes réagissent aux articles en posant quelques questions toutes bêtes :
- Dans ce tunnel, les camions sont chargés sur des wagons, et arrimés. Les moteurs sont donc à l’arrêt, et le camion est immobile sur son wagon. Dès lors, comment le frein peut-il chauffer ? S’il s’agit du frein principal, sur ces poids lourds, ils ne peuvent fonctionner que moteur en route, ce qui est évidemment interdit sous le tunnel. S’il s’agit du frein électrique, il viderait les batteries en moins de deux, et par conséquent lui aussi a besoin du moteur, pour recharger les batteries.
- Les camions embarqués sont soigneusement scannés, en particulier par des détecteurs thermiques pour déceler toute source de chaleur dangereuse. Si un camion avait un système de freinage qui chauffe, pourquoi a-t-il échappé au contrôle ?
- L’incendie fut important, avec de la fumée et, évidemment, des flammes. Comment peut-on procéder ne serait-ce qu’aux premières investigations dans ces conditions difficiles, et alors même que les pompiers interviennent, pour affirmer péremptoire la cause probable de l’incendie et sa nature accidentelle ?
Evidemment, il n’est pas plus judicieux de se lancer dans des supputations d’attentats que de dire que ce n’est pas un attentat. Mais les journalistes pourraient tout de même se poser les quelques questions censées des internautes, et les poser aux autorités, alors qu’ils se contentent de boire et de recopier les déclarations officielles.
On peut s’étonner de cette absence totale de curiosité de la part des médias, qui nous habituent pourtant à de multiples explications techniques lors de chaque accident (avions, voitures, trains, etc.), avec des interventions de spécialistes, et des animations vidéos diffusées par les journaux télévisés seulement quelques heures après les accidents.
Les questions posées par les internautes ne sont pas des délires de théoriciens du " complot " ou des amateurs de X-Files, mais des interrogations raisonnables qui ont peut-être des réponses techniques très simples. Comment se fait-il que personne, dans la presse française, ne sache opposer ne serait-ce que des hypothèses crédibles à leurs interpellations ?
Où est passé le souci déontologique de chercher la vérité des événements ? Où sont passés les journalistes d’investigations ?
- Dans ce tunnel, les camions sont chargés sur des wagons, et arrimés. Les moteurs sont donc à l’arrêt, et le camion est immobile sur son wagon. Dès lors, comment le frein peut-il chauffer ? S’il s’agit du frein principal, sur ces poids lourds, ils ne peuvent fonctionner que moteur en route, ce qui est évidemment interdit sous le tunnel. S’il s’agit du frein électrique, il viderait les batteries en moins de deux, et par conséquent lui aussi a besoin du moteur, pour recharger les batteries.
- Les camions embarqués sont soigneusement scannés, en particulier par des détecteurs thermiques pour déceler toute source de chaleur dangereuse. Si un camion avait un système de freinage qui chauffe, pourquoi a-t-il échappé au contrôle ?
- L’incendie fut important, avec de la fumée et, évidemment, des flammes. Comment peut-on procéder ne serait-ce qu’aux premières investigations dans ces conditions difficiles, et alors même que les pompiers interviennent, pour affirmer péremptoire la cause probable de l’incendie et sa nature accidentelle ?
Evidemment, il n’est pas plus judicieux de se lancer dans des supputations d’attentats que de dire que ce n’est pas un attentat. Mais les journalistes pourraient tout de même se poser les quelques questions censées des internautes, et les poser aux autorités, alors qu’ils se contentent de boire et de recopier les déclarations officielles.
On peut s’étonner de cette absence totale de curiosité de la part des médias, qui nous habituent pourtant à de multiples explications techniques lors de chaque accident (avions, voitures, trains, etc.), avec des interventions de spécialistes, et des animations vidéos diffusées par les journaux télévisés seulement quelques heures après les accidents.
Les questions posées par les internautes ne sont pas des délires de théoriciens du " complot " ou des amateurs de X-Files, mais des interrogations raisonnables qui ont peut-être des réponses techniques très simples. Comment se fait-il que personne, dans la presse française, ne sache opposer ne serait-ce que des hypothèses crédibles à leurs interpellations ?
Où est passé le souci déontologique de chercher la vérité des événements ? Où sont passés les journalistes d’investigations ?




Commentaires
Ils baratinent sur le pape qui a le bon goût de visiter Paris ; il n'y a pas besoin de se déplacer pour relater l'évènement , c'est plus tranquille et ça ne fait pas chauffer les méninges .
Enfin une personne qui se pose les vrais questions. Il faut que tout le monde arrete d'avaler tout ce qu'on vous sert.
des freins qui chauffent sur un camion à l'arrêt... lol
Tres bon article
Tout le monde est unanime, c'est un accident à 99% comme pour l'explosion d'AZF de Toulouse quelques jours après le 11 septembre, ceux qui envisagent une autre hypothèse ne sont que des esprits tordus.
et quelle est la marque du camion dont des freins auraient chauffés à l'arrêt... ?
Etrange, cette insistance à nier la thèse criminelle, alors qu'on affirme en même temps qu'on ne connaît pas l'origine de l'incendie ! Faudrait savoir ! Si on n'en connaît pas l'origine, a fortiori on ne peut pas en connaître la nature criminelle ou non. Ca ne tient pas debout.
Le procureur en rajoute : www.lavoixdunord.fr/Local...
"La présence simultanée des flammes et des explosions dues à la montée en température du carburant contenu dans les réservoirs des camions nous laissent penser à un accident"
"Nous laisse penser" montre que sa thèse de l'accident est hypothétique, mais il "a réaffirmé à plusieurs reprises qu'il ne pouvait s'agir d'un acte de malveillance". Alors il est sûr ou pas ?
Il exclut l'hypothèse de l'attentat "dans le sens où ce type d'explosion intervient généralement après un « bruit sourd et un moment de latence, ce qui n'a pas été le cas ici »"
"Généralement", donc il peut y avoir des cas particuliers où ce n'est pas le cas ! Ce mot "généralement" permet justement DE NE PAS EXCLURE cette hypothèse, ce qu'il fait pourtant !
Et il n'envisage que la thèse d'un attentat par explosifs puissants. Il y a d'autres manières de mettre le feu volontairement à un camion, et si ça été provoqué par une mise à feu par détonateur, il n'y a pas besoin que ça fasse une explosion très audible et très visible pour enflammer des hydrocarbures !
Autre élément à charge (contre le procureur) :
"Le procureur est enfin revenu sur l'absence d'images du sinistre dans les médias : « je veux préserver la spontanéité des témoins. Je ne veux pas qu'ils soient influencés par la diffusion de ces images. Mais je ne suis pas un censeur de la presse »"
Ah bon ? Les témoins vont changer leur version des faits en voyant les images des faits ? C'est assez comique, non ? A moins que ces images ne contredisent la thèse qu'on voudrait que les témoins soutiennent, on ne voit guère de logique dans cette censure.
Bref, ce procureur est en train de marquer des buts contre son camp, et ne fait que renforcer mes doutes sur la thèse officielle, annoncée alors que l'enquête n'avait même pas débutée !
Faut arrêter de psychoter. Ils ne savent pas ce qui s'est passé, alors quand on ne sait pas, on se tait. L'homme ne connaît pas les limites de la physique et de la chimie, il peut parfois arriver des choses inexplicables sans qu'il y ait attentat. Il y a peut-être un humain à l'origine, mais pas nécessairement un terroriste.
Vous avez raison cehel, il ne peut s'agir que d'un phénomène de combustion spontanée bien connu des scientifiques et des amateurs de X files.
Il existe des choses qui ne s'expliquent pas dans l'immédiat, de toute évidence. J'insiste : faut arrêter la parano.
Comme journaliste, j'ai couvert le grave incendie du tunnel sous la Manche en 1996.
Avec grande difficulté : le tunnel est un site fermé, non accessible, les dirigeants d'Eurotunnel verrouillaient l'information et multipliaient les fausses pistes.
Pour des raisons autant diplomatiques que boursières, l'info sur le tunnel tenait du secret d'État.
Les Britanniques, qui paient, parfois largement, leurs informateurs, ont fini par sortir quelques bribes de vérité.
C'était bigrement compliqué.
Certes, je ne nie pas la propension, aujourd'hui comme hier, de certains de mes confrères à se contenter, par lassitude, paresse, manque de temps, des vérités officielles.
Mais il y a surtout deux grandes différences avec 1996:
- le journalisme d'investigation a disparu pour une bonne part de la presse écrite française (pour des raisons de coût et de productivité) et pourtant c'en était l'apanage.
- Internet joue un rôle essentiel dans le domaine de l'info et parmi les internautes, on trouve toujours des spécialistes de la question en cours.On pourrait effectivement mieux utiliser ces compétences, cependant très dispersées.
Ce n'est pas pour autant que le "souci déontologique de chercher la vérité des évènements" a disparu...
je note que le feu est parti le 11 septembre, sans être parano, c'est quand même une étrange coincidence que personne n'a relevé. Et comme souvent dans ces cas là, les conclusions sont affirmées alors même que l'enquête n'a pas commencé. Un peu comme pour AZF. Tiens justement comment s'est appelé le mouvement qui menaçait les chemins de fer français ? AZF également si j'ai bonne mémoire. surement un choix fantaisiste sur lequel les médias ne se sont pas arrêtés. Heureusement, il y a internet qui n'est pas (encore?)censuré.