Selon l’AFP, « Le tribunal a estimé que M. Meyer a exercé "une pression" sur une partie de l'électorat en s'engageant à soumettre au conseil municipal une proposition de subvention pour construire une seconde mosquée à Colmar dans une lettre adressée à l'imam Bachir Daoudi, président de l'association culturelle des musulmans maghrébins. »

Le Figaro précise que cette promesse de subvention a été faite le 25 février, soit trois semaines avant l’élection, et que Gilbert Meyer s’engageait à donner 164.000 euros (ou plutôt à faire donner par les contribuables de Colmar) pour ce financement déguisé du culte musulman, et que cette promesse a été largement relayée par l’imam auprès de ses ouailles. Normal, elle était faite pour cela !

Bien qu’on puisse déplorer la mésaventure de Gilbert Meyer, on est bien obligé de constater qu’il est le principal artisan de son échec.

En effet, 164.000 euros, c’est une mise tout à fait ridicule pour acheter le vote musulman. Il ne faut être petit joueur comme ça ! Quand on veut gagner, on y met les moyens. Les voix, on va les chercher « avec les dents » !

Colmar : les communautés maghrébines derrière Gilbert MeyerGilbert Meyer aurait dû prendre exemple sur les grands maîtres du clientélisme islamique. Comme Laurent Cathala, maire P.S. de Créteil, qui n’a pas hésité à aligner 1 million d’euros de subventions publiques pour l’édification d’une future mosquée. Ou encore Bertrand Delanoë, maire P.S. de Paris, qui offre 10 millions d’euros du contribuable parisien pour un « Institut des Cultures d’Islam » qui « abritera d’ici 2011 une mosquée qui ne dit pas son nom ».

Là, au moins, on joue dans la cour des grands !

Et il n’y a pas que les socialistes qui engagent l’argent public banco sur le Coran. Le dernier exemple en date est Jean-Christophe Lagarde, maire Nouveau Centre de Drancy. Son coup de poker de 1,8 millions d’euros a fait récemment l’objet de critiques acerbes d’« extrémistes laïcards », comme il les appelle. Comparons sa technique de champion à celle de l'outsider de Colmar.

- J-C. Lagarde mise 1,8 millions d’euros, soit 11 fois plus que G.Meyer.
- J-C. Lagarde ne se contente pas d’une lettre de promesse à la veille des élections. Il calcule son coup à l’avance, le temps de construire pour de bon « sa » mosquée municipale. Il ne reste plus qu’à l’inaugurer à la veille des élections, avec tout le gratin islamique local, pour que ce soit bien relayé auprès des fidèles, y compris par l’UOIF.

- En même temps que l’inauguration, J-C.Lagarde signe un bail de 4000 euros mensuel avec le nouveau locataire, soit un loyer ridicule pour un bâtiment de cette valeur. Mieux encore, ce bail engage la municipalité à payer tous les frais d’entretien de la mosquée.

- Bien entendu, il ne parlera à personne de ce bail, qu’il a signé en catimini « en fonction de l'article 2122.22 du code des collectivités territoriales et des pouvoirs qu'il s'était auto-attribués quelques mois plus tôt », selon un élu d’opposition. On constate là encore toute la stratégie du grand joueur qui sait anticiper plusieurs coups. Selon cet élu, les autres conseillers municipaux ne prendront connaissance de ce bail… qu’après les élections !

- Comme il le reconnaît lui-même, J-C.Lagarde « cache volontairement » aux Drancéens que le bâtiment qu’il a fait construire est destiné à servir de lieu de culte. Ca lui évite les quelques « tensions » que la révélation de la vérité pourrait provoquer. On imagine en effet ce qu’auraient pu en penser des administrés « laïcards », ou simplement choqués de l’usage des deniers publics, au moment de mettre leur bulletin dans l’urne. Il ne faudrait pas perdre de leur côté les suffrages qu’on gagne de l’autre !

- On pourrait penser que l’opposition va faire éclater l’affaire ? Pas du tout ! Elle est muselée par le fait établi, puisque remettre en cause les plans de J-C.Lagarde demanderait à ce que soit le local municipal d’1,8 millions d’euros soit évacué par son locataire, soit que celui-ci paie un loyer décent et les charges. Gilles Saulière, opposant P.S., se réveille seulement quand l’affaire sort dans la presse. Il explique que depuis six mois qu’il était au courant, il était urgent (et il est toujours urgent)… de ne rien faire avant d’avoir résolu le problème de l’occupation des lieux. Problème impossible à résoudre « sans que ce soient les musulmans eux-mêmes qui fassent les frais de cette affaire ». Les « fidèles » peuvent donc continuer à prier sur leurs deux oreilles dans la mosquée municipale payée et entretenue par les Drancéens. Au moins jusqu’aux prochaines élections, dans six ans (date de renouvellement du bail, comme par hasard.)

Incontestablement, Jean-Christophe Lagarde a fait un sans fautes. Non seulement sa mise d’1,8 millions d’euros, et les charges payées par les Drancéens ont contribué à le faire élire avec près de 70% des voix, mais il a réussi à piéger ses opposants au conseil municipal. (A moins que, comme le prétend le maire, ceux-ci aient été également partie prenante dans l’affaire. Auquel cas, ce ne serait qu’un magistral coup de bluff supplémentaire dans son jeu.)

Evidemment, on me dira que ce n’est pas bien d’engager ainsi l’argent public des contribuables en douce, à des fins clientélistes personnelles, alors que les caisses des municipalités sont aussi vides que celles de l’Etat, que toutes ces municipalités sont gravement endettées, et que leurs habitants sont écrasés d’impôts.

Mais cet argument populiste ne tient pas la route quand on connaît un peu les subtilités de la finance publique. Plus de sous dans les caisses ? Il suffit d’emprunter encore plus, tout simplement, à hauteur du prix des voix musulmanes qu’on désire attirer. On emprunte auprès d’organismes spécialisés, comme Dexia, spécialiste du financement des collectivités locales en France.

Et quand Dexia boit le bouillon à cause – entre autres – de ces prêts à rallonge, pas de souci ! La banque franco-belge est « renflouée par les fonds publics », c’est-à-dire les Etats français, belges et luxembourgeois. C’est donc tous les contribuables de ces pays qui vont payer indirectement la mosquée municipale de Drancy (et des centaines d’autres dans notre République laïque !)

N’en déplaise aux « intégristes laïcards », ce n’est que justice, car on ne voit pas au nom de quelle discrimination positive ce serait seulement les Drancéens qui contribueraient à l’excellent investissement électoral de Jean-Christophe Lagarde, qui nous prouve l’efficacité de sa maîtrise du business politicien.

Avec sa minable promesse de 164.000 euros, Gilbert Meyer méritait de rétrograder en troisième division. Il y a tout de même une justice en France !