Une surprise ? Plus maintenant. Nous eûmes droit au même scenario, il y a un an, à l'occasion de France-Maroc. Et en 2001, quand Marie-George Buffet, alors ministre des sports du gouvernement Jospin, eut la bonne idée d'organiser un match France-Algérie, ce fut un concert de haine anti-française, le sommet étant atteint quand alors que l'équipe de France menait quatre buts à un, des jeunes "Français" supporters algériens envahirent le terrain, mettant ainsi fin prématurément au match.

Cela pose une double question. Quelles sont les irresponsables qui continuent de programmer des matches de football de l'équipe de France à Saint-Denis, quand on sait pertinemment que le stade sera composé majoritairement de supporters maghrébins qui, pour remercier la France, terre d'accueil, sifflent notre hymne, et insultent nos joueurs ? Que fait Laporte, ministre des Sports, et quelles sanctions seront prises face à ce qui constitue une véritable faute professionnelle, de la part des organisateurs ? N'y a-t-il pas suffisamment d'autres stades chaleureux, en France, comme Saint-Etienne ou Lens, avec des publics populaires qui sont fiers de chanter « La Marseillaise », et qui sont derrière leur équipe ?

L'autre question est tout de même l'apparition, régulièrement, d'une haine anti-française de la part de citoyens nés en France, ou bien accueillis par la France, qui se disent Français quand ils réclament des aides, mais qui, finalement, refusent toute intégration, toute vision républicaine, et se réfugient dans un communautarisme revanchard, alimenté par des discours anti-colonialistes d'organisations gauchistes.

Les « Nique la France », « Sale Français », les émeutes de 2005, les attaques au faciès de manifestants lycéens en 2006, la montée de l'islam dans la jeunesse préparent inévitablement des tensions et des violences ethniques dont le pitoyable spectacle du stade de France n'est qu'un avant-goût.

La France est le seul pays au monde où l'hymne national est sifflé par des « Français ». Il n'y a que chez nous que l'équipe de France est conspuée par son public. Il était pathétique de voir une minorité de Français agiter courageusement leur drapeau bleu blanc rouge, submergés par la bronca des supporters tunisiens.

Mais personne ne donnera, dans les médias, la place que mériterait un tel scandale, et nos hommes politiques, comme d'habitude, minoreront la gravité de l'événement dans des discours anesthésiants.

Seule satisfaction de la soirée : la France a gagné !

Lucette Jeanpierre