Alors, quand un synode était convoqué au Vatican, en ce mois d'octobre 2008, sept ans seulement après le 11 septembre 2001, pour réfléchir sur le sens à donner à cette parole on pouvait espérer que cette réalité religieuse si épouvantable et si durable serait le point de départ de la réflexion. On pouvait espérer qu'une radicale révision de la conception catholique de Dieu serait amorcée dans la conclusion.

Il n'en fut rien. "Tout est créé de la Parole et tout est appelé à servir la Parole" disait le pape à l'ouverture du synode. Celui-ci ne s'écarta pas de cette réflexion fermée sur elle-même et méprisa donc le monde réel : le synode ne vit rien à changer dans l'église. Elle doit seulement mieux utiliser les moyens modernes de diffusion du message autocentré, mieux récupérer la culture profane, mieux séduire les penseurs et les créateurs, et mieux parler aux autres religions
en ignorant leur contenu criminogène comme elle ignore le sien.

Les catholiques qui se sentent et se veulent appelés avant tout à la solidarité avec leurs frères et soeurs de l'humanité réelle peuvent et doivent réagir. Ils doivent reconnaître le caractère criminogène de nombreux textes attribués à Dieu dans la Bible. Ils doivent prendre conscience qu'on ne les rendra pas inoffensifs en les niant ou en les contournant comme on le fait depuis toujours . Ni en leur attribuant un caractère seulement symbolique. Ils doivent refuser la
tricherie qui attribue à la seule "mauvaise lecture littérale" de ces textes la dérive de ceux qui passent à l'acte criminel.

Ceux-ci "ont bon dos". Les religions ont une part de responsabilité dans leurs crimes. Elles doivent cesser de refuser de le voir ou, si elles ont été réellement aveugles jusqu'à ce jour, en prendre enfin conscience et modifier en conséquence leur théologie.

En décembre 2006 j'ai commencé à diffuser ces

Neuf propositions pour sortir de la violence religieuse:

1/ La violence religieuse effective est toujours à la foisépouvantable ET BANALE puisque les religions continuent d'enseigner que Dieu la commande ou l'a commandée

2/ Ce sont les institutions religieuses qui continuent de croire FONDAMENTAL de maintenir INTÉGRALEMENT sacrés leurs textes contenant les bases de la violence religieuse

3/ La nécessaire désacralisation de la violence religieuse suppose une radicale révision, PAR LES INSTITUTIONS RELIGIEUSES, de leur propre interprétation de leurs propres textes sacrés

4/ Le maintien de la conception criminogène de Dieu, jadis sacralisée, et celui de la théologie criminogène qui la dogmatise ne sont nullement fatals

5/ La paix et la protection des Droits de la personne humaine sont impossibles sans le rejet de la théologie criminogène

6/ Les sociétés défendant les Droits humains doivent exiger des institutions religieuses qu'elles rejettent officiellement et sans ambiguïté la théologie criminogène

7/ Le combat pour la désacralisation de la conception criminogène de Dieu N'EST PAS UN COMBAT CONTRE LE TOUT des religions

8/ Le CHOC DES CONCEPTIONS (pacifiste et criminogène) AU SEIN DES RELIGIONS est le plus sûr moyen d'éviter le CHOC DES CIVILISATIONS

9/ C'est en exigeant d'abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence.

En décembre 2007 j'ai explicité sur Internet la nécessité de cette radicale réforme dans un texte publié par le site québécois Centpapiers (ma réponse à l'unique commentaire est aussi substantielle que le texte lui-même, j'y rapporte un exemple de justification très explicite, par un grand théologien, de la prétendue violence de Dieu). On a directement accès à cette réflexion en copiant et collant son titre dans la fenêtre de recherche de Google : "La Décennie "au profit des enfants du monde" va finir en catastrophe". (Lien direct)

Avec les autres catholiques, avec vos amis des autres religions, AGISSEZ ! La violence religieuse n'est pas fatale. Il n'y a aucune raison de croire éternellement à la prétendue criminalité de Dieu.

Exigez du Magistère qu'il le dise, l'écrive, le proclame très explicitement : quand un texte sacré attribue à Dieu une volonté de maltraiter, de tuer, de massacrer des peuples entiers,

ÇA N'EST PAS LA PAROLE DE DIEU.

Pierre Régnier
Ancien militant de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (des années 50)