Qui veut la peau de Renault ?
Par Jean Héron le vendredi 21 novembre 2008, 07:38 - Economie - Lien permanent
A une personne qui me demandait d’écrire sur les délocalisations abusives et du cas de Sandouville je lui répondais que l’un et l’autre problème étaient très distincts.
Puis au cours de la conversation, en écoutant cette personne, je me suis rendu compte combien les médias avaient depuis quelques mois fait du mal à la réputation de cette marque automobile française.
Et en voyant le cours hier auquel son action était une nouvelle fois tombé, je me suis dit que, non décidemment, les spéculateurs boursiers professionnels étaient irresponsables. Et que cette spirale infernale de la baisse risquait de nous entraîner tout droit, et de manière irrationnelle car déconnectée de la réalité de la santé réelle des entreprises, vers un crash véritablement durable.
Essayons donc de rétablir quelques vérités ... ce qui suppose de ne pas être « syndicalement » correct...
Puis au cours de la conversation, en écoutant cette personne, je me suis rendu compte combien les médias avaient depuis quelques mois fait du mal à la réputation de cette marque automobile française.
Et en voyant le cours hier auquel son action était une nouvelle fois tombé, je me suis dit que, non décidemment, les spéculateurs boursiers professionnels étaient irresponsables. Et que cette spirale infernale de la baisse risquait de nous entraîner tout droit, et de manière irrationnelle car déconnectée de la réalité de la santé réelle des entreprises, vers un crash véritablement durable.
Essayons donc de rétablir quelques vérités ... ce qui suppose de ne pas être « syndicalement » correct...
Renault va supprimer 4000 emplois d'ici 2011 dont au moins 1000 en France. Tollé dans la presse.
« Renault dans la tourmente » nous disent les grands médias télévisuels qui donnent la parole à des syndicalistes français qui menacent de tout bloquer. Pourquoi ? Selon eux même si une usine en France ne tourne plus, il ne faudrait surtout rien changer et garder le même nombre d'employés .... Les départs volontaires ( pré-retraite bien méritée, départ avec chèque conséquent, reclassement là où il y a du travail) ? Niet. Rien ne doit partir. Tout doit rester en l’état. Pour toujours et à jamais. Avec une telle logique les ateliers de menhirs ou les usines de sabots fleuriraient encore dans notre beau pays…
Entre l’interdiction de licenciement et un travail pour tous dans des usines qui n’usinent plus grand-chose, on entre dans une logique soviétoïde d‘un temps que l‘on croyait heureusement terminé : Hélas, l’interdiction de licenciement et la nationalisation des moyens de production, ce grand bond en arrière sont toujours d’actualité. Le programme « Besancenot » du nouveau Parti Anti-capitaliste éclaire et relaie cette logique « syndicale » :
Interdiction de licenciement, passage aux 32 heures, renationalisation de toutes les entreprises privatisées et ouvertes à la concurrence … Le tout financé avec l’argent des “riches” : suppression de tous les “cadeaux fiscaux”, augmentation de l’ISF, des hautes tranches de l’impôt sur le revenu et des cotisations patronales.
« Le maintien des emplois doit être assuré sous peine de réquisition des entreprises, (site Internet de la LCR). En cas de carence de l’employeur, c’est la responsabilité collective du patronat de maintenir les salaires et les activités, grâce à un fonds de mutualisation fondé sur des cotisations patronales. »
« La sécurité industrielle exige des mesures radicales qui retirent le pouvoir aux actionnaires et donnent le pouvoir aux populations de décider et de contrôler »…
Si Besancenot est considéré par les Français comme « le meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy, selon la dernière étude OpinionWay-le Figaro, alors Nicolas Sarkozy n’a pas grand-chose à craindre de cette « opposition». Et l’on ne peut que s’interroger sur la totale méconnaissance des français du programme du futur Nouveau Parti Anti-capitaliste… de leur manque de curiosité et de la complicité des grands médias qui interrogent le petit facteur sur tout sauf sur le fond de son programme, ( qui ne s‘arrête hélas pas à ces inepties économiques soviétique).
Alors, Renault en danger ?
Bien que la conjoncture ( hausse des prix des matières premières: pétrole, acier dont le prix a été multiplié par deux…) soit effectivement difficile en France ( en fait pour tout le marché automobile français et c'est encore pire dans les autres pays Européens), la politique d'investissement du groupe Renault et de diversification vers des marchés émergents ( Europe de l'Est, Russie, Inde, brésil, Iran, Chine, Afrique du Nord via la future usine de Tanger au Maroc ...) réussit tant bien que mal à stabiliser sa santé. Voici l'un des rares groupes automobiles au monde qui ne soit pas (trop) endetté et dégage, grâce au marché extérieur et à sa participation au titre du groupe Nissan, des marges qui lui permettront dans l'avenir proche de mieux investir pour survivre.
Certes, le groupe annonce un baisse de 25% de sa production au 4ème trimestre et des jours de chômage technique s’imposent puisque les ventes du secteur automobile ne suivent pas. Mais les mesures prises maintenant et le renouvellement de la gamme en cours ne laisse pas entrevoir de (trop) graves difficultés (sauf crash total de l’économie…).
Ce qui n'est plus le cas de Ford ou Général Motors en très grandes difficultés et qui voient leurs ventes et leurs parts de marché du continent américain fondre face à la concurrence étrangère des voitures plus proche des automobilistes et surtout à moindre consommation énergétique. GM a, par exemple, perdu plus de 51 milliards de dollars en trois ans; son cours à la bourse est au plus bas niveau depuis ... 33 ans, et il tente de soutenir ses ventes par une offre désespérée de crédit automobile à … taux zéro. Sa santé est tellement précaire que Merrill Lynch n'exclut pas la possibilité d'une faillite prochaine ( même si le groupe GM assure disposer de grandes liquidés celles-ci ne lui permettront pas de tenir longtemps). La firme-conseil estime que General Motors aura tout de même besoin de lever 15 milliards de dollars pour renforcer son bilan, si le marché automobile américain continue de se détériorer. Inutile de dire que des plans de sauvegarde vont eux devoir fermer des usines qui ne produisent plus les modèles qui ne se vendent pas.
Que Carlos Ghosn soit critiqué pour son approche décomplexé d’un objectif de rentabilité à la hausse avec une marge opérationnelle de 4,5% en 2008 et de 6% en 2009, est très « français ».
Cela montre une totale méconnaissance des questions d’économie, et surtout du fonctionnement et de la stratégie d’une entreprise. Mais qu’attendre d’une population qui pour près de 50% de ces actifs vit du salaire versé par l’Etat ? Et qui a tendance à confondre subvention et chiffre d’affaire ? Sécurité de l’emploi à vie et situation de concurrence du marché ? Et dont les dirigeants depuis plus de 40 ans gèrent la santé de ce même Etat à coups de déficits irresponsables ( après eux le déluge et le déluge sera pour nous ) et la santé de l’économie par une taxation toujours plus contraignante qui n’a pour objectif réel que de combler ces déficits et d‘emprunter pour en créer de nouveau. Situation ubuesque où aujourd’hui la seule somme due des intérêts de notre dette nationale est à peine comblée par nos impôts sur le revenu…
Et donc apparaît l’idée tellement facile que le grand méchant Carlos Ghosn préfère faire de l’argent alors qu’il pourrait payer des employés à ne rien faire dans des usines dont les produits ne se vendent pas….
On lui reproche aussi de redistribuer les profits de l’entreprise aux « actionnaires »; Actionnaire. Ce mot à lui seul, en France, dans la bouche de certains devient une insulte. Oublier le fait qu’un actionnaire peut être petit et que les petits actionnaires par définition sont loin d’être riches. Oublier le principe même de l’actionnariat, qui est une prise de risque financier qui doit être récompensée et qui permet à l’entreprise un apport d’argent indispensable à son développement et à sa pérennité. Sans actionnaires, pas d’entreprise ! Oublier le fait que ces profits aux actionnaires peuvent s’effectuer sous forme non pas de rémunération mais d’actions.
Quand Renault réduit la voilure du nombre de ses salariés dans une usine en France, cela a plus à voir avec une simple logique économique ( pas assez de commande donc pas besoin d’employés) qu’avec une approche cynique et caricaturalement financière. Or, le traitement des médias induit que tel serait le cas : mettre à la rue des ouvriers pour « faire plus d’argent »;
« Mais alors que le groupe a vu ses profits augmenter au premier trimestre et lance sa nouvelle Mégane, les syndicats et même Bercy crient au scandale. La CGT appelle à la grève jeudi ». Écrit le Journal du Dimanche dans son édition du 09 Septembre.
Et le journal de prendre l’exemple de Sandouville :
« Un millier d'emplois seront (…) supprimés, et ce dans la seule usine de Sandouville »;
… Alors que le vrai problème de cette usine est qu’elle est « pénalisée par la fabrication de voitures qui se vendent mal actuellement, comme la nouvelle gamme de Laguna, ou la Velsatis ou l'Espace. »
Soyons clair, ce n’est pas le suppression de 1000 salaires à Sandouville qui va faire que Carlos Ghosn va atteindre l’objectif de rentabilité que le groupe Renault s‘est fixé. Lier l‘un à l‘autre est ... stupide.
D’ailleurs le JDD le précise :
« Concrètement, le groupe compte sur 3000 départs volontaires chez les "personnels de structure" - ceux qui ne sont pas affectés à la fabrication des véhicules - d'ici fin 2009, au moyen d'incitations financières. Selon Renault, ils pourront prendre la forme de "projet professionnel ou personnel, départ en retraite, congé de reclassement ou retour au pays pour les salariés de nationalité étrangère". Il n'y a "pas de quotas ni de répartition d'une direction ou d'une autre", assure le groupe. »
Le cas de Sandouville est celui … de Sandouville : une usine dont les modèles ne se vendent pas.
Objectif de rentabilité ou pas le problème de Sandouville reste donc le même. La réduction nécessaire du nombre de salariés y travaillant puisque les commandes ne suivent pas. Avec pour objectif une fermeture définitive ? Il ne semble pas puisque le site de Sandouville pourrait être par la suite retenu pour la future production des véhicules électriques que Renault doit lancer en 2011-2012.
Que la résolution de cette question soit intégré dans l’objectif de rentabilité cela est exact mais au même titre que les 4000 ou 5000 postes qui vont disparaître d’ici à trois ans. Si Sandouville fonctionnait bien l’usine ne serait pas inclut dans ce processus.
Et encore ne s’agit-il ici que de l’un des nombreux postes de fonctionnement sur lequel des économies peuvent être faites.
Car Le plan d’action Renault comprend :
• une hausse des prix de vente pour absorber l’augmentation du coût des matières premières,
• un allègement du plan produit par la simplification, le gel ou le report de projets considérés comme non prioritaires,
• le gel des recrutements en Europe.
D’autres actions sont en cours d’examen :
• une réduction des coûts de structure de 10%, notamment par un plan de départs volontaires essentiellement en Europe,
• la réorganisation des sites de production, pour s’adapter à l’évolution des marchés ; en particulier, le passage à une équipe à l’usine de Sandouville, en raison de la baisse des ventes des berlines du segment D en Europe. Si la situation continuait à se dégrader, d’autres ajustements pourraient intervenir concernant en particulier la gamme B, et le niveau de production dans l’usine de Flins.
Par ailleurs, le ratio des dépenses de recherche et développement et investissements sur chiffre d’affaires sera ramené à 10 % au plus tard en 2010, contre 11,4% en 2007.
L'ensemble du plan d'action devrait se traduire par des économies de 350 millions d'euros dès 2009 et 500 millions en année pleine.
C’est donc à un plan massif de réduction de ses coûts auquel Renault s’attaque dans une conjoncture mondiale inquiétante ( ventes en baisse; coût de production en explosion; émergence d’une nouvelle concurrence low cost sur des marchés émergents mais aussi de plus en plus traditionnels, que pourtant Renault a été le premier à anticiper; émergence de nouveaux acteurs concurrentiels à venir notamment des marques automobiles chinoises; diversification des technologies - voiture électrique, hybride … etc … dont on ne sait pas encore quel sera la solution la plus fiable - ).
Réduction des coûts inclus dans une stratégie industrielle plus vaste, à l’échelle mondiale, qui impose en permanence des ajustements eux-mêmes stratégiques et structurels.
Telle est la réalité à l’échelle d’une entreprise de la vie et de la survie de celle-ci. Surtout face à des concurrents mastodontes eux-mêmes depuis longtemps de statures internationales.
Car les profits d’aujourd’hui sont les investissements et la survie de l’entreprise de demain.
Donc Renault ne va pas si mal que cela… pour l’instant… Ses comptes en tout cas le démontrent.
Or, voici qu’il subit une spéculation à la baisse de son titre en Bourse qui est tombé de 117 à 50 euros en 1 an. Puis, de septembre dernier à hier de 50 euros à … 15 euros !!! Spéculations relayées par des informations/ estimations médiatiques systématiquement négatives, au point qu’à la suite d’un article du Monde le titre du constructeur avait plongé en Bourse en septembre dernier, provoquant sa suspension provisoire.
La question est : pourquoi un groupe automobile qui est en train de prendre toutes les mesures afin d’assainir sa situation et qui continue à vendre voit-il son titre à ce point déprécié ?
Et pourquoi dans le même temps pas un mot dans les médias sur le groupe Peugeot qui, lui, va supprimer 10 000 emplois dans les 18 prochains mois .... Deux poids deux mesures ?
Pourquoi une telle dépréciation du cours alors que la ministre de l'Économie Christine Lagarde a précisé lundi que le soutien apporté à ce secteur "sera(it) d'abord prescrit au niveau européen, et ensuite sur le plan national". La Commission européenne devrait d'ailleurs présenter des mesures de soutien au secteur le 26 novembre, dans le cadre de ses propositions pour un plan de relance de l'économie européenne. Les constructeurs européens ont en effet demandé en octobre une aide chiffrée à 40 milliards d'euros sous la forme de prêts à taux réduit et de primes pour inciter les consommateurs à remplacer leurs voitures. Les géants américains de cette industrie, General Motors, Ford et Chrysler ont demandé, eux,une rallonge de 25 milliards de dollars au Congrès américain.
Une aide plus que nécessaire quand on sait que l'industrie automobile emploie directement ou indirectement près de 2,5 millions de personnes en France, soit 10 % de la population active.
Pourquoi donc un tel matraquage sur le cours d’une action qui à force d’être dépréciée va finir par attiser les convoitises financières de structures, qui elles, ont d’énormes liquidités et qui si elles lancent une opération d’achats de titres Renault n’auront pas pour objectif premier la pérennisation de cette entreprise française.
Le risque est grand que passé le seuil limite, tout hélas devienne possible. Et là …
D’autres précisions indispensables sur l’année 2008 pour Renault :
Chiffre d'affaires consolidé du Groupe pour les neuf premiers mois de l'année 2008
Les chiffres officiels de Renault :
Finance : les chiffres-clés
Chiffre d'affaires 2008
« Renault dans la tourmente » nous disent les grands médias télévisuels qui donnent la parole à des syndicalistes français qui menacent de tout bloquer. Pourquoi ? Selon eux même si une usine en France ne tourne plus, il ne faudrait surtout rien changer et garder le même nombre d'employés .... Les départs volontaires ( pré-retraite bien méritée, départ avec chèque conséquent, reclassement là où il y a du travail) ? Niet. Rien ne doit partir. Tout doit rester en l’état. Pour toujours et à jamais. Avec une telle logique les ateliers de menhirs ou les usines de sabots fleuriraient encore dans notre beau pays…
Entre l’interdiction de licenciement et un travail pour tous dans des usines qui n’usinent plus grand-chose, on entre dans une logique soviétoïde d‘un temps que l‘on croyait heureusement terminé : Hélas, l’interdiction de licenciement et la nationalisation des moyens de production, ce grand bond en arrière sont toujours d’actualité. Le programme « Besancenot » du nouveau Parti Anti-capitaliste éclaire et relaie cette logique « syndicale » :
Interdiction de licenciement, passage aux 32 heures, renationalisation de toutes les entreprises privatisées et ouvertes à la concurrence … Le tout financé avec l’argent des “riches” : suppression de tous les “cadeaux fiscaux”, augmentation de l’ISF, des hautes tranches de l’impôt sur le revenu et des cotisations patronales.
« Le maintien des emplois doit être assuré sous peine de réquisition des entreprises, (site Internet de la LCR). En cas de carence de l’employeur, c’est la responsabilité collective du patronat de maintenir les salaires et les activités, grâce à un fonds de mutualisation fondé sur des cotisations patronales. »
« La sécurité industrielle exige des mesures radicales qui retirent le pouvoir aux actionnaires et donnent le pouvoir aux populations de décider et de contrôler »…
Si Besancenot est considéré par les Français comme « le meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy, selon la dernière étude OpinionWay-le Figaro, alors Nicolas Sarkozy n’a pas grand-chose à craindre de cette « opposition». Et l’on ne peut que s’interroger sur la totale méconnaissance des français du programme du futur Nouveau Parti Anti-capitaliste… de leur manque de curiosité et de la complicité des grands médias qui interrogent le petit facteur sur tout sauf sur le fond de son programme, ( qui ne s‘arrête hélas pas à ces inepties économiques soviétique).
Alors, Renault en danger ?
Bien que la conjoncture ( hausse des prix des matières premières: pétrole, acier dont le prix a été multiplié par deux…) soit effectivement difficile en France ( en fait pour tout le marché automobile français et c'est encore pire dans les autres pays Européens), la politique d'investissement du groupe Renault et de diversification vers des marchés émergents ( Europe de l'Est, Russie, Inde, brésil, Iran, Chine, Afrique du Nord via la future usine de Tanger au Maroc ...) réussit tant bien que mal à stabiliser sa santé. Voici l'un des rares groupes automobiles au monde qui ne soit pas (trop) endetté et dégage, grâce au marché extérieur et à sa participation au titre du groupe Nissan, des marges qui lui permettront dans l'avenir proche de mieux investir pour survivre.
Certes, le groupe annonce un baisse de 25% de sa production au 4ème trimestre et des jours de chômage technique s’imposent puisque les ventes du secteur automobile ne suivent pas. Mais les mesures prises maintenant et le renouvellement de la gamme en cours ne laisse pas entrevoir de (trop) graves difficultés (sauf crash total de l’économie…).
Ce qui n'est plus le cas de Ford ou Général Motors en très grandes difficultés et qui voient leurs ventes et leurs parts de marché du continent américain fondre face à la concurrence étrangère des voitures plus proche des automobilistes et surtout à moindre consommation énergétique. GM a, par exemple, perdu plus de 51 milliards de dollars en trois ans; son cours à la bourse est au plus bas niveau depuis ... 33 ans, et il tente de soutenir ses ventes par une offre désespérée de crédit automobile à … taux zéro. Sa santé est tellement précaire que Merrill Lynch n'exclut pas la possibilité d'une faillite prochaine ( même si le groupe GM assure disposer de grandes liquidés celles-ci ne lui permettront pas de tenir longtemps). La firme-conseil estime que General Motors aura tout de même besoin de lever 15 milliards de dollars pour renforcer son bilan, si le marché automobile américain continue de se détériorer. Inutile de dire que des plans de sauvegarde vont eux devoir fermer des usines qui ne produisent plus les modèles qui ne se vendent pas.
Que Carlos Ghosn soit critiqué pour son approche décomplexé d’un objectif de rentabilité à la hausse avec une marge opérationnelle de 4,5% en 2008 et de 6% en 2009, est très « français ».
Cela montre une totale méconnaissance des questions d’économie, et surtout du fonctionnement et de la stratégie d’une entreprise. Mais qu’attendre d’une population qui pour près de 50% de ces actifs vit du salaire versé par l’Etat ? Et qui a tendance à confondre subvention et chiffre d’affaire ? Sécurité de l’emploi à vie et situation de concurrence du marché ? Et dont les dirigeants depuis plus de 40 ans gèrent la santé de ce même Etat à coups de déficits irresponsables ( après eux le déluge et le déluge sera pour nous ) et la santé de l’économie par une taxation toujours plus contraignante qui n’a pour objectif réel que de combler ces déficits et d‘emprunter pour en créer de nouveau. Situation ubuesque où aujourd’hui la seule somme due des intérêts de notre dette nationale est à peine comblée par nos impôts sur le revenu…
Et donc apparaît l’idée tellement facile que le grand méchant Carlos Ghosn préfère faire de l’argent alors qu’il pourrait payer des employés à ne rien faire dans des usines dont les produits ne se vendent pas….
On lui reproche aussi de redistribuer les profits de l’entreprise aux « actionnaires »; Actionnaire. Ce mot à lui seul, en France, dans la bouche de certains devient une insulte. Oublier le fait qu’un actionnaire peut être petit et que les petits actionnaires par définition sont loin d’être riches. Oublier le principe même de l’actionnariat, qui est une prise de risque financier qui doit être récompensée et qui permet à l’entreprise un apport d’argent indispensable à son développement et à sa pérennité. Sans actionnaires, pas d’entreprise ! Oublier le fait que ces profits aux actionnaires peuvent s’effectuer sous forme non pas de rémunération mais d’actions.
Quand Renault réduit la voilure du nombre de ses salariés dans une usine en France, cela a plus à voir avec une simple logique économique ( pas assez de commande donc pas besoin d’employés) qu’avec une approche cynique et caricaturalement financière. Or, le traitement des médias induit que tel serait le cas : mettre à la rue des ouvriers pour « faire plus d’argent »;
« Mais alors que le groupe a vu ses profits augmenter au premier trimestre et lance sa nouvelle Mégane, les syndicats et même Bercy crient au scandale. La CGT appelle à la grève jeudi ». Écrit le Journal du Dimanche dans son édition du 09 Septembre.
Et le journal de prendre l’exemple de Sandouville :
« Un millier d'emplois seront (…) supprimés, et ce dans la seule usine de Sandouville »;
… Alors que le vrai problème de cette usine est qu’elle est « pénalisée par la fabrication de voitures qui se vendent mal actuellement, comme la nouvelle gamme de Laguna, ou la Velsatis ou l'Espace. »
Soyons clair, ce n’est pas le suppression de 1000 salaires à Sandouville qui va faire que Carlos Ghosn va atteindre l’objectif de rentabilité que le groupe Renault s‘est fixé. Lier l‘un à l‘autre est ... stupide.
D’ailleurs le JDD le précise :
« Concrètement, le groupe compte sur 3000 départs volontaires chez les "personnels de structure" - ceux qui ne sont pas affectés à la fabrication des véhicules - d'ici fin 2009, au moyen d'incitations financières. Selon Renault, ils pourront prendre la forme de "projet professionnel ou personnel, départ en retraite, congé de reclassement ou retour au pays pour les salariés de nationalité étrangère". Il n'y a "pas de quotas ni de répartition d'une direction ou d'une autre", assure le groupe. »
Le cas de Sandouville est celui … de Sandouville : une usine dont les modèles ne se vendent pas.
Objectif de rentabilité ou pas le problème de Sandouville reste donc le même. La réduction nécessaire du nombre de salariés y travaillant puisque les commandes ne suivent pas. Avec pour objectif une fermeture définitive ? Il ne semble pas puisque le site de Sandouville pourrait être par la suite retenu pour la future production des véhicules électriques que Renault doit lancer en 2011-2012.
Que la résolution de cette question soit intégré dans l’objectif de rentabilité cela est exact mais au même titre que les 4000 ou 5000 postes qui vont disparaître d’ici à trois ans. Si Sandouville fonctionnait bien l’usine ne serait pas inclut dans ce processus.
Et encore ne s’agit-il ici que de l’un des nombreux postes de fonctionnement sur lequel des économies peuvent être faites.
Car Le plan d’action Renault comprend :
• une hausse des prix de vente pour absorber l’augmentation du coût des matières premières,
• un allègement du plan produit par la simplification, le gel ou le report de projets considérés comme non prioritaires,
• le gel des recrutements en Europe.
D’autres actions sont en cours d’examen :
• une réduction des coûts de structure de 10%, notamment par un plan de départs volontaires essentiellement en Europe,
• la réorganisation des sites de production, pour s’adapter à l’évolution des marchés ; en particulier, le passage à une équipe à l’usine de Sandouville, en raison de la baisse des ventes des berlines du segment D en Europe. Si la situation continuait à se dégrader, d’autres ajustements pourraient intervenir concernant en particulier la gamme B, et le niveau de production dans l’usine de Flins.
Par ailleurs, le ratio des dépenses de recherche et développement et investissements sur chiffre d’affaires sera ramené à 10 % au plus tard en 2010, contre 11,4% en 2007.
L'ensemble du plan d'action devrait se traduire par des économies de 350 millions d'euros dès 2009 et 500 millions en année pleine.
C’est donc à un plan massif de réduction de ses coûts auquel Renault s’attaque dans une conjoncture mondiale inquiétante ( ventes en baisse; coût de production en explosion; émergence d’une nouvelle concurrence low cost sur des marchés émergents mais aussi de plus en plus traditionnels, que pourtant Renault a été le premier à anticiper; émergence de nouveaux acteurs concurrentiels à venir notamment des marques automobiles chinoises; diversification des technologies - voiture électrique, hybride … etc … dont on ne sait pas encore quel sera la solution la plus fiable - ).
Réduction des coûts inclus dans une stratégie industrielle plus vaste, à l’échelle mondiale, qui impose en permanence des ajustements eux-mêmes stratégiques et structurels.
Telle est la réalité à l’échelle d’une entreprise de la vie et de la survie de celle-ci. Surtout face à des concurrents mastodontes eux-mêmes depuis longtemps de statures internationales.
Car les profits d’aujourd’hui sont les investissements et la survie de l’entreprise de demain.
Donc Renault ne va pas si mal que cela… pour l’instant… Ses comptes en tout cas le démontrent.
Or, voici qu’il subit une spéculation à la baisse de son titre en Bourse qui est tombé de 117 à 50 euros en 1 an. Puis, de septembre dernier à hier de 50 euros à … 15 euros !!! Spéculations relayées par des informations/ estimations médiatiques systématiquement négatives, au point qu’à la suite d’un article du Monde le titre du constructeur avait plongé en Bourse en septembre dernier, provoquant sa suspension provisoire.
La question est : pourquoi un groupe automobile qui est en train de prendre toutes les mesures afin d’assainir sa situation et qui continue à vendre voit-il son titre à ce point déprécié ?
Et pourquoi dans le même temps pas un mot dans les médias sur le groupe Peugeot qui, lui, va supprimer 10 000 emplois dans les 18 prochains mois .... Deux poids deux mesures ?
Pourquoi une telle dépréciation du cours alors que la ministre de l'Économie Christine Lagarde a précisé lundi que le soutien apporté à ce secteur "sera(it) d'abord prescrit au niveau européen, et ensuite sur le plan national". La Commission européenne devrait d'ailleurs présenter des mesures de soutien au secteur le 26 novembre, dans le cadre de ses propositions pour un plan de relance de l'économie européenne. Les constructeurs européens ont en effet demandé en octobre une aide chiffrée à 40 milliards d'euros sous la forme de prêts à taux réduit et de primes pour inciter les consommateurs à remplacer leurs voitures. Les géants américains de cette industrie, General Motors, Ford et Chrysler ont demandé, eux,une rallonge de 25 milliards de dollars au Congrès américain.
Une aide plus que nécessaire quand on sait que l'industrie automobile emploie directement ou indirectement près de 2,5 millions de personnes en France, soit 10 % de la population active.
Pourquoi donc un tel matraquage sur le cours d’une action qui à force d’être dépréciée va finir par attiser les convoitises financières de structures, qui elles, ont d’énormes liquidités et qui si elles lancent une opération d’achats de titres Renault n’auront pas pour objectif premier la pérennisation de cette entreprise française.
Le risque est grand que passé le seuil limite, tout hélas devienne possible. Et là …
D’autres précisions indispensables sur l’année 2008 pour Renault :
Chiffre d'affaires consolidé du Groupe pour les neuf premiers mois de l'année 2008
Les chiffres officiels de Renault :
Finance : les chiffres-clés
Chiffre d'affaires 2008




Commentaires
Bonne analyse. Renault souffre aujourd'hui de son plan sur 3 ans. Il est préférable de rien prévoir, ainsi on ne sera pas juger le temps venu...
Renault a été aussi fortement critiqué d'avoir anticipé en juillet la crise de septembre, avec la mep d'un plan de réduction de sa structure. La situation actuelle donne raison cependant à son PDG.
Pour la suite, effectivement Renault devient une cible interessante pour investisseur : participation dans Nissan et Volvo que l'on peut revendre avec un joli bénéfice, vente par appartement (Renault d'un coté / Dacia Logan de l'autre)... Heureusement l'état posséde encore 25% et Nissan 40%...
Enfin un artcile plein de bon sens qui remet les pendules à l'heure et qui nous change du discours classique dont nous abreuvent les medias.
Besancenot n'est qu'un idiot utile du pouvoir, le jour son nouveau parti et lui même commenceront à être réellement dangereux il subira le même sort que le FN et qu'un le pen, il sera diabolisé et ridiculité par toute la classe politique
Tant qu'il est invité chez Drucker il peut dormir tranquille