Et puisqu’il faut jeter l’opprobre sur toute racitude, je suggère au Mrap d’éplucher soigneusement l’article d’un militant socialiste des Bouches-du-Rhône, qui accuse les partisans de Ségolène Royal d’avoir quelque peu influencé le scrutin pour l’élection du secrétaire général.

Ce ne sont pas les accusations de tricherie qui me gênent, puisque de nombreux leaders du P.S. nous expliquent depuis plusieurs jours qu’elles sont tout à fait traditionnelles dans leur parti et qu’il faut vraiment être naïvement démocrate pour s’en offusquer. Mais ce que je découvre avec « consternation », ce sont ces « insoutenables propos » :

« Débarquement subit et simultané d'une douzaine de gamins (16 à 19 ans maxi ?) en tenue de foot (crampons avec de la terre…) qui vont vers l'urne très très «drivés» : on leur donne le bulletin, on leur montre où cocher - à la chaîne - et enfin, chose que je n'aurais même pas osé imaginer !, on annonce haut et bien fort «Toi, M. Bidule Truc,, là, allez tu votes», les gamins hilares se succédant pour apposer un vague gribouillis, grimant difficilement leur nom d'emprunt… J'ai testé quelques-uns, ils ne répondaient pas à leurs prétendus "prénoms"… Est-il besoin de mentionner qu'ils étaient presque tous beurs ou blacks de ce quartier populaire et que, comme par magie, leurs noms et prénoms du moment étaient tous très «européens»..; ? Des membres du PS locaux - de tous âges - nous ont simplement dit dans la nuit, presque blasés : ces jeunes ont tout simplement gagné "50 euros en liquide" en venant à la section ce soir. Attention : je ne saurais pas jurer que ce fut bien le cas - puisque c'était à l'abri de mon regard déjà fort occupé - mais c'est une des explications très plausibles pour expliquer cet afflux et motivations à voter pour autrui en ricanant… »

Donc ce militant suggère tout simplement que les « beurs ou blacks » auraient des prénoms qui ne sont pas « très européens ». Mais que fait la Halde ? Elle devrait dénoncer ce « stéréotype », elle qui s’insurge dans un fameux rapport sur « les stéréotypes et les discriminations dans les manuels scolaires » que « le choix d’illustrer l’islam à partir d’une mosquée située hors du territoire national contribue à renforcer, dans le contexte du document, le stéréotype selon lequel l’islam est une religion étrangère à la France ».

Nous pourrions donc dire de même que le fait de suggérer que les « beurs ou blacks » ont des noms et prénoms situés hors du territoire européen contribue à renforcer le stéréotype selon lequel ils seraient étrangers à cette Europe.

Une députée P.S. du secteur s’insurge également de ces propos stéréotypement racitudinesques : « Comment ce monsieur peut-il parler des blacks, des beurs, de gens en tenue de travail comme cela? Oui, nos militants viennent des quartiers populaires, et alors? Il n'y a pas que des bobos chez nous. Quant à l'équipe de foot, ce sont quatre jeunes venus en survêtements et qui militent et affichent pour nous depuis longtemps. »

Mais là encore, quels clichés ! Comme si un « black » ou un « beur » ne pouvait pas accéder à l’échelle sociale et devenir un « bobo », mais devrait être tout au plus un footballeur professionnel (comme le montre l’expression « en tenue de travail »), issu des « quartiers populaires » ! Voilà de quoi indigner le CRABB (Conseil Représentatif des Associations Blaques et Beurres). Il faudrait également signaler ce stéréotype racistisant à la Licra, spécialiste ès racisme footbalistique.

n apprend tout de même que les « bobos » socialistes de Marseille n’habitent pas dans les « quartiers populaires ». Encore un bel exemple d’apartheid géographique et social, qui va sans doute intéresser les associations antiracistes autoproclamées. La Ligue Boboïste Mondiale devrait d’ailleurs déposer plainte, car chacun sait que tous les bobos marseillais ne rêvent que de s’encanailler dans les quartiers Nord.

Il faudra également que la commission de récolement du Parti Socialiste recompte soigneusement les footballeurs militants de cette section de Marseille, car le délateur royaliste compte « une douzaine de gamins (16 à 19 ans maxi ?) en tenue de foot », alors que la députée dit que « l'équipe de foot, ce sont quatre jeunes venus en survêtements ». Il y a donc soit un joueur de trop, soit un sérieux manque de recrues sportives dans les quartiers populaires de Marseille. A moins que les 7 absents soient allés siffler les Marseillaises sur la Canebière ?

Quoi qu’il en soit, il faut tirer cette affaire au clair, avant qu’elle ne jette le discrédit sur ces jeunes « chevillés au corps » de Ségolène Royal, sur le football populaire phocéen, et sur toute cette « idéologie racisante » qui se cache sournoisement dans les sections de la socialitude provençale.