Décès d'Illies, et de la garde à vue de l’infirmière
Par Medias Libres le lundi 29 décembre 2008, 08:08 - Décryptage - Lien permanent
Je suis révoltée par le traitement de l’information, depuis maintenant trois jours, sur ce drame. Qu’une famille soit bouleversée, et ne puisse accepter de voir son enfant, hospitalisé pour une bénigne angine, trouver la mort à cause d’une erreur de médicament est une chose compréhensible. Mais le véritable lynchage que subit l'infirmière mise en cause, de la part des medias et des autorités me scandalise. Là encore, il n’est pas question d’excuser une faute, et de l’absoudre. Mais une erreur involontaire est-elle la même chose qu’un acte délibéré de malveillance, ou de négligence ?
En quoi traiter cette professionnelle de la santé comme une vulgaire délinquante, alors qu’elle est reconnue comme une professionnelle exemplaire depuis onze ans, va-t-il aider l’enquête ? A quoi sert-il d'annoncer avec de grands effets d’annonce que sa garde à vue est prolongée, si ce n'est à montrer à une famille agressive qui réclame des sanctions que justice sera faite !
A quoi sert-il d’humilier davantage une femme brisée en annonçant qu’elle a interdiction de continuer son activité professionnelle ? Les autorités judiciaires cherchent-t-elles à tuer professionnellement cette femme ? Veulent-elles qu’elle se suicide ?
La pratique de la garde à vue, honteuse, de fonctionnaires de base traités comme des criminels se multiplie, en France, dans la plus grande indifférence, quand ce n'est pas avec les applaudissements d'une masse se défoulant de ses frustrations comme aux jeux du Cirque, et souvent dans un contexte encore plus scandaleux.
Qui a oublié cette longue garde à vue, suivie de trois jours de prison, infligée par un juge de Draguignan à un gendarme qui a eu le tort de tirer, et de tuer, un homme menotté qui s’enfuyait de sa garde à vue, au commissariat ? La « victime », connue comme récidiviste, avait "simplement" été arrêtée pour agression violente avec une arme. Le gendarme sera suspendu, et les gens du voyage, dont ce délinquant faisait partie, provoqueront des incidents lorsque, suite au tollé provoqué par cette décision ahurissante, ce fonctionnaire sera finalement libéré… trois jours après.
Qui a oublié la garde-à-vue de cet enseignant, dans le Nord, qui avait eu le malheur de gifler un fils de gendarme de onze ans, qui l’avait insulté ?
Qui a oublié ce drame épouvantable, le suicide d’un enseignant, qui avait été accusé de violence par un élève, et mis en garde-à-vue 24 heures, sur le seul témoignage de l’adolescent, qui se rétractera, quelques jours après le suicide de l’enseignant ? Par contre, une mère de famille d’une « zone sensible » qui était entrée dans une école pour gifler une enseignante n’avait toujours pas été interrogée, 48 heures après le délit ! Deux poids, deux mesures ?
Il ne s’agit pas de réclamer l’impunité pour un fonctionnaire ou pour tout salarié qui a commis une faute. Mais on ne peut qu’être surpris, et indigné, par cette volonté d’une partie des autorités judiciaires d’humilier et d'offrir à la vindicte populaire des fonctionnaires qui tentent, dans des conditions souvent difficiles, de faire fonctionner l’hôpital, l’école ou la police, institutions qui sont les piliers de la République.
On peut surtout être surpris quand on voit que ce sont toujours les petits qui se retrouvent en garde à vue, même quand ils n’ont fait que défendre l’ordre public contre des crapules. Et nombre de citoyens de ce pays ne peuvent que se montrer dubitatifs devant la complaisance de la justice pour de nombreux voyous récidivistes, qui se retrouvent rapidement en liberté, et le lynchage de fonctionnaires qui essaient de faire vivre ce qu’il reste d’institution républicaine. Deux poids, deux mesures, encore une fois ?
Admettons donc la faute professionnelle (ce qui n’est pas prouvé dans l’affaire de l’infirmière), si on interrogeait ainsi tous les grands patrons qui ont commis des fautes professionnelles aux conséquences lourdes pour leurs salariés ? Si on mettait en garde-à-vue certains ministres dont les décisions se sont avérées êtres des fautes professionnelles lourdes pour le sort de la France ? Si on mettait en garde-à-vue des hauts fonctionnaires qui ont défendu des intérêts privés, au détriment du bien commun ?
A quand une garde-à-vue et la prison pour des juges qui, comme Fabrice Burgaud à Outreau, se rendent coupables de fautes professionnelles aux conséquences parfois très graves ?
Enfin, il y a, dans cette affaire comme dans d'autres du même genre, des aspects qui me gênent : d’abord, je n’entends que des hommes se plaindre de la mort du petit Illiès, et je les trouve bien haineux et revanchards pour des parents en deuil. Pourquoi n’entend-on pas une seule femme témoigner ? Et je ne puis m’empêcher de penser que, quand il arrive que ce soit un enfant qui s’appelle Marie ou Jean-Michel, on n’en fait pas un tel battage médiatique. Je trouve dans cette disproportion du traitement de l’information, par les journalistes, un côté malsain, comme si l’hôpital français devait faire encore davantage repentance de ce drame parce que la famille est issue de l’immigration, comme si on était déjà dans la discrimination positive, même devant un tel drame.
A quoi sert-il d’humilier davantage une femme brisée en annonçant qu’elle a interdiction de continuer son activité professionnelle ? Les autorités judiciaires cherchent-t-elles à tuer professionnellement cette femme ? Veulent-elles qu’elle se suicide ?
La pratique de la garde à vue, honteuse, de fonctionnaires de base traités comme des criminels se multiplie, en France, dans la plus grande indifférence, quand ce n'est pas avec les applaudissements d'une masse se défoulant de ses frustrations comme aux jeux du Cirque, et souvent dans un contexte encore plus scandaleux.
Qui a oublié cette longue garde à vue, suivie de trois jours de prison, infligée par un juge de Draguignan à un gendarme qui a eu le tort de tirer, et de tuer, un homme menotté qui s’enfuyait de sa garde à vue, au commissariat ? La « victime », connue comme récidiviste, avait "simplement" été arrêtée pour agression violente avec une arme. Le gendarme sera suspendu, et les gens du voyage, dont ce délinquant faisait partie, provoqueront des incidents lorsque, suite au tollé provoqué par cette décision ahurissante, ce fonctionnaire sera finalement libéré… trois jours après.
Qui a oublié la garde-à-vue de cet enseignant, dans le Nord, qui avait eu le malheur de gifler un fils de gendarme de onze ans, qui l’avait insulté ?
Qui a oublié ce drame épouvantable, le suicide d’un enseignant, qui avait été accusé de violence par un élève, et mis en garde-à-vue 24 heures, sur le seul témoignage de l’adolescent, qui se rétractera, quelques jours après le suicide de l’enseignant ? Par contre, une mère de famille d’une « zone sensible » qui était entrée dans une école pour gifler une enseignante n’avait toujours pas été interrogée, 48 heures après le délit ! Deux poids, deux mesures ?
Il ne s’agit pas de réclamer l’impunité pour un fonctionnaire ou pour tout salarié qui a commis une faute. Mais on ne peut qu’être surpris, et indigné, par cette volonté d’une partie des autorités judiciaires d’humilier et d'offrir à la vindicte populaire des fonctionnaires qui tentent, dans des conditions souvent difficiles, de faire fonctionner l’hôpital, l’école ou la police, institutions qui sont les piliers de la République.
On peut surtout être surpris quand on voit que ce sont toujours les petits qui se retrouvent en garde à vue, même quand ils n’ont fait que défendre l’ordre public contre des crapules. Et nombre de citoyens de ce pays ne peuvent que se montrer dubitatifs devant la complaisance de la justice pour de nombreux voyous récidivistes, qui se retrouvent rapidement en liberté, et le lynchage de fonctionnaires qui essaient de faire vivre ce qu’il reste d’institution républicaine. Deux poids, deux mesures, encore une fois ?
Admettons donc la faute professionnelle (ce qui n’est pas prouvé dans l’affaire de l’infirmière), si on interrogeait ainsi tous les grands patrons qui ont commis des fautes professionnelles aux conséquences lourdes pour leurs salariés ? Si on mettait en garde-à-vue certains ministres dont les décisions se sont avérées êtres des fautes professionnelles lourdes pour le sort de la France ? Si on mettait en garde-à-vue des hauts fonctionnaires qui ont défendu des intérêts privés, au détriment du bien commun ?
A quand une garde-à-vue et la prison pour des juges qui, comme Fabrice Burgaud à Outreau, se rendent coupables de fautes professionnelles aux conséquences parfois très graves ?
Enfin, il y a, dans cette affaire comme dans d'autres du même genre, des aspects qui me gênent : d’abord, je n’entends que des hommes se plaindre de la mort du petit Illiès, et je les trouve bien haineux et revanchards pour des parents en deuil. Pourquoi n’entend-on pas une seule femme témoigner ? Et je ne puis m’empêcher de penser que, quand il arrive que ce soit un enfant qui s’appelle Marie ou Jean-Michel, on n’en fait pas un tel battage médiatique. Je trouve dans cette disproportion du traitement de l’information, par les journalistes, un côté malsain, comme si l’hôpital français devait faire encore davantage repentance de ce drame parce que la famille est issue de l’immigration, comme si on était déjà dans la discrimination positive, même devant un tel drame.
Alors, cessons de livrer aux lions les boucs émissaires que sont les petits fonctionnaires, et retrouvons une justice qui donne l'impression aux citoyens qu'elle ne marche pas sur la tête.
Lucette Jeanpierre
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Commentaires
Dans le cirage de pompes Yves Calvi à C dans l’air n’a pas hésité à qualifier ce fait divers de : drame national, faut ce qu’il faut. Jusqu'à la ministre qui se déplace.
Sur RMC un auditeur a eu la même réaction que vous Lucette, il s’étonne de cette surmediatisation et demande si l’affaire aurait été traitée de manière identique si avait concernée un enfant "gaulois" ? Pour toute réponse il se fait traiter de facho, de raciste et question suivante.
Il n'y a pas de commentaire, je pense que votre édito est aussi le point de vue que les Français partagent de plus en plus nombreux, qui n'osent peut-être pas le crier avec vigueur actuellement, mais qui incontestablement est révélateur d'une société qui explosera tôt ou tard.
Nous n’avions pas, il y a qques années, cette médiatisation à outrance que nous subissons actuellement, qui est fatigante et qui se reproduit à chaque fois qu’il y a un fait divers, un exploit sportif, une élection … ! La mort du petit Illiès est un drame, certes, mais pourquoi tout cette publicité autour de cette tragique affaire ? toutes les radios, toutes les chaines tv y sont allées de leurs commentaires ! Pourquoi la présence du père, de l’oncle, du cousin ... devant les caméras ? Je compatis à la douleur de toute cette famille mais il me semble que les plus grandes douleurs sont muettes et que la discrétion s’impose dans ces sitations bouleversantes ! Dautre part, qu’on ait pu prolonger la garde à vue de cette infirmière -qui n’a pas agi avec l’intention de donner la mort- est incompréhensible ; "elle est effondrée" nous a-t-on dit, une raison de plus pour enfoncer le clou ...
La plupart de ces médias essaient de nous manipuler d’une façon ou d’une autre, il faut bien en être conscient. "On ne nous dit pas tout" déclare, avec humour, Roumanoff, c’est vrai – un petit ex. : quand un acte délictueux est commis par un Européen, on ne nous cache pas sa nationalité, j’aimerais qu’il en soit toujours de même quel que soit le pays d’origine ! Est-ce trop demander ?
Quant à la justice, on n’y croit plus guère - "selon que vous serez puissant ou misérable ..."
Il est quand même bizarre d'être hospitalisé pour une simple angine. Une angine, çà se soigne avec du collutoire et de l'aspirine. Pas besoin d'aller à l'hosto pour çà.
Oui mais à l'hopital on peut ne pas payer, alors que quand on va chez le médecin il le faut.
On encombre ainsi facilement des hopitaux faits pour des cas graves avec des cas qui ne le sont pas.
Bonnes fêtes à tous.