« Les gens » fuient-ils le « vivre ensemble » ?
Par Roger Heurtebise le jeudi 29 janvier 2009, 07:10 - Société - Lien permanent
Dans l’émission « L’Hebdo » de France O du 24 janvier 2009, Jean-Marc Bramy reçoit Francis Laloupo d’Afrique n°1, Nadir Djennad de Beur FM, Dominique Wolton chercheur au CNRS et Eric Zemmour du Figaro.Dans la foulée de l’investiture de Barack Obama comme président des Etats-Unis, l’émission aborde les thèmes de la diversité en France et du plan « Espoir banlieues » de Fadela Amara.
Les invités en arrivent à commenter les propos récents de Yazid Sabeg, nouveau commissaire à la diversité du gouvernement français : « la France est sur la voie de l’apartheid ».
Eric Zemmour donne alors son avis sur ces propos, et plus généralement sur le « vivre ensemble » dans les banlieues françaises. Son opinion ne semble pas du tout partagée par les autres participants au débat.
Qui a raison, qui a tort ? Essayons de résumer les arguments présentés par les uns et les autres pour les dégager de la vivacité de la controverse.
Eric Zemmour pense que « les gens » se séparent, et que ce sont donc essentiellement eux-mêmes qui provoquent l’apartheid. Il estime que, dans un immeuble, un quartier, un département, quand il y a une majorité d’immigrés, « les gens qui étaient là avant » (donc, si je comprends bien, les « non-immigrés » comme disent les démographes) s’en vont, parce qu’ils ne se sentent plus en France. Ce ne serait pas seulement les riches qui s’en vont, mais également les pauvres dès qu’ils en ont les moyens matériels. Eric Zemmour cite le cas de la Seine-Saint-Denis, qui devient, selon une statistique qu’il prête à Brice Hortefeux, homogène à 80%.
Eric Zemmour en conclut que « les gens » ne veulent pas vivre ensemble. Les non-immigrés n’accepteraient pas un changement de mode de vie. Il donne comme exemple la présence de nombreuses femmes voilées et l’effondrement du niveau des écoles. La cause de ce phénomène serait, selon lui, non pas les discriminations, mais un défaut d’assimilation des populations immigrées.
Les autres invités et le présentateur pensent qu’Eric Zemmour fait des généralités abusives. Selon Dominique Wolton, ses propos sont idéologiques. Ils contrediraient, selon ce chercheur du CNRS, « des centaines d’analyses et de recherches, de prises de positions ». Francis Laloupo estime qu’Eric Zemmour parle de manière abstraite et ne connaît pas la réalité de terrain, faute de voyager en France. Selon ce journaliste africain, la thèse de la fuite du « vivre ensemble » ne s’appliquerait pas par exemple à Marseille ou dans l’agglomération lyonnaise. Francis Laloupo estime qu’Eric Zemmour tient des propos similaires à ceux de Jean-Marie Le Pen, et qu’il a le fantasme d’une France uniforme qui n’a jamais existée.
Qui a raison, qui a tort ? Comme souvent dans les débats télévisés, les invités n’ont guère le temps ou les moyens de produire des preuves de leurs affirmations, et permettre à l’auditeur de vérifier les arguments des uns et des autres. Par exemple, où sont les « centaines d’analyses et de recherches » dont parle Dominique Wolton ? Eric Zemmour, de son côté, a pu constater ce qu’il affirme mais ne démontre pas que ce serait un phénomène statistiquement significatif.
L’aspect de ce délicat problème du « vivre ensemble » soulevé par Eric Zemmour mérite cependant d’être mieux analysé que par un débat télévisé trop véhément ou dans des postures idéologiques. Il a été abordé dans d’autres émissions plus sereines, comme par exemple dans un « C dans l’Air » que j’avais commenté . J’avais estimé alors que deux maires de banlieues (l’un UMP et l’autre PS), qui sont censés connaître la réalité de terrain, ne contredisaient pas l’économiste Jacques Marseille qui faisait le même constat qu’Eric Zemmour.
Il me paraît capital de confirmer ou d’infirmer, statistiques à l’appui, cette thèse de la fuite du « vivre ensemble », puisqu’elle remettrait en cause la volonté politique de la « diversité » et de la « mixité sociale », et donc pourrait expliquer l’échec de toutes les politiques de la ville, mais aussi des campagnes contre les discriminations et pour la promotion de la diversité dans tous les domaines de la société française.
Je n’ai pas trouvé sur internet les « centaines d’analyses et de recherches » argumentées par Dominique Wolton, et ce n’est pas faute d’avoir cherché. J’ai bien trouvé quelques « prises de position » qui vont dans son sens, mais une prise de position n’est pas une démonstration sociologique ou mathématique. Je n’ai pas non plus trouvé d’études scientifiques démontrant l’importance de la « fuite du vivre ensemble » décrite par Eric Zemmour.
Je reste donc sur ma faim. A titre personnel, je connais bien des personnes (souvent modestes) qui ont fui des HLM en Ile-de-France, à Lyon, à Marseille, à Toulouse, à Strasbourg, etc., pour les raisons évoquées par Eric Zemmour, mais ça ne constitue évidemment pas une approche objective et scientifique.
J’en appelle donc aux témoignages des lecteurs pour en avoir le cœur net : avez-vous vécu de telles situations ? Ou connaissez-vous des études sérieuses, dénuées de toute idéologie, qui en démontrent l’importance ou la marginalité ?
Eric Zemmour pense que « les gens » se séparent, et que ce sont donc essentiellement eux-mêmes qui provoquent l’apartheid. Il estime que, dans un immeuble, un quartier, un département, quand il y a une majorité d’immigrés, « les gens qui étaient là avant » (donc, si je comprends bien, les « non-immigrés » comme disent les démographes) s’en vont, parce qu’ils ne se sentent plus en France. Ce ne serait pas seulement les riches qui s’en vont, mais également les pauvres dès qu’ils en ont les moyens matériels. Eric Zemmour cite le cas de la Seine-Saint-Denis, qui devient, selon une statistique qu’il prête à Brice Hortefeux, homogène à 80%.
Eric Zemmour en conclut que « les gens » ne veulent pas vivre ensemble. Les non-immigrés n’accepteraient pas un changement de mode de vie. Il donne comme exemple la présence de nombreuses femmes voilées et l’effondrement du niveau des écoles. La cause de ce phénomène serait, selon lui, non pas les discriminations, mais un défaut d’assimilation des populations immigrées.
Les autres invités et le présentateur pensent qu’Eric Zemmour fait des généralités abusives. Selon Dominique Wolton, ses propos sont idéologiques. Ils contrediraient, selon ce chercheur du CNRS, « des centaines d’analyses et de recherches, de prises de positions ». Francis Laloupo estime qu’Eric Zemmour parle de manière abstraite et ne connaît pas la réalité de terrain, faute de voyager en France. Selon ce journaliste africain, la thèse de la fuite du « vivre ensemble » ne s’appliquerait pas par exemple à Marseille ou dans l’agglomération lyonnaise. Francis Laloupo estime qu’Eric Zemmour tient des propos similaires à ceux de Jean-Marie Le Pen, et qu’il a le fantasme d’une France uniforme qui n’a jamais existée.
Qui a raison, qui a tort ? Comme souvent dans les débats télévisés, les invités n’ont guère le temps ou les moyens de produire des preuves de leurs affirmations, et permettre à l’auditeur de vérifier les arguments des uns et des autres. Par exemple, où sont les « centaines d’analyses et de recherches » dont parle Dominique Wolton ? Eric Zemmour, de son côté, a pu constater ce qu’il affirme mais ne démontre pas que ce serait un phénomène statistiquement significatif.
L’aspect de ce délicat problème du « vivre ensemble » soulevé par Eric Zemmour mérite cependant d’être mieux analysé que par un débat télévisé trop véhément ou dans des postures idéologiques. Il a été abordé dans d’autres émissions plus sereines, comme par exemple dans un « C dans l’Air » que j’avais commenté . J’avais estimé alors que deux maires de banlieues (l’un UMP et l’autre PS), qui sont censés connaître la réalité de terrain, ne contredisaient pas l’économiste Jacques Marseille qui faisait le même constat qu’Eric Zemmour.
Il me paraît capital de confirmer ou d’infirmer, statistiques à l’appui, cette thèse de la fuite du « vivre ensemble », puisqu’elle remettrait en cause la volonté politique de la « diversité » et de la « mixité sociale », et donc pourrait expliquer l’échec de toutes les politiques de la ville, mais aussi des campagnes contre les discriminations et pour la promotion de la diversité dans tous les domaines de la société française.
Je n’ai pas trouvé sur internet les « centaines d’analyses et de recherches » argumentées par Dominique Wolton, et ce n’est pas faute d’avoir cherché. J’ai bien trouvé quelques « prises de position » qui vont dans son sens, mais une prise de position n’est pas une démonstration sociologique ou mathématique. Je n’ai pas non plus trouvé d’études scientifiques démontrant l’importance de la « fuite du vivre ensemble » décrite par Eric Zemmour.
Je reste donc sur ma faim. A titre personnel, je connais bien des personnes (souvent modestes) qui ont fui des HLM en Ile-de-France, à Lyon, à Marseille, à Toulouse, à Strasbourg, etc., pour les raisons évoquées par Eric Zemmour, mais ça ne constitue évidemment pas une approche objective et scientifique.
J’en appelle donc aux témoignages des lecteurs pour en avoir le cœur net : avez-vous vécu de telles situations ? Ou connaissez-vous des études sérieuses, dénuées de toute idéologie, qui en démontrent l’importance ou la marginalité ?




Commentaires
Je vais vous faire part de ma petite histoire telle que je l'ai vécue.
je suis breton Il y a un an encore je vivais en HLM, je n'avais rien à y redire, c'était tranquille et le loyer y était peu cher.
Mais voilà cette tranquillité a été troublée par l'arrivée de bougnats, ils dansaient la bourrée, du bruit insupportable, ils cuisinaient de la potée aux choux, avec les gaz gastriques je vous explique pas les odeurs,en plus de ça des radins comme pas possible, inutile de leur demander du sel ou un oeuf en dépannage c'est rapidement devenu invivable, j'ai du déménager.
Alors maintenant, oui, je fuis la grand'ville, je l'ai vécu et je ne souhaite plus le revivre, et qu'on ne me parle plus de vivre ensemble.
Quel horreur, mon pauvre ! un bougnat, un marchand de charbon dans une HLM ! Il n'avait pas le droit de faire son commerce, il fallait protester auprès du syndic - et puis les odeurs, c'est atroce ce sans-gêne tout de même ! Vous avez eu raison de partir pour aller respirer l'air pur de la campagne bretonne, cela a dû vous changer !
Je viens de regarder la vidéo "le vivre ensemble" et, encore une fois, je suis entièrement d'accord avec Zemmour (j'aurais aimé qu'on le laisse parler un peu plus et qu'on ne lui coupe pas sans cesse la parole !).
Dans les cités, les quartiers, les banlieues (je ne sais plus ce que l'on doit dire), la ghettoïsation se fait tout naturellement : 2 ethnies, 2 cultures totalement différentes ont bien du mal à "vivre ensemble".Ecoutez Maurice de skyrock, il vous le dira mieux que moi !
http://www.dailymotion.com/video/x7...
Non c'est un fantasme de penser cela, perso je vis dans une grande zup de la péripherie Lilloise et il n'y a AUCUN probleme , pas de drogue, pas de violence, pas de rallye de berline allemande dans les rues, pas de mosquées, pas de femmes voilées , le niveau scolaire y est EXTREMEMENT elevé que des futurs prix nobel !
Par contre depuis l'arrivée d'une communauté Suedoise et Norvegienne qui egorgent des rennes et des elans, qui font crisser les pneus de leurs Saab et Volvo, qui nous les brise avec leurs musique scandinave, qui agressent nos vieux , qui rackettent nos jeunes, violent nos femmes, veulent imposer le saumon dans les cantines scolaires, qui foutent le bordel quand leurs equipes de foot perdent (ou gagne) un match , a ce dernier propos j'ai d'ailleurs une forte crainte pour le mondial 2010 quand il y aura un France-Suede ça risque d'etre à feu et à sang , bref yen a marre de ces grands blonds scandinave qui nous aggressent dans le metro !!!