Et dans une interview au JDD le 22 février, Elie Domota, le très médiatique leader du LKP, fait des déclarations tout aussi surprenantes pour un homme qui se revendique à gauche, et qui est soutenu par la gauche métropolitaine.

A propos du montage proposé par le gouvernement, qui consisterait à compléter par le biais du RSA l’augmentation de salaire accordée par le patronat local, Elie Domota déclare : « Nous demandions une augmentation de salaire de 200 euros et voilà qu'on nous offre une prestation sociale supplémentaire. »

Le LKP n’apprécie donc guère les « prestations sociales ». Et la condamnation de l’assistanat d’Etat est encore plus cinglante dans la phrase suivante : « Quand on connaît les ravages causés par l'allocation parent isolé et par le RMI, qui ont favorisé la dislocation du couple et de la cellule familiale... »

Couples et cellules familiales, voilà des valeurs qu’on croyait réservées à une droite catholique !

Et Elie Domota ajoute : « L'Etat ne doit pas acheter la paix sociale par le biais d'une allocation. »

Ségolène Royal dont le programme présidentiel était précisément basé sur l’assistanat, ou Martine Aubry dont le plan de relance consiste à verser des aides sociales ici ou là, ont dû entendre leurs oreilles siffler.

Et quand on demande au leader du LKP ce qu’il propose pour augmenter les salaires, il répond : « L'exonération de la CRDS et de la CSG. »

Autrement dit… la suppression de cotisations sociales ! Voilà une solution qui plairait à bien des libéraux de droite, qui ne rêvent que de l’allégement ou de la suppression des charges salariales.

Entre la « préférence régionale » et la condamnation de l’Etat-assistance, le LKP devrait bien finir par s’entendre avec le patronat et la droite sarkozyste. A condition que le gouvernement supprime le RSA, censé remplacer le RMI et l’allocation de parent isolé honnis par le LKP.