Le LKP est-il de droite, voire d’extrême-droite ?
Par Roger Heurtebise le jeudi 26 février 2009, 08:35 - Politique - Lien permanent
Dans la liste de ses revendications, le collectif guadeloupéen demandait, entre autres revendications :• Priorité d’embauche pour les Guadeloupéens
• Embauche obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aide publique
• Mise en place de mécanismes fiscaux et douaniers pour développer la préférence guadeloupéenne
On imagine comment serait qualifié un mouvement hexagonal qui demanderait la même chose pour les Bretons, les métropolitains, ou tout simplement les Français. D’ailleurs l’hebdomadaire d’extrême-droite Minute a immédiatement récupéré ces revendications dans son numéro du 18 février 2009, où il se réjouit que « les Guadeloupéens font sauter le tabou » de… « la préférence nationale à l’embauche ».
A propos du montage proposé par le gouvernement, qui consisterait à compléter par le biais du RSA l’augmentation de salaire accordée par le patronat local, Elie Domota déclare : « Nous demandions une augmentation de salaire de 200 euros et voilà qu'on nous offre une prestation sociale supplémentaire. »
Le LKP n’apprécie donc guère les « prestations sociales ». Et la condamnation de l’assistanat d’Etat est encore plus cinglante dans la phrase suivante : « Quand on connaît les ravages causés par l'allocation parent isolé et par le RMI, qui ont favorisé la dislocation du couple et de la cellule familiale... »
Couples et cellules familiales, voilà des valeurs qu’on croyait réservées à une droite catholique !
Et Elie Domota ajoute : « L'Etat ne doit pas acheter la paix sociale par le biais d'une allocation. »
Ségolène Royal dont le programme présidentiel était précisément basé sur l’assistanat, ou Martine Aubry dont le plan de relance consiste à verser des aides sociales ici ou là, ont dû entendre leurs oreilles siffler.
Et quand on demande au leader du LKP ce qu’il propose pour augmenter les salaires, il répond : « L'exonération de la CRDS et de la CSG. »
Autrement dit… la suppression de cotisations sociales ! Voilà une solution qui plairait à bien des libéraux de droite, qui ne rêvent que de l’allégement ou de la suppression des charges salariales.
Entre la « préférence régionale » et la condamnation de l’Etat-assistance, le LKP devrait bien finir par s’entendre avec le patronat et la droite sarkozyste. A condition que le gouvernement supprime le RSA, censé remplacer le RMI et l’allocation de parent isolé honnis par le LKP.




Commentaires
Article absurde. Roger Heurtebise, votre analyse est fausse, car vous ne connaissez rien à la Guadeloupe, il y a ici un peuple guadeloupéen et français. Cette dualité vous échappe.
Bah alors frenchie, je croyais que la république était une et indivisible, il n'y a pas plus de peuple guadeloupéen que de peuple breton picard ou auvergnat, mais un peuple français. Cela vous aura probablement échappé.
Vous avez le raisonnent typique de l'abruti parfait qui est tout a fait capable de condamner quelque chose qui ne lui plait pas sans toutefois apporter la preuve du contraire.
Démontrez par une savante théorie que les dom tom ne coute pas les yeux de la tête aux contribuables, faites une balance de ce que ça coute et de ce que ça rapporte et revenez nous voir pour qu'on en discute.
Cher "Frenchie", je crains que vous n'ayez pas mesuré l'ironie de mon article que vous qualifiez d'"absurde". L'absurde est dans la situation, pas dans l'article, qui ne contient aucune "analyse", mais des faits.
Et vous avez raison de parler de "dualité", mais en quoi m'échapperait-elle ? Justement je mets en évidence une dualité de la situation guadeloupéenne qu'on peut trouver paradoxale, comme il y a bien d'autres paraxodes (Etat providence et autonomisme, préférence ethnique et antiracisme, etc.)
C'est justement dans ces paradoxes apparents - mais qui en fait n'en sont pas - que la situation en Guadeloupe est riche d'enseignements.
Et quand vous dites "il y a ici un peuple guadeloupéen et français", vous parlez comme les Identitaires de France ou d'Europe, qui justement revendiquent trois niveaux de "peuple" : la région, la nation et l'Europe. Amusant, non ?
Imaginons une région fe France (ex la lorraine) sinistrée par le taus importantde chomage (30à40%) et ou des cabinets de consultants iraient chercher leur main d'oeuvre à PARIS à qualification égale. Je pense que la population et les politiques de la Région se lèveraient comme un seul homme. Mais il est vrai qu'on est aux Antilles où tout est permis et dénoncer les choses sont tout de suite interprétée de façon...
j aimerai que l on m explique pourquoi, alors, les patrons des antilles(hexagonô ou locaux) ne font pas de preference locale, sans tenir compte du fait que l ouvrier n est pas fiable, qu il faille lui repeter 10 fois de suite la meme chose pour qu il finisse par le faire sans avoir compris pour autant, qu il ne se presente que s il en a envie, que dès que le chef est absent, l'heure de la pause se presente et lorsque je dis l heure, ce n est pas une image. savez vous que les mairies des communes, par l'embauche d'emplois de complaisance (des secrétaires sans aucun diplomes et je ne dis que ça), ont un personnel aussi nombreux que pour des communes de région parisienne? et nous pourrions trouver des centaines d exemples. je ne tiens toutefois pas que l on fasse l amalgame avec ceux qui se lève à 4h du mat pour travailler à 6h et ce jusqu à 15 h sous le soleil avec 34°
Ce qui est ridicule dans vos discours c'est bien entendu que la Guadeloupe n'est pas la Bretagne ni la Lorraine, la métropole l'a délaissée après avoir laissé quelques uns de ses "concitoyens" la dépecer. A un contexte différent, des questions et des réponses différentes. Le problème que pose la Guadeloupe est le même que toutes les colonies qui connaissent un mouvement social enfin merité.