Sarkozy remet le couvert au diner du CRIF
Par Patrice Remy le mercredi 4 mars 2009, 07:45 - Décryptage - Lien permanent
« Quand on s'en prend à un juif parce qu'il est juif, c'est toute la France qui doit se sentir solidaire de la victime », a précisé Nicolas Sarkozy au diner du CRIF. « Je dirais la même chose s'agissant de l'islamophobie ».Sauf que jusqu'à preuve du contraire l’antisémitisme est quelque chose qui a trait à la race et que l’islamophobie est une critique de la religion qui ne touche nullement ses adeptes en tant qu'individus, donc rien de comparable.
Si on s'arrête quelque peu sur le terme d'islamophobie, on peut remarquer qu’il désigne une « phobie » de l'islam. Or la phobie, dans son sens grec, signifie l'aversion pulsionnelle, instinctive, c'est à dire incontrôlée, envers quelque chose. La phobie est donc quelque chose qui manifeste une défaite de la raison, et par là même une défaite de l'homme face à ses responsabilités raisonnables. Celui qui a une phobie ne peut se contrôler, sa raison est impuissante face à ce qu'il faut bien appeler une pathologie (Agoraphobie, Claustrophobie, Aquaphobie, etc..).
Or, il semble que si l'islamophobie existe, c'est à dire le sentiment répulsif incontrôlé et passionnel de l’islam, la critique intellectuelle de l'islam ne peut pas être qualifié d'islamophobe, pour la simple et bonne raison qu'elle n'est pas passionnelle, mais rationnelle. Et précisément, c'est inverser le sens de la démarche critique et rationnelle que lui donner le nom de « phobie ».
Opposer rapidement la passion et la raison, c'est ne pas se rendre compte qu'un individu raisonne aussi de façon à justifier ses propres passions. Derrière une critique de l'islam peut se cacher un « islamophobe » qui met sa raison non pas au service de la vérité, mais au service du dénigrement passionnel de cette religion, et c'est bien là qu'est tout le problème. Mais là encore, le terme de phobie ne peut consister qu'en une suspicion digne de l'inquisition, car suspecter une critique intellectuelle de phobie, c'est faire un procès d'intention un peu rapide.
Le danger que court la France aujourd'hui, c'est précisément de faire progresser l'islamophobie pour n'avoir pas voulu écouter les gens raisonnables en les taxant d'islamophobes. Quand on voit que l’on a pas hésité à ramener des intellectuels comme Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq pour ne citer qu’eux au rang de raciste, force est de constater que l'on abaisse au rang de « malade » les seules personnes qui ont aujourd'hui un peu de culture, d'intelligence et de profondeur pour élever le débat.
En imposant l’islam et en accusant les opposants de racistes ceux qui luttent aujourd'hui contre l'islamophobie sont ceux qui engendrent la véritable islamophobie, celle qui est précisément dangereuse.
Or, il semble que si l'islamophobie existe, c'est à dire le sentiment répulsif incontrôlé et passionnel de l’islam, la critique intellectuelle de l'islam ne peut pas être qualifié d'islamophobe, pour la simple et bonne raison qu'elle n'est pas passionnelle, mais rationnelle. Et précisément, c'est inverser le sens de la démarche critique et rationnelle que lui donner le nom de « phobie ».
Opposer rapidement la passion et la raison, c'est ne pas se rendre compte qu'un individu raisonne aussi de façon à justifier ses propres passions. Derrière une critique de l'islam peut se cacher un « islamophobe » qui met sa raison non pas au service de la vérité, mais au service du dénigrement passionnel de cette religion, et c'est bien là qu'est tout le problème. Mais là encore, le terme de phobie ne peut consister qu'en une suspicion digne de l'inquisition, car suspecter une critique intellectuelle de phobie, c'est faire un procès d'intention un peu rapide.
Le danger que court la France aujourd'hui, c'est précisément de faire progresser l'islamophobie pour n'avoir pas voulu écouter les gens raisonnables en les taxant d'islamophobes. Quand on voit que l’on a pas hésité à ramener des intellectuels comme Alain Finkielkraut, Michel Houellebecq pour ne citer qu’eux au rang de raciste, force est de constater que l'on abaisse au rang de « malade » les seules personnes qui ont aujourd'hui un peu de culture, d'intelligence et de profondeur pour élever le débat.
En imposant l’islam et en accusant les opposants de racistes ceux qui luttent aujourd'hui contre l'islamophobie sont ceux qui engendrent la véritable islamophobie, celle qui est précisément dangereuse.
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Commentaires
"jusqu'à preuve du contraire l’antisémitisme est quelque chose qui a trait à la race, l’islamophobie est une critique de la religion qui ne touche nullement ses adeptes en tant qu'individus",
Il ne faut pas manquer d'air pour dire des choses pareilles. Je suis Français "de souche" comme disent les gens d'extrême droite, mais je dois avouer que quelle que soit l'ignominie de l'antisémitisme, j'ai surtout vu, dans ma longue vie et dans notre beau pays, du racisme anti-arabe (l'Islam n'a rien à voir la dedans).
"Sauf que jusqu'à preuve du contraire l’antisémitisme est quelque chose qui a trait à la race et que l’islamophobie est une critique de la religion qui ne touche nullement ses adeptes en tant qu'individus, donc rien de comparable."
cette phrase est fausse et comporte un racourcis fortuit: Quand on parle d'antisémitisme, on parle de "juifs" (appartenance religieuse). Le terme "islamophobie" est le terme largement utilisé mais qui peut être facilement remplacé par "antimusulman", "anti-islam"...
Je vous remercie pour vos subtils commentaires, mais je vous conseille de retourner à vos livres.
Pour faire simple
Les Sémites sont un ensemble de peuples utilisant les langues sémitiques. Les peuples sémites, regroupent plusieurs peuples différents, et dont les individus les composant sont, notamment pour les Arabes et les Juifs, d'origines ethniques différentes. La seule utilisation de l'adjectif « sémite » (ou « sémitique ») fondée scientifiquement se fait dans le cadre de l'étude des langues : on désigne alors sous ce vocable la langue arabe, la langue hébraïque.
La désignation de peuples à partir d'une identification linguistique est considérée comme abusive et en fait de type raciste. Elle a notamment servi aux nazis à élaborer une théorie raciale leur permettant de définir les Juifs comme une race, en leur supposant une ethnie commune. Les nazis excluaient de cette dénomination les Arabes.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peuple...
Donc effectivement ne vous en déplaise quand on parle d’anti sémitisme on s’en prend aux individus et l’islamophobie à l’islam qui n’est pas une race mais une religion, ce qui vous aura peut être échappé
"3alla" (???) fait exactement l'amalgame qu'on reproche au terme "islamophobie" (outre son erreur sur le terme "antisémitisme"). Il nous dit : "Le terme "islamophobie" est le terme largement utilisé mais qui peut être facilement remplacé par "antimusulman", "anti-islam"..."
Hé bien non, cher ami ! Nous sommes au pays de Voltaire, où nous avons appris à ne pas essentialiser les gens comme vous le faites. "Anti-musulman" n'est pas "anti-islam" et inversement. Je peux détester l'islam sans détester les musulmans et sans être raciste. Tout comme je peux être anticommuniste, anticapitaliste, etc., sans vouloir m'en prendre aux personnes communistes ou capitalistes.
Ce que vous dites est très grave, parce que ça réduit les personnes à leur essence religieuse, leur ôtant tout libre-arbitre. Les mots ne peuvent être "aisément remplacés" les uns par les autres. Ou sinon ça s'appelle des amalgames, et c'est une démarche intellectuellement malhonnête.
Oui, Houellebecq est "islamophobe" quand il dit - ce que je pense aussi - que l'islam est la religion la plus con. Oui Ayaan Hirsi Ali est "islamophobe" quand elle dit que Mahomet est un pédophile sanguinaire. Mais ça n'a strictement rien de raciste ou de condamnable. Ou alors on rétablit le délit de blasphème !
Ethymologiquement, "phobos" signifie "crainte ou peur "et non aversion ou opposition, mais personne n'a encore proposé un néologisme adéquat ...
Je constate que Nicolas SARKOZY a fini par réaliser que l'expression irrépressible de ses convictions catholiques et évangélisatrices, séquelles affectives de son éducation religieuse, était incompatible avec le devoir de réserve et de neutralité inhérent à sa fonction. Il cherche donc à présent, ne fût-ce que pour des raisons de réelection et pour ne pas prêter le flanc à la critique, à s'attirer la sympathie des juifs, des musulmans, etc ..., voire des incroyants, fussent-ils francs-maçons adogmatiques.
Etant entendu que, dans leur immense majorité, les musulmans, dans nos pays démocratiques, sont pacifiques et sympathiques, je conçois que l'islam, religion qui împose une soumission totale à tous égards, puisse inquiéter si elle est instrumentalisée à des fins politiques.
Certes, "un individu raisonne aussi de façon à justifier ses propres passions".
Je dois pourtant constater qu'à part une infime minorité de musulmans progressistes, chez nous et ailleurs, hélas contestés en leur sein, la majorité semble accepter l'interdiction d'interpréter le coran, voire celle de l'apostasie ... Leur a-t-on d'ailleurs jamais parlé de "libre-arbitre" ? ... Les notions de laïcité philosophique, d'agnosticisme, d'athéisme, etc ... ne sont comprises que par ceux qui ont été en contact avec d'autres cultures religieuses ou avec l'humanisme laïque.
En bref, si je "crains" le fanatisme de rares islamistes, je respecte évidemment le droit de croire, ainsi que tous les croyants, et ce d'autant plus s'ils ont choisi la foi en connaissance de cause, ce qui est hélas théorique ...
Je condamne par contre les religions, dans la mesure où elles imposent la foi dès l'enfance, par une éducation religieuse affective et unilatérale, qui laisse presque toujours des traces indélébiles dans le cerveau émotionnel et qui anesthésie, à des degrés divers, l'esprit critique ultérieur, du moins dès qu'il est question de religion (cf Sarkozy et ceteri ...).