Les lendemains qui vont déjanter
Par Roger Heurtebise le lundi 11 mai 2009, 08:05 - Politique - Lien permanent
Dans une démarche citoyenne d’intérêt pour la France et les Français, j’étais un téléspectateur assidu des débats politiques à la télévision. Je n’en manquais pas un, qu’il soit sur « Ripostes » (France 5), « A vous de juger » (France 2), « C Dans l’Air » (France 5), « Mots croisés » (France 2), etc.Depuis quelques semaines, j’ai cessé de les regarder. A chaque émission, je consulte le thème et la liste des invités sur internet ou dans le générique de l’émission. Et si ça concerne un sujet politicien du genre « l’avenir du PS » ou « la politique européenne de Sarkozy », je zappe. S’il s’agit d’un problème de société intéressant mais que le plateau ne regroupe que des sempiternels porte-paroles ou ministres ou députés des partis, avec quelques politologues verbeux et sondeurs infatués, je zappe aussi.
Je zappe parce tous ces intervenants politiques ne font que répéter jusqu’à plus soif leur propagande monologue respective, sans aucune connexion avec le réel. Quant aux prétendus experts, ils se contentent de commenter non pas les sujets de société, mais la politique politicienne comme s’il s’agissait d’un concours d’ego entre élites. Toutes les « analyses » des uns et des autres sont usées jusqu’à la corde, et, très souvent, elles ne sont pas confirmées par les faits à venir.
Bref, chacun parle, parle, parle, et affiche sa suffisance et sa prétention pendant des heures, gaspillant ainsi le temps d’antenne et l’argent des contribuables qui paient la redevance. Ce ne sont plus des débats, ce sont, très littéralement, des « talk-shows » comme on dit maintenant, c’est à dire du spectacle de gens qui causent. Aucun intérêt pour les citoyens.
Les citoyens français, d’ailleurs, ne croient plus à ces camelotes qu’on tente de leur vendre. L’inefficacité de trente ans de politiques de droite comme de gauche n’est plus à démontrer : les alternances et les cohabitations n’ont servi à rien, chaque partie défaisant ce que l’autre a fait, pour finir dans un consensus mou social-libéral sans aucune vision de la France et de son avenir.
Il y a eu tout de même un espoir lors de l’élection présidentielle de 2007. Les deux finalistes, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ont promis tous deux « la rupture ». Leurs discours tranchaient avec le ronron chiraquien ou socialiste. On allait voir ce qu’on allait voir ! Et on n’a rien vu.
A gauche, le Parti Socialiste s’enfonce dans les querelles de boutique et finit par revenir au mitterrandisme d’antan sous les traits de Martine Aubry et de ses « n’y a qu’à, faut qu’on ». La candidate aux présidentielles se ridiculise en pardonitudes et en madonitudes. Le PS ne présente qu’une opposition de façade, et gobe toutes les couleuvres européistes de Sarkozy.
A droite, il n’y a plus que Nicolas Sarkozy qui s’occupe de tout. Les autres politiciens n’en sont que des porte-parole et porte-flingues, même les ministres. Et qu’a fait le grand manitou depuis deux ans ? Où est sa « rupture » ?
Rien, ou quasiment. Le bilan n’est ni globalement positif ni globalement négatif, il est globalement vide. Les « réformes » se sont transformées en ripolinages de surface, à coup de marchandages et de renoncements. A l’inverse, on fait un battage médiatique sur des choses que les Français n’ont jamais demandées, qui n’étaient pas au programme électoral de Sarkozy, et qui n’apportent rien de positif alors que nous vivons une crise très grave et que les vrais problèmes ne sont pas traités. Quelques exemples.
L’Union Méditerranéenne, sortie du chapeau par Nicolas Sarkozy… le soir de son élection. Pas avant, parce qu’il ne fallait pas faire peur aux Français. Combattue par nos partenaires européens, cette idée saugrenue devient l’Union Pour la Méditerranée, avant de sombrer corps et bien. Quel temps perdu !
La loi Hadopi, devenue priorité nationale alors qu’elle est techniquement coûteuse et totalement inefficace, qu’elle constitue un déni de droit en donnant des pouvoirs de police et de justice à des officines privées et à des marchands de CD qui se retrouvent juges et parties, et qu’elle viole la vie privée des Français en accordant à ces milices le droit, par exemple, de lire vos courriels ou d’installer des logiciels espions sur vos ordinateurs. On imagine l’usage que pourront en faire les lobbies politiques et médiatiques !
Le rapport Attali sur « la libération de la croissance française ». Nicolas Sarkozy avait promis, avant même d’en connaître les conclusions, qu’elles seront appliquées intégralement. Ce chèque en blanc montre déjà son mépris de la représentation nationale ! Le rapport présente 316 mesures. Pas une seule n’a été appliquée, ni même mise en chantier ! Ca a fait pchitt, là encore ! Et curieusement, alors que la crise mériterait qu’on « libère » encore plus la « croissance française », plus personne ne parle d’Attali et de son rapport.
Ce n’est pas le seul rapport ou la seule commission initiés par Nicolas Sarkozy, et immédiatement tués dans l’œuf par lui-même. C’est bien connu : en France, pour botter en touche un problème, on crée une commission. Le candidat Sarkozy, lors de sa campagne, avait lui-même dénoncé cette méthode. Une fois élu, en deux ans il a créé… une centaine de commissions ou comités Théodule. Tout ce beau monde, qui pompe encore plus d’argent aux contribuables, travaille pour rien.
Dernière lubie sarkozyste en date : la « diversité ». Un petit discours à l’Ecole Polytechnique (visite de trois-quarts d’heure chrono !), et voilà Yazid Sabeg nommé commissaire à la diversité et chargé, lui aussi, d’un « rapport ». Mais ça gronde chez les Français républicains de droite comme de gauche, et jusque dans les rangs du gouvernement, contre les déclarations insensées de Yazid Sabeg sur son dada : les statistiques ethniques. Volte-face de l’Elysée : la remise du rapport est reportée de semaine en semaine, le temps que le nouveau commissaire politique apporte les corrections présidentielles. Le rapport est finalement présenté le 7 mai, et accouche d’une souris : c’est une ressassée de mesures déjà prises ou promises depuis belle lurette par Chirac et Sarkozy ! Et sur le point délicat des statistiques ethniques, le rapport propose… la création d’une commission pour y réfléchir, alors que Yazid Sabeg venait juste de créer… une commission pour y réfléchir.
On peut multiplier les exemples : visite humiliante de Khadafi, bling-bling blessant à tous les étages, mépris du vote des Français sur le traité européen, échec d’un RSA qui n’est plus qu’un RMI en pire (nous l’avons prévu : Mensonges et arnaques du gouvernement sur le RSA ), création de dizaines de nouvelles taxes alors qu’on nous avait promis de ne pas augmenter les impôts, super-plan-banlieue sans avenir ni moyens (tant mieux, ça nous fera des économies, et ça n’a pas d’importance vu que les plans précédents n’ont servi à rien), annonces émotives à chaque fait divers pour masquer l’échec patent sur la délinquance et la sécurité de l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’actuel président de la République, ridiculisation par Medvedef et Poutine dans l’affaire géorgienne, disgrâce de Rachida Dati qui flingue l’exploitation type « discrimination positive » qu’en avait fait le chef d’Etat, etc. etc. etc.
Il faudrait des centaines de pages pour tirer ce non-bilan. Je renvoie à l’ouvrage de Thierry Dujardin qui l’a fait : « Sarkozy, ses balivernes et ses fanfaronnades » (éditions Fayard, 2009). Le titre résume bien le charlatanisme de l’hyper-président, et l’auteur, de droite, ne peut être accusé de parti pris politicien.
L’espoir mis en Nicolas Sarkozy par ses électeurs, puis par de nouvelles couches de la population après son élection, fait place à une déception dans tous les camps. Les sondages le démontrent : une très large majorité de Français ne le pensent plus capable de régler les problèmes de notre pays. Mais cette fois, le balancier droite-gauche ne marche plus, puisqu’ils font encore moins confiance au Parti Socialiste et aux autres mouvements d’opposition. Les porte-flingues de l’UMP se vantent d’autres sondages qui disent que Nicolas Sarkozy serait encore réélu à l’heure actuelle, ce qui prouverait qu’il est le meilleur. Non, il est le moins pire, ce qui est tout différent : le noyau dur qui lui reste encore fidèle agit soit par aveuglement (on n’aime pas remettre en cause ses choix précédents), soit parce qu’il n’y a pas mieux ailleurs dans l’offre politique (y compris dans les extrêmes).
Nous avons un gouverneur et un gouvernement qui ne gouvernent plus rien, et aucun plan B crédible proposé par ses concurrents, alors que nous sommes dans une crise sans précédent qui nécessiterait un vrai chef d’Etat, rassembleur et volontariste autrement qu’en parlote. C’est une situation extrêmement préoccupante pour les Français car ce n’est plus qu’une crise économique ou sociale, c’est une crise politique. En effet, on peut se sortir de tempêtes diverses et même violentes, quand le bateau est bon et que le capitaine et son équipe sont compétents. Mais quand ce n’est pas le cas, c’est le naufrage assuré.
La crise mondiale a d’ailleurs bon dos. Evidemment, Nicolas Sarkozy et ses bateleurs-ministres en profitent pour nous dire qu’ils n’y sont pour rien, que c’est la faute à Bush et aux patrons, et ils en profitent pour pagayer en vain entre libéralisme et étatisme contradictoires, si bien qu’ils ne font rien d’efficace et d’abouti.
Cette crise ne saurait masquer d’une part les erreurs des gouvernements passés, et d’autre part du gouvernement actuel depuis 2007. Les chiffres montrent d’ailleurs que la reprise de l’emploi montre un point d’inflexion… juste après l’élection présidentielle, et non après la catastrophe des subprimes et les faillites de banques américaines. Idem pour la bourse française. Nicolas Sarkozy suscitait un espoir populaire, mais n’avait pas vraiment la confiance des décideurs et des créateurs d’emploi.
Car le bateau France prend l’eau depuis longtemps, et la « crise » n’a fait qu’aggraver les brèches préexistantes. On courrait au naufrage de toute façon, et finalement, il est peut-être salutaire que l’issue soit désormais moins éloignée et donc plus visible.
Mais qu’est-ce qui cloche vraiment dans le fonctionnement de notre économie ? Nicolas Sarkozy et ses porte-flingues nous expliquent qu’on souffrirait moins de la crise que d’autres pays comme la Grande-Bretagne (dont ils vantaient pourtant la politique libérale peu avant…) grâce à nos « amortisseurs sociaux » (qu’ils brocardaient peu avant en les qualifiant d’« assistanat »…) Mais qu’on donne à notre tradition de politique sociale une approche positive ou négative, c’est hélas elle qui va voler en éclats.
Comment ça marche ? Par la redistribution. Les entreprises et les travailleurs français sont lourdement prélevés d’impôts et de cotisations sociales, qui sont reversés à d’autres. Ca marche ainsi pour les retraites, la santé, le RSA-RMI, etc. On peut critiquer telle ou telle disposition, crier à l’injustice parce qu’on cotise trop ou qu’on ne touche pas assez, mais c’est ainsi et ça semblait fonctionner pas trop mal.
Cependant, le système dérivait lentement. Les prélèvements ne cessaient d’augmenter car les besoins aussi (davantage de personnes âgées, médecine plus coûteuse, etc.) et évidemment tôt ou tard ça allait casser. Certes, des réformes auraient permis des économies, mais comme on l’a vu, elles n’ont pas eu lieu, et de toute façon elles se heurtent à toutes sortes de corporatismes que n’ose affronter le gouvernement par peur de troubles sociaux.
Et la crise dans tout ça ? Elle aggrave tout simplement le déséquilibre, en chargeant les dépenses et en réduisant l’assiette des recettes. Des plans entiers de l’activité économique subissent, et vont encore subir, une crise post-industrielle qui se traduit par des centaines de milliers de pertes d’emploi, et par des fermetures d’entreprises. Donc moins de recettes pour les « amortisseurs sociaux ». On peut discuter à longueur de talk-shows télévisés de la répartition de ces recettes entre imposition du capital, des rentes ou du travail, mais ça ne change pas grand-chose puisque les trois sources sont affectées par la disparition d’entreprises ou la réduction d’activité. De l’autre côté de la balance, l’assiette des dépenses, si je puis dire, augmente : davantage de chômeurs, de pauvres, de RSA-RMIistes.
Le gâteau est donc de plus en plus petit, et les convives de plus en plus nombreux. La faillite du système est inévitable. Quelles solutions ? Augmenter les prélèvements comme le propose la gauche ? C’est assécher encore plus les classes moyennes, et les transformer… en pauvres donc en futurs bénéficiaires des transferts sociaux, ce qui ne fera qu’aggraver le déséquilibre. Diminuer les prestations ? Ce serait appauvrir les plus pauvres. C’est évidemment inacceptable !
Les libéraux nous disent qu’il faut diminuer les prélèvements pour relancer l’économie, ce qui permettrait de remettre les chômeurs au travail et donc de ne plus avoir à les indemniser. C’était d’ailleurs le cercle vertueux promis par Nicolas Sarkozy. C’est d’une part oublier que nous vivons une crise post-industrielle qui met à mal la théorie de la croissance infinie, et d’autre part ça ne tient pas compte de la phase transitoire nécessaire à un tel retournement de situation. On n’invente pas des emplois pour eux-mêmes, mais pour produire des biens nécessaires et consommés, et il faut du temps pour que nos entreprises se convertissent à ces nouveaux besoins, si tant est qu’ils soient rentables. L’automobile en est un exemple flagrant. Cela demande également des investissements, soit de la part des entreprises, soit de la part de l’Etat, pour mettre en route les recherches et les moyens nécessaires à cette hypothétique nouvelle industrialisation. Or les caisses sont vides, et même, pour l’Etat, en déficit abyssal.
La désintégration du mécanisme des transferts sociaux est donc inévitable. Les appeler « amortisseurs » n’est qu’un mythe, puisqu’on les finance avec de l’argent virtuel ou des emprunts. D’ailleurs, on aura bientôt un éclatement de la bulle obligataire, qui signera l’acte de faillite de nombreux Etats en Europe, et qui provoquera un séisme bien pire que celui des subprimes. Evidemment, ça donnera alors le coup de grâce à nos politiques sociales.
Et c’est sans doute là la véritable « rupture », qui est devant nous, et sur laquelle aucun politicien n’a ni maîtrise ni solution. Les quelques troubles sociaux que nous apercevons ne sont rien par rapport aux émeutes qui nous attendent. C’est d’ailleurs bien l’intuition de nombreux « Français d’en bas » dans les discussions entre amis : « Ca va péter ! », répêtent-ils, sans toutefois dire comment ni pourquoi.
Y aura-t-il pour autant une révolution, comme le prévoit entre autres Dominique de Villepin qui cherche lui aussi à se caser et à récupérer la mise ? Tout dépend ce qu’on entend par « révolution ». Une révolte, une catastrophe, une insurrection ? Probablement. Une prise de pouvoir par des « révolutionnaires » ? C’est beaucoup moins sûr, puisqu’aucun leader politique actuel, même extrémiste, ne se dégage dans ce sens, et présente un projet crédible et viable (ou même un projet tout court). Olivier Besancenot est un charlatan bolchevique, et veut nous refaire une URSS dont personne ne veut. A l’extrême-droite, c’est la bérézina et il leur faudra des années pour remonter quelque chose. A l’UMP et au PS, on ne pense qu’à se sauver soi-même et à préserver ses rentes de situation. On ne voit pas non plus qui aurait la stature d’un homme providentiel (ou d’une femme) capable d’un « coup d’Etat » non sanglant, comme De Gaulle en 1958. Une « révolution orange » comme en Ukraine ? François Bayrou, qui est à l’opposition ce que le « Canada Dry » est à l’alcool, en a la couleur et l’aspect, mais pas le goût.
Cette crise qui s’annonce a un autre handicap en France : le corporatisme des uns et des autres. Il est quasiment impossible de faire quoi que ce soit sans une levée de bouclier d’un côté, ou un sabordage de l’autre. Cela paralyse évidemment Nicolas Sarkozy, mais ça va aussi empêcher bien des candidats à la révolution puisqu’ils n’arriveront pas à ratisser large et à fédérer les Français.
Ce corporatisme n’est cependant pas inhérent à une mauvaise volonté de nos concitoyens ; il a été créé et entretenu de toutes pièces par les politiciens de droite et de gauche qui ont joué le clientélisme, et même le communautarisme pour assurer leurs fonds de commerce respectifs. Cette genèse n’empêchera pas le risque de conflits d’intérêts, voire de guerre civile, mais peut-être qu’une explication claire de l’aspect artificiel et désuet des corporatismes permettra d’en désamorcer les dangers. Et puis si la crise touche tout le monde, elle peut faire tomber des barrières protectionnistes.
Prenons par exemple le cas de la fonction publique, accusée si souvent de corporatisme. Il est normal que les fonctionnaires défendent leurs intérêts. Il est compréhensible que les non-fonctionnaires appellent ces intérêts des privilèges. Mais en cas de faillite de l’Etat, les salaires et les retraites des fonctionnaires ne pourront plus être payés, ce qui rendra caduque l’accusation de privilèges, et ce qui mettra tout le monde au même niveau de précarité.
D’autres alliances pourront avoir lieu, d’autres barrières pourront tomber, et, à l’inverse, des divisions pourront être créées ou exacerbées, par exemple par peur de tel ou tel risque d’émeutes ou de bruits de bottes.
Bref c’est l’incertitude totale. On sait que « ça va péter », on sait même maintenant pourquoi, mais on ne sait toujours pas comment, c’est-à-dire d’où partira l’étincelle, quelle sera l’étendue des dégâts, et comment on en sortira. Ce ne sera peut-être pas une révolution, mais ce sera une catastrophe avec tout son lot d’aléas. Une catastrophe au sens commun, mais aussi au sens mathématique, c’est-à-dire une discontinuité qui rend inopérants les modèles antérieurs, et qui empêche toute prévision sur le nouvel état voire le nouveau système dans lesquels nous tomberons.
Certes, on « prévient » les catastrophes. C’est-à-dire qu’on « vient devant » elles, on les prévoit, on en observe les prémisses, et parfois on en limite les effets. Mais on ne les empêche pas. Notre gouvernement prévoit certainement celle à venir, car il a des spécialistes pour ça. Mais rien ne montre qu’il prendra des mesures pour en limiter les conséquences sur nous. Et c’est normal : d’une part, s’il savait faire, il l’aurait fait et d’autre part, on ne construit pas des murs antisismiques en urgence, alors que les premières secousses ont déjà lieue, que… les caisses sont vides et donc qu’on n’a plus de sous pour les chantiers.
Alors… tous aux abris ! Pour ceux qui en ont un, évidemment…
Bref, chacun parle, parle, parle, et affiche sa suffisance et sa prétention pendant des heures, gaspillant ainsi le temps d’antenne et l’argent des contribuables qui paient la redevance. Ce ne sont plus des débats, ce sont, très littéralement, des « talk-shows » comme on dit maintenant, c’est à dire du spectacle de gens qui causent. Aucun intérêt pour les citoyens.
Les citoyens français, d’ailleurs, ne croient plus à ces camelotes qu’on tente de leur vendre. L’inefficacité de trente ans de politiques de droite comme de gauche n’est plus à démontrer : les alternances et les cohabitations n’ont servi à rien, chaque partie défaisant ce que l’autre a fait, pour finir dans un consensus mou social-libéral sans aucune vision de la France et de son avenir.
Il y a eu tout de même un espoir lors de l’élection présidentielle de 2007. Les deux finalistes, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, ont promis tous deux « la rupture ». Leurs discours tranchaient avec le ronron chiraquien ou socialiste. On allait voir ce qu’on allait voir ! Et on n’a rien vu.
A gauche, le Parti Socialiste s’enfonce dans les querelles de boutique et finit par revenir au mitterrandisme d’antan sous les traits de Martine Aubry et de ses « n’y a qu’à, faut qu’on ». La candidate aux présidentielles se ridiculise en pardonitudes et en madonitudes. Le PS ne présente qu’une opposition de façade, et gobe toutes les couleuvres européistes de Sarkozy.
A droite, il n’y a plus que Nicolas Sarkozy qui s’occupe de tout. Les autres politiciens n’en sont que des porte-parole et porte-flingues, même les ministres. Et qu’a fait le grand manitou depuis deux ans ? Où est sa « rupture » ?
Rien, ou quasiment. Le bilan n’est ni globalement positif ni globalement négatif, il est globalement vide. Les « réformes » se sont transformées en ripolinages de surface, à coup de marchandages et de renoncements. A l’inverse, on fait un battage médiatique sur des choses que les Français n’ont jamais demandées, qui n’étaient pas au programme électoral de Sarkozy, et qui n’apportent rien de positif alors que nous vivons une crise très grave et que les vrais problèmes ne sont pas traités. Quelques exemples.
L’Union Méditerranéenne, sortie du chapeau par Nicolas Sarkozy… le soir de son élection. Pas avant, parce qu’il ne fallait pas faire peur aux Français. Combattue par nos partenaires européens, cette idée saugrenue devient l’Union Pour la Méditerranée, avant de sombrer corps et bien. Quel temps perdu !
La loi Hadopi, devenue priorité nationale alors qu’elle est techniquement coûteuse et totalement inefficace, qu’elle constitue un déni de droit en donnant des pouvoirs de police et de justice à des officines privées et à des marchands de CD qui se retrouvent juges et parties, et qu’elle viole la vie privée des Français en accordant à ces milices le droit, par exemple, de lire vos courriels ou d’installer des logiciels espions sur vos ordinateurs. On imagine l’usage que pourront en faire les lobbies politiques et médiatiques !
Le rapport Attali sur « la libération de la croissance française ». Nicolas Sarkozy avait promis, avant même d’en connaître les conclusions, qu’elles seront appliquées intégralement. Ce chèque en blanc montre déjà son mépris de la représentation nationale ! Le rapport présente 316 mesures. Pas une seule n’a été appliquée, ni même mise en chantier ! Ca a fait pchitt, là encore ! Et curieusement, alors que la crise mériterait qu’on « libère » encore plus la « croissance française », plus personne ne parle d’Attali et de son rapport.
Ce n’est pas le seul rapport ou la seule commission initiés par Nicolas Sarkozy, et immédiatement tués dans l’œuf par lui-même. C’est bien connu : en France, pour botter en touche un problème, on crée une commission. Le candidat Sarkozy, lors de sa campagne, avait lui-même dénoncé cette méthode. Une fois élu, en deux ans il a créé… une centaine de commissions ou comités Théodule. Tout ce beau monde, qui pompe encore plus d’argent aux contribuables, travaille pour rien.
Dernière lubie sarkozyste en date : la « diversité ». Un petit discours à l’Ecole Polytechnique (visite de trois-quarts d’heure chrono !), et voilà Yazid Sabeg nommé commissaire à la diversité et chargé, lui aussi, d’un « rapport ». Mais ça gronde chez les Français républicains de droite comme de gauche, et jusque dans les rangs du gouvernement, contre les déclarations insensées de Yazid Sabeg sur son dada : les statistiques ethniques. Volte-face de l’Elysée : la remise du rapport est reportée de semaine en semaine, le temps que le nouveau commissaire politique apporte les corrections présidentielles. Le rapport est finalement présenté le 7 mai, et accouche d’une souris : c’est une ressassée de mesures déjà prises ou promises depuis belle lurette par Chirac et Sarkozy ! Et sur le point délicat des statistiques ethniques, le rapport propose… la création d’une commission pour y réfléchir, alors que Yazid Sabeg venait juste de créer… une commission pour y réfléchir.
On peut multiplier les exemples : visite humiliante de Khadafi, bling-bling blessant à tous les étages, mépris du vote des Français sur le traité européen, échec d’un RSA qui n’est plus qu’un RMI en pire (nous l’avons prévu : Mensonges et arnaques du gouvernement sur le RSA ), création de dizaines de nouvelles taxes alors qu’on nous avait promis de ne pas augmenter les impôts, super-plan-banlieue sans avenir ni moyens (tant mieux, ça nous fera des économies, et ça n’a pas d’importance vu que les plans précédents n’ont servi à rien), annonces émotives à chaque fait divers pour masquer l’échec patent sur la délinquance et la sécurité de l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’actuel président de la République, ridiculisation par Medvedef et Poutine dans l’affaire géorgienne, disgrâce de Rachida Dati qui flingue l’exploitation type « discrimination positive » qu’en avait fait le chef d’Etat, etc. etc. etc.
Il faudrait des centaines de pages pour tirer ce non-bilan. Je renvoie à l’ouvrage de Thierry Dujardin qui l’a fait : « Sarkozy, ses balivernes et ses fanfaronnades » (éditions Fayard, 2009). Le titre résume bien le charlatanisme de l’hyper-président, et l’auteur, de droite, ne peut être accusé de parti pris politicien.
L’espoir mis en Nicolas Sarkozy par ses électeurs, puis par de nouvelles couches de la population après son élection, fait place à une déception dans tous les camps. Les sondages le démontrent : une très large majorité de Français ne le pensent plus capable de régler les problèmes de notre pays. Mais cette fois, le balancier droite-gauche ne marche plus, puisqu’ils font encore moins confiance au Parti Socialiste et aux autres mouvements d’opposition. Les porte-flingues de l’UMP se vantent d’autres sondages qui disent que Nicolas Sarkozy serait encore réélu à l’heure actuelle, ce qui prouverait qu’il est le meilleur. Non, il est le moins pire, ce qui est tout différent : le noyau dur qui lui reste encore fidèle agit soit par aveuglement (on n’aime pas remettre en cause ses choix précédents), soit parce qu’il n’y a pas mieux ailleurs dans l’offre politique (y compris dans les extrêmes).
Nous avons un gouverneur et un gouvernement qui ne gouvernent plus rien, et aucun plan B crédible proposé par ses concurrents, alors que nous sommes dans une crise sans précédent qui nécessiterait un vrai chef d’Etat, rassembleur et volontariste autrement qu’en parlote. C’est une situation extrêmement préoccupante pour les Français car ce n’est plus qu’une crise économique ou sociale, c’est une crise politique. En effet, on peut se sortir de tempêtes diverses et même violentes, quand le bateau est bon et que le capitaine et son équipe sont compétents. Mais quand ce n’est pas le cas, c’est le naufrage assuré.
La crise mondiale a d’ailleurs bon dos. Evidemment, Nicolas Sarkozy et ses bateleurs-ministres en profitent pour nous dire qu’ils n’y sont pour rien, que c’est la faute à Bush et aux patrons, et ils en profitent pour pagayer en vain entre libéralisme et étatisme contradictoires, si bien qu’ils ne font rien d’efficace et d’abouti.
Cette crise ne saurait masquer d’une part les erreurs des gouvernements passés, et d’autre part du gouvernement actuel depuis 2007. Les chiffres montrent d’ailleurs que la reprise de l’emploi montre un point d’inflexion… juste après l’élection présidentielle, et non après la catastrophe des subprimes et les faillites de banques américaines. Idem pour la bourse française. Nicolas Sarkozy suscitait un espoir populaire, mais n’avait pas vraiment la confiance des décideurs et des créateurs d’emploi.
Car le bateau France prend l’eau depuis longtemps, et la « crise » n’a fait qu’aggraver les brèches préexistantes. On courrait au naufrage de toute façon, et finalement, il est peut-être salutaire que l’issue soit désormais moins éloignée et donc plus visible.
Mais qu’est-ce qui cloche vraiment dans le fonctionnement de notre économie ? Nicolas Sarkozy et ses porte-flingues nous expliquent qu’on souffrirait moins de la crise que d’autres pays comme la Grande-Bretagne (dont ils vantaient pourtant la politique libérale peu avant…) grâce à nos « amortisseurs sociaux » (qu’ils brocardaient peu avant en les qualifiant d’« assistanat »…) Mais qu’on donne à notre tradition de politique sociale une approche positive ou négative, c’est hélas elle qui va voler en éclats.
Comment ça marche ? Par la redistribution. Les entreprises et les travailleurs français sont lourdement prélevés d’impôts et de cotisations sociales, qui sont reversés à d’autres. Ca marche ainsi pour les retraites, la santé, le RSA-RMI, etc. On peut critiquer telle ou telle disposition, crier à l’injustice parce qu’on cotise trop ou qu’on ne touche pas assez, mais c’est ainsi et ça semblait fonctionner pas trop mal.
Cependant, le système dérivait lentement. Les prélèvements ne cessaient d’augmenter car les besoins aussi (davantage de personnes âgées, médecine plus coûteuse, etc.) et évidemment tôt ou tard ça allait casser. Certes, des réformes auraient permis des économies, mais comme on l’a vu, elles n’ont pas eu lieu, et de toute façon elles se heurtent à toutes sortes de corporatismes que n’ose affronter le gouvernement par peur de troubles sociaux.
Et la crise dans tout ça ? Elle aggrave tout simplement le déséquilibre, en chargeant les dépenses et en réduisant l’assiette des recettes. Des plans entiers de l’activité économique subissent, et vont encore subir, une crise post-industrielle qui se traduit par des centaines de milliers de pertes d’emploi, et par des fermetures d’entreprises. Donc moins de recettes pour les « amortisseurs sociaux ». On peut discuter à longueur de talk-shows télévisés de la répartition de ces recettes entre imposition du capital, des rentes ou du travail, mais ça ne change pas grand-chose puisque les trois sources sont affectées par la disparition d’entreprises ou la réduction d’activité. De l’autre côté de la balance, l’assiette des dépenses, si je puis dire, augmente : davantage de chômeurs, de pauvres, de RSA-RMIistes.
Le gâteau est donc de plus en plus petit, et les convives de plus en plus nombreux. La faillite du système est inévitable. Quelles solutions ? Augmenter les prélèvements comme le propose la gauche ? C’est assécher encore plus les classes moyennes, et les transformer… en pauvres donc en futurs bénéficiaires des transferts sociaux, ce qui ne fera qu’aggraver le déséquilibre. Diminuer les prestations ? Ce serait appauvrir les plus pauvres. C’est évidemment inacceptable !
Les libéraux nous disent qu’il faut diminuer les prélèvements pour relancer l’économie, ce qui permettrait de remettre les chômeurs au travail et donc de ne plus avoir à les indemniser. C’était d’ailleurs le cercle vertueux promis par Nicolas Sarkozy. C’est d’une part oublier que nous vivons une crise post-industrielle qui met à mal la théorie de la croissance infinie, et d’autre part ça ne tient pas compte de la phase transitoire nécessaire à un tel retournement de situation. On n’invente pas des emplois pour eux-mêmes, mais pour produire des biens nécessaires et consommés, et il faut du temps pour que nos entreprises se convertissent à ces nouveaux besoins, si tant est qu’ils soient rentables. L’automobile en est un exemple flagrant. Cela demande également des investissements, soit de la part des entreprises, soit de la part de l’Etat, pour mettre en route les recherches et les moyens nécessaires à cette hypothétique nouvelle industrialisation. Or les caisses sont vides, et même, pour l’Etat, en déficit abyssal.
La désintégration du mécanisme des transferts sociaux est donc inévitable. Les appeler « amortisseurs » n’est qu’un mythe, puisqu’on les finance avec de l’argent virtuel ou des emprunts. D’ailleurs, on aura bientôt un éclatement de la bulle obligataire, qui signera l’acte de faillite de nombreux Etats en Europe, et qui provoquera un séisme bien pire que celui des subprimes. Evidemment, ça donnera alors le coup de grâce à nos politiques sociales.
Et c’est sans doute là la véritable « rupture », qui est devant nous, et sur laquelle aucun politicien n’a ni maîtrise ni solution. Les quelques troubles sociaux que nous apercevons ne sont rien par rapport aux émeutes qui nous attendent. C’est d’ailleurs bien l’intuition de nombreux « Français d’en bas » dans les discussions entre amis : « Ca va péter ! », répêtent-ils, sans toutefois dire comment ni pourquoi.
Y aura-t-il pour autant une révolution, comme le prévoit entre autres Dominique de Villepin qui cherche lui aussi à se caser et à récupérer la mise ? Tout dépend ce qu’on entend par « révolution ». Une révolte, une catastrophe, une insurrection ? Probablement. Une prise de pouvoir par des « révolutionnaires » ? C’est beaucoup moins sûr, puisqu’aucun leader politique actuel, même extrémiste, ne se dégage dans ce sens, et présente un projet crédible et viable (ou même un projet tout court). Olivier Besancenot est un charlatan bolchevique, et veut nous refaire une URSS dont personne ne veut. A l’extrême-droite, c’est la bérézina et il leur faudra des années pour remonter quelque chose. A l’UMP et au PS, on ne pense qu’à se sauver soi-même et à préserver ses rentes de situation. On ne voit pas non plus qui aurait la stature d’un homme providentiel (ou d’une femme) capable d’un « coup d’Etat » non sanglant, comme De Gaulle en 1958. Une « révolution orange » comme en Ukraine ? François Bayrou, qui est à l’opposition ce que le « Canada Dry » est à l’alcool, en a la couleur et l’aspect, mais pas le goût.
Cette crise qui s’annonce a un autre handicap en France : le corporatisme des uns et des autres. Il est quasiment impossible de faire quoi que ce soit sans une levée de bouclier d’un côté, ou un sabordage de l’autre. Cela paralyse évidemment Nicolas Sarkozy, mais ça va aussi empêcher bien des candidats à la révolution puisqu’ils n’arriveront pas à ratisser large et à fédérer les Français.
Ce corporatisme n’est cependant pas inhérent à une mauvaise volonté de nos concitoyens ; il a été créé et entretenu de toutes pièces par les politiciens de droite et de gauche qui ont joué le clientélisme, et même le communautarisme pour assurer leurs fonds de commerce respectifs. Cette genèse n’empêchera pas le risque de conflits d’intérêts, voire de guerre civile, mais peut-être qu’une explication claire de l’aspect artificiel et désuet des corporatismes permettra d’en désamorcer les dangers. Et puis si la crise touche tout le monde, elle peut faire tomber des barrières protectionnistes.
Prenons par exemple le cas de la fonction publique, accusée si souvent de corporatisme. Il est normal que les fonctionnaires défendent leurs intérêts. Il est compréhensible que les non-fonctionnaires appellent ces intérêts des privilèges. Mais en cas de faillite de l’Etat, les salaires et les retraites des fonctionnaires ne pourront plus être payés, ce qui rendra caduque l’accusation de privilèges, et ce qui mettra tout le monde au même niveau de précarité.
D’autres alliances pourront avoir lieu, d’autres barrières pourront tomber, et, à l’inverse, des divisions pourront être créées ou exacerbées, par exemple par peur de tel ou tel risque d’émeutes ou de bruits de bottes.
Bref c’est l’incertitude totale. On sait que « ça va péter », on sait même maintenant pourquoi, mais on ne sait toujours pas comment, c’est-à-dire d’où partira l’étincelle, quelle sera l’étendue des dégâts, et comment on en sortira. Ce ne sera peut-être pas une révolution, mais ce sera une catastrophe avec tout son lot d’aléas. Une catastrophe au sens commun, mais aussi au sens mathématique, c’est-à-dire une discontinuité qui rend inopérants les modèles antérieurs, et qui empêche toute prévision sur le nouvel état voire le nouveau système dans lesquels nous tomberons.
Certes, on « prévient » les catastrophes. C’est-à-dire qu’on « vient devant » elles, on les prévoit, on en observe les prémisses, et parfois on en limite les effets. Mais on ne les empêche pas. Notre gouvernement prévoit certainement celle à venir, car il a des spécialistes pour ça. Mais rien ne montre qu’il prendra des mesures pour en limiter les conséquences sur nous. Et c’est normal : d’une part, s’il savait faire, il l’aurait fait et d’autre part, on ne construit pas des murs antisismiques en urgence, alors que les premières secousses ont déjà lieue, que… les caisses sont vides et donc qu’on n’a plus de sous pour les chantiers.
Alors… tous aux abris ! Pour ceux qui en ont un, évidemment…




Commentaires
http://www.la-chronique-agora.com/a... :
"Une autre chose inquiétante s'est produite la semaine dernière : les rendements obligataires US ont grimpé. Ils sont encore très bas... mais ils sont à la hausse. Et c'est inquiétant, parce qu'à un moment ou à un autre, nous pensons que l'enfer se déchaînera sur le marché obligataire. Le glissement des prix obligataires auquel nous assistons actuellement (lorsque les prix baissent, les rendements grimpent) pourrait en être -- ou pas -- un signe annonciateur."
"Le spectacle commencera lorsque le marché obligataire craquera... faisant grimper les rendements dans la stratosphère."
Donc ne nous laissons pas illusionner par la remontée du marché obligataire, interprété à tort comme un signe de reprise. Ce n'est qu'une bulle, et elle est peut-être pire que les précédentes.
Après avoir reculé de 0,9% en février sur un mois, la production industrielle française a en effet de nouveau décroché de 1,4% en mars, a indiqué lundi l'Insee.
Cela porte la baisse trimestrielle à près de 7% par rapport au trimestre précédent.
http://www.google.com/hostednews/af...
et pour rire un peu, Christine Lagarde : "Je crois à une reprise graduelle"
http://www.lemonde.fr/economie/arti...
Christine Lagarde : "Le rétablissement de nos finances publiques sera forcément long et progressif. Nous l'obtiendrons avec le retour de la croissance qui gonflera les recettes fiscales et en maîtrisant la dépense, mais sans tour de vis draconien."
L'espoir fait vivre !
Bravo, je partage à 100% ce constat...désespérant.