En est -on à ce point d’inculture journalistique et/ou de manipulations des foules électives ? Visiblement oui.

Rappelons donc quelques vérités qui échappent à nos « journaleux » du petit écran :

1: Le régime de Téhéran n’est pas par nature une démocratie . C’est un régime théocratique islamique. Le coran et  la Charia sont sources de loi et le régime est en fait conduit par un « guide spirituel » : hier Khomeiny aujourd’hui l'ayatollah Ali Khamenei.
 
Rappelons, entre autres,

l’Article 2 de la Constitution de l’Iran qui traite des Principes Fondamentaux : 
La République islamique est un système basé sur la croyance en
1 ) Un seul Dieu ( comme exposé dans l'expression Il n'y a aucun Dieu sauf Allah), Sa souveraineté exclusive et Son droit de légiférer et la nécessité de soumission à Ses commandements.

L’Article 56  : La souveraineté absolue sur le monde et l'homme appartient à Allah (…)

L’Article 57 : Les pouvoirs de gouvernement dans la République islamique sont investis dans la législature, le pouvoir judiciaire et les pouvoirs exécutifs, fonctionnant dans la surveillance du Leader religieux absolu et le Leadership de l'Ummah, conformément aux prochains articles de cette Constitution. (…)

C‘est aussi un régime politique qui dans les faits se veut perpétuellement révolutionnairement islamique c‘est-à-dire qui a pour but de convertir le monde à  l‘islam. De grès ou de force.

2: Il n'y a pas de pluralité politique autre que celle contrôlée par le régime. Ainsi, par exemple, les candidats à la présidentielle ne le sont que parce qu'ils ont reçu l'autorisation de ce régime de se présenter à cette élection. Ce sont tous des candidats "officiels" !

3: Moussavi, donc, candidat officiel n’est pas un petit nouveau bien que présenté comme un réformateur.
Il a été au pouvoir dès le début du régime de Khomeiny. Khomeiny vous savez ce grand humaniste.

Moussavi connu pour son rôle dans « le massacre des prisons » durant l’année 1988. (Plus de 30 000 prisonniers politiques avaient alors été exécutés en moins de quelques mois dans les prisons à travers le pays).

Et oui Moussavi a dirigé le gouvernement iranien de 1981 à 1989. A peine 2 ans après la révolution de Khomeyni en 1979, celui-ci lui confiait le bon fonctionnement des années les plus dures du régime islamiste. Moussavi s’en acquitta avec « ferveur». Il est connu pour être l’un des principaux acteurs de la répression de l’opposition démocratique durant cette période. Rappelons qu’en 30 ans de régime des mollah, plus de 120 000 opposants politiques auront été éliminés. Il est aussi rappelons- le chef de gouvernement qui envoyait , pendant la guerre contre l’Irak, les enfants en première ligne dans les champs de mines avec en pendentif une clef en plastique pour le paradis d’Allah …

Moussavi est bien depuis 1979 l’un des principaux piliers de ce sinistre régime. Après avoir été Premier Ministre il a ensuite servi de conseiller aux présidents Akbar Hachémi Rafsandjani (1989-1997), et Mohammad Khatami (1997-2005).

A côté de ce bilan, les provocations du « méchant conservateur » Ahmadinejad apparaissent bien palotes … ( sauf si il obtient la bombe nucléaire … mais Moussavi lui aussi est pour la continuation du programme nucléaire iranien « civil » … )

4: Les médias présentent le côté réformateur/ rénovateur de Moussavi en citant sans cesse son programme pour le droit des femmes. Problème : les médias français mentent : Très précisemment l'AFP écrit qu'il
« réviserait toutes les lois considérées comme discriminatoires et injustes à l’égard des femmes en introduisant les projets nécessaires au Parlement ».
 
Or pour Moussavi la « société iranienne est une société religieuse et de ce fait les activistes féministes ont le devoir d’aller consulter les vieux oulémas pour leur demander la fatwa qui les guidera ! ».
« Le problème majeur avec les femmes, dit Moussavi,  est l’image qui existe dans leur esprit quant à leur rôle social. Parallèlement à des réformes nécessaires, il faut changer cette image (erronée) et alors il n’y aura plus de problème d’inégalité ! »

Dans un long discours sur son programme « rénovateur« , Moussavi a exposé environ 45 mesures pour l’amélioration de la condition féminine, mais toutes sont « soumises à la conformité avec la constitution de la république islamique » qui dès son préambule limite le rôle social de la femme iranienne à la … procréation.

Petit rappel quand à l'idéologie du pseudo réformateur Moussavi . Un exemple parmi d'autre de ses oeuvres :

Le code pénal de la République Islamique : conditions de la lapidation

Article 102 La femme et les sanctions : La lapidation jusqu’à ce que mort s’ensuive est le châtiment pour les adultères. L’homme et la femme adultères sont enterrés dans un trou rempli de sable, le premier jusqu’à la taille, la seconde jusqu’au-dessus des seins, et ils sont lapidés.

Article 104 Les pierres utilisées ne devront pas être trop grosses afin d’infliger la mort d’un coup, elles ne doivent pas être si petites qu’on ne puisse leur donner le nom de pierre. La taille moyenne est choisie généralement afin de faire expier la faute par la souffrance.

Alinéas votés à l’Assemblée islamique au mois de novembre 1996 : Un mari trompé surprenant sa femme en flagrant délit d’adultère peut tuer le couple fautif sans encourir de poursuites. Ce droit n’est pas reconnu pour la femme dans la même situation. Les relations illégitimes n’allant pas jusqu’à l’adultère entre un homme et une femme sont passibles de 99 coups de fouet. Alors que se passe t-il en Iran ?

Un crépage de turbans pour le pouvoir.

Deux générations  s’affrontent. Pas celle d’une jeunesse démocrate aspirant à la liberté contre de vieux mollah.
Mais celle de la génération du président actuel qui a fait la guerre contre l’Irak, qui a soutenu le régime khomeyniste par des milices militaro- religieuses et qui veut maintenant garder le pouvoir acquis contre des candidats de la vieille garde qui veulent de nouveau s’y hisser. Tout ceci, bien entendu sous le contrôle du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui quoiqu’il en soit lui contrôlera le vainqueur de cette prise d’arme interne.
Sans compter les autres apparatchiks du régime qui comptent les points …

Que les médias arrêtent donc de nous vendre un scénarii qui n’existe pas.
Entre la peste et le choléra, il n’y pas à choisir.
Et en attendant l’Iran progresse irrémédiablement vers la maîtrise de la bombe nucléaire….