Certes, ce discours devant les parlementaires dont certains avaient décliné l’invitation et d’autres refusé de participer au débat qui s’en est suivi, fût une première depuis 1875

Il a invoqué l’héritage du Conseil national de la Résistance et des Trente glorieuses pour appeler la classe politique, les partenaires sociaux et la société civile à inventer la France de demain.

Toutefois, Nicolas Sarkozy a avoué : « La crise n’est pas finie… Nous ne savons pas quand elle se terminera »

Avant d’ajouter : « Considérer la crise comme une parenthèse qui sera bientôt refermée…serait une erreur fatale »

Rappelant que dans les heures les plus sombres de notre histoire, le Conseil National de la Résistance avait su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française, et en se fixant pour objectif de mettre l’économie au service de l’Homme , et non l’inverse, il a présenté à grands traits son dessein.

Dans le nouveau modèle de croissance que la France appelle de ses vœux, qu’elle cherche à construire, le président de la République a affirmé : « Une place plus grande doit être faîte au travail, aux entrepreneurs, aux inventeurs, aux créateurs, à la production »

Il s’est ouvertement posé la question au milieu de son discours : « Pourquoi est-il si difficile de réformer notre pays… Pourquoi est-il si difficile de résoudre les problèmes structurels que tout le monde connaît ? »

Ce discours avait donc le mérite d’être honnête au regard des réalités politiques, économiques et sociales : « Sans investissement, il n’y a plus d’avenir »

Mais là où la situation se complique, c’est lorsque Nicolas Sarkozy déclare : « Nous mobiliserons des moyens nouveaux dans la ré-industrialisation des bassins d’emploi en difficulté » « le Grenelle de l’environnement va créer 600.000 emplois » « Nous allons donner à la production et au travail un nouveau modèle de croissance »

Car, même si à l’instar de chaque Français, le chef de l’Etat refuse de se résigner à la destruction de nos emplois et de nos industries; au fait que nos usines s’en aillent, que nos gâchions nos meilleurs atouts : les réalités sont là !

L’idée d’une France sans usines et sans ouvriers est sans aucun doute une idée folle. Mais c’est bien ce qui risque de se produire et nous menace le plus, comme le prouvent les délocalisations qui nous frappent : de la lingerie à l’aviation en passant par les énergies vertes.

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