Discours de Gaulle, Juillet 1942
Par Eric de Roche le Jeudi 16 Juillet 2009, 08:20 - Culture - Lien permanent
2 Juillet 1942: Chute de Sébastopol, après 250 jours de siège. Les offensives allemandes vont se déployer d'une part vers Stalingrad et le cours inférieur de la Volga, d'autre part vers Rostov, la côte orientale de la Mer Noire, le Caucase et les puits de pétrole de Bakou. 9 Juillet 1942: Les États-Unis reconnaissent le Comité National Français comme « symbole de la résistance française à l'Axe ».
10 Juillet 1942: L'offensive de Rommel est arrêtée à El-Alamein, à 50 km d'Alexandrie.
14 Juillet 1942: La France Libre prend le nom de France Combattante, ce qui manifeste l'adhésion de la Résistance intérieure à l'autorité du Général de Gaulle et du Comité National. La Grande-Bretagne reconnaît ce nouveau titre.
Discours prononcé à la radion de Londres le 3 Juillet 1942
Discours prononcé à la radion de Londres, diffusé aux USA le 8 Juillet 1942
Discours prononcé à la radion de Londres le 13 Juillet 1942
Discours radiodiffusé de Londres vers les USA le 14 Juillet 1942
Ce serait de la faiblesse d'âme que de s'envelopper aujourd'hui d'un optimisme de commande. Or, malgré ses malheurs, le peuple français n'est pas un peuple faible. Le peuple français, malgré la propagande de l'ennemi et des traîtres, juge avec lucidité les péripéties du drame où se joue son destin.
C'est dire que, chez nous, nul ne doute de la gravité des événements actuels. Mais chacun mesure parfaitement ce que ces événements comportent de favorable en même temps que de menaçant. Une bataille se déroule à proximité du Nil.
L'ennemi attaque maintenant l'Égypte. Ce sont là, peut-être, les préliminaires d'une grande campagne d'Orient et d'Afrique, liée à celle qui se déroule sur le sol de la Russie.
Une gigantesque lutte navale se livre dans l'Atlantique. Il s'agit, pour les Alliés, d'assurer le passage des ravitaillements, des troupes, du matériel, dont tout dépend. L'ennemi ne parvient pas à empêcher les transports mais il est vrai que ses sous-marins et ses avions les rendent coûteux et difficiles.
De vastes opérations se développent en Extrême-Orient. L'ennemi a pu saisir d'immenses territoires. Il est toujours aux prises avec la Chine. Il est au contact des Indes et de l'Australie. Il atteint les avant-postes du continent américain.
Au total, depuis bientôt trois ans, l'adversaire a progressé sur de vastes étendues.
Il a ramassé beaucoup de cette ferraille que l'on appelle le butin. Il opprime directement ou par personnes interposées des peuples qu'il prétend soumettre à son ordre nouveau qui n'est que sa domination. Et pourtant, approche-t-il de la victoire finale? Il sait fort bien lui-même qu'il en est plus loin que Jamais.
Les forces alliées que l'ennemi devrait détruire pour pouvoir dicter sa loi sont le quintuple de celles qui, voici douze mois, pouvaient lui être opposées. Depuis un an, il a perdu dix fois plus d'hommes que pendant les deux années précédentes. De trimestre en trimestre les Alliés multiplient par trois le poids de bombes qu'ils jettent sur le territoire allemand. Toutes les difficultés intérieures d'approvisionnement, de transports, de main-d'œuvre, que comporte une guerre prolongée, grandissent chez l'ennemi à un rythme accéléré. Ses chefs ne le cachent même plus.
C'est beaucoup, à la guerre, d'avoir gagné les premières batailles. Mais la dernière décide de tout. Elle se livrera en France. Qui peut nier que la bataille de France soit, chaque jour, un peu plus probable malgré les victoires de l'ennemi ?
La France, elle aussi, livrera la bataille de France. Elle y jouera un rôle décisif. Que chaque Français s'y prépare! Voilà le seul devoir. Voilà l'unique solution.
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Quand cette guerre a commencé, beaucoup d'hommes dans le monde ont cru qu'elle n'était qu'un conflit d'ambitions politiques et qu'elle se réglerait comme jadis par des déplacements de frontières et des indemnités. Aujourd'hui, le monde entier voit qu'elle oppose des idéals et qu'il s'agit d'une crise profonde de l'humanité. C'est pourquoi, si les démocraties entendent écraser à tout prix ceux qui ont déchaîné ces malheurs, elles veulent aussi que l'énorme dépense de sang, de larmes et d'efforts ait finalement sa récompense et son utilité. Elles veulent gagner la guerre et la paix.
Pour gagner la guerre, il ne suffit pas d'avoir des soldats et des armes. Mais il faut que ces effectifs et ce matériel soient engagés vers un objectif bien choisi et qu'une habile direction sache inspirer à tous la confiance et l'ardeur nécessaires. Ce sont l'esprit et le cœur qui remportent les victoires.
Pour gagner la paix, il ne suffirait pas de disposer de ressources gigantesques. Il ne suffirait pas d'imposer aux peuples de proie des conditions rigoureuses pour la sécurité de tous. Il ne suffirait pas de conclure des traités et des alliances. Mais il faut que toutes ces richesses, toutes ces garanties, tous ces pactes, soient appliqués à un but général, choisi de telle façon que tous les efforts y convergent et que tous les rêves, tous les désirs, tous les dévouements s'enflamment et se prodiguent pour le réaliser. Car, aujourd'hui comme toujours, ce sont les idées qui mènent le monde. Et puisque cette guerre n'est plus une guerre des États, non plus même une guerre des peuples, mais bien une guerre des hommes, les idées qui inspireront la paix doivent être à l'échelle de l'humanité.
La France semble partiellement écartée de l'effort commun des démocraties. C'est là, d'ailleurs, un des résultats les plus dangereux de la diabolique stratégie d'Hitler. Car une noble cause a-t-elle jamais été défendue, une haute inspiration humaine s'est-elle jamais exprimée sans que la France élevât sa voix? Mais, en cela comme en tout, le succès de l'ennemi n'est que partiel et provisoire.
Je dis que ce succès est partiel. Car, de même que sur les champs de bataille et aux poteaux d'exécution meurent toujours des combattants français, de même la pensée et l'âme de la France sont toujours représentées dans le camp de la liberté. Vous en fournissez une preuve, puisque « France For Ever n, 1'« École des Hautes Études Libres n, le « French American Club n, le « Free French Relief Committee », sont aujourd'hui présents à la magnifique réunion organisée par « Freedom House n, pour ouvrir la « Semaine de la France Libre ».
Je dis aussi qu'en abattant la France l'ennemi n'a remporté qu'un succès provisoire. Car, c'est un fait qu'au plus profond de la nation française se rallume la flamme guerrière et que les mensonges de l'ordre nouveau y ont perdu la partie. Nous sommes sûrs, aujourd'hui, que si la guerre et la paix doivent être gagnées, elles le seront avec la France.
Oui, la France, qui fut d'abord écrasée à l'avant-garde, sera un élément capital des chocs qui décideront de tout. Oui, la France apportera le concours de son génie à l'édifice que le monde reconstruira sur les ruines.
Oui, l'espérance de la France est celle-là même que M. Wendell Wilkie a définie par ces mots admirables : « Nous pouvons, si nous le voulons, faire que ce qui nous paraît le cri d'agonie de notre époque devienne les douleurs d'enfantement d'un ordre nouveau et meilleur. »
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Dans chaque ville et dans chaque village, les Français et les Françaises défileront à l'endroit fixé.
Partout, la Marseillaise sera chantée d'une seule âme, à pleine gorge, les larmes aux yeux.
Que voudront dire ces drapeaux, ces défilés, cette Marseillaise?
Ils voudront dire, ils diront, d'abord que la France vit, que l'océan de ses douleurs ne l'a pas submergée, qu'elle demeure la France, malgré l'invasion et malgré la tyrannie.
Drapeaux, défilés, Marseillaise, diront ensuite que la patrie se souvient, qu'elle n'oublie pas la gloire, ni les blessures, ni les soufflets, qu'elle pense à ses enfants qui meurent pour elle sur tous les champs de bataille du monde ou aux poteaux d'exécution.
Ils diront enfin, ces drapeaux, ces défilés, cette Marseillaise, que la France se prépare, qu'elle se rassemble en secret pour le jour terrible où, l'Allemand fléchissant, les Alliés présents et les traîtres balayés, la nation tout entière debout chassera et punira l'ennemi.
Les drapeaux! c'est la fierté. Les défilés! c'est l'espoir. La Marseillaise ! c'est la fureur. Il nous faut et il nous reste : fierté, espoir, fureur.
On le verra bien demain !
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On discute des causes du désastre provisoire de la France et des revers momentanés des nations libres. La seule cause qu'il importe, en ce moment, de reconnaître et d'abolir est celle qui obstrue la route de la victoire. Qui peut douter que cette cause ait été la désunion? En France, ce sont les discordes qui ont énervé notre force et permis à la trahison de dissimuler son visage. De même, c'est la dispersion des efforts des démocraties qui fut le meilleur atout de la stratégie de l'Axe. Pour les Français, il n'y a donc pas de devoir plus sacré que l'union contre l'ennemi et contre les traîtres. Rien ne vaut et rien ne compte que ce qui peut nous rassembler dans le combat pour la vie. Au milieu de la tempête, seuls sont tolérables à bord ceux qui s'unissent pour sauver le navire, quand il est au point de sombrer. Dans le camp de la liberté, tout doit s'effacer devant la nécessité d'établir et de renforcer le front commun contre l'ennemi et contre ceux qUi aident l'ennemi.
C'est par-là que la manifestation d'union nationale, organisée par « France For Ever», revêt le caractère qu'elle doit avoir. Tout d'abord, votre réunion appelle à l'action concentrée dans la guerre de libération ceux des Français qui sont libres sur le libre sol des États-Unis. Ensuite, votre réunion ne célèbre pas seulement l'amitié franco-américaine, mais aussi la coopération confiante et résolue que l'Amérique et la France Combattante viennent d'organiser entre elles pour l'effort commun dans une guerre sans exemple.
Et c'est pourquoi, aucune présence ne pouvait honorer davantage la réunion de « France For Ever» ni revêtir une signification plus haute que la présence parmi vous du glorieux Général Pershing. Grand homme qui fut témoin de l'union sacrée des Français autour de Poincaré et de Clemenceau. Grand soldat qui voulut et sut faire avec Foch et avec Haig le front unique des Alliés dans la bataille de France. Grand chef qui demeure le symbole et l'inspiration de l'action solidaire des Alliés dans le combat pour la liberté.
Les Français n'ont qu'un drapeau, le drapeau du 14 juillet. Qu'ils se rassemblent pour son triomphe! Les démocraties ont un seul idéal, celui des quatre libertés humaines.
Qu'elles s'unissent pour sa victoire!
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Discours prononcé à la radion de Londres, diffusé aux USA le 8 Juillet 1942
Discours prononcé à la radion de Londres le 13 Juillet 1942
Discours radiodiffusé de Londres vers les USA le 14 Juillet 1942
3 Juillet 1942
Les forces de Rommel ont envahi l'Égypte et atteint El Alamein. L'offensive allemande se poursuit sur le front russe. Au cours du mois de juin, les Japonais ont bombardé Sydney et Newcastle en Australie et débarqué dans les îles aléoutiennes.Ce serait de la faiblesse d'âme que de s'envelopper aujourd'hui d'un optimisme de commande. Or, malgré ses malheurs, le peuple français n'est pas un peuple faible. Le peuple français, malgré la propagande de l'ennemi et des traîtres, juge avec lucidité les péripéties du drame où se joue son destin.
C'est dire que, chez nous, nul ne doute de la gravité des événements actuels. Mais chacun mesure parfaitement ce que ces événements comportent de favorable en même temps que de menaçant. Une bataille se déroule à proximité du Nil.
L'ennemi attaque maintenant l'Égypte. Ce sont là, peut-être, les préliminaires d'une grande campagne d'Orient et d'Afrique, liée à celle qui se déroule sur le sol de la Russie.
Une gigantesque lutte navale se livre dans l'Atlantique. Il s'agit, pour les Alliés, d'assurer le passage des ravitaillements, des troupes, du matériel, dont tout dépend. L'ennemi ne parvient pas à empêcher les transports mais il est vrai que ses sous-marins et ses avions les rendent coûteux et difficiles.
De vastes opérations se développent en Extrême-Orient. L'ennemi a pu saisir d'immenses territoires. Il est toujours aux prises avec la Chine. Il est au contact des Indes et de l'Australie. Il atteint les avant-postes du continent américain.
Au total, depuis bientôt trois ans, l'adversaire a progressé sur de vastes étendues.
Il a ramassé beaucoup de cette ferraille que l'on appelle le butin. Il opprime directement ou par personnes interposées des peuples qu'il prétend soumettre à son ordre nouveau qui n'est que sa domination. Et pourtant, approche-t-il de la victoire finale? Il sait fort bien lui-même qu'il en est plus loin que Jamais.
Les forces alliées que l'ennemi devrait détruire pour pouvoir dicter sa loi sont le quintuple de celles qui, voici douze mois, pouvaient lui être opposées. Depuis un an, il a perdu dix fois plus d'hommes que pendant les deux années précédentes. De trimestre en trimestre les Alliés multiplient par trois le poids de bombes qu'ils jettent sur le territoire allemand. Toutes les difficultés intérieures d'approvisionnement, de transports, de main-d'œuvre, que comporte une guerre prolongée, grandissent chez l'ennemi à un rythme accéléré. Ses chefs ne le cachent même plus.
C'est beaucoup, à la guerre, d'avoir gagné les premières batailles. Mais la dernière décide de tout. Elle se livrera en France. Qui peut nier que la bataille de France soit, chaque jour, un peu plus probable malgré les victoires de l'ennemi ?
La France, elle aussi, livrera la bataille de France. Elle y jouera un rôle décisif. Que chaque Français s'y prépare! Voilà le seul devoir. Voilà l'unique solution.
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8 Juillet 1942
A l'occasion de l'ouwrture de la « Semaine de la France Libre » organisée à Neœ York par d'importante association interalliée « Preedom House », le Général de Gaulle pronocz une allocution en anglais, que la Columbia Broadcasting Corporation radiodiffuse en Amérique.Quand cette guerre a commencé, beaucoup d'hommes dans le monde ont cru qu'elle n'était qu'un conflit d'ambitions politiques et qu'elle se réglerait comme jadis par des déplacements de frontières et des indemnités. Aujourd'hui, le monde entier voit qu'elle oppose des idéals et qu'il s'agit d'une crise profonde de l'humanité. C'est pourquoi, si les démocraties entendent écraser à tout prix ceux qui ont déchaîné ces malheurs, elles veulent aussi que l'énorme dépense de sang, de larmes et d'efforts ait finalement sa récompense et son utilité. Elles veulent gagner la guerre et la paix.
Pour gagner la guerre, il ne suffit pas d'avoir des soldats et des armes. Mais il faut que ces effectifs et ce matériel soient engagés vers un objectif bien choisi et qu'une habile direction sache inspirer à tous la confiance et l'ardeur nécessaires. Ce sont l'esprit et le cœur qui remportent les victoires.
Pour gagner la paix, il ne suffirait pas de disposer de ressources gigantesques. Il ne suffirait pas d'imposer aux peuples de proie des conditions rigoureuses pour la sécurité de tous. Il ne suffirait pas de conclure des traités et des alliances. Mais il faut que toutes ces richesses, toutes ces garanties, tous ces pactes, soient appliqués à un but général, choisi de telle façon que tous les efforts y convergent et que tous les rêves, tous les désirs, tous les dévouements s'enflamment et se prodiguent pour le réaliser. Car, aujourd'hui comme toujours, ce sont les idées qui mènent le monde. Et puisque cette guerre n'est plus une guerre des États, non plus même une guerre des peuples, mais bien une guerre des hommes, les idées qui inspireront la paix doivent être à l'échelle de l'humanité.
La France semble partiellement écartée de l'effort commun des démocraties. C'est là, d'ailleurs, un des résultats les plus dangereux de la diabolique stratégie d'Hitler. Car une noble cause a-t-elle jamais été défendue, une haute inspiration humaine s'est-elle jamais exprimée sans que la France élevât sa voix? Mais, en cela comme en tout, le succès de l'ennemi n'est que partiel et provisoire.
Je dis que ce succès est partiel. Car, de même que sur les champs de bataille et aux poteaux d'exécution meurent toujours des combattants français, de même la pensée et l'âme de la France sont toujours représentées dans le camp de la liberté. Vous en fournissez une preuve, puisque « France For Ever n, 1'« École des Hautes Études Libres n, le « French American Club n, le « Free French Relief Committee », sont aujourd'hui présents à la magnifique réunion organisée par « Freedom House n, pour ouvrir la « Semaine de la France Libre ».
Je dis aussi qu'en abattant la France l'ennemi n'a remporté qu'un succès provisoire. Car, c'est un fait qu'au plus profond de la nation française se rallume la flamme guerrière et que les mensonges de l'ordre nouveau y ont perdu la partie. Nous sommes sûrs, aujourd'hui, que si la guerre et la paix doivent être gagnées, elles le seront avec la France.
Oui, la France, qui fut d'abord écrasée à l'avant-garde, sera un élément capital des chocs qui décideront de tout. Oui, la France apportera le concours de son génie à l'édifice que le monde reconstruira sur les ruines.
Oui, l'espérance de la France est celle-là même que M. Wendell Wilkie a définie par ces mots admirables : « Nous pouvons, si nous le voulons, faire que ce qui nous paraît le cri d'agonie de notre époque devienne les douleurs d'enfantement d'un ordre nouveau et meilleur. »
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13 Juillet 1942
Dans le morceau de France qu'on appelle « non occupé », demain les drapeaux tricolores pavoiseront toutes les maisons.Dans chaque ville et dans chaque village, les Français et les Françaises défileront à l'endroit fixé.
Partout, la Marseillaise sera chantée d'une seule âme, à pleine gorge, les larmes aux yeux.
Que voudront dire ces drapeaux, ces défilés, cette Marseillaise?
Ils voudront dire, ils diront, d'abord que la France vit, que l'océan de ses douleurs ne l'a pas submergée, qu'elle demeure la France, malgré l'invasion et malgré la tyrannie.
Drapeaux, défilés, Marseillaise, diront ensuite que la patrie se souvient, qu'elle n'oublie pas la gloire, ni les blessures, ni les soufflets, qu'elle pense à ses enfants qui meurent pour elle sur tous les champs de bataille du monde ou aux poteaux d'exécution.
Ils diront enfin, ces drapeaux, ces défilés, cette Marseillaise, que la France se prépare, qu'elle se rassemble en secret pour le jour terrible où, l'Allemand fléchissant, les Alliés présents et les traîtres balayés, la nation tout entière debout chassera et punira l'ennemi.
Les drapeaux! c'est la fierté. Les défilés! c'est l'espoir. La Marseillaise ! c'est la fureur. Il nous faut et il nous reste : fierté, espoir, fureur.
On le verra bien demain !
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14 Juillet 1942
Il ya 153 ans, la fureur triomphante du peuple français faisait du 14 juillet la Fête de la Nation. Et, comme la voie était ainsi frayée à la liberté, cette fête devenait, du même coup, celle de tous les hommes libres. Or, si jamais notre patrie ne s'est vue réduite à une extrémité pareille à celle d'aujourd'hui, jamais non plus le monde n'a plus cruellement mesuré ce que lui coûte le malheur de notre pays. Tant il est vrai que, dans l'ombre comme dans la lumière, le monde ne se passe pas de la France.On discute des causes du désastre provisoire de la France et des revers momentanés des nations libres. La seule cause qu'il importe, en ce moment, de reconnaître et d'abolir est celle qui obstrue la route de la victoire. Qui peut douter que cette cause ait été la désunion? En France, ce sont les discordes qui ont énervé notre force et permis à la trahison de dissimuler son visage. De même, c'est la dispersion des efforts des démocraties qui fut le meilleur atout de la stratégie de l'Axe. Pour les Français, il n'y a donc pas de devoir plus sacré que l'union contre l'ennemi et contre les traîtres. Rien ne vaut et rien ne compte que ce qui peut nous rassembler dans le combat pour la vie. Au milieu de la tempête, seuls sont tolérables à bord ceux qui s'unissent pour sauver le navire, quand il est au point de sombrer. Dans le camp de la liberté, tout doit s'effacer devant la nécessité d'établir et de renforcer le front commun contre l'ennemi et contre ceux qUi aident l'ennemi.
C'est par-là que la manifestation d'union nationale, organisée par « France For Ever», revêt le caractère qu'elle doit avoir. Tout d'abord, votre réunion appelle à l'action concentrée dans la guerre de libération ceux des Français qui sont libres sur le libre sol des États-Unis. Ensuite, votre réunion ne célèbre pas seulement l'amitié franco-américaine, mais aussi la coopération confiante et résolue que l'Amérique et la France Combattante viennent d'organiser entre elles pour l'effort commun dans une guerre sans exemple.
Et c'est pourquoi, aucune présence ne pouvait honorer davantage la réunion de « France For Ever» ni revêtir une signification plus haute que la présence parmi vous du glorieux Général Pershing. Grand homme qui fut témoin de l'union sacrée des Français autour de Poincaré et de Clemenceau. Grand soldat qui voulut et sut faire avec Foch et avec Haig le front unique des Alliés dans la bataille de France. Grand chef qui demeure le symbole et l'inspiration de l'action solidaire des Alliés dans le combat pour la liberté.
Les Français n'ont qu'un drapeau, le drapeau du 14 juillet. Qu'ils se rassemblent pour son triomphe! Les démocraties ont un seul idéal, celui des quatre libertés humaines.
Qu'elles s'unissent pour sa victoire!
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