« Nos recommandations sont fermes sur les principes mais il faut maintenant que le ministère de l'économie règle les détails, affine ses évaluations. Il y a encore des mois de travail.» confiait l'ancien Premier ministre socialiste à un journaliste du Monde venu comme AWI s’enquérir de la teneur de son rapport ayant trait à la création de la taxe carbone en 2010.

Il est vrai que la notion de taxe qui se traduit par un alourdissement des prélèvements obligatoires pour les ménages et les entreprises est l’exemple même de ce qui peut contrarier certains politiques voire nuire aux bonnes intentions affichées des Français en matière de développement durable.

D’autant qu’à l’heure où le climat économique et social reste sous tension, toute pression fiscale supplémentaire fût elle écologiquement « justifiée », est davantage de nature à susciter des craintes et donc de nature à renforcer l’attentisme des consommateurs.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder dans le rétroviseur.

Le secteur de l’automobile considéré comme l’un des fauteurs de troubles sur le plan climatique s’est vu, un temps, menacé de surtaxes. Toutefois, dans leur sagesse, les législateurs ont préféré opter pour la carotte plutôt que le bâton en stimulant les conduites éco-citoyennes.
Et c’est là qu’on a sorti la prime à la casse.
Car que ce serait-il passé si une taxe était venue se frotter à la carrosserie ?

Qui peut nier que l’extension de la prime à la casse dans de nombreux pays européens a permis d’éviter aux constructeurs automobile l’asphyxie et à bon nombre d’automobilistes de reprendre le chemin des concessions ?

Vraie bonne idée ou fausse bonne idée, la taxe carbone, saluée par le leader d'Europe-Ecologie, Daniel Cohn-Bendit comme une « mesure révolutionnaire » demandera encore du temps et beaucoup de réflexion, même si elle semble désormais sur les rails.

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