La finance islamique près de chez vous
Par Patrice Remy le jeudi 1 octobre 2009, 11:59 - Société - Lien permanent
La finance islamique vient de faire ses premiers pas en France. Le sujet agite d'ailleurs l'Assemblée Nationale Depuis lundi, cette finance dit "Halal", qui est fondée sur le respect des principes du Coran, est effectivement présente en France. C'est le Crédit Agricole qui propose une SICAV qui est conforme à la Charia. Elle est de droit luxembourgeois, mais elle est enregistrée et disponible en France. Alors, vous l'avez souligné, le PS, lui a déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel, mais on peut quand même dire que la finance islamique vient de poser ses premiers jalons dans l'hexagone.
Mais, clairement, cela veut dire quoi ?
C'est un concept récent. Il date des années 70 seulement. Il est né dans le Golfe et veut réconcilier les logiques matérielles et spirituelles. Concrètement, dans ces banques, les métiers de l'armement, de l'alcool, de la pornographie, du jeu, de l'élevage ou du traitement du porc n'ont pas droit de séjour. Il faut savoir que ce type de prévention n'est pas exceptionnel. En revanche - et c'est cela le plus important - la finance islamique interdit d'exiger des intérêts, quand on prête de l'argent. Et puis, la spéculation y est bannie. Oui, mais enfin, c'est le travail des banques. Comment font-elles pour lever des fonds et prêter de l'argent ?
Pour cela, elles ont deux outils : le Mudarabah et le Sukuk. Je vais vous donner un exemple, à travers un prêt immobilier. Classiquement, une banque prête. Avec l'argent, vous achetez un appartement et puis, pendant 20 ans, vous remboursez. Si cela va mal, la banque, qui reste propriétaire jusqu'à la dernière traite, peut saisir et vendre le bien.
Avec le Mudarabah, c'est la banque qui achète et qui, ensuite, vous loue le bien. Et, à la signature, vous avez fixé le montant des mensualités et vous êtes propriétaire simplement à la fin du contrat. Mais si cela va mal, on décale le terme de ce contrat.
Et puis, pour les entreprises, la banque ne prend pas non plus d'intérêt mais partage, avec son client, un pourcentage, des profits et des pertes. Du coup, le banquier devient un véritable partenaire.
Le Sukuk est un tout petit peu plus technique, mais c'est un outil qui, lui aussi, évite les intérêts d'emprunt pour les obligations qui servent à financer les entreprises.
Doit-on s'attendre à un boum des banques islamiques ?
Dès 2010, la Qatar Islamic Bank devrait installer ses premiers guichets en France. Mais, par ailleurs, les banques françaises ne resteront pas à l'écart de ce dossier. Elles savent qu'en Grande-Bretagne, 4 banques anglaises prospèrent déjà sur ce créneau. Et elles ne veulent surtout pas rater la centaine de milliards de dollars en provenance des pays du Golfe que la Place de Paris pourrait, théoriquement, capter.
Et en ces temps d'incertitude, peut-on dire que la finance islamique est plus sûre que la finance traditionnelle ?
Non. Elle n'est pas immunisée contre les pépins, elle non plus. Ces banques islamiques ont perdu beaucoup d'argent, durant la crise. Et puis, les interprétations de la Charia, qui sont à géométrie variable, posent des problèmes de normes comptables et de sécurisation des produits financiers. Le Mudarabah et le Sukuk, c'est intéressant, mais ce n'est pas la panacée !
Source: La chronique de Christian Menanteau RTL
C'est un concept récent. Il date des années 70 seulement. Il est né dans le Golfe et veut réconcilier les logiques matérielles et spirituelles. Concrètement, dans ces banques, les métiers de l'armement, de l'alcool, de la pornographie, du jeu, de l'élevage ou du traitement du porc n'ont pas droit de séjour. Il faut savoir que ce type de prévention n'est pas exceptionnel. En revanche - et c'est cela le plus important - la finance islamique interdit d'exiger des intérêts, quand on prête de l'argent. Et puis, la spéculation y est bannie. Oui, mais enfin, c'est le travail des banques. Comment font-elles pour lever des fonds et prêter de l'argent ?
Pour cela, elles ont deux outils : le Mudarabah et le Sukuk. Je vais vous donner un exemple, à travers un prêt immobilier. Classiquement, une banque prête. Avec l'argent, vous achetez un appartement et puis, pendant 20 ans, vous remboursez. Si cela va mal, la banque, qui reste propriétaire jusqu'à la dernière traite, peut saisir et vendre le bien.
Avec le Mudarabah, c'est la banque qui achète et qui, ensuite, vous loue le bien. Et, à la signature, vous avez fixé le montant des mensualités et vous êtes propriétaire simplement à la fin du contrat. Mais si cela va mal, on décale le terme de ce contrat.
Et puis, pour les entreprises, la banque ne prend pas non plus d'intérêt mais partage, avec son client, un pourcentage, des profits et des pertes. Du coup, le banquier devient un véritable partenaire.
Le Sukuk est un tout petit peu plus technique, mais c'est un outil qui, lui aussi, évite les intérêts d'emprunt pour les obligations qui servent à financer les entreprises.
Doit-on s'attendre à un boum des banques islamiques ?
Dès 2010, la Qatar Islamic Bank devrait installer ses premiers guichets en France. Mais, par ailleurs, les banques françaises ne resteront pas à l'écart de ce dossier. Elles savent qu'en Grande-Bretagne, 4 banques anglaises prospèrent déjà sur ce créneau. Et elles ne veulent surtout pas rater la centaine de milliards de dollars en provenance des pays du Golfe que la Place de Paris pourrait, théoriquement, capter.
Et en ces temps d'incertitude, peut-on dire que la finance islamique est plus sûre que la finance traditionnelle ?
Non. Elle n'est pas immunisée contre les pépins, elle non plus. Ces banques islamiques ont perdu beaucoup d'argent, durant la crise. Et puis, les interprétations de la Charia, qui sont à géométrie variable, posent des problèmes de normes comptables et de sécurisation des produits financiers. Le Mudarabah et le Sukuk, c'est intéressant, mais ce n'est pas la panacée !
Source: La chronique de Christian Menanteau RTL
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Commentaires
la finance islamique ne finance pas l'armement, soit. Mais les pays du golfe achètent leur armement avec quoi, des billets de monopoly ?
Quelle bande de de faux culs
La finance conventionnelle ne finance pas les tortures à guantanoma, soit. Mais les pays occidentaux payent leurs tortionnaires avec quoi, des billets de monopoly?
L'argument n'a pas vraiment de sens, c'est comme un employeur il va payé son employé pour un travail qui est honnete après si ce dernier utilise cet argent pour faire du tourisme sexuel en thailande ce n'est pas de ça faute quand meme.
Très bonne explication, très claire, qui montre bien que nous sommes ici en présence d'un problème technique, plus que religieux. Les problèmes dont sont accusées les banques islamiques, de manque de transparence comptable sont, je pense, surtout liées à la jeunesse de ce type de finance, et au manque de personnel qualifié.