Mais la grande surprise vient des partis d’« extrême droite » : si l’UDC (dont on connaît la campagne anti-minarets) ne perce pas à Genève et n’obtient que 10 sièges, c’est parce que leurs électeurs ont préféré le MCG (Mouvement des Citoyens Genevois) qui est une dissidence de l’UDC. Le MCG obtient 17 sièges, sur des thèmes eux aussi qualifiés de « xénophobes », en particulier la préférence d’embauche des Suisses au lieu des « frontaliers ». Ainsi, UDC et MCG obtiennent 27 sièges à eux deux, sur des thèmes similaires (insécurité, immigration, etc.)

On constate donc que la droite classique conserve une majorité… toute relative (43 sièges), et ne pourra pas gouverner sans l’aide des partis « populistes » qui représente désormais un électeur sur quatre, tandis que la gauche, PS et Verts, n’obtient que 32% des sièges.

Comme ailleurs en Europe, on observe donc la percée à la fois de l’extrême droite et des écologistes… au détriment du clivage traditionnel droite-gauche.

Et si en France l’extrême droite a été laminée par Nicolas Sarkozy, rien ne dit que les déçus de droite du sarkozysme ne reviennent vers des tentations extrêmes, surtout quand Marine Le Pen aura évincé son père qui a plombé le F.N. par de multiples casseroles.

Il faudra aussi surveiller les Identitaires, dont certes la stratégie n’est pas principalement électorale, mais qui intéresse de plus en plus d’anciens frontistes, comme Jacques Bompard, maire MPF d’Orange qui crée pour les prochaine régionales en PACA une « Ligue du Sud » plus ou moins soutenue par les Identitaires locaux.

Djamila GERARD