Discours de Gaulle, octobre 1942
Par Eric de Roche le Jeudi 15 Octobre 2009, 08:09 - Culture - Lien permanent
11 Octobre 1942: Victoire navale américaine dans le Pacifique, à Guadalcanal.
23 Octobre 1942: Sur le front d'El-Alamein, le Général Montgomery déclenche une offensive, à laquelle participent la Ire et la 2e Divisions Légères de la France Combattante.
30 Octobre 1942: Le Général de Gaulle nomme le Général Delestraint au commandement de l'Armée Secrète constituée par la fusion des groupes militaires de plusieurs mouvements de Résistance de la zone Nord.
Discours prononcé à la radio de Londres le 20 Octobre 1942
Pour paralyser la France dans le combat qu'elle mène pour sa grandeur et pour sa vie, la trahison, c'est-à-dire Vichy, redouble en ce moment d'ardeur. Pour arracher à la France du travail, des matières premières, des victi mes, afin de les fournir au Reich, la trahison, c'est-à-dire Vichy, se hâte et se multiplie. Le « Père la Défaite» a très exactement défini le caractère de ces opérations : « Il s'agit, a-t-il dit, de défendre la France contre elle-même. »
Toutefois, comme la France préfère se défendre contre l'ennemi et que, d'ailleurs, elle sent dans le fébrile acharnement des traîtres quelque chose de désespéré, elle passe à la résistance générale.
Dans cette guerre totale, la volonté d'une grande nation, fût-elle pour l'instant enchaînée, est une force énorme qui peut devenir décisive, surtout quand c'est la volonté de la France. Or, la conduite de la nation française dans l'affaire des 133 000 ouvriers spécialistes récla més par M. Hitler prouve au monde tout entier que notre peuple est engagé dans le combat actuellement le plus nécessaire, je veux dire dans la révolte contre les chefs de trahison.
Oui ! C'est le combat le plus nécessaire et aussi le plus efficace dans les circonstances d'aujourd'hui (1), en attendant qu'il soit possible d'abattre l'ennemi directement. Ce combat dispute à Hitler l'appoint de main-d'œuvre qualifiée qui lui est indispensable pour fabri quer le matériel de ses dernières armées. Ce combat reclasse la France à son rang parmi les nations en guerre contre l'abominable Allemagne, l'insolente Italie et le Japon barbare. Ce combat est un appel pressant jeté par la douleur et l'amitié de la France à la stratégie alliée. Ce combat permet à la France, en se voyant telle qu'elle est, massive et rassemblée, de se réconforter elle-même d'une espèce de confiance profonde et d'une sorte de terrible joie.
Ainsi, tandis que le courage prodigué-par nos combattants sur tous les champs de bataille de la terre, les coups qu'ils portent, le sang qu'ils répandent, ramènent dans la nation entière l'espérance et la fierté, réciproquement le redressement éclatant de la patrie transporte nos soldats d'une ardeur multipliée.
Les misérables qui s'imaginent pouvoir séparer moralement la nation de ses défenseurs, les malheureux qui se figurent être en mesure de jouer quelque jeu personnel à part du jeu de la nation, les naïfs qui, voyant la mer monter sur les diverses plages françaises, se refusent à comprendre qu'il n'y a qu'une seule marée, en seront pour leur honte et pour leur erreur. Ce qui est indivisible ne sera pas divisé.
Hardi ! soldats français en Orient, en Mrique ou dans le Pacifique, marins français sur toutes les mers, aviateurs dans tous les ciels ! Hardi ! ouvriers, paysans, bourgeois, prêtres français qui souffrez et luttez sur chaque arpent de la patrie. Hardi ! groupements, de résistance qui avez mission d'organiser et de conduire les masses françaises dans la grande bataille de l'insurrection nationale. Tous, nous marchons au même combat, du même pas, derrière le même drapeau, comme un jour, je vous le promets, nous nous confondrons tous ensemble dans la même foule immense et fraternelle de la Victoire.
(1) Le 1er septembre 1942, l'Allemagne a menacé le Gouvernement de Vichy de rendre exécutoire en France une ordonnance applicable à tous les pays qu'elle occupe et y instituant le travail forcé. Le 4 septembre 1942, Vichy promulgue une loi reprenant les principales dispositions de cette ordonnance et rendant mobilisables pour un travail forcé tous les hommes de 18 à 50 ans et les femmes célibataires de 2I à 35 ans.
Mais la mise en œuvre de ces mesures se heurte à une résistance, générale.
20 Octobre 1942:
L'ennemi et Vichy accentuent leur pression sur les ouvriers français pour les amener à aller travailler en Allemagne.Pour paralyser la France dans le combat qu'elle mène pour sa grandeur et pour sa vie, la trahison, c'est-à-dire Vichy, redouble en ce moment d'ardeur. Pour arracher à la France du travail, des matières premières, des victi mes, afin de les fournir au Reich, la trahison, c'est-à-dire Vichy, se hâte et se multiplie. Le « Père la Défaite» a très exactement défini le caractère de ces opérations : « Il s'agit, a-t-il dit, de défendre la France contre elle-même. »
Toutefois, comme la France préfère se défendre contre l'ennemi et que, d'ailleurs, elle sent dans le fébrile acharnement des traîtres quelque chose de désespéré, elle passe à la résistance générale.
Dans cette guerre totale, la volonté d'une grande nation, fût-elle pour l'instant enchaînée, est une force énorme qui peut devenir décisive, surtout quand c'est la volonté de la France. Or, la conduite de la nation française dans l'affaire des 133 000 ouvriers spécialistes récla més par M. Hitler prouve au monde tout entier que notre peuple est engagé dans le combat actuellement le plus nécessaire, je veux dire dans la révolte contre les chefs de trahison.
Oui ! C'est le combat le plus nécessaire et aussi le plus efficace dans les circonstances d'aujourd'hui (1), en attendant qu'il soit possible d'abattre l'ennemi directement. Ce combat dispute à Hitler l'appoint de main-d'œuvre qualifiée qui lui est indispensable pour fabri quer le matériel de ses dernières armées. Ce combat reclasse la France à son rang parmi les nations en guerre contre l'abominable Allemagne, l'insolente Italie et le Japon barbare. Ce combat est un appel pressant jeté par la douleur et l'amitié de la France à la stratégie alliée. Ce combat permet à la France, en se voyant telle qu'elle est, massive et rassemblée, de se réconforter elle-même d'une espèce de confiance profonde et d'une sorte de terrible joie.
Ainsi, tandis que le courage prodigué-par nos combattants sur tous les champs de bataille de la terre, les coups qu'ils portent, le sang qu'ils répandent, ramènent dans la nation entière l'espérance et la fierté, réciproquement le redressement éclatant de la patrie transporte nos soldats d'une ardeur multipliée.
Les misérables qui s'imaginent pouvoir séparer moralement la nation de ses défenseurs, les malheureux qui se figurent être en mesure de jouer quelque jeu personnel à part du jeu de la nation, les naïfs qui, voyant la mer monter sur les diverses plages françaises, se refusent à comprendre qu'il n'y a qu'une seule marée, en seront pour leur honte et pour leur erreur. Ce qui est indivisible ne sera pas divisé.
Hardi ! soldats français en Orient, en Mrique ou dans le Pacifique, marins français sur toutes les mers, aviateurs dans tous les ciels ! Hardi ! ouvriers, paysans, bourgeois, prêtres français qui souffrez et luttez sur chaque arpent de la patrie. Hardi ! groupements, de résistance qui avez mission d'organiser et de conduire les masses françaises dans la grande bataille de l'insurrection nationale. Tous, nous marchons au même combat, du même pas, derrière le même drapeau, comme un jour, je vous le promets, nous nous confondrons tous ensemble dans la même foule immense et fraternelle de la Victoire.
(1) Le 1er septembre 1942, l'Allemagne a menacé le Gouvernement de Vichy de rendre exécutoire en France une ordonnance applicable à tous les pays qu'elle occupe et y instituant le travail forcé. Le 4 septembre 1942, Vichy promulgue une loi reprenant les principales dispositions de cette ordonnance et rendant mobilisables pour un travail forcé tous les hommes de 18 à 50 ans et les femmes célibataires de 2I à 35 ans.
Mais la mise en œuvre de ces mesures se heurte à une résistance, générale.



