Sylvain Gouguenheim: « Regards sur le Moyen Âge »
Par Jean Héron le mercredi 9 décembre 2009, 08:14 - Entrevue - Lien permanent
Medias Libres: Sylvain Gouguenheim, nous avions eu l’occasion de présenter l’incroyable réaction qu’avait suscité votre « Aristote au Mont-Saint-Michel ».
Avant que de parler de votre nouveau livre, pouvez-vous tout d’abord nous dire où vous en êtes ? Et que pensez-vous des livres sortis contre vous aux Presses du Septentrion (dir. Max Lejbowciz) et chez Fayard (dir. Irène Rosier-Catach, Marwan Rashed, Alain de Libera et Philippe Büttgen) ?
Sylvain Gouguenheim: Ces livres sont surréalistes. Il y a dans la plupart des contributions un déchaînement haineux ou méprisant qui m'aurait valu, si je m'y étais livré, des ennuis auxquels je n'ose pas songer. Mais eux osent tout ... Comme le dit Sophocle dans Antigone, « la tyrannie a cette chance de faire et de dire ce qu'elle veut ».
On sent qu'ils savent bénéficier d'un entier sentiment d'impunité. Certaines choses sont ahurissantes ou grotesques: Max Lejbowicz qui prétend introduire de la rationalité dans le débat scientifique est, depuis 30 ans, le héraut de l'astrologie « conditionnelle »: selon lui, la physique permet de démonter l'exactitude de l'astrologie. On trouve aisément des extraits de son « livre » sur le net où il explique la carrière de Gabin par l'astrologie. Tant de sottise fait peur. Dans le livre de chez Fayard le jargon et les approximations se font concurrence.
Les illogismes aussi: un auteur m'accuse tout au long de son article d'antisémitisme (ce n'était pas vraiment le sujet de mon livre!) parce que je ne parle pas des juifs; un autre article me lance la même accusation parce que... je signale que certains savants ou lettrés étaient des juifs: il faudrait qu'ils accordent leurs violons...
Sinon je suis ostracisé dans mon milieu: des pressions m'ont empêché de parler dans un colloque en France organisé par la société des historiens médiévistes, je suis exclu des jurys de thèse qui concernent mon sujet de prédilection (les Teutoniques), écarté des laboratoires de recherche. Cela rappelle la Sorbonne dénoncée avec humour par Rabelais... Si on juge un homme à la valeur de ses ennemis, je ne vaux pas grand chose...
Heureusement à l'étranger l'accueil est totalement différent: les critiques sont rationnelles et constructives, les approbations fréquentes. J'ai ainsi eu l'honneur d'un soutien unanime de la presse et du monde universitaire grecs, toutes tendances politiques confondues ! Et des chercheurs grecs, belges et allemands m'ont spontanément fourni de précieux renseignements supplémentaires allant dans le sens de mon livre !
Parlons de quelque chose de plus agréable: vous venez de publier 40 « Regards sur le Moyen Âge » aux éditions Tallandier, chez qui vous aviez déjà écrit « les Chevaliers teutoniques ». Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les origines et le contenu de ce livre ?
S.G: A l'origine je devais participer à un recueil collectif chez un autre éditeur où j'étais chargé de la partie médiévale. On m'a prié, à la suite de « l'affaire Aristote », de ne plus faire partie de l'équipe. Je suis donc allé voir Tallandier avec cinq textes sous le bras. Après discussion, nous avons eu l'idée de proposer au grand public, amateurs d'histoire, étudiants, collègues du secondaire, une sorte d'introduction au Moyen Âge, sous la forme de chapitres courts (pas plus de 10 pages), écrits le plus clairement possible, et s'efforçant de fournir l'état actuel des connaissances. Une bibliographie volontairement réduite donne les clés pour aller plus loin. Nous n'avons mis que très peu de notes, uniquement pour fournir des explications techniques. La posologie idéale est d'un à deux chapitres par soir!..
Comment avez-vous choisi ces thèmes ?
S.G: Tout s'est réalisé en étroite concertation avec l'éditeur. Nous étions d'abord partis sur une base de 50 dossiers mais cela s'est avéré trop long. Nous voulions un ouvrage maniable, qui ne dépasse pas 400 pages. Aussi la liste a t-elle été réduite à 40 chapitres, regroupés en cinq thèmes principaux: la guerre et la paix, le pouvoir, la foi et la culture, le travail, les mythes et la mémoire. Nous avons voulu parcourir l'ensemble de la période médiévale, de Clovis à Jeanne d'Arc, sans oublier le monde orthodoxe et en particulier l'empire byzantin. La liste a plusieurs fois été remaniée, en fonction de l'intérêt supposé des sujets pour le public, de la difficulté présentée par certains...
Sur quels critères avez-vous choisi les chapitres ?
S.G: Il y en avait deux. D'une part présenter au lecteur ce que, sans doute, il attendait: les thèmes et les figures « classiques » du Moyen Âge, en nous appuyant sur ce que l'on apprenait jadis à l'école ou au collège. D'autre part aborder des sujets un peu moins connus. Voisinent ainsi avec les serfs, les châteaux, Saint Louis, la chevalerie, les Vikings ou les pèlerinages à Jérusalem, des textes sur la forêt (les défricheurs de Brocéliande), la naissance des Habsbourgs, « l'empire normand » qui allait de Londres à Antioche et de Rouen à Palerme, la guerre dans le monde byzantin, les mappemondes médiévales ou encore « l'invention de la Bible ». Certains chapitres relèvent enfin d'une situation intermédiaire: tout le monde connaît les cathédrales gothiques, merveille de notre civilisation, on sait moins – en dehors des spécialistes qui ont enquêté sur ce point – à quel point elles n'auraient pas vu le jour sans une importante métallurgie du fer et sans les armatures de fer qui viennent les soutenir.
Charlemagne est ultra célèbre, mais les usages légendaires que l'on a fait de sa personne au cours des siècles, révèlent une autre dimension de la culture et de la politique médiévales; enfin on a une image déformée du « Drang nach Osten » allemand... Grâce aux travaux de grands historiens comme Robert Folz ou Charles Higounet, de tels sujets peuvent être offerts au public.
Tout cela est passionnant. Mais, alors, de quels chapitres avons-nous été privés? Qu'avez-vous « censuré »?
S.G: Nous avons écarté des sujets auxquels nous avions songé dans un premier temps, la plupart du temps parce qu'ils semblaient – à tort ou à raison – trop techniques, trop difficiles à synthétiser en 8 à 10 pages, voire trop « exotiques ». Par exemple, la réforme grégorienne, les affrontements entre les papes et les empereurs, la naissance et l'essor des Universités – cette grande originalité de l'Europe latine –, les villages et le travail de la terre (défrichements, progrès de l'outillage), les principautés russes: tout cela ne fait finalement pas partie de ce livre. C'est dommage; mais si ces thèmes figuraient, d'autres auraient disparu, ce qui aurait suscité la même question de votre part!
On remarque aussi la présence de vignettes, d'enluminures reproduites au début de chaque chapitre. Vous flirtez avec la bande dessinée ?
S.G: Il ne s'agit pas de photocopies mais de dessins réalisés à partir d'enluminures, de sceaux, voire de sculptures du Moyen Âge. Ces quarante vignettes ont été réalisées par une dessinatrice de talent. Elles contribuent à introduire le lecteur dans l'univers médiéval, qui était un monde d'images. Chacune a été choisie en fonction du chapitre à illustrer et je suis très heureux de l'association ainsi réalisée.
Avez-vous d'autres projets? On voit sur le net que vous préparez un livre « sur l'invention de la laïcité ». Vraiment ? Allez-vous devenir un contemporanéiste ?
Non chacun doit rester dans son domaine chronologique. Il y a des historiens qui prétendent faire à la fois de la médiévale et de la contemporaine.... les résultats sont peu heureux. En fait, je termine un livre assez court sur la réforme grégorienne et la querelle des investitures, à la demande d'un éditeur (les éditions Temps présent), en espérant qu'il paraîtra à temps pour être utile aux étudiants qui préparent les concours du CAPES et de l'agrégation. Le titre présenté sur le net ne correspond pas à celui de l'ouvrage!
Merci pour cet entretien, Monsieur Gouguenheim, et bon courage dans ce « monde universitaire français » visiblement plus politisé que scientifique.
Les illogismes aussi: un auteur m'accuse tout au long de son article d'antisémitisme (ce n'était pas vraiment le sujet de mon livre!) parce que je ne parle pas des juifs; un autre article me lance la même accusation parce que... je signale que certains savants ou lettrés étaient des juifs: il faudrait qu'ils accordent leurs violons...
Sinon je suis ostracisé dans mon milieu: des pressions m'ont empêché de parler dans un colloque en France organisé par la société des historiens médiévistes, je suis exclu des jurys de thèse qui concernent mon sujet de prédilection (les Teutoniques), écarté des laboratoires de recherche. Cela rappelle la Sorbonne dénoncée avec humour par Rabelais... Si on juge un homme à la valeur de ses ennemis, je ne vaux pas grand chose...
Heureusement à l'étranger l'accueil est totalement différent: les critiques sont rationnelles et constructives, les approbations fréquentes. J'ai ainsi eu l'honneur d'un soutien unanime de la presse et du monde universitaire grecs, toutes tendances politiques confondues ! Et des chercheurs grecs, belges et allemands m'ont spontanément fourni de précieux renseignements supplémentaires allant dans le sens de mon livre !
Parlons de quelque chose de plus agréable: vous venez de publier 40 « Regards sur le Moyen Âge » aux éditions Tallandier, chez qui vous aviez déjà écrit « les Chevaliers teutoniques ». Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les origines et le contenu de ce livre ?
S.G: A l'origine je devais participer à un recueil collectif chez un autre éditeur où j'étais chargé de la partie médiévale. On m'a prié, à la suite de « l'affaire Aristote », de ne plus faire partie de l'équipe. Je suis donc allé voir Tallandier avec cinq textes sous le bras. Après discussion, nous avons eu l'idée de proposer au grand public, amateurs d'histoire, étudiants, collègues du secondaire, une sorte d'introduction au Moyen Âge, sous la forme de chapitres courts (pas plus de 10 pages), écrits le plus clairement possible, et s'efforçant de fournir l'état actuel des connaissances. Une bibliographie volontairement réduite donne les clés pour aller plus loin. Nous n'avons mis que très peu de notes, uniquement pour fournir des explications techniques. La posologie idéale est d'un à deux chapitres par soir!..
Comment avez-vous choisi ces thèmes ?
S.G: Tout s'est réalisé en étroite concertation avec l'éditeur. Nous étions d'abord partis sur une base de 50 dossiers mais cela s'est avéré trop long. Nous voulions un ouvrage maniable, qui ne dépasse pas 400 pages. Aussi la liste a t-elle été réduite à 40 chapitres, regroupés en cinq thèmes principaux: la guerre et la paix, le pouvoir, la foi et la culture, le travail, les mythes et la mémoire. Nous avons voulu parcourir l'ensemble de la période médiévale, de Clovis à Jeanne d'Arc, sans oublier le monde orthodoxe et en particulier l'empire byzantin. La liste a plusieurs fois été remaniée, en fonction de l'intérêt supposé des sujets pour le public, de la difficulté présentée par certains...
Sur quels critères avez-vous choisi les chapitres ?
S.G: Il y en avait deux. D'une part présenter au lecteur ce que, sans doute, il attendait: les thèmes et les figures « classiques » du Moyen Âge, en nous appuyant sur ce que l'on apprenait jadis à l'école ou au collège. D'autre part aborder des sujets un peu moins connus. Voisinent ainsi avec les serfs, les châteaux, Saint Louis, la chevalerie, les Vikings ou les pèlerinages à Jérusalem, des textes sur la forêt (les défricheurs de Brocéliande), la naissance des Habsbourgs, « l'empire normand » qui allait de Londres à Antioche et de Rouen à Palerme, la guerre dans le monde byzantin, les mappemondes médiévales ou encore « l'invention de la Bible ». Certains chapitres relèvent enfin d'une situation intermédiaire: tout le monde connaît les cathédrales gothiques, merveille de notre civilisation, on sait moins – en dehors des spécialistes qui ont enquêté sur ce point – à quel point elles n'auraient pas vu le jour sans une importante métallurgie du fer et sans les armatures de fer qui viennent les soutenir.
Charlemagne est ultra célèbre, mais les usages légendaires que l'on a fait de sa personne au cours des siècles, révèlent une autre dimension de la culture et de la politique médiévales; enfin on a une image déformée du « Drang nach Osten » allemand... Grâce aux travaux de grands historiens comme Robert Folz ou Charles Higounet, de tels sujets peuvent être offerts au public.
Tout cela est passionnant. Mais, alors, de quels chapitres avons-nous été privés? Qu'avez-vous « censuré »?
S.G: Nous avons écarté des sujets auxquels nous avions songé dans un premier temps, la plupart du temps parce qu'ils semblaient – à tort ou à raison – trop techniques, trop difficiles à synthétiser en 8 à 10 pages, voire trop « exotiques ». Par exemple, la réforme grégorienne, les affrontements entre les papes et les empereurs, la naissance et l'essor des Universités – cette grande originalité de l'Europe latine –, les villages et le travail de la terre (défrichements, progrès de l'outillage), les principautés russes: tout cela ne fait finalement pas partie de ce livre. C'est dommage; mais si ces thèmes figuraient, d'autres auraient disparu, ce qui aurait suscité la même question de votre part!
On remarque aussi la présence de vignettes, d'enluminures reproduites au début de chaque chapitre. Vous flirtez avec la bande dessinée ?
S.G: Il ne s'agit pas de photocopies mais de dessins réalisés à partir d'enluminures, de sceaux, voire de sculptures du Moyen Âge. Ces quarante vignettes ont été réalisées par une dessinatrice de talent. Elles contribuent à introduire le lecteur dans l'univers médiéval, qui était un monde d'images. Chacune a été choisie en fonction du chapitre à illustrer et je suis très heureux de l'association ainsi réalisée.
Avez-vous d'autres projets? On voit sur le net que vous préparez un livre « sur l'invention de la laïcité ». Vraiment ? Allez-vous devenir un contemporanéiste ?
Non chacun doit rester dans son domaine chronologique. Il y a des historiens qui prétendent faire à la fois de la médiévale et de la contemporaine.... les résultats sont peu heureux. En fait, je termine un livre assez court sur la réforme grégorienne et la querelle des investitures, à la demande d'un éditeur (les éditions Temps présent), en espérant qu'il paraîtra à temps pour être utile aux étudiants qui préparent les concours du CAPES et de l'agrégation. Le titre présenté sur le net ne correspond pas à celui de l'ouvrage!
Merci pour cet entretien, Monsieur Gouguenheim, et bon courage dans ce « monde universitaire français » visiblement plus politisé que scientifique.




Commentaires
Un petit commentaire partant d'un extrait de cet entretien : à l'étranger, "les critiques sont rationnelles et constructives, les approbations fréquentes" affirme l'auteur. Un mauvais esprit pourrait penser qu'à ses yeux, seules les approbations apparaissent rationnelles et constructives... Mais ce serait faire un procès d'intention comme il en est fait ici.
Plus intéressante est la position victimaire adoptée par Gouguenheim. Car, à la vérité, il refuse de débattre. Un seul exemple, non démenti : La Fabrique de l'Histoire a consacré une émission à son ouvrage. Le producteur a indiqué que G. avait décliné l'invitation, ce qu'il regrettait. Il a même généralisé le refus en considérant que Gougenheim ne souhaitait pas débattre.
On attend avec intérêt les informations amenées par des chercheurs étrangers. En attendant, on se contentera de lire le compte rendu de l'ouvrage par le révérend-père Bataillon, dressant une accablante liste d'erreurs factuelles qui invalident, par avance, tous les raisonnements tenus.
Il n'est en effet pas possible de considérer valable une opinion (quelle qu'elle soit) qui repose sur des inexactitudes.
Sylvain Gouguenheim me présente comme l’auteur d’une « Astrologie conditionnelle ». Il aurait pu me présenter comme le responsable des volumes « Les relations culturelles entre chrétiens et musulmans au Moyen Âge » (contributeurs : Rémi Brague, Emilio Platti, Jean Jolivet, Roger Arnaldez, Khattar Abou Diab, Pascal Le Pautremat, sous la présidence d’Alain Besançon) et « Une conquête des savoirs. Les traductions dans l’Europe latine (fin du XIe siècle – milieu du XIIIe siècle » (contributeurs : Monique Bourin, Philippe Haugeard, Alexander Fidora, Jacques Verger, Jean Jolivet, Jean Celeyrette, Tony Lévy sous la présidence de Pierre Riché et Françoise Gaspari) parus chez un éditeur spécialisé dans le Moyen Âge, les éditions Brepols, successivement en 2005 et 2009.
Il aurait pu aussi dire que j’ai soutenu ma thèse en 2002, à l’université Charles-de-Gaulle Lille III, « L’historien, son siècle et sa recherche. Recherches sur l’acculturation des enseignants médiévaux (Xe-XIIIe siècles) » ; composition du jury : Jean Celeyrette (directeur de thèse), Jean Jolivet, Zénon Kaluza et Edmond Mazet ; j’ai obtenu la mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité – ce qui, selon les mœurs universitaires est la mention la plus haute.
Je suis sûr que ces informations intéresseront internautes.
Vous donnez l'exemple de La Fabrique de l'Histoire...
Du coup je me suis renseigné. Or ce que vous dites est très orienté et montre bien quels sont les enjeux cachés de toute cette histoire ...
Il faudrait le demander à intéressé mais malgré plusieurs tribunes dans des grands quotidiens, des pétitions publiques contre lui, puis un colloque spécialement contre lui puis un livre (!!!!) et tout ce qui universitairement a suivit ( bref un lynchage médiatique d'un violence et des procès en inquisition qui furent et restent une honte pour l'Université française et ses apparatchiks) Sylvain Gouguenheim a répondu à de nombreux entretiens de journalistes et il s'est largement expliqué sur le contenu, les critiques et les enjeux des réactions hystériques sur son ouvrage. Le débat existe donc bien. Et cette émission, revenant sur les faits un an après, j'imagine qu'il n'avait peut être pas envie de la faire ...
Surtout que ...
On notera que pour cette "fameuse" émission le responsable de l'émission avait invité : les professeurs André Vauchez, Annelise Nef et Max Lejbowic tous les trois hostiles à S.Gouguenheim. Un débat équilibré ?
En tout cas l'émission a bien eu lieu, sans aucun autre contradicteur : voilà qui rappel bien les bon vieux procédés ... Mais je ne suis pas étonné...
car voici un exemple du contenu des choix éditoriaux du responsable de cette émission, Emmanuel Laurentin, à travers les manifestations qu'il cautionne :
http://europe-mediterranee.blogsthe...
Or, le club Averroès est un machine politique qui ment aux naïfs sur les écrits de celui dont elle porte le nom:
Averroès, ou plutôt Ibn Rushd de son vrai nom, prêcha la guerre sainte contre les chrétiens, à la grande mosquée de Cordoue.
Les livres de philosophie doivent être selon lui, « interdits au commun des hommes par les chefs de la communauté », car les fidèles risqueraient de mal les interpréter. Chaque lecture est interprétée à l’aune du « licite » et de l’« illicite ». Il écrit : « Nous, musulmans, nous savons de science certaine que l’examen par la démonstration n’entraînera nulle contradiction avec les enseignements apportés par le Texte révélé, car la vérité ne peut être contraire à la vérité,mais elle s’accorde avec elle et témoigne en sa faveur. »
Incontestablement, Averroès a tenté d’allier le Coran avec la raison, mais il lui importait surtout de démontrer la supériorité du premier sur la seconde, celle-ci ne pouvant en entamer ni la nature de livre incréé et éternel, ni le contenu, celui de la Vérité suprême. Si l’on se trouvait en présence d’une contradiction philosophique avec le Coran, il estimait qu’il fallait recourir au sens caché du livre sacré : « interpréter le sens obvie » du Coran. C’était déjà trop pour le pouvoir almohade, régnant sur la « tolérante » Espagne arabo-musulmane : s’il y a contradiction, on brûle et on interdit. Averroès fut condamné en 1195. Ses doctrines furent interdites et ses livres brûlés. Le calife Al-Mansur le bannit à Lucène, le lieu d’exil des Juifs, ce que le juge prit, assez peu philosophiquement, pour une terrible humiliation....
A propos de ce qu'il écrit sur le DJIHAD :
LE DJIHAD
1ère partie: Les qualifications légales (hukm) de cette activité et les personnes obligées d’y prendre part
Les savants s’accordent à dire que le djihad est un devoir collectif et non personnel. (…) De l’avis de la majorité des savants, la nature obligatoire du djihad est fondée sur [le verset du Coran 2:216] : «Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable.» (…) L’obligation de participer au djihad s’applique aux hommes adultes libres qui disposent des moyens de partir en guerre et qui sont en bonne santé. (…)
2e partie: L’ennemi
Les savants s’accordent sur le fait que tous les polythéistes doivent être combattus. Cela est fondé sur [le verset du Coran 8:39]: «Et combattez-les jusqu‘à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah.» Toutefois, il a été relaté à Malik qu’il ne serait pas permis d’attaquer les Éthiopiens et les Turcs sur la base de la tradition du prophète: «Laissez les Éthiopiens en paix aussi longtemps qu’ils vous laissent en paix.» Interrogé sur l’authenticité de ce hadith, Malik ne le reconnut pas, mais dit: «Les gens évitent toujours de les attaquer.»
[Ceci constitue bel et bien la totalité du texte définissant l’«ennemi»]
3e partie: Les dommages pouvant être infligés aux différentes catégories d’ennemis
Les dommages infligés à l’ennemi peuvent consister en atteintes à sa propriété, à sa personne ou à ses libertés individuelles, c’est-à-dire sa mise en esclavage et son appropriation. Conformément au consensus (idjma), cela peut être infligé à tous les polythéistes – hommes, femmes, jeunes et vieux, important et communs. Les opinions ne varient qu’en ce qui concerne les moines. (…).
La majorité des savants s’accordent à dire que l’imam (le chef de l’État islamique, le calife) dispose de nombreux possibilités de traiter les captifs. Il peut leur pardonner, les tuer ou les libérer contre rançon ou sous forme de dhimmi, auquel cas le captif libéré est tenu de payer la taxe de capitation (jiziah).
Quelques savants, néanmoins, enseignent que les captifs ne doivent jamais être tués. Selon al-Hasan Ibn Muhammad al-Tamimi, c’était même la le consensus (idjma) de la Sahabah [les contemporains du prophète qui l’ont connu]. Cette controverse est apparue premièrement parce que les versets du Coran sont contradictoires à cet égard; deuxièmement parce que la pratique [du prophète et des premiers califes] était incohérente; et troisièmement parce que l’interprétation évidente du [verset du Coran 47:4] «Lorsque vous rencontrez les incroyants, qu’ils soient massacrés jusqu’à leur domination» est que l’imam n’a que le droit de pardonner aux captifs ou de les libérer, tandis que par ailleurs [le verset du Coran 8:67] «Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers avant d’avoir mis les mécréants hors de combat sur la terre» de même que le contexte de la révélation de ce verset [les captifs de Badr] tendent à prouver qu’il vaut mieux tuer les captifs plutôt que de les mettre en esclavage.
Le prophète lui-même a tué certains captifs hors du champ de bataille, alors qu’il pardonna à d’autres. Il réduisait toujours les femmes en esclavage. Abou Abayd a relaté que le prophète n’avait jamais réduit en esclavage des Arabes de sexe masculin. Après lui, le Sahabah réunit l’unanimité autour de la règle voulant que les Gens du Livre, mâles et femelles, soient réduits en esclavage. Ceux qui soutiennent l’opinion selon laquelle le verset qui interdit l’exécution [47:4] abroge l’exemple donné par le prophète maintiennent que les captifs ne doivent pas être tués, D’autres professent toutefois que ce verset ne concerne pas le massacre de captifs et donc n’avait pas pour intention de limiter le nombre de traitements pouvant être infligés aux captifs. Au contraire, disent-ils, le fait que le prophète ait eu pour habitude de tuer les captifs ajoute une règle au verset [47:4] en question et ainsi annule le cas de la plainte selon laquelle il aurait omis de tuer les captifs de Badr. Ceux-ci, donc, professent que le massacre de captifs est autorisé.
(…)
En ce qui concerne les atteintes portées à la personne, c’est-à-dire le fait de tuer l’ennemi, les Musulmans s’accordent à dire qu’en temps de guerre, tous les mâles adultes valides et incroyants doivent être tués [suit une longue discussion sur la question de savoir qui d’autre peut aussi être tué, dans quels cas et selon quelles autorités basées sur quels actes du prophète, sur quels versets et quelles traditions, puis une autre, sur la question de savoir quels dommages peuvent être infligés à la propriété de l’ennemi, notamment l’incendie de ses arbres].
4e partie: les conditions préalables de la guerre
Selon l’ensemble des savants, la condition pour l’entrée en guerre est que l’ennemi ait entendu les appels à adopter l’Islam. Cela implique qu’il n’est pas autorisé d’attaquer avant que l’appel ne les ait atteints. (…) Cependant, une controverse existe quant à la question de savoir si l’appel doit être répété lorsque la guerre est reprise. Certains soutiennent que cela est obligatoire; d’autres considèrent que c’est seulement recommandé; un troisième groupe estime que ce n’est ni obligatoire, ni recommandé. La source de cette controverse se trouve dans les paroles et les actes du prophète. Selon une tradition faisant autorité, le prophète, en lançant ses armées, disait à leur commandant
«Lorsque tu rencontreras tes ennemis polythéistes, appelle-les à trois choses. Accepte celle à laquelle ils consentiront et ne les attaque pas, alors. Appelle-les d’abord à se convertir à l’Islam. S’ils acceptent, ne les attaque pas. Ensuite, appelle-les à quitter leur territoire pour adopter le foyer des émigrants (muhadjirun) [c’est-à-dire Médine] et dis-leur que s’ils acceptent ils auront les mêmes droits et devoirs que les émigrants. S’ils refusent et qu’ils préfèrent restent sur leurs terres, annonce-leur qu’ils seront comme les Bédouins convertis, qui sont sujets d’Allah comme les autres croyants, mais n’ont pas droit à une part du butin, à moins qu’ils ne rejoignent les Musulmans dans la guerre. S’ils refusent cela, alors appelle-les à payer la taxe de capitation (jiziah). S’ils acceptent cela, consens-y et ne les attaque pas. Mais s’ils refusent, invoque l’aide d’Allah et attaque-les.»
[Abou Daoud ajoute ici, au même paragraphe, dans son Kitab as-sunan, qui servait très probablement de source à Averroès, la chose suivante:
«Si tu assièges les gens d’une forteresse et qu’ils désirent se rendre sans condition (ala hukm Allah), n’y consens pas, mais fais-les se rendre quand tu le jugeras bon et fais d’eux ensuite ce que tu voudras.»]
Malgré cela, il est établi de manière irréfutable que le prophète effectua plusieurs attaques surprises contre l’ennemi, la nuit ou à l’aube. Certains, donc, et ils sont la majorité, affirment que les actes du prophète ont abrogé ses paroles. (…)
5e partie: Le nombre maximum d’ennemis contre lesquels on est obligé de se défendre
Le nombre maximum d’ennemis contre lesquels on est obligé de se défendre est le double de celui de ses propres troupes. (…) Ibn Madjishun affirme, sur l’autorité de Malik, que la puissance effective, plutôt que le nombre, doit être considérée, et qu’il peut être admis qu’un homme fuie avant un autre si ce dernier possède une meilleure monture, de meilleurs armes et une force physique supérieure.
6e partie: La trêve
La conclusion d’une trêve est considérée par certains comme étant permise d’emblée et sans occasion particulière, à condition que l’imam considère qu’elle est dans l’intérêt des Musulmans. D’autres soutiennent que cela n’est admissible que lorsque les Musulmans en sont réduits à la plus extrême nécessité, comme en cas de guerre civile. (…)
Shafii affirme qu’une trêve ne devrait jamais être conclue pour une durée dépassant celle de la trêve conclue par le prophète avec les incroyants l’année de Hudaybiyyah. La controverse sur la question de savoir si la trêve peut être admise sans une raison impérieuse se fonde sur le fait que l’interprétation évidente du [verset du Coran 9:5] «tuez les polythéistes où que vous les trouviez» et [du verset du Coran 9:29] «Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier» contredit celle [du verset du Coran 8:61] «s’ils inclinent à la paix, incline vers celle-ci (toi aussi) et place ta confiance en Allah».
Certains affirment que le verset ordonnant aux Musulmans de combattre les polythéistes jusqu’à ce qu’ils se convertissent ou qu’ils paient la taxe de capitation (jiziah) [C 9:29] abroge le verset pacifique [C 8:61]. En conséquence, ils soutiennent que la trêve n’est admissible qu’en cas de nécessité. D’autres sont d’avis que le verset pacifique [C 8:61] complémente les deux autres versets et ils considèrent donc que la trêve est admise dès lors que l’imam le juge judicieux. Ils ajoutent, pour soutenir leur thèse, que le prophète a agi de la sorte, car la trêve de Hudaybiyyah n’avait pas été conclue par pure nécessité.
Selon Shafii, le principe est que les polythéistes doivent être combattus jusqu’à ce qu’ils acceptent de se convertir ou de payer la jiziah. Les actes du prophète durant l’année de Hudaybiyyah constituent une exception à cette règle. Donc, poursuit Shafii, une trêve ne doit jamais excéder la période pour laquelle le prophète a conclu la trêve dans le cas de Hudaybiyyah. Il reste cependant une controverse quant à la durée de cette période. Les uns disent qu’il s’agit de quatre ans, mais d’autres parlent de trois ans ou de dix ans. (…)
7e partie: Les objectifs de la guerre
Les Musulmans s’accordent à dire que l’objectif de la guerre contre les Gens du Livre, à l’exception de ceux appartenant à la tribu des Koraïchites et des Chrétiens arabes, est de deux ordres: soit la conversion à l’Islam, soit le paiement de la taxe de capitation (jiziah). Ceci est basé sur [le verset du Coran 9:29]: «Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu‘à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés.»
La plupart des juristes admettent que la jiziah peut aussi être collectée auprès des Zoroastriens (madjus) sur la base des paroles du prophète «Traitez-les comme les Gens du Livre». Il y a controverse, toutefois quant aux polythéistes qui ne sont pas des Gens du Livre: est-il admis de prélever la jiziah parmi eux également? Certains, comme Malik, enseignent que la jiziah peut être exigée de n’importe quel polythéiste. D’autres font une exception pour les polythéistes arabes. Shafii, Abu Thawr et quelques autres soutiennent que la jiziah ne peut être acceptée que de la part des Gens du Livre et des Zoroastriens.
La controverse est ici également générée par le fait qu’une règle générale s’oppose à une règle particulière. La règle générale est dérivée des [versets du Coran 2:193 et 8:39 (ces deux versets partagent ce même contenu)]: «Combattez-les jusqu‘à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul» et de la tradition «‹Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah› S’ils disent cela, leur vie et leurs biens sont inviolables pour moi, excepté si la loi de l’Islam l’autorise. Il sont alors redevables devant Allah.»
La règle particulière est fondée sur la tradition mentionnée plus haut, soit que Mahomet avait pour habitude de dire au commandant des troupes qu’il envoyait contre les polythéistes arabes: «Lorsque tu rencontreras tes ennemis polythéistes, appelle-les à trois choses, etc.» Dans cette tradition, la jiziah est également mentionnée. Maintenant, certains savants affirment qu’une règle générale annule une règle particulière si la règle générale a été révélée à une date ultérieure. (…) D’autres, toutefois, avancent que les règles générales devraient toujours être interprétées en association avec les règles particulières, peu importe que cela soit inconnu. (…)
Une question fameuse reste à traiter dans ce chapitre: s’il est interdit de pénétrer en territoire ennemi en portant un exemplaire du Coran. (…)
Trois précisions, pour informer les internautes à mon tour:
1° j'ai depuis le début de la querelle répété que je refusais de parler aux gens qui avaient signé des pétitions contre moi. Mis à part cette condition j'accepte de discuter avec tout contradicteur. Cela m'arrive, en dehors des médias
2° M. Christophe ne sait pas lire; je distingue bien d'un côté les appréciations favorables; de l'autre les critiques c'est-à-dire les remarques pointant mes erreurs ou mes approximations: dès lors qu'elles sont rationnelles, qu'elles apportent des corrections je suis heureux de les recevoir. S'il le souhaite qu'il contacte par exemple le professeur Linos Bénakis qui lui apprendra des choses intéressantes sur Michel Psellos et Aristote...
3° Je ne prends pas de position victimaire: 3 pétitions contre moi, deux colloques, deux livres écrit avec violence, un ostracisme réel.... j'aimerais assister aux réactions de mes adversaires soumis au même régime. Sans doute auraient-ils formé des comités de soutien...
Sur ce bonnes fêtes de Noel à tout le monde!
Je suis content de voir que Max Lejbowicz mentionne les deux recueils qu'il a coordonnés et qui étaient la publication des travaux des Rencontres Européennes Médiévales.
J'étais à la dernière en 2008 à la fondation Singer Polignac et M. Lejbowicz (avec Alexander Fidora) a été gentiment, universitairement, secoué par Tony Levy sur la question dans traductions à quatre mains, ce dernier considérant qu'on aucune preuve de mode de traduction. Ses positions ne furent pas approuvées par Françoise Gaspari aussi, coordonner une rencontre ce n'est pas être approuvé par ceux qu'on coordonne.
De plus il est à signaler que ces mêmes Rencontres Européennes Médiévales (que M. Lejbowicz se garde bien de citer) ont organisé une conférence de soutien à Sylvain Gouguenheim présent à l'occasion ; y intervenaient Brague, Gaspari et Erland Brandenburg.
Saturne 1, Pluton 0.
Lejbowicz Max ? Voici une présentation de la thèse de 2002 dont il parle plus haut ...
Lisez bien ce qu'il écrit jusqu'au bout... et l'on comprend d'où il parle ...
Quand au fait qu'il soit bien un inconditionnel de l'astrologie conditionnel.... c'est, comment dire, vu le contenu de cette "approche" , finalement assez significatif aussi .... ; )
Max Lejbowicz, L’historien, son siècle et sa recherche. Recherches sur l’acculturation des enseignants médiévaux (Xe-XIIIe siècles).
http://methodos.revues.org/document...
(...)
L’ordre de rédaction des études retenues n’est pas celui que je viens de suivre en m’en tenant à la chronologie des auteurs abordés. Mon parcours du millénaire ainsi délimité a été fait d’allers et retours incessants. Il a été de plus en plus attiré par ce qu’il convient d'appeler, me semble-t-il, le mystère du XIIe siècle : Comment, alors que les croisades font rage, certains Latins ont-ils pu se livrer à l’entreprise à grande échelle de traductions arabo-latines, qui marque si profondément leur époque ? Comment, dans un climat interculturel détestable, une bonne part des traductions ainsi réalisées a-t-elle pu, l’encre à peine sèche, nourrir si largement l’université médiévale, sinon en motiver la création ? C’est ce mystère que le premier volume de 148 pages rédigées pour la soutenance a voulu tenter de percer.
Cette étude se distribue en trois parties. Je m’efforce, dans la première, de cerner les conditions de travail des traducteurs arabo-latins qui exercent leur art dans la péninsule ibérique. J’essaie de mettre à jour leur accès aux bibliothèques arabes et de comprendre les liens qu’ils entretiennent avec la culture et la langue arabes.
Un puissant dynamisme endogène anime dès le XIe siècle l’économie du monde latin. Il ne tarde pas de se heurter à la réalité des puissances qui se réclament de l’islam, tandis que les meilleurs esprits perçoivent la supériorité intellectuelle des maîtres arabes et se mettent à leur école par livres interposés. Un développement autochtone assumé jusque dans ses excès se combine à un mouvement d’acculturation limité aux textes essentiellement scientifiques et philosophiques. En parvenant à son terme au tournant des XIIIe et XIVe siècles, ce dernier devient de plus en plus une acculturation dissimulée. Les éléments de culture arabo-musulmane que les Latins ont assimilés forment pour des siècles la part honteuse de l’Europe. Elle lui rappelle son infériorité intellectuelle altimédiévale.
(...)
Quelles que soient les intentions louables qui ont incité l’abbé de Cluny à chercher à connaître l’islam d’après les textes rédigés à l’intérieur des frontières du dâr al-islâm, la ratio médiévale était dans l’incapacité de produire une histoire des religions ou une phénoménologie de la religion qui sont les conditions d’un dialogue interreligieux fructueux.
Intéressant ces interventions des principaux protagonistes. Je retiens surtout que l'affirmation de S. Gouguenheim sur la mention du livre d'astrologie de M. Lejbowicz n'a pas été démentie par ce dernier.
Que s'il n'est nullement question de remettre en cause les titres universitaires et les ouvrages fort honorables que Max Lejbowicz a écrits ou auxquels il a participé, il est surprenant qu'il n'applique pas la même rhétorique rigoureuse pour ceux de Sylvain Gouguenheim ! Après tout, sauf erreur de ma part, lui aussi est titulaire d'une thèse de 3e cycle et d'une thèse d'habilitation à diriger des recherches toutes deux délivrées avec la mention "très honorable", et il a publié des ouvrages (Hildegarde de Bingen, les peurs de l'an mil ou les Teutoniques) que personne même parmi ses détracteurs ne remet, semble-t-il, en question.
Il serait en revanche utile pour les lecteurs de connaître la position de M. Lejbowicz sur cet ouvrage astrologique (de jeunesse ?) paru en 1975 aux éditions Centre d'Études et de formation astrologiques (en vente sur PriceMinister le 10 décembre 2009) et les assertions de son contradicteur (la présentation qu'en fait S. Gouguenheim est elle correcte) ?
Ce qui est également intéressant dans les prises de paroles de Max Lejbowicz vis-à-vis de Gouguenheim c'est qu'elles ne semblent pas seulement liées à Aristote au mont Saint-Michel, mais qu'il le poursuit toujours de sa vindicte un an après pour le nouvel ouvrage ‘Regards sur le Moyen-Âge’, allant même noter sur Amazon.fr ledit ouvrage avec un commentaire qui en dit long. Qu'Aristote soit un sujet de polémique, on veut bien l'entendre, mais de là à vouer aux gémonies tous les ouvrages récents ou à venir de Gouguenheim, c'est étrange et en dit long sur la psychologie mêlée de haine dont fait preuve M. Lejbowicz qui jamais ne mentionne qu’Aristote a été couronné par l’Académie des Sciences Morales et Poliques du prix Victor Cousin en 2008 (http://www.asmp.fr/prix_fondations/...) . Tout ceci ne semble pas très scientifique, ni très encourageant pour le soutenir dans son combat contre Gouguenheim.
Vous aurez ici une recension de l’ambiance délétère donnée par monsieur Laurentin à son émission et de l’effet qu’elle a produit sur ses auditeurs :
"http://maurice-darmon.blogspot.com/..."
Je suis pour le moins surpris par les déformations que mes propos suscitent et la psychologique que certains internautes me prêtent.
Ainsi, pour un dénommé Chacal (10 décembre), ma haine ( ?) envers Sylvain Gouguenheim, n’aurait conduit à ne pas mentionner qu’"Aristote au Mont-Saint-Michel", a été couronné par l’Académie des Sciences Morales et Politiques du prix Victor Cousin.
Il suffit de lire "L’Islam médiéval en terres chrétiennes", p. 19-20 et 42 pour s’apercevoir qu’une telle allégation est erronée.
Je pourrais continuer ces rectifications mais j’ai heureusement mieux à faire. Une dernière remarque : il serait souhaitable qu’avant d’émettre des jugements à l’emporte pièce, chacun des participants à ce débat s’attache à prendre connaissance du dossier.
La table ronde que j’ai organisé le 4 octobre 2008 à la Sorbonne sur livre de Gouguenheim avait pour sous-titre « Identité culturelle et complexité »…
La table ronde de Max Lejbowicz se présentait ainsi.
On notera la délilcieuse précaution oratoire "Il ne s’agit pas d’instruire le procès d’un auteur ni d’instaurer une police de l’intelligence.".... Quant à la volonté affichée d'introduire de la rationalité et de la sérénité elle était démentie par l'attitude des participants. Tout cela sent la chasse aux sorcières menée par des gens qui ne se rendent mêm plus compte de leur comportement collectif.
J'ai assité à cette table ronde: tous les participants intervenaient à charge. La violence des propos, les moqueries étaient stupéfiants dans le cadre d'un colloque universitaire. M Lejbowicz a parlé 1H15 pour pister tous les travaux de Gougenheim!
"Identité culturelle et complexité" Publié le jeudi 21 août 2008 par Raphaëlle Daudé
Résumé
La récente polémique suscitée par le livre de Sylvain Gouguenheim, « Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne », amène les médiévistes à se poser un certain nombre de questions. L’une d’elles est centrale : En quoi ce livre est un déni à la méthodologie historique et à la déontologie des historiens ? Elle sera traitée de différents points de vue : histoire de la philosophie, histoire des sciences, histoire de la médecine, histoire sociale, codicologie (Jacques de Venise), analyse linguistique…
Il s’ensuit deux autres questions, qui seront également abordées : Comment un éditeur prestigieux a pu faire paraître un pareil livre ? Pourquoi une presse de qualité a-t-elle pu lui réserver un accueil aussi élogieux ?
Annonce
Il ne s’agit pas d’instruire le procès d’un auteur ni d’instaurer une police de l’intelligence. Il s’agit de s’interroger sur les conditions de la production et de la diffusion du savoir. Les médiévistes sont aussi des citoyens et leurs recherches conduites grâce aux deniers publics doivent dépasser le monde clos des spécialistes pour se faire entendre dès lors qu’une controverse touche au millénaire médiéval de l’histoire européenne.
Cette table ronde vise par dessus tout à introduire plus de rationalité et de sérénité dans les débats actuels sur les rapports entre les cultures."
Ce qui est sidérant dans cette polémique sur le travail de Mr Gouguenheim ,c'est le processus qui s'est enclenché suite à la publication de son livre.Voilà un travail d'Historien bien classique,un médiéviste essaie dans le cadre d'une démonstration, toute universitaire de conception, sans polémique, à peine une controverse, de développer une thèse:la philosophie, grec s'est davantage transmise par le monde bizantin et monastique que par le biais andalou,redécouvert après la reconquista par le monde occidental.
Un premier article est publié dans le monde dès le livre sorti ,qui lui est plutôt favorable.Mais ,une quinzaine de jours plus tard ,apparait dans le même journal un article au ton inverse,que se cache-t-il derrière cette thèse? ne veut-on pas enlever au monde musulman ce qui lui est acquis, il fut l'héritier du monde grec ? à partir de là, la polémique était lancée,ostracisme de son auteur, pétition etc...
On a bien sûr quitté l'histoire et le travail universitaire depuis longtemps,on est dans l'idéologie, il n'est pas audible dans une France où s'est installé une communauté musulmane depuis ces trente dernières années,et ou la pensée dominante hurle à longueur de médias que c'est "une chance" pour l'occident que l'on retire au monde musulman dans ce pays une parcelle de sa gloire antique.
Mr Gouguenheim pourra essayer d'argumenter, d'étayer tant qu'il peut, Mr de Libera aura beau essayer de temporiser ses collègues, sans doute, effrayé de la chasse aux sorcières qu'il a participé à lancer.
Plus rien n'y fera,le sujet n'a plus d'importance,on est passé à autre chose,la pensée unique s'est trouvé un bouc émissaire.
Donc acte, il est vrai, qu'à la page 42 l'ouvrage cité par Max Lejbovicz, l'auteur replace dans la chronologie de l'affaire "Aristote" le prix de l'académie des sciences morales et politiques décerné à Sylvain Gouguenheim et renvoi le lecteur aux pages d'introduction 19 et 20.
Quand aux pages 19-20 de 'l'islam médiéval en terres chrétiennes', les lecteurs en apprécieront le ton de MM. Celeyrette et Lejbovicz :
« Plus sérieusement, c'est de scandale qu'il faut avoir le courage de parler à propos du prix attribué à l'ouvrage de Gouguenheim par l'Académie des sciences morales et politiques. Le fait que, semble-t-il, aucun spécialiste d'histoire et de philosophie médiévales n'ait fait partie de la commission qui a décerné cette récompense n'est pas une excuse. L'Académie dit elle-même sur son site qu'elle "attache un particulière importance à cette partie de son activité et qu'ainsi elle remplit l'une des missions que lui a confiée la Nation en 1795, celle de suivre les travaux scientifiques et littéraires qui auront pour objet l'utilité générale et la gloire de la République". On voit mal comment la République se grandit en couronnant ce qui n'est finalement qu'une falsification historique écrite pour promouvoir une idéologie suspecte. Les académiciens qui sont à l'origine de ce décision aberrante ont pris le risque de déshonorer leur institution.»
Une fois n'est pas coutume, je reconnais bien volontiers avoir été trop vite dans le commentaire, même si je maintiens que Lejbovicz est animé d'une haine de Gouguenheim et ce texte en est, hélas, une des nombreuses illustrations.
Bonjour,
Je tombe des nues et par hasard sur ce "Regards..." objet d'une polémique à laquelle, étant astrologue, père présumé de "l'astrologie conditionnelle" donc handicapé mental, je n'ai pas compris grand chose. Pour devenir aussi intelligent (ouvert et sans haine) que les anti-astrologues, j'aimerai savoir (comprendre ?) pourquoi et en quoi le fait de s'être intéressé à un moment donné à l'astrologie soit considéré comme une tare intellectuelle irréparable, transformée en argument de réfutation définitive dans tout autre débat que celui de l'astrologie.
J'ai été enfant de choeur, puis jeune militant communiste, malgré un passé aussi lourd, l'Université d'Hawaï a reconnu mon travail d'astrologue (handicapé mental) digne d'un titre de PH.D. Ma curiosité sur la haine anti-astrologique est purement et simplement celle d'un chercheur (mention psychologie). Pour en savoir plus, je conseille le site COMAC (mais, il y en a d'autres) ou de taper "Sainte-Cagade" qui renvoie à un article concernant les définitions de l'astrologie.
Je serais heureux d'ajouter à mon site des réponses à mon commentaire absolument objectives et "non-haineuses" ...
Jean-Pierre Nicola