Si le terme « réfugié » demeure aujourd'hui non-reconnu s’agissant de causes climatiques ou plus largement environnementales, force est de reconnaître que le phénomène existe bel et bien en de nombreux points du globe et que le nombre de victimes risque de croître dans des proportions non négligeables, aux cours des prochaines décennies.

Située dans une zone sismiquement redoutable entre la plaque nord-américaine et la plaque caraïbe, Haïti a connu le plus grand séisme jamais enregistré, dévastant notamment la région de la capitale Port-au-Prince, et faisant plusieurs centaines de milliers de morts et des millions de sans abris. La communauté internationale a reconnu qu'il s'agissait de la plus grande catastrophe à laquelle l'ONU n'ait jamais eu à faire face.

Ce qui s’est produit en Haïti ne peut trouver pour seule réponse la mise aux normes parasismiques qui nécessite d’importants moyens financiers.

Car, Haïti déjà en état de grande pauvreté, ne dispose pas de ressources suffisantes pour remédier rapidement aux réparations de surface et se heurte à un problème de fond, lui sans solutions.

Ce séisme vient également rappeler aux nations développées que sur d’autres continents, dans de nombreux pays, des populations entières sont confrontées aux menaces liées aussi bien à la montée des eaux, qu’à la désertification…

A l’occasion du Festival de Cannes 2009, GREENPEACE avait manifesté en déployant des banderoles pour attirer l’attention de tous. La difficile mesure de la fonte des glaciers et de l’élévation du niveau des océans ne peut masquer quelques vérités qui restent bonnes à rappeler à la veille des prochains Sommets sur le climat.

François Gemenne, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) et maître de conférences à Sciences Po Paris, auteur d’un ouvrage intitulé « Les migrations climatiques » publié à la Documentation française résume clairement la situation.