Ensuite, ces ventes doivent tout, ou presque, aux dispositifs fiscaux de la loi Scellier, au doublement de la Prime à taux zéro et aux rabais consentis par les promoteurs. Il y a eu un effet d'aubaine, avant durcissement ou suppression de tous ces avantages.

Enfin, ce mouvement n'a permis que la résorption des stocks, mais pas de relancer l'appareil de production. Les chiffres sont impitoyables : les permis de construire sont en recul de 19% et les mises en chantier dans le neuf, c'est-à-dire nos appartements de demain, sont en chute de 15%.

Est-ce que signifie que le paysage ne sera plus dynamique, en 2010 ?

Sil'on crois ce que disen les professionnels, c'est quand même l'inquiétude qui domine. Alain Dinin, le P-DG de Nexity, l'un des grands promoteurs français, n'espère pas plus de 90.000 nouveaux logements neufs, cette année. Il faut dire que les freins sont nombreux : - Côté acheteurs : il y a, bien sûr, l'incertitude sur l'emploi, la remontée potentielle des taux d'intérêt et puis aussi, la difficulté à emprunter. Alain Dinin, toujours lui, explique que l'augmentation de 50 euros d'une mensualité sur un prêt de 15 ans, exclut immédiatement 2 millions et demi de candidats à la propriété.

Côté promoteurs : ce n'est pas plus gaillard. La production d'habitations n'a jamais été aussi faible depuis 1993. Du coup, le nombre de logements sera insuffisant pour répondre à la demande d'acheteurs potentiels.

Et puis, il y a l'environnement administratif et réglementaire : obtenir un permis de construire, c'est une attente de 3 à 5 ans. Le prix des terrains, qui est surchargé de taxes foncières - parce qu'ils financent les budgets des villes, bien sûr - représentent, désormais, 50% du prix de la construction.

Voilà autant de facteurs qui vont rendre illusoire la promesse de Nicolas Sarkozy de faire construire 500.000 nouveaux logements par an. Au mieux, il y en aura 350.000, cette année, et moins de 330.000, en 2011.

Ce secteur n'est, évidemment, pas soumis à la concurrence mondiale. Pourquoi ne fait-on pas mieux ?

On se le demande ! Parce que les besoins sont là. Le désir aussi. Le logement est la 4ème préoccupation des Français, avant la santé, mais les moyens financiers ne sont pas au rendez-vous. Il y a un problème de pouvoir d'achat des acheteurs, mais aussi de continuité des politiques de l'habitat. 85% des 106.000 ventes réalisées en 2009 ont été conclues grâce à tous ces mécanismes d'aide : doublement du prêt à taux zéro, le Pass foncier ou le dispositif Scellier. Il faudrait aller plus loin, mais pour cela, il faudrait aussi des finances publiques plus saines.

Source RTL