Et si la Grèce et l’Islande refusent de payer ?
Par Roger Heurtebise le vendredi 5 mars 2010, 08:12 - Economie - Lien permanent
C’est la semaine de tous les dangers sur le front économique.Mercredi, le gouvernement grec annonçait son plan draconien d’austérité. Immédiatement, les syndicats ont multiplié les appels à la grève générale, c’est-à-dire à la paralysie totale d’un pays qui est déjà au bord de l’asphyxie.
On comprend les fonctionnaires grecs. Augmentation de 2 points de TVA, amputation de 6% et gel des salaires, c’est difficile à avaler.
Samedi, les Islandais votent par référendum sur le remboursement de la dette du pays. Ils décideront certainement le refus de paiement.
On les comprend aussi. Le plan de remboursement priverait l’ensemble des Islandais du quart de leurs revenus pendant huit ans. Les partisans du refus de paiement n’hésitent pas à dire aux prêteurs britanniques : si vous voulez nous faire casquer, envoyez votre marine de guerre !
On comprend aussi les Européens. Les banques anglaises déjà fragiles sont totalement à la merci de la dette islandaise. Les banques françaises et allemandes ne sont pas mieux loties avec la dette grecque.
Les Etats européens vont-ils une fois de plus mettre la main au portefeuille du contribuable pour rétablir la situation ? C’est possible, mais au risque de mécontenter lesdits contribuables, qui n’ont que faire des problèmes des Islandais et des Grecs. Et puis ce n’est que prendre à Paul le contribuable pour rendre à Pierre le prêteur, donc c’est un calcul à somme nulle qui ne crée pas un kopeck de richesse.
Ce serait aussi un calcul cynique, puisqu’il reviendrait à faire payer à tous les erreurs des dirigeants grecs et islandais, et celles des banquiers ayant entraînés leurs clients vers des placements à risques. Lesquels risques ont été soigneusement dissimulés par des manipulations statistiques… par ces mêmes banquiers et ces mêmes dirigeants (que curieusement personne n’appelle à condamner et à virer !)
Comment des gouvernements européens qui prétendent « moraliser le capitalisme » pourraient nous faire avaler cette nouvelle couleuvre et alors même que leurs peuples croulent déjà sous les impôts ? Et au risque de voir les crises grecque et islandaise se propager à toute l’Europe ?
De toutes façons, les Islandais refuseront certainement de payer. Quant aux Grecs, quand bien même la France et l’Allemagne feraient raquer leurs peuples, le plan d’austérité nécessaire plongerait la Grèce dans une anarchie sociale que le pays qui a connu la dictature des Colonels n’a guère envie de réprimer dans le sang.
Alors que va-t-il se passer si la Grèce et l’Islande refusent d’honorer leurs dettes ? Jamais l’économie européenne n’est allée aussi loin dans la « terra incognita », donc il est difficile de prévoir autre chose que… le chaos avec tous les effets papillon qu’il va propager dans toute l’Europe.
On les comprend aussi. Le plan de remboursement priverait l’ensemble des Islandais du quart de leurs revenus pendant huit ans. Les partisans du refus de paiement n’hésitent pas à dire aux prêteurs britanniques : si vous voulez nous faire casquer, envoyez votre marine de guerre !
On comprend aussi les Européens. Les banques anglaises déjà fragiles sont totalement à la merci de la dette islandaise. Les banques françaises et allemandes ne sont pas mieux loties avec la dette grecque.
Les Etats européens vont-ils une fois de plus mettre la main au portefeuille du contribuable pour rétablir la situation ? C’est possible, mais au risque de mécontenter lesdits contribuables, qui n’ont que faire des problèmes des Islandais et des Grecs. Et puis ce n’est que prendre à Paul le contribuable pour rendre à Pierre le prêteur, donc c’est un calcul à somme nulle qui ne crée pas un kopeck de richesse.
Ce serait aussi un calcul cynique, puisqu’il reviendrait à faire payer à tous les erreurs des dirigeants grecs et islandais, et celles des banquiers ayant entraînés leurs clients vers des placements à risques. Lesquels risques ont été soigneusement dissimulés par des manipulations statistiques… par ces mêmes banquiers et ces mêmes dirigeants (que curieusement personne n’appelle à condamner et à virer !)
Comment des gouvernements européens qui prétendent « moraliser le capitalisme » pourraient nous faire avaler cette nouvelle couleuvre et alors même que leurs peuples croulent déjà sous les impôts ? Et au risque de voir les crises grecque et islandaise se propager à toute l’Europe ?
De toutes façons, les Islandais refuseront certainement de payer. Quant aux Grecs, quand bien même la France et l’Allemagne feraient raquer leurs peuples, le plan d’austérité nécessaire plongerait la Grèce dans une anarchie sociale que le pays qui a connu la dictature des Colonels n’a guère envie de réprimer dans le sang.
Alors que va-t-il se passer si la Grèce et l’Islande refusent d’honorer leurs dettes ? Jamais l’économie européenne n’est allée aussi loin dans la « terra incognita », donc il est difficile de prévoir autre chose que… le chaos avec tous les effets papillon qu’il va propager dans toute l’Europe.




Commentaires
En Grèce, ça a encore chauffé aujourd'hui. Paralysie des services publics. Peu de manifestants, mais très violents et répression tout aussi musclée. Le drapeau européen est régulièrement brûlé dans les villes grecques, comme quoi ils ne comptent guère sur nous (et ils ont raison...)
Les sondages donnent de l'ordre de 75% pour le "non" au référendum islandais, c'est-à-dire pour le refus de rembourser la dette. Cette perspective affole les marchés, qui font encore moins confiance à l'Islande, d'où un cercle vicieux.
C'est fait. Les islandais ont voté non à plus de 90%.