Samedi, les Islandais votent par référendum sur le remboursement de la dette du pays. Ils décideront certainement le refus de paiement.

On les comprend aussi. Le plan de remboursement priverait l’ensemble des Islandais du quart de leurs revenus pendant huit ans. Les partisans du refus de paiement n’hésitent pas à dire aux prêteurs britanniques : si vous voulez nous faire casquer, envoyez votre marine de guerre !

On comprend aussi les Européens. Les banques anglaises déjà fragiles sont totalement à la merci de la dette islandaise. Les banques françaises et allemandes ne sont pas mieux loties avec la dette grecque.

Les Etats européens vont-ils une fois de plus mettre la main au portefeuille du contribuable pour rétablir la situation ? C’est possible, mais au risque de mécontenter lesdits contribuables, qui n’ont que faire des problèmes des Islandais et des Grecs. Et puis ce n’est que prendre à Paul le contribuable pour rendre à Pierre le prêteur, donc c’est un calcul à somme nulle qui ne crée pas un kopeck de richesse.

Ce serait aussi un calcul cynique, puisqu’il reviendrait à faire payer à tous les erreurs des dirigeants grecs et islandais, et celles des banquiers ayant entraînés leurs clients vers des placements à risques. Lesquels risques ont été soigneusement dissimulés par des manipulations statistiques… par ces mêmes banquiers et ces mêmes dirigeants (que curieusement personne n’appelle à condamner et à virer !)

Comment des gouvernements européens qui prétendent « moraliser le capitalisme » pourraient nous faire avaler cette nouvelle couleuvre et alors même que leurs peuples croulent déjà sous les impôts ? Et au risque de voir les crises grecque et islandaise se propager à toute l’Europe ?

De toutes façons, les Islandais refuseront certainement de payer. Quant aux Grecs, quand bien même la France et l’Allemagne feraient raquer leurs peuples, le plan d’austérité nécessaire plongerait la Grèce dans une anarchie sociale que le pays qui a connu la dictature des Colonels n’a guère envie de réprimer dans le sang.

Alors que va-t-il se passer si la Grèce et l’Islande refusent d’honorer leurs dettes ? Jamais l’économie européenne n’est allée aussi loin dans la « terra incognita », donc il est difficile de prévoir autre chose que… le chaos avec tous les effets papillon qu’il va propager dans toute l’Europe.