Le triomphe planétaire de la violence religieuse (Part 1)
Par Pierre Régnier le mardi 9 mars 2010, 08:05 - Religion - Lien permanent
I / La conception violente de Dieu dans les monothéismes "Nous risquons de laisser en héritage à nos enfants une société où personne ne voudrait naître"
Pat Condell
Depuis 3000 ans les religions enseignent que Dieu a ordonné aux hommes de pratiquer des maltraitances, des meurtres, des massacres de populations entières. Dans un livre au moins de l'Ancien Testament, le Livre de Josué, il dit sa volonté que ne reste pas un seul survivant à la fin du massacre des Cananéens. "Dieu" tient absolument à ce que soit réalisé ce qu'on nommerait aujourd'hui un génocide.
Toutes les religions monothéistes sont d'accord là-dessus : les livres qu'elles ont sacralisés sont l'authentique Parole de Dieu. Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI précisent dans le nouveau catéchisme - réalisé sous la direction du second quand il n'était encore que le cardinal Ratzinger - que cette Parole exprime le véritable désir de Dieu et cela seulement. (*)
Toutes les religions enseignent aussi que l'important est de savoir interpréter la Parole de Dieu. Cette "interprétation" confine parfois à l'ignominie. Un autre livre de notre troisième millénaire, La Bible de Jérusalem, précise dans sa version annotée que ce qui rend exemplaire le massacre des Cananéens par Josué c'est la totale obéissance à Dieu dans l'exécution du crime. Cette obéissance est présentée comme égale à celle de Jésus qui, plus d'un millénaire plus tard, donnera sa propre vie pour un monde où l'amour serait universel. (**)
Cette conception selon laquelle c'est l'obéissance à la supposée volonté de Dieu qui est importante, et non pas le contenu de cette volonté, a réussi à traverser jusqu'à nous des siècles de folle théologie, bien intentionnée ou pas. Même les philosophes indépendants, ceux qui ne sont pas fanatisés par une religion, ont fini par adopter durablement l'attitude religieusement correcte : on n'embête pas les institutions religieuses avec de telles aberrations, ça ne se fait pas, le religieux est un domaine particulier qui a ses propres lois, on ne doit pas toucher à ce privilège acquis, même quand il est manifestement criminogène.
Par exemple, chaque fois qu'après un massacre revendiqué par des islamistes Benoît XVI affirmera haut et fort qu' "on ne peut pas commettre des crimes en se réclamant de Dieu", ni les théologiens en malaise (plus honnêtes et plus humains que le pape), ni les philosophes ni les journalistes dominant les médias ne relèveront la flagrante hypocrisie papale que constitue la belle affirmation pacifiante quand, dans le même temps, Benoît XVI continue d'enseigner que Dieu a bien commandé les pires massacres qui lui sont attribués dans l'Ancien Testament. (***)
L'une des raisons pour lesquelles on n'embête pas les institutions judéo-chrétiennes avec leur théologie criminogène c'est qu'il y a, depuis 14 siècles, une théologie nettement pire encore. Toutes les composantes du judéo-christianisme affirment que Dieu ne commande plus les maltraitances et les meurtres. Leur responsabilité dans les crimes religieux effectivement commis de nos jours est alors devenue seulement partielle et indirecte. Il n'en est pas de même de la responsabilité de l'islam. Son prophète Mohamed a repris chez ses prédécesseurs leur conception violente de Dieu mais il a affirmé que, dans la seule religion désormais valable, la sienne, Dieu continuait et continuerait d'exiger des violences tant que sa domination ne serait pas établie sur la terre entière.
Cette trouvaille du nouveau prophète (qui par ailleurs, à l'opposé de l'admirable Jésus, fut dans sa vie personnelle un contre-exemple en humanité) changea toute la suite de la terrible histoire religieuse et, aujourd'hui, c'est très logiquement au nom de l'islam que l'on maltraite - tout particulièrement les femmes - et que l'on tue en proclamant la grandeur du Dieu coranique supposé avoir commandé les tueries.
La réalité cependant est plus subtile. Le "bon" meurtre n'est pas présenté dans le Coran comme la meilleure manière de faire progresser l'unique "bonne" religion. Si on peut atteindre son objectif totalitaire "en douceur" ce sera beaucoup mieux. Et c'est à cela que se consacrent prioritairement les intégristes musulmans d'aujourd'hui dans les pays qui ont une tradition démocratique bien ancrée, un fort attachement à la laïcité républicaine et aux droits humains, une ferme conviction de l'égalité entre les femmes et les hommes, une ferme volonté de préserver, pour les unes et pour les autres, la liberté de conscience et d'expression.
Grignoter tous ces acquis en les déformant délibérément, en introduisant partout le doute et la confusion sur leur sens réel, en violant la loi chaque fois qu'on peut la remplacer par la loi islamique mais seulement dans les faits, et très prudemment, très progressivement, afin qu'une petite minorité seulement s'en aperçoive et s'en indigne dans l'indifférence quasi-générale, telle est la méthode actuellement employée en France et en Europe.
J'allais oublier : à chaque petit pas vers le gouffre où sombre le pays d'avant, veiller à trouver de la complaisance, ou pire, d'une part chez les croyants des autres religions, d'autre part auprès des politiciens au pouvoir ou dans l'opposition. La complaisance est facilement trouvée chez les premiers, honteux de leur propre croyance en la violence de Dieu (mais toujours respectueux des mauvais bergers qui la leur confirment). Elle est aussi très logiquement trouvée chez le Président de la République pour qui "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur".
(*) Catéchisme de l'Eglise catholique (éd. Centurion / Cerf / Fleurus-Mame 1998), passages 105, 106, 107 et autres
(**) Bible de Jérusalem (Fleurus / Cerf 2001), notes en marge du Livre de Josué 11,9,17; 24,2 et autres
(***) En 2006 j'ai fait les 9 propositions suivantes "pour sortir de la violence religieuse". Il me paraît désormais nécessaire de préciser qu'il s'agit aussi "d'en finir avec l'hypocrite attitude des institutions religieuses du monothéisme face aux violences qui découlent de leur enseignement" :
1/ La violence religieuse effective est toujours à la fois épouvantable et banale puisque les religions continuent d'enseigner que Dieu la commande ou l'a commandée
2/ Ce sont les institutions religieuses qui continuent de croire fondamental de maintenir intégralement sacrés leurs textes contenant les bases de la violence religieuse
3/ La nécessaire désacralisation de la violence religieuse suppose une radicale révision, par les institutions religieuses, de leur propre interprétation de leurs propres textes sacrés
4/ Le maintien de la conception criminogène de Dieu, jadis sacralisée, et celui de la théologie criminogène qui la dogmatise ne sont nullement fatals
5/ La paix et la protection des Droits de la personne humaine sont impossibles sans le rejet de la théologie criminogène
6/ Les sociétés défendant les Droits humains doivent exiger des institutions religieuses qu'elles rejettent officiellement et sans ambiguïté la théologie criminogène
7/ Le combat pour la désacralisation de la conception criminogène de Dieu n'est pas un combat contre le tout des religions
8/ Le choc des conceptions (pacifiste et criminogène) au sein des religions est le plus sûr moyen d'éviter le choc des civilisations
9/ C'est en exigeant d'abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence.
à suivre : II / Le triomphe assuré par la lâcheté politico-philosophique.
Cette conception selon laquelle c'est l'obéissance à la supposée volonté de Dieu qui est importante, et non pas le contenu de cette volonté, a réussi à traverser jusqu'à nous des siècles de folle théologie, bien intentionnée ou pas. Même les philosophes indépendants, ceux qui ne sont pas fanatisés par une religion, ont fini par adopter durablement l'attitude religieusement correcte : on n'embête pas les institutions religieuses avec de telles aberrations, ça ne se fait pas, le religieux est un domaine particulier qui a ses propres lois, on ne doit pas toucher à ce privilège acquis, même quand il est manifestement criminogène.
Par exemple, chaque fois qu'après un massacre revendiqué par des islamistes Benoît XVI affirmera haut et fort qu' "on ne peut pas commettre des crimes en se réclamant de Dieu", ni les théologiens en malaise (plus honnêtes et plus humains que le pape), ni les philosophes ni les journalistes dominant les médias ne relèveront la flagrante hypocrisie papale que constitue la belle affirmation pacifiante quand, dans le même temps, Benoît XVI continue d'enseigner que Dieu a bien commandé les pires massacres qui lui sont attribués dans l'Ancien Testament. (***)
L'une des raisons pour lesquelles on n'embête pas les institutions judéo-chrétiennes avec leur théologie criminogène c'est qu'il y a, depuis 14 siècles, une théologie nettement pire encore. Toutes les composantes du judéo-christianisme affirment que Dieu ne commande plus les maltraitances et les meurtres. Leur responsabilité dans les crimes religieux effectivement commis de nos jours est alors devenue seulement partielle et indirecte. Il n'en est pas de même de la responsabilité de l'islam. Son prophète Mohamed a repris chez ses prédécesseurs leur conception violente de Dieu mais il a affirmé que, dans la seule religion désormais valable, la sienne, Dieu continuait et continuerait d'exiger des violences tant que sa domination ne serait pas établie sur la terre entière.
Cette trouvaille du nouveau prophète (qui par ailleurs, à l'opposé de l'admirable Jésus, fut dans sa vie personnelle un contre-exemple en humanité) changea toute la suite de la terrible histoire religieuse et, aujourd'hui, c'est très logiquement au nom de l'islam que l'on maltraite - tout particulièrement les femmes - et que l'on tue en proclamant la grandeur du Dieu coranique supposé avoir commandé les tueries.
La réalité cependant est plus subtile. Le "bon" meurtre n'est pas présenté dans le Coran comme la meilleure manière de faire progresser l'unique "bonne" religion. Si on peut atteindre son objectif totalitaire "en douceur" ce sera beaucoup mieux. Et c'est à cela que se consacrent prioritairement les intégristes musulmans d'aujourd'hui dans les pays qui ont une tradition démocratique bien ancrée, un fort attachement à la laïcité républicaine et aux droits humains, une ferme conviction de l'égalité entre les femmes et les hommes, une ferme volonté de préserver, pour les unes et pour les autres, la liberté de conscience et d'expression.
Grignoter tous ces acquis en les déformant délibérément, en introduisant partout le doute et la confusion sur leur sens réel, en violant la loi chaque fois qu'on peut la remplacer par la loi islamique mais seulement dans les faits, et très prudemment, très progressivement, afin qu'une petite minorité seulement s'en aperçoive et s'en indigne dans l'indifférence quasi-générale, telle est la méthode actuellement employée en France et en Europe.
J'allais oublier : à chaque petit pas vers le gouffre où sombre le pays d'avant, veiller à trouver de la complaisance, ou pire, d'une part chez les croyants des autres religions, d'autre part auprès des politiciens au pouvoir ou dans l'opposition. La complaisance est facilement trouvée chez les premiers, honteux de leur propre croyance en la violence de Dieu (mais toujours respectueux des mauvais bergers qui la leur confirment). Elle est aussi très logiquement trouvée chez le Président de la République pour qui "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur".
(*) Catéchisme de l'Eglise catholique (éd. Centurion / Cerf / Fleurus-Mame 1998), passages 105, 106, 107 et autres
(**) Bible de Jérusalem (Fleurus / Cerf 2001), notes en marge du Livre de Josué 11,9,17; 24,2 et autres
(***) En 2006 j'ai fait les 9 propositions suivantes "pour sortir de la violence religieuse". Il me paraît désormais nécessaire de préciser qu'il s'agit aussi "d'en finir avec l'hypocrite attitude des institutions religieuses du monothéisme face aux violences qui découlent de leur enseignement" :
1/ La violence religieuse effective est toujours à la fois épouvantable et banale puisque les religions continuent d'enseigner que Dieu la commande ou l'a commandée
2/ Ce sont les institutions religieuses qui continuent de croire fondamental de maintenir intégralement sacrés leurs textes contenant les bases de la violence religieuse
3/ La nécessaire désacralisation de la violence religieuse suppose une radicale révision, par les institutions religieuses, de leur propre interprétation de leurs propres textes sacrés
4/ Le maintien de la conception criminogène de Dieu, jadis sacralisée, et celui de la théologie criminogène qui la dogmatise ne sont nullement fatals
5/ La paix et la protection des Droits de la personne humaine sont impossibles sans le rejet de la théologie criminogène
6/ Les sociétés défendant les Droits humains doivent exiger des institutions religieuses qu'elles rejettent officiellement et sans ambiguïté la théologie criminogène
7/ Le combat pour la désacralisation de la conception criminogène de Dieu n'est pas un combat contre le tout des religions
8/ Le choc des conceptions (pacifiste et criminogène) au sein des religions est le plus sûr moyen d'éviter le choc des civilisations
9/ C'est en exigeant d'abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence.
à suivre : II / Le triomphe assuré par la lâcheté politico-philosophique.




Commentaires
Cet article est d'une clarté remarquable en tout point. La question est cependant celle-ci: puisque les religions fondent sur des textes leurs dogmes et donc leur "pouvoir de vérité", comment peuvent-elles, sans paraître se contredire, trier dans ces textes le bon grain de l'ivraie ?
Comment peuvent-elles dogmatiquement affirmer, à partir de certains discours dits "révélés", des choses qui contredisent cette révélation ?
Je pense en particulier à la contradiction entre la parole qui invite l'homme de paix à tendre la joue gauche, et le propos de saint Augustin qui déclare "les impies persécutent par haine; l'Eglise persécute par amour", ouvrant ainsi un boulevard à toutes les atrocités de l'Inquisition.
@ François Brune
Pour les institutions religieuses le problème est bien, en effet, celui-ci. Elles veulent bien mettre en question leurs vieilles croyances qui conduisent à "persécuter par amour". Elles savent bien qu'il faudra y venir un jour à cet honnête et courageux réexamen. Mais elles tiennent à le faire "sans paraître se contredire" et, puisque c'est impossible, elles s'enferment alors dans la malhonnêteté et la lâcheté. Dans mon petit essai de mars 2000, "Désacraliser la violence religieuse", j'écrivais ceci:
"L'homme se trompe et fait Dieu à son image. Il le fait même violent. Quand il déraisonne complètement il oublie l'aspiration merveilleuse qui lui a fait inventer Dieu, et il va jusqu'à sacraliser sa propre violence qu'il a projetée en lui. Pire : il dogmatise, il interdit toute remise en question de cette sacralisation. Il dit aujourd'hui: voici 3000 ans que nous sacralisons la violence, nous n'avons pas pu nous tromper si longtemps".
Depuis 10 ans, à la suite du 11 septembre 2001, l'homme religieux a eu de nombreuses occasions de constater qu'il s'enfonce dans l'impasse. C'est pourquoi, depuis 2008, je fais précéder de ces quelques lignes la dernière version abrégée de mon petit essai :
"Commentant le livre de Hans Jonas "Le concept de Dieu après Auschwitz", la philosophe Catherine Chalier écrivait ceci : "Hans Jonas refuse la candeur condamnable de ceux qui s'efforcent de persévérer dans la certitude que, malgré son horreur, ce désastre n'impose pas une remise en cause radicale des catégories et des concepts". De la même manière, en écrivant en mars 2000 ce petit essai "je refusais l'entêtement condamnable de ceux qui s'efforcent de persévérer dans la certitude que, malgré son horreur, la violence religieuse toujours pratiquée de nos jours n'impose pas une remise en cause radicale de la conception de Dieu entretenue par les religions".
Tant que les institutions religieuses n'affirmeront pas haut et fort, EN CONTREDISANT FORCEMENT leurs affirmations passées et répétées jusqu'à maintenant, que "DIEU N'A JAMAIS COMMANDE DES MALTRAITANCES ET DES MASSACRES", elles resteront, même si c'est à des degrés divers selon les religions et selon les occasions, RESPONSABLES de la violence effectivement commise au nom de Dieu.
Le militant de la non-violence Jean-Marie Muller vient de publier un livre très important : "Désarmer les dieux" (éditions du Relié). Il devrait aider les croyants des monothéismes à sortir de leur "mauvaise foi" (au double sens du terme).
Je voudrais répondre à ce texte, non pas en répondant encore à l’habituel « procès à charge » contre l’Islam , mais en répondant à la question de la violence religieuse, qui d‘ailleurs est le plus souvent intra-religieuse (les chrétiens, les juifs et les musulmans entre eux)
Dans les sociétés asiatiques, il y a une profonde spiritualité mais peu de sentiments religieux… Pourquoi ??? , parceque, en Orient, Dieu n’a pas besoin d ‘être nommé, identifié, on n’a pas besoin de lui attribuer des sentiments, une volonté… IL EST dans les expériences humaines et c’est aux hommes que revient la lourde charge de s’en rapprocher…. Ceux qui arrivent deviennent des Bouddhas, des êtres éveillés…., Comme Jesus, Moise ou Mahomet. C’est cette absence de perception de la globalité, qui a crée dans les religions du livre, ce besoin d ‘individuation de Dieu…… , comme ne retrouve cependant pas aux origines du Judaisme, du christianisme et d e l’Islam…..
Dans les activités séculaires, Chaque homme avec sa manière d’être, ses convictions, ses certitudes, souvent associés à ses phobies est persuadé de détenir la bonne façon de penser et se sent menacer par l’opinion des autres…. L’empathie est une qualité d’ailleurs de plus en plus rare….
La violence religieuse n’est-elle pas seulement le reflet de ces défauts……, tellement humains ?????
@ Michael. Vous dites : "la violence religieuse, qui d'ailleurs est le plus souvent intra-religieuse (les chrétiens, les juifs et les musulmans entre eux)"
Il existe aussi de bien réelles tentatives de rapprochements pacifiques. Il y a quelques années j'ai assisté à un très intéressant colloque de la CMRP (Conférence Mondiale des Religions pour la Paix). J'ai constaté une vraie volonté de vivre ensemble pacifiquement chez tous les participants. A la tribune j'ai vu se succéder des représentants des religions juive, catholique, protestante, musulmane, bahaïe et bouddhiste. Ça se passait à Paris au palais de l'UNESCO, et c'est Monsieur Doudou Diène qui, au nom de cet organisme, prononçait le discours de bienvenue. Un beau discours dans lequel il invitait tout le monde à faire avancer la concorde inter-religieuse nécessaire à la paix du monde. Aujourd'hui encore je suis convaincu qu'il était totalement sincère.
Pourtant, durant les années suivantes c'est le même Doudou Diène qui, rapporteur de la commission des droits de l'homme de l'ONU, puis du comité du même nom, y a entériné les confusions entre attitude anti-religieuse et xénophobie ou racisme. Il a, en conséquence, bataillé avec son comité pour une condamnation de la critique des religions, déclarée pour la circonstance "diffamation des religions". Tout récemment encore, la confusion cultivée a été utilisée à l'ONU contre le peuple suisse après son vote démocratique contre les minarets. Il s'agit tout simplement d'une des nombreuses tricheries par lesquelles l'OCI (Organisation de la Conférence islamique) veut faire passer les islamistes pour des victimes de l'intolérance alors que ce sont eux, avec les 57 états composant l'OCI qui alimentent le plus la violence religieuse effectivement pratiquée dans le monde.
Si je rapporte cela c'est que ça illustre selon moi trois choses importantes : 1/ Les rencontres inter-religieuses bien intentionnées sont inutiles dès lors que chacun évite d'évoquer les causes de violence dans les autres religions pour n'avoir pas à examiner celles qui sont dans la sienne. 2/ "L'arithmétique garantissant la prochaine hégémonie mondiale de l'islam", comme je l'ai évoquée dans la partie 2 de mon texte, fonctionne aussi très bien à l'ONU. Islamisation au sommet de la communauté internationale et islamisation dans les pays encore démocratiques sont deux aspects complémentaires d'une même stratégie. 3/ Considérer que toutes les religions se valent et que la société laïque n'a pas à se mêler de l'enseignement des unes et des autres est une énorme sottise. Tant qu'on pourra tranquillement transmettre au sein des religions des conceptions qui, à l'extérieur conduiraient à condamnation en Justice pour incitation à la violence et à la haine on ne pourra pas pacifier les religions, et donc le monde.
@ l'administrateur de Médias Libres
La réunion inter-religieuse évoquée ci-dessus me rappelle la Foi bahaïe, le quatrième et le plus récent des monothéismes qui est aussi, à mon avis, le plus réellement pacifique et le plus respectueux de la laïcité. Or je constate que son symbole ne figure pas parmi ceux qui ont été choisis pour évoquer les religions en tête de mon texte, alors que certains qui y figurent me semblent n'avoir rien de religieux. Certes on pourrait imaginer que c'est l'ensemble des 9 dessins qui représente le bahaïsme puisque son symbole est une étoile à 9 branches. Mais ça pourrait rappeler le syncrétisme par lequel on définit parfois cette religion, et les bahaïs récusent cette assimilation.
@ Pierre Régnier
Merci de votre réponse.
Mais j’ai du mal à comprendre comment une personne laic peut se livrer à la critique objective d’une injonction religieuse, quand cette dernière fait déjà l’objet de multiples interprétations contradictoires auprès d’un public religieux…..Un regard laic n’est pas un regard religieux…. Comme une bataille n’est pas vu de la même façon par un soldat-combattant et par un journaliste….
Et je vous rappelle aussi qu’à l’heure actuelle, les principales victimes de l’Islamisme sont … les musulmans. Et comment parler de dialogues inter-religieux quand il y a tellement de tensions à l’intérieur de chaque monothéisme.....
La religion doit rester un outil du fondement identitaire, puisqu’elle se diffuse dans nos vies quotidiennes et dans notre héritage culturel…. Moins de religion, plus de spiritualité, je serai d’accord. Mais, L’inculture, l’ambition, la misère, la violence inhérente à la condition humaine sont les germes des violences religieuses…. Pas la religion.
@ Bonjour Michael
Je ne suis évidemment pas d'accord sur votre conclusion (la religion qui n'est pas germe des violences religieuses) puisque tout mon article dit le contraire. Mais c'est sur une confusion que vous faites à propos du "laïc" que je voudrais attirer votre attention. Je pourrais être laïc et fervent catholique allant à la messe tous les matins, ou laïc et athée militant, ou laïc totalement indifférent à ce qui a un rapport quelconque avec la religion... Le laïc n'est pas le contraire du religieux, c'est simplement celui qui veille à établir et maintenir les meilleures conditions pour que les individus de toutes croyances puissent vivre ensemble dans la bonne entente.
Il se trouve que je me considère maintenant comme un agnostique. J'ai 71 ans et ne me sens nullement anti-religieux. Je me sens même plutôt (toujours) sympathisant des "chercheurs de Dieu". Mais j'ai été un fervent catholique dans mon enfance. J'ai milité ensuite à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) et c'est lorsque j'étais encore un adulte chrétien que j'ai été frappé de stupéfaction, puis de colère en voyant qu'on m'avait odieusement menti pour de stupides raisons (en réalité constructions pseudo-spirituelles) dogmatiques : la belle promesse faite "par Dieu" de donner un pays au peuple qu'il avait "élu" (ce qui m'avait enchanté dans le catéchisme de mon enfance) avait été réalisée, en fait, par un horrible massacre COMMANDE "par le même Dieu" ! J'ai commencé à comprendre à ce moment-là que la violence religieuse est, en fait, engendrée par les "théologiens fous" qui enseignent en même temps la grande bonté de Dieu... ET son besoin de faire massacrer des peuples entiers "pour le bien de l'humanité" !
Depuis ce temps je considère que ceux des croyants qui passent à l'acte criminel "ont bon dos" quand on veut les punir pour leur crime... sans punir ceux qui leur ont appris que Dieu commandait de tels crimes !
Sur un point au point je suis d'accord avec vous : ce sont essentiellement des musulmans qui sont victimes de l'islamisme. Et comme il y a de plus en plus de "musulmans" (qui ne choisissent pas vraiment de l'être d'où les guillemets) il y a de plus en plus de victimes "musulmanes" mais, en réalité - et là peut-être nous divergeons - ce sont simplement des individus "islamisés" bien malgré eux qui sont victimes. Je crois avoir montré que, compte tenu de l'aveuglement volontaire des politiciens nous tendons tous à être de ceux-là. Nos descendants, en tous cas, le seront si le processus n'est pas stoppé par le respect de la laïcité là où elle existe (encore) et son établissement là où elle n'existe pas.
Bien cordialement.
Mille mercis pour votre article et votre site. J'ai passé de mauvaises Pâques car, Jeudi Saint, la lecture de l'épitre et le prêche se basaient sur le livre de l'Exode: le commandement de Dieu de tuer tous les premiers-nés Egyptiens... je n'ai pas pu communier et je n'ai pas été, Dimanche de Pâques, à la messe. Y en a marre... Si je veux écouter des histoires de meurtres et de brutalité je peux rester tranquillement devant mon poste de télé. Si je vais à l'Eglise c'est pour me remettre de toute cette violence qui accompagne notre journalier. Mais nos prêtres ont l'air de trouver plus intéressant les histoires d'un dieu vengeur que d'Un Dieu D'Amour prêché parJésus. Et que l'on ne vienne pas me dire que Jésus est mort sur la croix pour nous racheter du péché. Jésus est mort sur la croix pour partager le sort des humains qui est si souvent lié à la souffrance.
C'est un acte d'amour pas de rachat ou de troc
Quelle joie de vous avoir trouvé
Sophie
Bonjour Sophie
C'est tardivement, mais avec plaisir bien sûr, que je lis votre commentaire.
Je viens de terminer la lecture du récent livre de Jean-Marie Muller (si vous ne connaissez pas regardez à son nom sur Wikipédia). Il faut lire et faire lire ce livre très important. Il devrait amener bien des croyants à préférer la non-violence aux dogmes criminogènes, fussent-ils durablement enseignés par les institutions religieuses comme éternellement valables et inattaquables :
"Désarmer les dieux" par Jean-Marie Muller (éditions Le Relié Poche)
Bien amicalement. P.R.