Tu as chanté l’amour, en particulier en mettant en musique les poèmes de Louis Aragon. Evidemment, les mauvaises langues reprocheront à ce poète ses positions idéologiques. Pas moi. Je reconnais le talent des poètes et des artistes au-delà des étiquettes qui meurent avec le temps, et j’apprécie autant Aragon que Céline. Je pleure à chaque fois que j’écoute ton album « le fou d’Elsa », car la folie est le propre des hommes libres.



Tu as chanté la Shoah comme personne, dans « Nuit et Brouillard ». Quelle personne a mieux traduit à la fois l’horreur, la tragédie (au sens grec), et l’ignominie de ces heures sombres ? Oui, il fallait dépasser les jugements froids pour trouver un sens (ou plutôt un contresens) à cette horreur. Tu l’as fait. Merci, Jean.



Tu as chanté la France. Ma France, ta France, notre France. Alors qu’aujourd’hui cette France est haïe par les matérialistes idéologues de gauche et de droite, ta chanson nous rappelle que ce vieux pays est tout simplement une patrie que nous aimons pour tout ce qu’elle a donné. Quelle leçon pour tous ceux qui crachent aujourd’hui sur son drapeau ou son Histoire ! Merci, Jean.



Tu as chanté « La Montagne ». Hymne à la ruralité et à l’écologie, à l’époque où ces mots n’existaient pas et bien avant que des margoulins urbains et bobos ne les récupèrent à des fins uniquement politiciennes. Aujourd’hui, je sens renaître cette vraie écologie, ce besoin de racines locales et régionales bien loin de la mondialisation socialo-capitaliste. Tu as senti tout ça d’avance, Jean. Merci.



Merci, Jean, pour tout cet amour qui déborde de toutes tes chansons et qui nous fait frissonner. Nous en avons plus que jamais besoin dans ces périodes de trouble et de confusion. Et maintenant, comme dirait Jacques Brel, je vais pleurer.