Hausse des transactions immobilières
Par Paul Garcin le Lundi 29 Mars 2010, 09:34 - Economie - Lien permanent
Contre toute attente, les transactions immobilières sont reparties à la hausse depuis quelques mois. Les prix ont-ils chuté ? Pas vraiment, mais on peut constater que, globalement, la baisse des prix est enrayée depuis la fin de l'année dernière. Il y a même un léger mouvement à la hausse qui est enregistré : +0,6 pour l'ensemble des biens immobiliers et +1,4 pour les appartements, en février.
Ce phénomène n'est pas une exception française. Les transactions et les prix ont aussi retrouvé un peu de tonus chez nos voisins. Mais attention : il s'agit là de données très brutes qu'il faut prendre avec des pincettes. En l'absence d'un observatoire scientifique indépendant, les statistiques immobilières sont, en effet, souvent contradictoire.
- Selon les banques, 2010 sera une année en légère baisse : -5%.
- Pour les intermédiaires, comme la F.N.A.I.M ou Century 21, il y aura une petite hausse : +3%.
- Et entre les deux, il y a ceux qui, comme le Crédit Foncier, voient un paysage sans changement.
En fait, la seule analyse qui est partagée, c'est qu'aucune catastrophe majeure ne se profile à l'horizon.
Est-ce que cela signifie donc qu'il n'y a plus de risques d'effondrement de l'immobilier ?
C'est un optimisme sur lequel je ne m'engagerai pas, parce qu'il y a toujours des risques de sérieux dérapages. D'abord, ce marché n'est pas dans un environnement naturel. Il est artificiellement dopé par des crédits à taux très bas.
- Depuis le début de la crise, le taux moyen est passé de 5,4% à 3,8%. Sur 20 ans, la perspective de trouver de l'argent moins cher permet donc des emprunts plus importants. Mais ces taux faibles ne sont pas gravés dans le marbre et le crédit, dans un contexte financier difficile, devrait repartir à la hausse dans les mois à venir.
- Ensuite, le gel des salaires, les restrictions de pouvoir d'achat, les mauvaises perspectives de l'emploi ne sont pas des facteurs de dynamisme. Si les transactions, qui ont baissé de 15%, en 2009, ont retrouvé un peu de couleurs, ces trois derniers mois, c'est surtout le fait des ventes de logements neufs.
Les nouveaux appartements et les maisons qui semblent bien se tenir...
C'est le troisième point sur lequel j'y mettrais quelques réserves. La bonne performance de l'immobilier, en 2009, a tenu à des dispositions fiscales très incitatives : dispositif Scellier, doublement du prêt à taux zéro, pass foncier et puis, surtout, le fameux crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt. Toutes ces mesures ne résisteront pas au rabot du prochain budget qui va recadrer, pour ne pas dire, démembrer le fameux paquet fiscal de la loi Travail, Emploi, Pouvoir d'Achat. Il va falloir que ce crédit d'impôt - qui coûte 3 milliards d'euros par an aux finances publiques - soit révisé.
Finalement, la seule question posée est : les français ont-ils encore les moyens de devenir propriétaires, comme le souhaitait Nicolas Sarkozy ? En 15 ans, l'indice du prix de l'immobilier est passé du niveau 100 à 215. Celui du salaire moyen de 100 à 125. Bien évidemment, un tel écart impose une réponse très prudente.
Source: Christian Menanteau, RTL
- Selon les banques, 2010 sera une année en légère baisse : -5%.
- Pour les intermédiaires, comme la F.N.A.I.M ou Century 21, il y aura une petite hausse : +3%.
- Et entre les deux, il y a ceux qui, comme le Crédit Foncier, voient un paysage sans changement.
En fait, la seule analyse qui est partagée, c'est qu'aucune catastrophe majeure ne se profile à l'horizon.
Est-ce que cela signifie donc qu'il n'y a plus de risques d'effondrement de l'immobilier ?
C'est un optimisme sur lequel je ne m'engagerai pas, parce qu'il y a toujours des risques de sérieux dérapages. D'abord, ce marché n'est pas dans un environnement naturel. Il est artificiellement dopé par des crédits à taux très bas.
- Depuis le début de la crise, le taux moyen est passé de 5,4% à 3,8%. Sur 20 ans, la perspective de trouver de l'argent moins cher permet donc des emprunts plus importants. Mais ces taux faibles ne sont pas gravés dans le marbre et le crédit, dans un contexte financier difficile, devrait repartir à la hausse dans les mois à venir.
- Ensuite, le gel des salaires, les restrictions de pouvoir d'achat, les mauvaises perspectives de l'emploi ne sont pas des facteurs de dynamisme. Si les transactions, qui ont baissé de 15%, en 2009, ont retrouvé un peu de couleurs, ces trois derniers mois, c'est surtout le fait des ventes de logements neufs.
Les nouveaux appartements et les maisons qui semblent bien se tenir...
C'est le troisième point sur lequel j'y mettrais quelques réserves. La bonne performance de l'immobilier, en 2009, a tenu à des dispositions fiscales très incitatives : dispositif Scellier, doublement du prêt à taux zéro, pass foncier et puis, surtout, le fameux crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt. Toutes ces mesures ne résisteront pas au rabot du prochain budget qui va recadrer, pour ne pas dire, démembrer le fameux paquet fiscal de la loi Travail, Emploi, Pouvoir d'Achat. Il va falloir que ce crédit d'impôt - qui coûte 3 milliards d'euros par an aux finances publiques - soit révisé.
Finalement, la seule question posée est : les français ont-ils encore les moyens de devenir propriétaires, comme le souhaitait Nicolas Sarkozy ? En 15 ans, l'indice du prix de l'immobilier est passé du niveau 100 à 215. Celui du salaire moyen de 100 à 125. Bien évidemment, un tel écart impose une réponse très prudente.
Source: Christian Menanteau, RTL




Commentaires
MOUAIS!!
d'un autre coté on a aussi:
"""France : -12,8% pour les mises en chantier de logements en décembre-février
Le nombre de mises en chantier de logements neufs en France a reculé au cours de la période allant de décembre 2009 à février 2010, tombant à 62.504, soit 12,8% de moins qu'un an plus tôt, a annoncé mardi le ministère de l'Ecologie.
Le nombre de permis de construire a lui baissé de 14,3% à 86.050 unités sur la même période.
Au cours des 12 derniers mois (mars 2009 à février 2010), le nombre de mises en chantier est en repli de 17,6% à 290.052 unités et le nombre de permis chute de 23,5% à 335.033 unités.
"Il faut revenir à février 1999 pour retrouver un niveau aussi bas des mises en chantier et à juillet 2003 pour les permis de construire", souligne Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X-Nanterre, auprès de l'AFP.
Pour répondre à la demande de logements non satisfaite en France, l'objectif affiché du gouvernement était de 500.000 nouveaux logements par an.
"Les signaux positifs enregistrés sur la hausse de vente de logement neufs et sur le maintien de l'activité liée à la primo-accession ne se traduisent pas encore dans les permis de construire et dans les démarrages de chantier", a reconnu le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu dans une déclaration à l'AFP.
Pour M. Apparu, "les promoteurs comme les particuliers restent prudents et la reprise est encore circonscrite à des portions du marché trop restreintes pour induire un effet massif de court terme".
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alors globalement , la situation est ...??