Certains policiers n’hésitent plus à comparer Grenoble à Chicago symbole au début du siècle dernier de la criminalité. L’ombre du fantôme d’Al Capone plane désormais sur la ville.

Fantasme ou réalité, Lionel Feuerstein et Tristan le Braz formés dans la plus pure tradition du journalisme objectif nous donnent enfin l’explication que nous attendions tous.

« Grenoble, une charmante cité universitaire et scientifique, mais aussi une plaque tournante de la grande criminalité. En moins d’1 an, casinos, banques, bijouterie ont été braqués dans la région avec des méthodes de plus en plus violentes.

Pour comprendre, il faut savoir que l’histoire du crime organisé dans la région de Grenoble est très ancienne. Des 1950, des corses, puis des mafieux siciliens s’installent dans la région, certains travaillant pour Guiseppe Madonia « I Boss di Cosa Nostra ».

Plus tard dans les années 90 ce sont les frères Maldera qui prennent la relève. Arrêtés en 2004, puis relâchés 1 an plus tard pour vice de forme.

Drogue, prostitution, jeux, le trafic grenoblois est prospère pour la mafia, un intervenant explique alors que Grenoble est près de la frontière italienne pas très loin de Lyon qui trop sécurisée a exporté sa mafia sur Grenoble.

Le reportage explique ensuite que ce marché juteux suscite des jalousies dans le milieu car en 2007 une terrible guerre des gangs sévit dans la région et qu’en quelques mois 9 personnes sont abattues de sang froid. Il est expliqué également qu’inspirés par leurs ainés mafieux dont c’est entièrement la faute que les jeunes de la nouvelle génération ont pris la relève.»  En oubliant hélas de rappeler les origines italiennes et corses des belligérants, ce qui pourrait prêter à confusion sur les origines des babys mafieux.

Par pure pudeur, à aucun moment le reportage ne précise que la nouvelle génération de braqueur n’a plus rien d’italien, il serait donc complètement déplacé voir raciste d’imaginer un seul instant que l’immigration nord africaine et africaine serait responsable de cette violence, dont seul la Cosa Nostra doit endosser les responsabilités.

On comprend mieux maintenant pourquoi Saliya Boudouda la mère du braqueur, injustement abattu alors qu’il tirait à l’arme de guerre contre les forces de police a annoncé son intention de porter plainte contre la police. Même s’il a fait un braquage et a pris les flics pour cible, on ne devait pas le tuer, et elle a raison Saliya, quand elle dit : «Les policiers ont tué mon fils délibérément. Cela fait longtemps qu’ils voulaient l’avoir. Dans la fusillade, Karim a d’abord été blessé à une jambe, et ensuite, ils l’ont abattu comme un chien, de deux balles dans la tête. Pour moi, c’est un assassinat. J’ai la haine. Ils auraient pu l’arrêter sans le tuer. Même s’il a fait un braquage, on ne le tue pas. Il va en prison, a confié Saliha Boudouda au Parisien »

Son fiston Karim le gentil braqueur, n’était pas italien. Il ne peut donc s’agir que d’une erreur, voire pire d’un odieux crime raciste, car comme la maman le rappelle justement le pauvre Karim était depuis longtemps sur la liste « noire » des policiers.

Pour le procureur de Grenoble, Jean Philippe, « les policiers ont agi en état de légitime défense face à un individu lourdement armé ». La responsabilité des policiers ne sera pas mise en cause.

Si la police commence à répondre à la violence par la violence, mais ou va-t-on ? Ce n’est pas en tirant sur des « jeunes » surtout si ils ne sont pas italiens, même si ces derniers après un braquage ouvrent le feu les premiers sur la police que les joies du vivre ensemble seront ravivées dans ces quartiers défavorisés.

En comparant Grenoble à Chicago, notons toutefois qu’il est regrettable que France 2 n’ait donné aucune explications sur le fait que Chicago soit devenu aujourd’hui une ville bien plus sure et nettement plus sécurisé que Grenoble. Al Capone n'a jamais été inquiété pour ses activités criminelles, mais pour avoir commis l'erreur de mal remplir ses déclarations fiscales. Peut être une piste à suivre.