Et le moins qu’on puisse dire, c’est que si cette défaillance constitue un handicap relativement mineur chez le quidam qui peut toujours recourir à des solutions techniques éprouvées pour corriger sa vue, cette dernière devient très vite beaucoup plus préoccupante lorsqu’elle atteint la vision politique, provoquant du même coup une mauvaise perception des réalités économiques et sociales.

Car le problème prend alors une toute autre dimension.

D’autant que la presbytie s’accompagne souvent de myopie qui empêche cette fois de discerner avec netteté les perspectives de développement, autrement dit l’horizon.

Or le politique doit avant tout être visionnaire.

En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés, il doit en effet savoir prendre - au vu de ce qui est - les bonnes décisions au bon moment ; fixer avec ses ministres les grandes orientations de son mandat ; hiérarchiser et dessiner des projets qui donnent au peuple qui l’a démocratiquement élu espoir dans le présent et dans l’avenir de la société.

Or, depuis quelques temps, on sent comme un flottement au niveau du champ de vision politique.

Les grandes idées présentées au départ se perdent dans le flou qu’il s’agisse de celles consistant à: rendre chaque Français propriétaire de son logement ; travailler plus pour gagner plus ; relocaliser les unités de production sur le territoire national; revenir au plein emploi; booster recherches et innovation...

Nos politiques seraient ils frappés de presbytie et de myopie pour qu’ils ne distinguent plus ce qui devrait apparaître assez clairement sous leur nez comme des priorités de ce qui appartient à un avenir plus lointain?

Faut-il qu’on les équipe de double foyers pour qu’ils se penchent sur ce qui apparaît en première lecture indispensable, plutôt que de porter des regards fuyants sur des perspectives beaucoup plus éloignées du quotidien ?

La chronique audio invite à y voir plus clair.