Cette nouvelle, quelques jours après le massacre de chrétiens dans leur église de Bagdad par des extrémistes musulmans, ne peut qu’aviver les sentiments xénophobes et islamophobes de nos concitoyens. D’ailleurs, les commentaires de l’article de L’Indépendant laissent percevoir des amalgames qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire.

D’ailleurs, une seconde dépêche, celle du Midi Libre, risque d’attiser encore plus le racisme latent.

« Carcassonne : Des fidèles essuient des jets de pierre à l'église

Une soixantaine de fidèles qui assistaient à l'office à la mémoire des défunts, mardi en fin d'après-midi dans une église d'un quartier sensible de Carcassonne, ont été victimes de deux adolescents qui, après être entrés dans l'édifice consacré, leur ont lancé des cailloux. Une personne a été touchée. Par ailleurs, une statue de la Vierge, cible des jeunes profanateurs, a été gravement endommagée.

Deux membres de l'assistance, qui avaient quitté l'office pour faire évacuer les deux jeunes intrus, les ont vainement poursuivis. Ces derniers se sont fondus dans le quartier, après avoir copieusement injurié leurs poursuivants.

Hier matin, une plainte a été déposée au commissariat de Carcassonne, où les faits sont pris très au sérieux. La profanation de l'église Saint-Jacques et le caillassage des fidèles, en plein office - une première, dans un quartier pourtant difficile - ont suscité un gros émoi au sein de la communauté chrétienne.»


(fin de citation)

« Quartier sensible », « quartier pourtant difficile »… Il n’en faut pas plus pour là encore déchaîner les commentaires d’internautes partisans du choc des civilisations et de la guerre des religions.

C’est pourquoi, afin de calmer les esprits et forts de l’expérience du traitement du différend entre un ophtalmologue d’Aix-en-Provence et un patient arabo-musulman par une certaine presse web, papier et radio (3), nous vous proposons une autre « lecture » des faits, largement inspirée des méthodes d’information de Chloé Leprince (Rue89) et Jean-Jacques Bourdin (RMC).

« Franceville : des jeunes enfants traités de « sales arabes » par un fidèle catholique assistant à la messe

Une soixantaine de fidèles qui assistaient, mardi soir, à la messe des défunts dans l'église du Bon Samaritain du quartier défavorisé du Vivre-Ensemble à Franceville ont été témoins d’une incroyable scène de racisme des plus primaires : un paroissien a menacé deux jeunes issus de la diversité et les a traités de « sales arabes ».

Les deux enfants de 13 ou 14 ans jouaient paisiblement aux billes sur le parvis de l’église alors que se déroulait l’office. C’est alors qu’un fidèle, pris d’un étrange coup de sang islamophobe et xénophobe, est sorti de l’édifice en hurlant aux bambins paisibles : « Dégagez, sales arabes ! On ne veut pas de votre race chez nous ! » Selon une personne âgée citée par une radio périphérique et qui désire conserver l’anonymat, témoin de la scène sans toutefois y avoir assisté, l’agresseur a joint le geste à la parole, levant le point sur les deux adolescents apeurés et menaçant de les frapper.

Ceux-ci se réfugient alors à l’intérieur de l’église en espérant y trouver du secours, mais l’homme surexcité les poursuit et il s’ensuit une bagarre lors de laquelle une statue de la vierge est légèrement éraflée. Il n’en faut pas plus pour choquer l’abbé Dhimmi, desservant de la paroisse et témoin de la scène : « C'est grave, c'est une véritable profanation », estime-t-il sévèrement envers l’agresseur.

Les deux enfants arrivent à se dégager de la rixe et sortent de l’église où ils n’ont hélas trouvé aucun secours auprès des fidèles catholiques, mais le fou furieux les poursuit, accompagné d’un complice tout aussi agité. Les victimes tentent alors d’éloigner les agresseurs racistes en leur jetant quelques petits cailloux et des pommes de pins. Des personnes qui assistaient à la messe furent les victimes collatérales sans gravité de projectiles qui ont ricoché, sans que l’on sache si les tirs provenaient des deux paroissiens islamophobes ou de leurs jeunes victimes. Les enfants ont finalement réussi à s’enfuir.

Houria Diallo, présidente de SOS-Islamophobie, dénonce dans un communiqué cet acte raciste « inspiré par la politique xénophobe et nauséabonde de Sarkozy, Besson et Hortefeux ». Elle déclare que son mouvement se portera partie civile dans « cette affaire d’une extrême gravité confirmée par plusieurs témoins et qui nous rappelle les pogroms contre les Juifs lors de la dernière guerre mondiale ». Une plainte a été déposée ce matin au commissariat de Franceville. »

Djamila GERARD