Politique-fiction : 22 avril 2012, 20 h 00, l’informatique du CSA et de France 2 est prise en défaut
Par Medias Libres le lundi 27 décembre 2010, 08:48 - Décryptage - Lien permanent
Version 1.0.Nous sommes le 22 avril 2012, à 19 h 59. En ce dimanche soir, mon rôti de porc est en train de croustiller dans mon four multifonctions fabriqué en Corée. J’ai déjà bu la moitié de la bouteille de Baileys et je me demande si mon estomac supportera le champagne que j’ai mis au frais. Pour chaque soirée électorale, j’achète du champagne. C’est utile dans tous les cas de figure. Si mon parti ou mon candidat préféré triomphe, j’arrose sa victoire, et s’il se ramasse une veste, je noie mon chagrin.
Alors je scrute les visages des participants au plateau de France 2 pour deviner qui gagne et qui perd. Rachida Dati tape nerveusement un SMS sur son téléphone portable. Marielle de Sarnez fait la gueule, mais comme elle a toujours l’air de sortir d’un enterrement, ça ne veut rien dire. Manuel Valls et Hervé Morin sont tout sourire et échangent des regards complices. Bruno Gollnisch semble aussi aux anges, mais on ne sait pas si c’est du lard ou du cochon. Il y a aussi un jeunot communiste que je ne connais pas (Laurent ou un truc comme ça), consolant en aparté un Daniel Cohn-Bendit plus rouge que jamais. Difficile de déduire quoi que ce soit de ce théâtre tragi-comique.
Arlette Chabot et David Pujadas sont très énervés. Ils ont évoqué à demi-mot une surprise. Va-t-on assister à un 21 avril 2002 à l’envers ou à l’endroit ? Peut-être, puisque le politologue-sondeur Roland Caylor fulmine au téléphone alors qu’on connaît sa sympathie pour la gauche. Mais pourtant, tous les sondages de cette dernière semaine donnaient « DSK » largement vainqueur de ce premier tour.
20 h 00. Je m’attends à l’animation vidéo qui présente les deux qualifiés pour le second tour, et puis… rien. David Pujadas explique péniblement que le logiciel qui devait présenter la tête des deux finalistes n’avait pas prévu le cas de figure imprévu donné par les estimations de CSA, et Arlette Chabot promet que les coupables seront sanctionnés.
Quelle est cette surprise qui a pris en défaut le programme informatique ? Dominique Strauss-Kahn triomphe avec un score sorti des urnes à 33,8%, mais le problème concerne la deuxième place. Elle n’a pas pu être départagée par l’institut de sondage entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy tous deux donnés à 18,6%.
Pour corser le suspense, Jean-Luc Mélenchon suit de près avec 16,5%. Tous les autres candidats sont loin derrière ce quarté de tête : Français Bayrou à 4,6%, Eva Joly à 2,9%, et les sept autres candidats à 1% ou moins.
Zut alors ! Voilà que mon rôti de porc est cuit à point, et que pour la première fois depuis que je suis en âge de voter, je n’ai pas de raison sérieuse pour dîner au champagne. Je garderai donc ma bouteille pour le second tour où je devrai noyer mon chagrin en constatant la victoire inéluctable de Dominique Strauss-Kahn.
Djamila GERARD




Commentaires
tous ces laborieux efforts pour nous caser votre fantasme d'un Mélenchon à 16,5% et une Eva Joly à 2,9. Vous auriez pu l'écrire en une phrase. Ce n'est pas très glorieux ni très intéressant, franchement.
ça aura au moins eu le mérite de me faire sourire ! Je ne sais pas si le résultat sera celui la, en tout cas, ici dans le Nord, comme partout ailleurs on se bat pour un Front de Gauche à au moins 16%, et même 20% pour les plus rêveurs. Enfin rien n'est impossible, une nouvelle crise financière de la bulle spéculative nous pend au nez pour 2011. Rien n'est joué !
Ugo, je partage à moitié votre optimisme. Face à l'ultralibéral DSK, Mélenchon peut faire très fort en coagulant toute la gauche "canal historique". Mais il peut aussi paraître excessif dans sa volonté marxiste de tabula rasa. Bref, il va réussir à se placer ou il va se planter, mais il n'y aura pas de demi-mesure dans cette élection présidentielle qui est par nature sans pitié.
Je pense aussi que c'est parce que ce type d'élection est très discriminant (ne serait-ce que par le "vote utile") que Bayrou qui n'apporte rien de nouveau, ou Joly inconnue du public, vont se ramasser en beauté. Pour le trio de tête (DSK-Sarkozy-Le Pen), je ne fais que prolonger les tendances actuelles. Mais je suis peut-être trop optimiste pour DSK l'imam caché, parce qu'il pourrait s'user en entrant dans la fosse aux lions.
Sur la crise financière (et donc économique et sociale) qui va s'aggraver en 2011, je partage votre avis. Reste à savoir si ça va profiter davantage à Mélenchon ou à Marine Le Pen.
Ugo, avez-vous des remontées de terrain précises pour fonder vos prédictions d'un Mélenchon à 16 ou 20% ? Personnellement, je ne m'en tiens qu'aux sondages officiels, et comme vous l'avez deviné, ma fiction est davantage destinée à faire rire et réfléchir qu'à prétendre à une vérité scientifique.