A L'origine du conflit Ivoirien: les rivalités ethniques
Par Philippe Toulas le mardi 28 décembre 2010, 08:24 - Politique - Lien permanent
Le conflit ivoirien, qui éclate ouvertement le 19 septembre 2002, trouve son origine dans les rivalités ethniques qui opposent le nord et le sud du pays. C'est au Nord que s'est concentrée la majorité des émigrés guinéens maliens et burkinabés, que le gouvernement ivoirien avait fait venir, dès l'indépendance, en 1960, pour travailler dans les plantations de cacao et de café. Trente ans plus tard, cette main d'oeuvre immigrée représente UN TIERS des 16 millions d'habitants du pays. Cette population d'origine étrangère, alliée à l'ethnie Dioula, ivoiriens et musulmans, estime, avoir contribué à enrichir le pays. Au Sud, on trouve les ivoiriens « d'origine », surtout chrétiens (dont les Bétés, l'ethnie de l'actuel président Gbagbo, élu en 2000). Ils accusent ces émigrés de vouloir mettre la main sur le pays.
Pour comprendre ce qui oppose ces ethnies, il faut remonter à la mort du président Houphouët-Boigny en décembre 1993. A cette époque, son dauphin désigné, Henri Konan Bédié, soucieux d'asseoir son pouvoir entérine un principe « d'ivoirité » : seuls « les citoyens nés en Côte d'Ivoire de deux parents ivoiriens pourront être candidats à l'élection présidentielle ». Cette décision provoque la colère des habitants du Nord et des immigrés. Car le principe d'« ivoirité » écarte leur candidat favori à l'élection présidentielle à venir, Alassane Ouattara, qui risquait d'ailleurs de l'emporter sur Konan Bédié. Bien que né en Côte d'Ivoire, Ouattara a en effet représenté le Burkina-Faso... dans une organisation internationale. Henri Konan Bedié en prend prétexte pour lui interdire d'être candidat, mettant en cause son origine étrangère.
De 1994 à 2002, la fracture va s'accroître entre le Nord et le Sud, aggravée par la chute des cours des matières premières (cacao, café, etc.), de la récession économique et de la montée du chômage. Jusqu'à la médiation de la France et à la signature de l'accord de Marcoussis entre toutes les parties, en janvier 2003. Depuis quelques mos les armes se sont tues. Mais le problème est loin d'être réglé. Les mauvaises récoltes de cacao l'an passé, ajoutées à la crise politique, risquent de raviver la rivalité Nord-Sud.
Cet article sortait sur le Pélerin n° 6324 du 12/02/2004
Pour des raisons de gros sous, Chirac et Villepin avaient décidé de punir Laurent Gbagbo. Quand des bandes rebelles sont apparues dans le nord de la Côté d'Ivoire, bandes pour l'essentiel composées de musulmans étrangers et de débris des colonnes de fous meurtriers qui ont illustré la guerre civile du Libéria, la France a choisi de les appuyer en obligeant la Côte d'Ivoire à signer les accords de Marcoussis qui partageaient le pays en deux zones : une zone sud contrôlée par la gouvernement ivoirien et une zone nord contrôlée par les « rebelles ».
Les diplomates français savent évidemment que jamais une partition ne peut régler les choses, surtout dans un entre-deux indéfini où toute solution politique a été soigneusement empêchée par la France durant deux ans. On a bricolé pour faire respecter cette partition une force internationale improbable autant qu'onusienne dont les seules troupes sérieuses étaient les troupes françaises. En guise de dégât collatéral, tous les chefs d'Etat africains qui comptaient sur les accords de défense et de coopération avec Paris pour assurer leur pouvoir savent maintenant que la France peut être tentée de prendre le parti de n'importe quelle bande de militaires ou de para-militaires contre le pouvoir internationalement reconnu avec lequel elle a conclu ces accords.
En outre couper la Côte d'Ivoire en deux c'était détruire irrémédiablement la seule ressource sérieuse du pays : l'exportation de cacao. Les acheteurs ont d'ailleurs appris à se passer de la Côte d'Ivoire depuis deux ans qu'ont été signés ces accords de Marcoussis, et même si la paix et la tranquillité revenaient, il y a peu de chances que la Côte d'Ivoire retrouve sa relative prospérité.
Cela n'est que la faillite habituelle de la diplomatie Chiraquienne, faite de foucades, d'approximations, de morgue technocratique, d'argent sale et d'une bonne louche de bêtise qui se déguise habituellement sous les dehors de la sollicitude humanitaire et de principes moraux bien creux.
Pour tenter de desserrer l'étau, Laurent Gbagbo a joué du sentiment national sinon ethnique d'autant plus facilement que les rebelles chouchoutés par Paris sont en fait en grande partie des étrangers qui n'ont rien d'ivoirien. On peut penser ce que l'on veut de cette attitude du président Gbagbo, mais elle était prévisible. On peut même dire que c'est la seule porte de sortie que lui avait laissée Paris, sans doute afin de le pousser à la faute pour se débarrasser de lui et de ses partisans plus facilement.
Reprenons à présent la chronologie des événements, militaires et politiques, mais surtout médiatiques.
Le 6 novembre, la réélection de George Bush aidant sans doute en mettant le président Chirac dans une situation difficile, des mercenaires pilotant les deux avions de l'armée de l'air ivoirienne entreprennent de bombarder les « rebelles », dépourvus d'aviation. Confusion ou acte délibéré, ils bombardent des positions de l'armée française et neuf militaires sont tués. Auparavant, les avions ivoiriens ont survolé à plusieurs reprises le cantonnement français sans que personne ne réagisse ni ne cherche semble-t-il à contacter les Ivoiriens pour leur demander des explications.
Sans même s'entretenir avec le président Gbagbo, Jacques Chirac ordonne des représailles et l'armée française détruit les avions et hélicoptères ivoiriens. Y compris l'hélicoptère présidentiel, mettant Laurent Gbagbo en position de ne pouvoir fuir un éventuel coup de main sur la présidence, ce qui ne peut qu'accroître la tension et contribuera à faire naître des rumeurs de coup d'Etat.
Dans le même temps, Paris est tout de même un peu gêné aux entournures et fait savoir que Jacques Chirac, s'il n'a pas appelé Laurent Gbagbo pour lui demander des explication, s'est en revanche entretenu avec plusieurs autres dirigeants africains et avec le secrétaire général de l'ONU, Koffi Annan.
Sachant pertinemment que la rue ivoirienne va réagir violemment et que Gbagbo n'a aucun moyen de l'arrêter quand bien même il le voudrait - et il ne le veut pas -, Michèle-Alliot Marie dit aussitôt qu'elle tient le président ivoirien pour responsable de l'ordre et du sort des Français. Le piège est un place pour que les désordre dont Paris espère qu'ils amèneront enfin le départ de Gbagbo se produisent, allant jusqu'à son départ forcé s'il le faut. Les quinze mille Français installés en Côte d'Ivoire sont l'appât du piège. Pour en renforcer la mâchoire, des renforts français sont acheminés en Côte d'Ivoire.
La tension s'accroît jusqu'au 9 novembre, les Français de Côte d'Ivoire sont menacés, le piège semble se refermer inexorablement sur Laurent Gbagbo. C'est alors que les événement échappent au contrôle de Paris. Car le piège, pour fonctionner sans aller au delà de son but, ne doit pas sacrifier l'appât, du moins pas trop. Il est donc primordial de tenir l'aéroport pour pouvoir évacuer les Français de Côte d'Ivoire, du moins ceux qui le souhaitent, afin de fournir aux télévisions les images du retour de Français menacés, malmenés, pillés. Mais surtout pas plus. Et on ne parle pas encore de Françaises violées.
Or les Ivoiriens ont parfaitement compris tout cela, et les meneurs des « patriotes » lancent leur manifestation sur l'aéroport pour contraindre les troupes françaises à ne plus le contrôler aussi étroitement, ce qui retirerait au moins le ressort au piège monté par Paris. À un carrefour sur la route de l'aéroport, les troupes françaises qui ont l'ordre d'empêcher coûte que coûte la manifestation, même civile, de progresser vers ce point clef du dispositif, tirent. Ces images de la foule ivoirienne sur laquelle tirent des militaires français, faisant des morts et de nombreux blessés parmi de civils qui fuient comme des lapins, ne sont pas diffusées - ou de manière très partielle - par les télévisions françaises, fidèles à leur indépendance légendaire vis-à-vis du pouvoir politique.
Elles sont néanmoins largement diffusées sur les chaînes de télévision étrangères, en particulier anglophones. Dès lors le piège ne peut plus fonctionner : d'autres carnages de ce genre passeraient sans doute la barrière de l'auto-censure journalistique française, et surtout cela met la France, qui n'a cessé de cracher sur les Etats-Unis et leur attitude en Irak, dans un porte-à-faux intenable. « À malin, malin et demi » ont dû penser quelques conseillers de Laurent Gbagbo... D'autant qu'un retour des informations via les télévisions anglophones et l'information sur internet n'est pas exclu, c'est même ce qui commence à se passer dans la journée du dix novembre.
Dès le 11 novembre filtrent des informations sur le viol de certaines Françaises, et pour les dramatiser à outrance c'est le responsable des troupes françaises en Côte d'Ivoire qui en parle le premier. Assez pour que ce commentaire inhabituel dans la bouche d'un militaire fasse mouche et soit repris dans les medias français, mais pas assez pour donner des chiffres, même partiels, ce qui laisse l'ampleur de ces viols dans un flou qui permet de faire face à toutes les critiques éventuelles : les militaires français ont tiré pour empêcher une foule civile d'Ivoiriens d'approcher l'aéroport d'Abidjan, on transforme cela en des militaires français qui protègent les Françaises violées par les Ivoiriens. Que ces viols n'aient à peu près aucun rapport avec la manifestation en question n'est qu'un détail, la mise en perspective raccourcie est une vieille technique journalistique.
Le soir même on entend même craquer l'habituel consensus antiraciste puisque Claire Chazal parle de « chasse au blanc s».
On pourra toujours refaire de l'antiracisme idéologique plus tard, pour l'instant il faut faire avaler aux Français qui ne se contentent pas des chaînes nationales que l'armée française vient de tirer sur une foule de civils qui ne pouvaient les menacer sérieusement. Notons au passage que Claire Chazal travaille sur une chaîne de télévision dont le propriétaire, Bouygues, a des gros intérêts en Côte d'Ivoire et ne peut qu'être partie prenante dans la politique menée là-bas par le gouvernement français.
Le piège si brillamment monté par la France est démonté. La situation est de nouveau bloquée, et la France aujourd'hui entreprend de monter via l'ONU une énième usine à gaz multilatérale à coups de résolutions, d'embargo sur le commerce des armes et de force d'interposition ouest-africaine.
La classe politicienne française et ses chiens de garde journalistiques ont dû prendre en compte à un degré rarement atteint jusqu'à présent la mondialisation de l'information et la perte de leur monopole de fait sur ce que les Français peuvent savoir du monde. Gageons qu'ils n'abandonneront aps la partie facilement et que de nouvelles tentatives de criminaliser l'internet vont bientôt voir le jour : déjà la LEN n'avait été évitée que de justesse par une mobilisation sans précédent. Les vieilles excuses anti-raciste et anti-pédophile à la répression vont aussi reprendre du service rapidement, on peut en être certain.
De 1994 à 2002, la fracture va s'accroître entre le Nord et le Sud, aggravée par la chute des cours des matières premières (cacao, café, etc.), de la récession économique et de la montée du chômage. Jusqu'à la médiation de la France et à la signature de l'accord de Marcoussis entre toutes les parties, en janvier 2003. Depuis quelques mos les armes se sont tues. Mais le problème est loin d'être réglé. Les mauvaises récoltes de cacao l'an passé, ajoutées à la crise politique, risquent de raviver la rivalité Nord-Sud.
Cet article sortait sur le Pélerin n° 6324 du 12/02/2004
Pour des raisons de gros sous, Chirac et Villepin avaient décidé de punir Laurent Gbagbo. Quand des bandes rebelles sont apparues dans le nord de la Côté d'Ivoire, bandes pour l'essentiel composées de musulmans étrangers et de débris des colonnes de fous meurtriers qui ont illustré la guerre civile du Libéria, la France a choisi de les appuyer en obligeant la Côte d'Ivoire à signer les accords de Marcoussis qui partageaient le pays en deux zones : une zone sud contrôlée par la gouvernement ivoirien et une zone nord contrôlée par les « rebelles ».
Les diplomates français savent évidemment que jamais une partition ne peut régler les choses, surtout dans un entre-deux indéfini où toute solution politique a été soigneusement empêchée par la France durant deux ans. On a bricolé pour faire respecter cette partition une force internationale improbable autant qu'onusienne dont les seules troupes sérieuses étaient les troupes françaises. En guise de dégât collatéral, tous les chefs d'Etat africains qui comptaient sur les accords de défense et de coopération avec Paris pour assurer leur pouvoir savent maintenant que la France peut être tentée de prendre le parti de n'importe quelle bande de militaires ou de para-militaires contre le pouvoir internationalement reconnu avec lequel elle a conclu ces accords.
En outre couper la Côte d'Ivoire en deux c'était détruire irrémédiablement la seule ressource sérieuse du pays : l'exportation de cacao. Les acheteurs ont d'ailleurs appris à se passer de la Côte d'Ivoire depuis deux ans qu'ont été signés ces accords de Marcoussis, et même si la paix et la tranquillité revenaient, il y a peu de chances que la Côte d'Ivoire retrouve sa relative prospérité.
Cela n'est que la faillite habituelle de la diplomatie Chiraquienne, faite de foucades, d'approximations, de morgue technocratique, d'argent sale et d'une bonne louche de bêtise qui se déguise habituellement sous les dehors de la sollicitude humanitaire et de principes moraux bien creux.
Pour tenter de desserrer l'étau, Laurent Gbagbo a joué du sentiment national sinon ethnique d'autant plus facilement que les rebelles chouchoutés par Paris sont en fait en grande partie des étrangers qui n'ont rien d'ivoirien. On peut penser ce que l'on veut de cette attitude du président Gbagbo, mais elle était prévisible. On peut même dire que c'est la seule porte de sortie que lui avait laissée Paris, sans doute afin de le pousser à la faute pour se débarrasser de lui et de ses partisans plus facilement.
Reprenons à présent la chronologie des événements, militaires et politiques, mais surtout médiatiques.
Le 6 novembre, la réélection de George Bush aidant sans doute en mettant le président Chirac dans une situation difficile, des mercenaires pilotant les deux avions de l'armée de l'air ivoirienne entreprennent de bombarder les « rebelles », dépourvus d'aviation. Confusion ou acte délibéré, ils bombardent des positions de l'armée française et neuf militaires sont tués. Auparavant, les avions ivoiriens ont survolé à plusieurs reprises le cantonnement français sans que personne ne réagisse ni ne cherche semble-t-il à contacter les Ivoiriens pour leur demander des explications.
Sans même s'entretenir avec le président Gbagbo, Jacques Chirac ordonne des représailles et l'armée française détruit les avions et hélicoptères ivoiriens. Y compris l'hélicoptère présidentiel, mettant Laurent Gbagbo en position de ne pouvoir fuir un éventuel coup de main sur la présidence, ce qui ne peut qu'accroître la tension et contribuera à faire naître des rumeurs de coup d'Etat.
Dans le même temps, Paris est tout de même un peu gêné aux entournures et fait savoir que Jacques Chirac, s'il n'a pas appelé Laurent Gbagbo pour lui demander des explication, s'est en revanche entretenu avec plusieurs autres dirigeants africains et avec le secrétaire général de l'ONU, Koffi Annan.
Sachant pertinemment que la rue ivoirienne va réagir violemment et que Gbagbo n'a aucun moyen de l'arrêter quand bien même il le voudrait - et il ne le veut pas -, Michèle-Alliot Marie dit aussitôt qu'elle tient le président ivoirien pour responsable de l'ordre et du sort des Français. Le piège est un place pour que les désordre dont Paris espère qu'ils amèneront enfin le départ de Gbagbo se produisent, allant jusqu'à son départ forcé s'il le faut. Les quinze mille Français installés en Côte d'Ivoire sont l'appât du piège. Pour en renforcer la mâchoire, des renforts français sont acheminés en Côte d'Ivoire.
La tension s'accroît jusqu'au 9 novembre, les Français de Côte d'Ivoire sont menacés, le piège semble se refermer inexorablement sur Laurent Gbagbo. C'est alors que les événement échappent au contrôle de Paris. Car le piège, pour fonctionner sans aller au delà de son but, ne doit pas sacrifier l'appât, du moins pas trop. Il est donc primordial de tenir l'aéroport pour pouvoir évacuer les Français de Côte d'Ivoire, du moins ceux qui le souhaitent, afin de fournir aux télévisions les images du retour de Français menacés, malmenés, pillés. Mais surtout pas plus. Et on ne parle pas encore de Françaises violées.
Or les Ivoiriens ont parfaitement compris tout cela, et les meneurs des « patriotes » lancent leur manifestation sur l'aéroport pour contraindre les troupes françaises à ne plus le contrôler aussi étroitement, ce qui retirerait au moins le ressort au piège monté par Paris. À un carrefour sur la route de l'aéroport, les troupes françaises qui ont l'ordre d'empêcher coûte que coûte la manifestation, même civile, de progresser vers ce point clef du dispositif, tirent. Ces images de la foule ivoirienne sur laquelle tirent des militaires français, faisant des morts et de nombreux blessés parmi de civils qui fuient comme des lapins, ne sont pas diffusées - ou de manière très partielle - par les télévisions françaises, fidèles à leur indépendance légendaire vis-à-vis du pouvoir politique.
Elles sont néanmoins largement diffusées sur les chaînes de télévision étrangères, en particulier anglophones. Dès lors le piège ne peut plus fonctionner : d'autres carnages de ce genre passeraient sans doute la barrière de l'auto-censure journalistique française, et surtout cela met la France, qui n'a cessé de cracher sur les Etats-Unis et leur attitude en Irak, dans un porte-à-faux intenable. « À malin, malin et demi » ont dû penser quelques conseillers de Laurent Gbagbo... D'autant qu'un retour des informations via les télévisions anglophones et l'information sur internet n'est pas exclu, c'est même ce qui commence à se passer dans la journée du dix novembre.
Dès le 11 novembre filtrent des informations sur le viol de certaines Françaises, et pour les dramatiser à outrance c'est le responsable des troupes françaises en Côte d'Ivoire qui en parle le premier. Assez pour que ce commentaire inhabituel dans la bouche d'un militaire fasse mouche et soit repris dans les medias français, mais pas assez pour donner des chiffres, même partiels, ce qui laisse l'ampleur de ces viols dans un flou qui permet de faire face à toutes les critiques éventuelles : les militaires français ont tiré pour empêcher une foule civile d'Ivoiriens d'approcher l'aéroport d'Abidjan, on transforme cela en des militaires français qui protègent les Françaises violées par les Ivoiriens. Que ces viols n'aient à peu près aucun rapport avec la manifestation en question n'est qu'un détail, la mise en perspective raccourcie est une vieille technique journalistique.
Le soir même on entend même craquer l'habituel consensus antiraciste puisque Claire Chazal parle de « chasse au blanc s».
On pourra toujours refaire de l'antiracisme idéologique plus tard, pour l'instant il faut faire avaler aux Français qui ne se contentent pas des chaînes nationales que l'armée française vient de tirer sur une foule de civils qui ne pouvaient les menacer sérieusement. Notons au passage que Claire Chazal travaille sur une chaîne de télévision dont le propriétaire, Bouygues, a des gros intérêts en Côte d'Ivoire et ne peut qu'être partie prenante dans la politique menée là-bas par le gouvernement français.
Le piège si brillamment monté par la France est démonté. La situation est de nouveau bloquée, et la France aujourd'hui entreprend de monter via l'ONU une énième usine à gaz multilatérale à coups de résolutions, d'embargo sur le commerce des armes et de force d'interposition ouest-africaine.
La classe politicienne française et ses chiens de garde journalistiques ont dû prendre en compte à un degré rarement atteint jusqu'à présent la mondialisation de l'information et la perte de leur monopole de fait sur ce que les Français peuvent savoir du monde. Gageons qu'ils n'abandonneront aps la partie facilement et que de nouvelles tentatives de criminaliser l'internet vont bientôt voir le jour : déjà la LEN n'avait été évitée que de justesse par une mobilisation sans précédent. Les vieilles excuses anti-raciste et anti-pédophile à la répression vont aussi reprendre du service rapidement, on peut en être certain.




Commentaires
Présenter les rebelles comme un ramassis de racaille et les "patriotes" de Gbagbo comme de pov' garçons poussés à bout par la bêtise de la France, c'est une vision légèrement orientée.
Le pouvoir de Gbagbo repose sur un clivage entre Ivoiriens "de souche" et Ivoiriens émigrés d'une ou plusieurs générations. Il a tenu avec la bénédiction des neo cons de Washington en croisade contre l'islamisation.
Avec Obama à Maison Blanche, Gbagbo est tout nu et il n'est pas beau à voir. Lui trouver des excuses c'est comme donner à Le Pen un brevet de patriotisme.
Excellent résumé car il y aurait encore beaucoup à dire. Notamment les exactions commises dans le nord par les F.N.
Excellente analyse,qui remonte à la genèse du conflit actuel : çà change des commentaires tendancieux et lapidaires de grands médias du politiquement correct !..
Où il ressort clairement que la politique "africaine" des différents gouvernements français depuis la décolonisation a toujours navigué "en eaux troubles",avec beaucoup de cynisme et de morgue condescendante à l'égard de sesanciennes colonies...
Pour preuve,cet "ultimatum" venu de l'Elysée il y a qq jours,sommant Gbagbo de déguerpir,sinon....
"Avec Obama à la Maison Blanche,Gbagbo et tout nu ( sic..) . Il est évident qu'avec un "islamo-chrétien" à la Maison Blanche,nettement islamophile,veulent imposer,à l'instar de la "communauté internationale",suivi par Sarkozy,un musulman à la tête de ce pays. Un pas de plus vers l'islamisation forcée de l'Afrique de l'Ouest,avec la "bénédiction" d'un Occident lui-même en voie d'islamisation...cqfd