Dans le dossier remis avant la conférence de presse le ton était donné : " La Tunisie à un tournant de son histoire".

Ce pays de plus de 10,5 millions d'habitants qui a vécu une révolution tranquille dispose dimportants atouts pour réussir sa transition démocratique: niveau d'éducation élevé, classe moyenne développée, statut très avancé pour les femmes et degré d'ouverture sur le monde très avancé liberté d'expression sans entrave, dialogue national entre toutes les sensibilités politiques, loi électorale instaurant la parité sur les listes électorales et organisation des élections par une commission indépendante. De plus, la compétitivité de l'économie tunisienne couplée à son positionnement stratégique dans le bassin méditerranéen place de pays comme un carrefour économique majeur.

Plus que des aides à proprement parler, la Tunisie est en fait à la recherche d'investissements à moyen et long termes.Car la Tunisie doit relever deux défis économiques et sociaux : un chômage des jeunes qui a atteint un niveau historique (30% de chômage parmi les 20-24 ans) et renvoie au problème de l'immigration et des disparités économiques et sociales entre les régions.

Remplis de bonnes résolutions, le nouveau gouvernement tunisien sait pouvoir désormais compter sur les concours financiers apportés par de nombreuses banques mais aussi par de très nombreux pays en dehors des membres du G8. Mais comme le précise le premier ministre : " L'argent est poltron et il ne vient que lorsqu'il y a intérêt". En attendant la date des élections, la confiance semble règner. La Tunisie sera t'elle un modèle de "printemps arabe" réussi ? L'avenir le dira très vite.

Quoi qu'il en soit, ce pays qui fait figure de timbre sur la carte d'Afrique envoie un message fort à ses voisins.

Essam Sharaf, Premier ministre égyptien, qui s'est entretenu avec Barack Obama, faisait partie des hôtes exceptionnels du G8 à Deauville. Lors d'une conférence de presse organisée dans les salons du Normandie et de l'interview qu'il nous a accordée, il a rappelé que Nicolas Sarkozy avait clairement exprimé sa volonté de soutenir la transition démocratique. D'ailleurs dans un communiqué , la présidence française précisait que l'engagement de près de 1,1 milliard d'euros de prêts à conditions avantageuses, serait versé à l'Agence française de développement en deux enveloppes de 425 millions d'euros pour la Tunisie et 650 millions d'euros pour l'Egypte. Le chef de l'Etat a également ajouté qu'au-dela d'un appui budgétaire immédiat, l'aide française permettrait un renforcement des dispositifs de garanties en faveur des PME et le développement de projets d'infrastructures-clefs pour améliorer les conditions de vie dans les zones déshéritées. On apprenait le lendemain que l'Egypte avait assoupli les restrictions aux frontières imposées aux habitants de la bande de Gaza au point de passage de Rafah contrôlée par le Hamas depuis mi-2007. Un signe concret d'ouverture.

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