En revanche, son face à face avec Laurent Geoffrin, directeur du Nouvel Observateur et Caroline Fourest, co-auteur d’un livre qui lui est consacré, s’est révélé un spectacle particulièrement affligeant. La haine trop visible que lui vouaient ses contradicteurs a sans doute rendu sympathique Marine Le Pen auprès de nombre de téléspectateurs neutres, tout en étant appréciée de quelques citoyens lobotomisés par plusieurs décennies de bourrage de crânes anti-lepeniste primaire… Il est toutefois à craindre que la hargne des deux journalistes n’ait surtout révolté une plus grande majorité encore de citoyens, les incitant à l’avenir à déserter les urnes en grand nombre.

Mettre en cause le grand-père marin-pêcheur de Marine Le Pen en l’accusant d’avoir ravitaillé un restaurant fréquenté par les soldats allemands il y a quelque soixante-dix ans, n’est pas simplement ridicule – quel pêcheur, éleveur ou agriculteur en activité durant la Deuxième Guerre mondiale pouvait bien savoir quels ventres, de l’Occupant ou de ceux qui leur résistaient, il contribuerait à remplir ? – mais odieux et pas seulement sous l’angle de l’attaque personnelle.

S’imagine-t-on un instant la réaction, à moins d’une année de l’échéance électorale, d’un chômeur sans perspective aucune de retrouver un emploi de même niveau que celui qu’il a perdu – voire un emploi tout court selon son âge – quand on lui inflige la finalité des filets de pêche du grand-père d’une candidate à la Fonction Suprême ?

Jusqu’où l’hystérique délire des auto-proclamés consciences citoyennes remontrera dans le temps pour dénoncer toujours et encore la famille Le Pen ? Après le grand-père, recherchera-t-on bientôt un aïeul bandit de grands chemins ? Retrouvera-t-on trace dans sa famille d’une sorcière terrorisant les contrées bretonnes au Moyen Âge ?

Gageons que Caroline Fourest ne commette bientôt dans ce sens un nouveau livre s’inspirant des poubelles les plus anciennes de l’Histoire, après s’être inspirée, visiblement, de celles d’une époque dont elle ignore tout, mais use et abuse sans la moindre vergogne.